Divers

Crac

Près d’un siècle après, Jean Rolin marche dans les traces de Thomas Edward Lawrence plus connu sous le nom de Lawrence d’Arabie. Il part comme lui sillonner le Moyen-Orient, notamment le Liban et la Syrie, pour visiter les forteresses et les châteaux bâtis par les croisés dont le Crac (parfois orthographié Krak) qui a donné son nom au livre. C’est un livre semblable à son précédent opus, Le Traquet Kurde, même s’il y est un peu moins question d’ornithologie – on ne se refait pas – et un peu plus de T.

Sorbonne plage

[…] Paul Tibbets ayant changé de front mais pas d’activité, fut le commandant du bombardier qui anéantit la ville d’Hiroshima le 6 aout 1945. Il est celui qui a largué la première bombe atomique, tuant instantanément 80 000 personnes. Jamais, ni avant ni après, autant d’êtres humains n’ont été liquidés en si peu de temps, c’est-à-dire en une fraction de seconde: la durée d’un grand flash blanc comme surgi d’un monstrueux appareil photo.

Et dans l’éternité je ne m’ennuierai pas

Comme l’indique le sous-titre, il s’agit d’un livre de souvenirs. Ceux d’un historien spécialiste de la Rome antique devenu professeur au Collège de France. Très classiquement il raconte son enfance, ses études, s’attarde sur son passage à l’école normale supérieure. A cette époque le communisme n’était pas encore mort – on ne connaissait pas ou on ne voulait pas croire à Staline et ses goulags – et Paul Veyne revient sans ambages sur son passé de communiste.

Le Traquet kurde

La première chose que j’ai remarqué dans ce Traquet Kurde est la très belle reproduction de l’oiseau en question juste derrière la page de titre. Car il s’agit bien d’un oiseau et non comme je l’avais cru en entendant le titre (sur une base phonétique) d’un réfugié kurde traqué par je ne sais qui. La seconde est la qualité du papier – je suis presque sûr que le grain du papier est plus fin que celui des autres livres P.

La classe de rétho

Antoine Compagnon est un historien de la littérature française, professeur au Collège de France et l’un des plus grands spécialistes de Marcel Proust. Je vous passe son cursus complet, mais il n’y a pas besoin d’en rajouter pour se convaincre que nous n’avons pas affaire au premier venu. J’admire le savoir de cet homme que j’ai eu l’occasion d’écouter plusieurs fois lors de ses passages à la radio ou dans le cadre de ses cours disponibles en podcast et j’apprécie son humilité et sa façon de transmettre ses connaissances.

Le Météorologue

Un coup de coeur pour un livre comme l’on en a peu au cours d’une année de lecture, le dernier de ce genre est _L’ordre du jour_ et il a eu le Goncourt en 2017. Olivier Rolin rend avec ce livre un bel hommage à Alexéï Féodossévitch Vangengheim, le météorologue, et avec lui à toutes les victimes de la grande Terreur en URSS. Météorologue avec les aléas que cela comporte – surtout à l’époque – est une profession à risque dans le monde paranoïaque sur lequel régnait le tyran Staline.

Théorème vivant

Cédric Villani est l’un de nos plus brillants mathématiciens, lauréat de l’équivalent du prix Nobel pour les mathématiques: la médaille Fields – depuis il a un peu mal tourné puisqu’il est devenu député, mais ça c’est une autre histoire. Mais si c’est le gars qui a l’air bizarre avec les cheveux longs, un costume, une lavallière, une montre à gousset et, pour couronner le tout, il porte toujours une broche araignée.

Masters of Doom

Ce livre raconte l’histoire de deux génies méconnus – en dehors du cercle des gamers – John Carmack et John Romero, les créateurs du mythique Doom. Nombreux sont ceux de ma génération qui se souviennent du choc ressenti lorsqu’ils ont testé pour la première fois ce jeu à la fois ultra addictif et assez répugnant. Ces deux facettes du jeu évoquent à elles seules le talent et la personnalité des deux John.

Macron par Macron

Rassurez-vous malgré le comportement jupitérien qu’on lui prête en ce moment, Emmanuel Macron n’a pas pris la grosse tête au point d’écrire un livre portant ce titre. Non, il s’agit en fait d’un petit recueil d’articles, de textes et d’interviews collectés par Éric Fottorino à partir de ceux parus dans l’hebdomadaire qu’il dirige (il comprend aussi un inédit), Le 1. Avant d’aller plus loin, il est important de préciser que la parution précède de peu le dénouement de l’élection présidentielle.

