En Russie

L’une des facettes d’Olivier Rolin est d’être ce que l’on appelle communément un écrivain voyageur, il a ainsi publié plusieurs volumes que l’on pourrait ranger dans la catégorie des récits géographiques. Parmi eux, En Russie a attiré mon attention. Olivier Rolin a un tropisme pour ce pays, ou plutôt pour cette vaste région du monde. Voici ce qu’il écrit à ce propos dans la préface à l’édition publiée dix ans après la première parution de son livre.

Comment je suis devenu stupide

Ceux qui pensent que l’intelligence a quelque noblesse n’en ont certainement pas assez pour se rendre compte que ce n’est qu’une malédiction. Martin Page a consacré un livre à ceux que l’on appelle les surdoués, les hauts potentiels ou de manière – je trouve – plus appropriée les zèbres. J’ai croisé ce terme pour la première fois en lisant Petit guide à l’usage des gens intelligents qui ne se trouvent pas très doués et j’avais à cette occasion entendu parlé du roman de Martin Page dont il est question ici.

Deuxième génération

Ce roman graphique est un récit autobiographique d’un enfant de la deuxième génération autrement dit les enfants des survivants de la Shoah. Il s’inscrit donc dans la même veine que Maus1, filiation que l’auteur revendique de façon explicite puisqu’il raconte même avoir essayé en vain de le faire lire à son père. À la différence de son illustre aîné qui abordait les deux époques (le passé dans les camps et l’après, la génération du fils), ce livre se concentre exclusivement sur la vie après les camps.

Légendes de la Garde HS1

Lorsque j’ai eu vent – un peu tardivement il est vrai – de la sortie d’un nouveau tome des Légendes de la Garde mon sang n’a fait qu’un tour et je me suis rué dans ma librairie. Je suis un grand fan de la série et j’ai mis ce volume sous mon bras après l’avoir cherché pendant deux bonnes minutes qui m’ont semblé durer un quart d’heure. Une fois de plus je suis victime de la psychose de l’indisponibilité hypothétique des ouvrages que je soupçonne les éditeurs d’entretenir.

La maladie de Sachs

Ce n’est un secret pour personne – ou presque –, Martin Winckler est un pseudonyme, peut-être même l’un des plus connus de la littérature contemporaine. Dans la vraie vie il se nomme Marc Zaffran et exerce, ou plutôt exerçait, la profession de médecin généraliste. Et c’est précisément ce livre qui est en rapport avec son métier qui l’a fait entrer en littérature par la grande porte et l’a rendu célèbre sous son nom d’emprunt.

Persepolis

Ce livre de la belle maison d’édition L’Association a connu la célébrité grâce à son adaptation très réussie au cinéma. Persepolis est une autobiographie puisque Marjane Satrapi raconte une partie de sa vie, de son enfance à l’entrée dans l’âge adulte. La particularité de Marjane – si l’on met de côté son caractère bien trempé – est qu’elle a grandi en Iran durant une période pendant laquelle ont eu lieu la révolution et l’instauration du régime islamique, puis la guerre contre l’Irak.

Le Meurtre du Commandeur T2

J’avais cru, après la lecture du premier tome, que l’histoire allait prendre de l’ampleur dans le second tome, que les éléments patiemment mis en place allaient enfin s’assembler pour créer une histoire belle, profonde et très originale. Mais j’ai l’impression que tout cela n’est jamais arrivé. Il est vrai que la lecture est plaisante, mais tant de pages pour si peu de densité, c’est un peu exagéré. Même si la phrase de Murakami est toujours aussi agréable, ce n’est pas suffisant sur la durée – vu la longueur totale des deux tomes.

La Saga de Grimr

Une saga (mot islandais, pluriel sögur) est un genre littéraire développé dans l’Islande médiévale, aux xiie et xiiie siècles, consistant en un récit historique en prose, ou bien une fiction ou légende. – Wikipedia C’est par un retour aux sources sur le sol de feu de glace islandais au Moyen Âge que Jérémie Moreau a souhaité livrer sa saga. Ce qui est intéressant dans son approche c’est qu’il n’utilise pas un personnage existant, mais en crée un de toute pièce.

Portugal

Portugal est une oeuvre majeure de la bande dessinée moderne. L’avalanche de prix qu’elle a reçu est là pour en attester. Cette consécration est amplement méritée tant l’ouvrage est abouti sur tous les plans. Scénaristiquement c’est la perfection. Un jeune homme qui entre dans l’âge adulte est en plein doute, désorienté et franchement au bord de la déprime. Il a peur de s’engager et sa relation bat de l’aile. C’est à ce moment, qu’à l’occasion d’un mariage, il va retrouver sa famille et renouer avec elle.

Lire !

Lire ! est un recueil de textes sur la lecture écrit à quatre mains par Bernard Pivot et sa fille Cécile. Cet ouvrage est agrémenté de photos et d’illustrations particulièrement bien choisies. J’aime habituellement ce genre de livres consacrés à la lecture en voici quelques exemples plus ou moins réussis Bouquiner Les vertes lectures Premier bilan après l’apocalypse Dernier inventaire avant liquidation Journal d’un lecteur1 Mais ici on a à faire à une succession de banalités.

