Ploutocratie

Quand j’ai emprunté cette BD à la bibliothèque, je me suis dit tiens encore une dystopie. Et puis les dessins ne m’ont pas trop attiré. Tout ceci pour dire que je n’étais pas très enthousiaste en commençant cette bande dessinée dont je n’avais jamais entendu parler et dont je ne connaissais pas son auteur, l’espagnol Abraham Martinez. En débutant ma lecture, je ne sais donc pas trop quoi en penser, je vois bien l’idée du scénario inspiré de la dérive actuelle, mais je peine à croire qu’il soit crédible – pourquoi pas après tout, mais je reste quand même sceptique et ça m’empêche d’entrer vraiment dans l’histoire.

Dune

Dune, le grand oeuvre de Frank Herbert est certainement, avec Hypérion1 et Fondation, l’un des romans les plus connus de la science fiction. Comme il date de 1965, on peut le considérer comme un classique du genre. Et c’est peut-être la première chose qui frappe en lisant ce livre. Il n’a rien d’un classique, il n’est pas du tout daté dans sa forme et même étonnamment d’actualité sur le fond puisqu’il aborde des thèmes aussi contemporains que l’écologie, la géopolitique de l’accès aux ressources et les guerres, dont le djihad – ce sont aussi malheureusement des sujets qui ont tendance à rester d’actualité quelque soit l’époque.

Yoga

Emmanuel Carrère serait-il en train de concurrencer Christophe André sur son terrain ? J’ai beaucoup d’admiration pour lui – je parle d’Emmanuel Carrère sans dénigrer Christophe André – et je considère qu’il est, avec Michel Houellebecq, l’un des plus grands auteurs français de sa génération, j’ai aussi beaucoup de goût pour son travail et notamment pour ses derniers livres qui ne sont pas des romans – j’ai terminé mon disclaimer.

Zone

C’est l’un des plus grands livres que j’ai lu. C’est un livre antérieur à Boussole dans lequel Mathias Énard utilise le même procédé du monologue intérieur, du courant de conscience. Le tempo du récit n’est pas réglé cette fois sur les heures qui s’écoulent au cours d’une nuit d’insomnie, mais sur les kilomètres qui séparent Milan de Rome sur la voie de chemin de fer, au rythme de un kilomètre par pages sur 500 kilomètres – soit environ 500 pages.

L’arabe du futur T2-3

Passée la surprise du premier tome, on se penche plus en détail – j’aurais pu dire plus sereinement, mais je ne sais pas si c’est vraiment le cas – sur la vie quotidienne en Syrie, et notamment sur son système éducatif, c’est-à-dire plus prosaïquement l’école. Et c’est pour le moins surprenant voire choquant pour notre regard d’occidental – j’ai bien souvenir d’avoir entendu parler des coups de règle sur les doigts que les maîtres infligeaient parfois à la génération de mes parents, mais là on se situe un bon cran au-dessus me semble-t-il.

UNIX

Comme l’indique le sous-titre A History and a Memoir il s’agit pour Brian Kernighan – le K du célèbre K&R – de rédiger un livre de souvenirs qui tient lieu à la fois d’histoire d’Unix – ou UNIX. C’est aussi à l’inverse un livre sur l’histoire d’Unix qui contient des anecdotes sur cette aventure et sur sa matrice, le Bell Labs et son fameux département 1127. Kernighan insiste d’ailleurs beaucoup tout au long du livre sur l’importance de cette structure et des personnes qui y ont été rassemblées.

Le Troisième Testament

La parole de Dieu ! Non plus interprétée par l’Homme, mais littérale ! Dictée dans les mots qui ont suscité toutes choses ! Ces mots qui ont exilé Adam et béni Abraham. Ces mots qui se gravent dans la roche et commandent aux Hommes. Un verbe tout-puissant, le Troisième Testament ! Je ne sais pas si cette série a inauguré le genre ésotérique – que j’appelais aussi mystico-religieux – en bande dessinée, mais elle en est sans aucun doute une des meilleures représentantes.

Par les routes

Le monde se divise en deux catégories. Ceux qui partent. Et ceux qui restent. Et c’est un peu ça l’histoire de ce livre. Deux personnages, Sacha qui vient s’installer dans une petite ville du sud de la France simplement désignée par son initiale V. pour y trouver le calme qui sera propice à son projet d’écriture et qui retrouve là, par hasard – le hasard et l’un des grands thèmes de ce livre –, une ancienne connaissance qu’il avait perdu de vue, volontairement, depuis des années, l’autostoppeur.

Les Intéressants

Au début je me suis dit qu’il s’agissait d’un de ces romans mettant en scène des étudiants, une sorte de campus novel. Pour être précis, j’ai pensé à un livre que j’ai lu il y a très longtemps – et que j’avais beaucoup apprécié à l’époque – Le maître des illusions. De la même manière, ce roman s’intéresse à la vie d’un groupe d’adolescents qui se sont connus dans un camp de vacances dédié au développement des talents artistiques.

Les cahiers d'Esther T1

Riad Sattouf est un auteur précieux qui sous un angle humoristique se pose en témoin de sa génération – son sujet de prédilection étant la vie quotidienne. Il semble réaliser avec la série des Cahiers d’Esther une synthèse de plusieurs de ses précédents ouvrages. Comme dans La vie secrète des jeunes il y a indéniablement un côté témoignage – anthropologique ou ethnologique pourrait-on dire – puisque la aussi, a priori tout est vrai ou au moins basé sur des faits réels – il faut malheureusement se rendre à l’évidence, on est plus proche de la réalité que de la fiction.