L’ordre du jour

Ce livre nous raconte le moment où les nazis se trouvant sur le seuil des Enfers ont poussé la porte et l’ont franchie. Il s’intéresse à une période temporelle très courte en comparaison du vaste carnage qui va suivre. Lorsque les nazis ont préparé et réalisé l’annexion de l’Autriche, opération connue sous le non d’Anschluss, début d’un long processus destructeur qui mènera à l’horreur que nous connaissons. Au sein de cet espace-temps, Éric Vuillard met en lumière deux choses.

Dernier inventaire avant liquidation

La démocratie a ses limites. Prenez un panel de 6000 français qui ont renvoyé un bulletin afin de participer à la sélection de 50 oeuvres de littérature parmi 200 titres présélectionnées par des professionnels de la profession (critiques et libraires). Voilà, le décor est planté et Beigbeder commence le livre en ouvrant son parapluie. Ça promet. Alors c’est vrai qu’il essaie un peu, mais sans grande conviction. J’avoue que le rejoins sur ce point.

L'Âge des lettres

En vérité, il ne s’agit ni de se comparer ni de s’identifier, mais trente-cinq ans après sa mort, de revenir, comme je le fais souvent dans ma tête, sur notre amitié, d’en parcourir les étapes, de fouiller dans ma mémoire, de retrouver ce que je lui dois, de lui rendre grâce pour ce qu’il m’a donné, pour les progrès qu’il m’a fait faire. Le «je» est Antoine Compagnon dont les titres et les fonctions sont difficiles à résumer, mais qui, pour faire simple est l’un des plus grands spécialistes de la littérature en France.

Dans les forêts de Sibérie

Sylvain Tesson entre dans la catégorie des écrivains voyageurs. Comme ses illustres prédécesseurs il parcourt le globe et nous raconte ses aventures. Une fois n’est pas coutume, il a décidé de se sédentariser, mais rassurez-vous, il ne va pas nous raconter son Intérieur comme Thomas Clerc, non, ce serait trop simple. Lui décide plutôt d’aller se planquer dans une cabane au bord du lac Baïkal où il fait un peu frais en hiver – -30 environ – et où les voisins ne se bousculent pas au portillon – les plus proches, si l’on excepte les animaux sauvages, sont à plusieurs heures de marche.

Une histoire du monde sans sortir de chez moi

Je ne suis pas un grand fan des voyages alors en découvrant le titre de ce livre, je me suis dit voilà un livre pour moi, c’est exactement ce que je veux faire ! Il va aller directement rejoindre ma collection de livres de pantouflard Intérieur de Thomas Clerc, Voyage autour de ma chambre de Xavier De Maistre En m’habillant, je me suis demandé pourquoi toutes mes vestes de costume avaient une rangée de boutons inutiles sur chaque manche.

Discours à l’Académie suédoise

Le discours prononcé par Patrick Modiano à l’occasion de la remise de son prix Nobel de littérature a été édité par Gallimard, comme pour les autres livres de l’auteur, dans la collection «NRF» – le timing n’a pas été bon car il aurait pu figurer en bonne place dans le Quarto rassemblant la majorité de ses romans 1. Tout le monde connaît Modiano pour ses hésitations lorsqu’il s’exprime à l’oral qui passent souvent pour de la timidité.

Premier bilan après l’apocalypse

«Mes 100 livres préférés (pour le prix d’1)» nous dit Frédéric Beigbeder sur le bandeau promotionnel rouge entourant le livre. L’ancien publicitaire n’a pas perdu le sens de la formule et il avait même créé un site web pour l’occasion – les liens pointant vers Amazon, le malin, il n’y a pas de petits profits. Je ne parlerai pas de la préface qui n’est, selon moi, pas l’intérêt de ce livre de chroniques et qui même le dessert.

Journal d’un parfumeur

Ce n’est pas le Journal d’un lecteur1, mais celui d’un parfumeur que je vous propose de découvrir. C’est un métier rare, mais ô combien précieux puisque l’objectif vers lequel il doit tendre est de faire naître des émotions – et non pas de faire vendre, ça c’est le boulot du marketing. En ce sens, il se rapproche de l’art, mais le savoir-faire qu’il requiert l’oblige à rester profondément encré dans l’artisanat.

