Modiano P.

Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier

Patrick Modiano creuse toujours le même sillon. Celui de son enfance et des souvenirs évanescents. Des noms, des lieux qui emergent à la surface de sa conscience et qui peu à peu prennent forme sans jamais se clarifier complètement. De cette période trouble de l’occupation et de l’après guerre. Il l’a fait sous les traits de multiples personnages, celui de Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier, comme d’autres avant lui, se prénomme Jean, Jean Daragane.

Rue des boutiques obscures

La simple évocation du nom de Modiano convoque toute une idée de la littérature des quarante dernières années. Rue des Boutiques Obscures est certainement l’un de ses romans les plus connus, peut-être parce qu’il fut couronné par le prix Goncourt en 1978. Si je devais qualifier ce roman sur le fond en quelques mots, je dirais: quête identitaire, mémoire, disparition et mystère. Non, il ne m’avait pas reconnu. Personne ne me reconnaissait.

Discours à l’Académie suédoise

Le discours prononcé par Patrick Modiano à l’occasion de la remise de son prix Nobel de littérature a été édité par Gallimard, comme pour les autres livres de l’auteur, dans la collection «NRF» – le timing n’a pas été bon car il aurait pu figurer en bonne place dans le Quarto rassemblant la majorité de ses romans 1. Tout le monde connaît Modiano pour ses hésitations lorsqu’il s’exprime à l’oral qui passent souvent pour de la timidité.

De si braves garçons

Après un Nobel et le visionnage d’un reportage de Bernard Pivot lui étant consacré, j’ai voulu lire du Modiano – j’ai seulement deux livres à mon actif. On était dimanche – non je ne voulais pas acheter de livre sur mon Kindle –, j’ai donc commandé le «Quarto» 1 qui compile «l’épine dorsale de ses autres romans» et je suis parti au marché de Saint-Aubin bien décidé à dénicher chez les nombreux bouquinistes un volume, à la belle couverture crème et aux liserés rouges, siglé «NRF».

Un pedigree

Patrick Modiano raconte son enfance se déroulant à une époque trouble de l’Histoire de France. Elle est pour le moins atypique, on y croise des personnages au destin singulier tout droits sortis de films de gangsters. On ne connaît pas exactement la nature de leurs activités mais on la devine, comme en les observant au travers d’une vitre en verre dépolie ou plutôt au travers des yeux d’un enfant. Le style de Modiano est surprenant.