L’origine de la violence

Lorsque j’ai retrouvé ce livre dans ma bibliothèque, je ne me souvenais même pas de l’avoir acheté – ça commence à devenir grave – et je connaissais encore moins son auteur Fabrice Humbert. Mais le titre bien choisi m’a donné envie. Cette lecture a donc été une totale découverte pour moi. Il s’agit d’un autre roman sur la Shoah et sur le traumatisme subi par les générations suivantes, c’est-à-dire par les descendants des victimes.

Walking Dead

Je ne suis pas un grand fan des zombies et je déteste tous les films du genre – sauf Shaun of the Dead qui est vraiment excellent –, idem pour les jeux vidéos, ils sont tout simplement affreux, les BD c’est à peine mieux – j’ai quand même bien aimé 30 jours de nuit1 de Ben Templesmith, pour ce qui est des livres, j’ai juste lu La nuit a dévoré le monde que j’ai beaucoup aimé, mais je ne pense pas qu’il soit représentatif du genre.

En Russie

L’une des facettes d’Olivier Rolin est d’être ce que l’on appelle communément un écrivain voyageur, il a ainsi publié plusieurs volumes que l’on pourrait ranger dans la catégorie des récits géographiques. Parmi eux, En Russie a attiré mon attention. Olivier Rolin a un tropisme pour ce pays, ou plutôt pour cette vaste région du monde. Voici ce qu’il écrit à ce propos dans la préface à l’édition publiée dix ans après la première parution de son livre.

Comment je suis devenu stupide

Ceux qui pensent que l’intelligence a quelque noblesse n’en ont certainement pas assez pour se rendre compte que ce n’est qu’une malédiction. Martin Page a consacré un livre à ceux que l’on appelle les surdoués, les hauts potentiels ou de manière – je trouve – plus appropriée les zèbres. J’ai croisé ce terme pour la première fois en lisant Petit guide à l’usage des gens intelligents qui ne se trouvent pas très doués et j’avais à cette occasion entendu parlé du roman de Martin Page dont il est question ici.

Deuxième génération

Ce roman graphique est un récit autobiographique d’un enfant de la deuxième génération autrement dit les enfants des survivants de la Shoah. Il s’inscrit donc dans la même veine que Maus1, filiation que l’auteur revendique de façon explicite puisqu’il raconte même avoir essayé en vain de le faire lire à son père. À la différence de son illustre aîné qui abordait les deux époques (le passé dans les camps et l’après, la génération du fils), ce livre se concentre exclusivement sur la vie après les camps.

Légendes de la Garde HS1

Lorsque j’ai eu vent – un peu tardivement il est vrai – de la sortie d’un nouveau tome des Légendes de la Garde mon sang n’a fait qu’un tour et je me suis rué dans ma librairie. Je suis un grand fan de la série et j’ai mis ce volume sous mon bras après l’avoir cherché pendant deux bonnes minutes qui m’ont semblé durer un quart d’heure. Une fois de plus je suis victime de la psychose de l’indisponibilité hypothétique des ouvrages que je soupçonne les éditeurs d’entretenir.

La maladie de Sachs

Ce n’est un secret pour personne – ou presque –, Martin Winckler est un pseudonyme, peut-être même l’un des plus connus de la littérature contemporaine. Dans la vraie vie il se nomme Marc Zaffran et exerce, ou plutôt exerçait, la profession de médecin généraliste. Et c’est précisément ce livre qui est en rapport avec son métier qui l’a fait entrer en littérature par la grande porte et l’a rendu célèbre sous son nom d’emprunt.

Persepolis

Ce livre de la belle maison d’édition L’Association a connu la célébrité grâce à son adaptation très réussie au cinéma. Persepolis est une autobiographie puisque Marjane Satrapi raconte une partie de sa vie, de son enfance à l’entrée dans l’âge adulte. La particularité de Marjane – si l’on met de côté son caractère bien trempé – est qu’elle a grandi en Iran durant une période pendant laquelle ont eu lieu la révolution et l’instauration du régime islamique, puis la guerre contre l’Irak.

Le Meurtre du Commandeur T2

J’avais cru, après la lecture du premier tome, que l’histoire allait prendre de l’ampleur dans le second tome, que les éléments patiemment mis en place allaient enfin s’assembler pour créer une histoire belle, profonde et très originale. Mais j’ai l’impression que tout cela n’est jamais arrivé. Il est vrai que la lecture est plaisante, mais tant de pages pour si peu de densité, c’est un peu exagéré. Même si la phrase de Murakami est toujours aussi agréable, ce n’est pas suffisant sur la durée – vu la longueur totale des deux tomes.

La Saga de Grimr

Une saga (mot islandais, pluriel sögur) est un genre littéraire développé dans l’Islande médiévale, aux xiie et xiiie siècles, consistant en un récit historique en prose, ou bien une fiction ou légende. – Wikipedia C’est par un retour aux sources sur le sol de feu de glace islandais au Moyen Âge que Jérémie Moreau a souhaité livrer sa saga. Ce qui est intéressant dans son approche c’est qu’il n’utilise pas un personnage existant, mais en crée un de toute pièce.