Le Royaume

J’écoutais Florent Georgesco parler de ce livre à la radio. Il a dit une chose très vraie sur Emmanuel Carrère. Il sait trouver le ton juste pour écrire. Tout s’enchaîne, ce n’est ni trop ni pas assez, on dirait qu’il nous parle. Le journaliste du Monde disait qu’il avait l’impression d’être assis en face de lui dans sa cuisine et de simplement l’écouter parler – il a reçu le prix littéraire du Monde, ce n’est certainement pas un hasard.

Intérieur

J’ai acheté, en rentrant de vacances, Intérieur de Thomas Clerc – impossible de trouver ce livre dans une librairie grand public. Il faut dire que ce n’est pas un livre qui plaira à tout le monde. Pourtant, je ne suis pas fan de la littérature expérimentale, mais plusieurs choses me séduisent ici. La première est l’idée d’isolement, de sécurité que l’on peut retrouver en rentrant chez soi. Elle est assez basique, mais crée une ambiance agréable et apaisante.

Le chemin des morts

Quand un membre de la famille meurt, il est conduit de la maison au cimetière par un chemin particulier, que l’on appelle le chemin des morts. Chaque maison, chaque famille a le sien. Il ne se confondent pas. Si bien qu’au-dessus des routes et des sentiers du village, ou au-dessous d’eux, ou à côté comme on voudra, il y a d’autres chemins, invisibles, formant une toile dont l’église est le centre.

Le chemin des livres

Philippe le Guillou nous raconte dans ce petit livre son entrée en littérature. Il nous parle de la naissance de sa vocation et de sa passion pour les livres. Sa jeunesse en Bretagne durant laquelle il se rend vite compte qu’il n’est pas comme les autres. Ses années de khâgne qui ne seront pas ce que l’on pourrait s’imaginer. Ses respirations dans la petite librairie des Nourritures terrestre tenue par les soeurs Bertho.

84, Charing Cross Road

Le 84, Charing Cross Road est l’adresse d’une librairie de Londres à laquelle s’adresse Helene Hanff pour obtenir ce qu’elle a de plus cher, des livres. Elle est américaine vit ou survit de sa plume en écrivant des pièces de théâtre, mais surtout des scénarios pour la télévision. Ne trouvant pas – à prix abordable – les livres qu’elle recherche près de chez elle, à New York, elle s’adresse à cette librairie se trouvant de l’autre côté de l’Atlantique.

En pleine tempête

Le titre En pleine tempête évoque certainement pour beaucoups le beau Georges Clooney à la barre de son bateau face à des vagues immenses. Il faut savoir que ce film – comme beaucoup – est l’adaptation d’un livre ou plus précisément d’un document écrit par le journaliste Sebastian Junger. Ne recherchez donc pas le style en le lisant, il est neutre et s’apparente à celui d’un article de magasine – normal me direz-vous.

L'Adversaire

Le matin du samedi 9 janvier 1993, pendant que Jean-Claude Romand tuait sa femme et ses enfants, j’assistais avec les miens à une réunion pédagogique à l’école de Gabriel, notre fils aîné. Il avait cinq ans, l’âge d’Antoine Romand. Nous sommes allés ensuite déjeuner chez mes parents et Romand chez les siens, qu’il a tués après le repas. Ce livre est le récit non romancé de cette tragédie. Le point de vue adopté est celui de l’auteur, Emmanuel Carrère.

Indian Creek

Indian Creek est un récit autobiographique, celui d’un hiver passé dans les Rocheuses au sein de l’état de l’Idaho par l’étudiant qu’était Pete Fromm en 1978. Les (montagnes) Rocheuses désignent une grande chaîne de montagnes (4 800 km de long pour 650 km de large) s’étalant du nord-ouest des États-Unis au sud-ouest du Canada. Aussi curieux que cela puisse paraître, il a vécu cette expérience dans le cadre d’un job saisonnier – qui ne se déroulait pas comme la plupart des autres l’été, mais l’hiver.