Le Photographe

J’ai reçu cette belle intégrale lorsque j’ai quitté ma première entreprise – pour le dire vite, ça remonte un peu. Je ne sais pas pourquoi je ne l’avais pas lue depuis et je ne sais pas non plus pourquoi j’ai eu envie de la lire maintenant – peut-être que le confinement n’est pas étranger à cet appel des grands espaces. Et c’est peu de dire que j’ai pris une énorme claque, cette BD est un monument.

Metro 2033

Ce livre est fondé sur une particularité du métro de Moscou. Premièrement il est monumental, certaines stations ressemblent à des palais recouverts de marbre, deuxièmement ce métro a été conçu et construit en partie pour être un abris anti-atomique. La construction de la partie profonde de la ligne « Arbatskaïa » est terminée au début de la Guerre froide. Les stations profondes devaient servir d’abris contre les bombardements en cas de guerre nucléaire.

Libres d’obéir

L’oxymore qui compose le titre du livre est génial Libres d’obéir. Tout est dit et la contradiction véhiculée par cette association de deux mots antagonistes est vertigineuse. Ce livre a fait beaucoup de buzz lors de sa sortie car les journalistes ont repris en faisant – comme souvent – un raccourci un peu rapide le sous-titre, Le management, du nazisme à aujourd’hui qui pourrait être qualifié de racoleur si on ne connaissait pas le sérieux de l’auteur.

Le Grand Mort

Le grand mort est une série de bande dessinée en 8 volumes qui avait démarré en 2007 et vient d’être conclue l’année dernière, en 2019. J’ai eu la change de pouvoir les lire d’un trait ce qui permet de s’immerger dans l’histoire sans avoir à attendre plus d’une année entre chaque tome. Cette lecture en continue m’a permis d’effectuer une première constatation, en plus d’une dizaine d’années le changement dans les dessins n’est pas flagrant.

American Tabloid

James Ellroy s’intéresse aux évènements qui animèrent les deux faces – pas si antagonistes que ça – de l’Amérique, la politique et la mafia, entre les 22 novembre 1958 et 1963. Pendant ces 5 années il va se passer beaucoup de choses et Ellroy nous les raconte à sa façon dans un mélange de dialogues qui semblent pris sur le vif et de reproductions de divers documents: rapports, correspondances, retranscriptions d’écoutes téléphoniques, etc.

Donjon Antipodes T1

Donjon Antipodes inaugure une nouvelle ère du Donjon (10 000 ans avant les évènements de Zénith). C’est à la fois un petit évènement – car il avait été annoncé que la série était terminée – et une grande déception. Je n’ai trouvé dans cet album rien de ce qui a fait le succès et le charme des autres sous-séries – je ne sais pas trop comment qualifier autrement des séries au sein d’une série.

Préférence système

Depuis Aâma je n’avais plus lu une aussi grande BD de science fiction. A vrai dire, les deux ouvrages ne sont pas comparables, Aâma est une excellente BD, Préférence système est un petit chef d’oeuvre. Je vais essayer d’en résumer l’histoire. Dans un futur relativement proche – je dirais entre 2020 et 2100 – je ne pense pas que ce soit indiqué. Le protagoniste principal travaille au service de stockage. Sa principale activité consiste à présenter devant un comité les archives des oeuvres qui ne sont plus assez consultées – basé sur un calcul du nombre ou du pourcentage de consultations qui ne tient évidemment pas compte de la qualité des oeuvres.

La clé USB

J’ai pris beaucoup de plaisir à retrouver Jean-Philippe Toussaint après toutes ces années – ma dernière lecture remonte au très bon La Télévision en 2013. Son écriture est toujours aussi agréable, du pur style Minuit, un comparse d’Echenoz. Ils ont un style similaire fait de ce minimalisme – peut-être moins flagrant chez Toussaint – qui caractérise la maison d’édition à l’étoile et d’une dose d’humour. Autre similarité entre les deux auteurs l’univers du polar ou de l’espionnage, qui est très présent chez Echenoz depuis ses débuts et qui est de retour dans ses derniers romans Envoyée spéciale et Vie de Gérard Fulmard, et qui sous-tend l’intrigue de ce dernier opus de Toussaint.

Pyongyang

Guy Delisle enchaîne les destinations originales, cette fois c’est Pyongyang, la capitale de la Corée du Nord – en même temps c’est tout l’intérêt de ses ouvrages, un reportage à Clermont-Ferrand n’aurait certainement pas le même attrait – ce qui n’enlève rien au charme de Clermont-Ferrand évidemment. Ce qui est le plus surprenant donc c’est ce pays, la Corée du Nord. Pour la faire court, ça ne donne pas envie et ça fait même froid dans le dos, même si on ne voit pas grand chose dans le livre – quand il s’agit de la Corée du Nord l’opacité n’est pas une surprise.

Peopleware

Le jeu de mots qui compose le titre Peopleware livre la clé de cet essai. Le software (de la conception à la mise en production de logiciels) est avant tout une affaire de personnes. Les auteurs nous apprennent dès le début du livre que parmi toutes les observations qu’ils ont menées au cours de leur carrière, les échecs des projets ne sont jamais imputables – au moins en totalité – à des problèmes techniques.