Un roman russe

Dans ce livre qui n’est pas, contrairement à ce que le titre pourrait le laisser croire, un roman, l’auteur de D’autres vies que la mienne1 cette fois raconte sa propre vie. Enfin, une partie marquée par trois grandes préoccupations ou trois grands thèmes. Le premier est un reportage à Kotelnitch réalisé pour l’émission Envoyé Spécial afin de raconter l’histoire du dernier prisonnier hongrois retenu en Russie. La découverte de cette ville et de ses habitants va le pousser à modifier son projet initial.

Bouquiner

Avis aux rats de bibliothèque, à ceux qui ont toujours un livre dans leur sac et une pile qui les attend chez eux, à ceux qui ne lisent pas que sur le siège de leurs toilettes ou chez le dentiste, bref à ceux qui aiment bouquiner. J’insiste sur le verbe bouquiner qui forme le titre du livre en marquant bien sa différence avec le verbe lire. Contrairement à lire qui est assez froid et impersonnel, bouquiner revêt une consonance affective et fait basculer immédiatement le propos dans le registre des sentiments.

Lots of Love

Scott et Zelda Fitzgerald ont eu une fille, Frances surnommée Scottie. Entre 1936 et 1940 Zelda est internée dans un hôpital psychiatrique et Scottie est loin de la maison, exilée pour suivre des études supérieures. Scott est au crépuscule de sa vie. Le succès, les fêtes et l’argent sont derrière lui. Il lutte pour subsister et envoyer tout de même des petits cadeaux à sa fille. Pour cela, il écrit des scénarios au kilomètre pour Hollywood.

Jérôme Lindon

Six mois ont passé et l’on peut trouver en librairie un petit livre de 64 pages, sans indication de genre, avec, comme tous les livres de Jean Echenoz, le liseré bleu et l’étoile qu’avait dessinée Vercors pour les Éditions de Minuit, et ce titre inédit Jérôme Lindon, comme si, et c’est peut-être vrai, le plus bel hommage qu’un éditeur puisse recevoir fût de devenir un titre de son propre catalogue, non pas un nom gravé sur un monument aux morts, mais une simple ligne vivante parmi tous les textes qu’il a fait naître pour qu’ils nous survivent.

Fukushima

Fukushima est entrée au panthéon des villes connues pour leur catastrophe. Elle rejoint les tristement célèbres Hiroshima, Nagasaki et Tchernobyl. Le scénario est implacable, une tragédie en trois actes, un par fléau : séisme, tsunami et pollution nucléaire. La terre, l’eau et un élément quasiment indiscernable contre lequel on ne peut dresser aucune barrière et qui anéantira la vie à petit feu pendant des siècles. C’est le paradoxe de la grenouille : si on la plonge subitement dans une casserole d’eau chaude, elle s’en échappe d’un bond.

Face aux ténèbres

En France, les troubles dépressifs majeurs touchent chaque année environ 8% de la population. Ce chiffre pourrait au moins être multiplié par deux si l’on prenait en compte les personnes présentant un ou plusieurs symptômes sans toutefois que le diagnostic de dépression puisse être établi. Autant dire que vous risquez d’y être confronté au cours de votre vie. Elle peut toucher quelqu’un de votre entourage, l’un de vos proches, un membre de votre famille ou vous-même.

Manabé Shima

Ce livre est un concentré de bonheur. Il éclate à chaque page avec ses beaux dessins et ses couleurs. C’est un carnet de voyage dessiné, presque une bande dessinée mais pas tout à fait. Il retrace les deux mois passés par Florent Chavouet sur une petit île du Japon. Une carte détachable de grand format offrant une vue détaillée de l’île figure à la fin de cet ouvrage qui par ailleurs fourmille de dessins de paysages, de monuments ou plus simplement d’habitations – les dessins de l’intérieur des habitations sont excellents avec leur perspective étonnante et leurs commentaires toujours très drôles.

L’urgence et la patience

Jean-Philippe Toussaint est un grand écrivain; voilà c’est dit. C’est peut-être aussi un grand réalisateur de cinéma mais je ne peux pas me prononcer car je n’ai pas vu ses films. Pour moi, il incarne les Éditions de Minuit. Son écriture est épurée, souple et agréable. Si je devais la caractériser de façon imagée, j’hésiterais entre deux visions qui pourraient paraître antinomiques. La première serait celle d’une mousse légère, aérienne bien qu’onctueuse.

En avant, route !

Décidément je fais dans le Gonzo journalisme religieux après L’année où j’ai vécu selon la bible, me voici désormais sur la route direction Saint-Jacques de Compostelle en compagnie d’Alix de Saint-André. Alix de Saint-André est une journaliste de presse écrite qui avait officié quelques temps à la TV en tant que chroniqueuse. Elle nous raconte avec beaucoup d’humour parfois sarcastique mais toujours drôle, ses pèlerinages – ce n’est pas une erreur elle en fait plusieurs.

Même les truites ont du vague à l'âme

Les titres des romans sont parfois originaux et n’ont rien à voir avec le sujet. Réjouissez-vous – ou pas – car ce livre traite bien de la pêche et de la philosophie qui l’accompagne – contrairement à Brève histoire de la pèche à la mouche déjà chroniqué dans le cadre d’un Masse Critique. Ca tombe bien, je n’y connais rien. Par contre, j’ai toujours aimé écouter les gens parler – les gens intéressants, évidemment.

Touriste

Pour quelqu’un de très casanier comme moi, lire un livre portant le titre Touriste est déjà une aventure. C’est un livre qui porte bien son nom et s’apparente à un carnet de voyage. Au moyen d’un chapitre par pays, Julien Blanc-Gras nous ballade autour du globe. Son narrateur nous régale d’anecdotes croustillantes bien servies par une prose rafraîchissante. Les plus attentifs d’entre vous auront peut-être remarqué une incohérence entre le carnet de voyage et le fait que ce soit un narrateur qui nous parle et non l’auteur lui-même.

Venise, Itinéraires avec Corto Maltese

Ce guide de voyage sort des sentiers battus au sens propre comme au figuré. On ne peut être qu’enthousiaste à l’idée de parcourir une ville accompagné d’un guide conçu selon un axe résolument différent – on est bien loin du moustachu à sac à dos du guide du routard. Ici c’est caban, pantalon blanc et créole. Corto est mis à toutes les sauces mais, pour une fois, c’est légitime. Non seulement, Venise est au centre de l’album Fable de Venise mais aussi et surtout, son créateur Hugo Pratt est vénitien.

Winter

Rick Bass est un écrivain américain exerçant également la profession de géologue. Il est l’auteur d’une vingtaine de livres parmi lesquels on trouve, presque à part égale, des romans et des essais. Dans Winter, qui est un journal, il raconte son expérience de vie lorsqu’il décide de quitter la ville, en compagnie de sa femme, pour partir habiter à Yaak dans le Montana. Pour le coup, le dépaysement est total, Yaak est un tout petit village dans lequel on trouve uniquement un magasin général et un café.

La Première Gorgée de bière et autres plaisirs minuscules

Des petits moments de bonheur, pas plus de trois pages. Avoir un couteau dans sa poche, écosser des petits pois, rester manger chez des amis alors que ce n’est pas prévu, sortir au petit matin à pas de loup acheter des croissants et bien sûr, la première gorgée de bière. Quelle idée géniale de raconter ces choses banales mais tellement précieuses. Dans une langue absolument enthousiasmante, Philippe Delerm nous régale. Je vous conseille, pour procurer l’un de ces moments à vos invités, de disposer à leur intention un exemplaire de ce petit livre bien en évidence sur la table de chevet.

L'année où j'ai vécu selon la Bible

Après s’être attaqué à la gigantesque encyclopédie Britannica, A.J. Jacobs, journaliste pour le magasine Esquire, s’est attaqué à un autre monument. Je parle bien évidemment du livre parmi les livres: La Bible. L’auteur a décidé de vivre pendant un an selon les préceptes du livre saint. Il expérimente le littéralisme en appliquant les règles au sens strict. Suivre ces principes vieux de plusieurs milliers d’années dans le New York des années 2000 réserve quelques surprises et quelques situations cocasses.

1 An - 365

J’adore les crossovers. Dans le cas de ce recueil, c’est l’occasion pour les amateurs de BD de s’arrêter sur le travail colossal des dessinateurs. Parfois, et même si je m’astreins à ne pas le faire, je me surprends à tourner rapidement les pages afin de connaître la suite de l’histoire sans avoir pris le temps de m’arrêter et d’observer le travail des dessinateurs. Ici, un paysage, là un gros plan d’un visage à l’expression exacerbée, un peu plus loin, un cadrage audacieux faisant ressortir d’admirables perspectives.