Au Bon Roman

The goal

The goal est un classique parmi les livres dédiés à l’optimisation de la production industrielle datant de l’époque où les termes gestion de production et recherche opérationnelles étaient encore largement employés, les années 80. Il date d’avant l’avènement du lean popularisé par Toyota. Avant de revenir au fond parlons de la forme car elle reste encore originale plus de 30 ans après. Il s’agit d’un genre particulier portant le doux nom de business novel, c’est à dire d’une oeuvre de fiction traitant d’un sujet technique dans le but d’en illustrer les principes – de les vulgariser diront les aigris.

L'été Diabolik

L’été Diabolik est un plongeon dans un grand bain de nostalgie. Celle des années 60, des vacances au soleil, des premiers émois et des magasines de bande dessinées achetés dans les kiosques. Tout ceci sous fond de guerre froide dans la grande tradition des romans d’espionnage à la John le Carré. L’histoire se décompose en deux parties distinctes. La première est le récit des souvenirs et des événements plus que troublants relatifs à la période des années 60.

Invincible T1

Robert Kirkman est surtout connu pour sa série Walking Dead1. Avant cet énorme succès, il avait créé une série de super-héros main stream nommée Invincible. On pourrait penser que cette BD n’est qu’un hommage à l’âge d’or des comics. Et il y a indéniablement de ça, les clins d’oeil sont suffisamment appuyés pour qu’un piètre connaisseur comme moi les détecte immédiatement. De la référence à Tom Strong en passant par de grosses similitudes avec l’univers DC, notamment avec Superman et la JLA – je ne parle même pas de la présence des héros d’Image Comics.

En cuisine avec Kafka

Des strips – ou du dessin de presse – sur le thème de la littérature, avec un petit zeste de culture geek, tout ceci dans un style minimaliste irrésistible: que demander de plus ! Ce livre est l’oeuvre de Tom Gauld qui illustre ainsi chaque dimanche le cahier littéraire du Guardian – pas mal. Comme toujours avec ce genre d’exercice, c’est un numéro d’équilibriste. Il y a du très bon et du moins bien.

Chiens

Mark Alizard consacre un petit livre aux chiens. Curieuse idée car le chien a l’image d’un animal tout ce qu’il y a de plus banal. Le chien de la famille qui ne quitte pas son maître du regard, qui le suit partout. Et pourtant vous verrez en lisant ce livre que le chien est plus complexe qu’il n’y paraît et que le destin de l’homme est intimement lié à celui de son plus fidèle compagnon.

La Modification

Un matin un homme quitte Paris pour Rome. Il a pris une grande décision. Il va rejoindre sa maîtresse. Il compte lui annoncer qu’il quitte enfin sa femme pour s’installer définitivement avec elle. Durant ce voyage, cette journée entière passée dans le compartiment 3ème classe du Paris-Rome, il ne surviendra pas de grands événements, sauf dans la tête de Léon. 24 h vont s’écouler pendant lesquelles il ne fera que penser à l’événement qui est en train de se jouer.

L’Homme qui tua Lucky Luke

Comment remettre Lucky Luke au goût du jour, comment sortir une nouvelle aventure qui intéressera un public plus large que les nostalgiques et les aficionados – ou les amateurs de Laurent Gerra ? L’équation semble compliquée à résoudre et pourtant, selon moi, Matthieu Bonhomme y est parvenu haut la main. Il est vrai que Lucky Luke a pas mal vieilli – enfin pas le personnage qui a toujours le même âge, mais la série.

Presque toute la vérité sur les lutins

Je suis sûr que vous avez toujours voulu en savoir plus sur les lutins. Vous savez ces petits êtres habillés en rouge et vert portant barbe et chapeau pointu. Certains les aiment tellement qu’ils leur érigent des statues dans leur jardin. Kitschs ou mignons, ils font indéniablement parti de notre imaginaire commun et sont même appelés à la rescousse lorsque le Père Noël manque de main d’oeuvre pour fabriquer ses jouets à la fin de l’année.

Le Sillon

Lorsque j’ai appris que Le sillon de Valérie Manteau avait été couronné par le prix Renaudot, je suis retourné à la bibliothèque pour l’emprunter à nouveau. J’en avais entendu parler à La Dispute et j’avais lu une centaine de pages avant de devoir le rendre. Ce n’était pas par manque d’intérêt, mais parce que je lisais en même temps à ce moment-là L’Origine de la violence. Je n’avais donc tout simplement pas eu le temps de le terminer et l’attribution de ce prix m’a renforcé dans l’idée que j’étais peut-être passé à côté de quelque chose.

Gatsby

Gatsby le Magnifique ou Gatsby tout simplement pour cette version traduite par Julie Wolkenstein est un grand classique de la littérature. C’est le style qui m’a le plus frappé dans ce roman. Francis Scott Fitzgerald réalise une prouesse en proposant une écriture à la fois épurée et poétique, ce qui semble antinomique et pourtant. […] et nous traversâmes Astoria à 100 kilomètres / heure avant d’apercevoir, sous les pylônes arachnéens du métro aérien, le coupé bleu qui filait tranquillement devant nous.

Black Op T1

J’avais envie d’une BD un peu à l’ancienne, un bon vieux franco-belge. Je tombe sur le premier tome de Black Op à la bibliothèque dont la couverture aguicheuse avait déjà attiré mon regard à la librairie. Je ne risque pas grand-chose, allez je l’embarque. Je voulais du classique et je n’ai pas été déçu sur ce point, c’est du très – trop – classique : le traumatisme de l’enfance, la rivalité / trahison amoureuse, un complot pour faire élire les méchants républicains.

Les Phalanges de l’Ordre Noir

Un baroud d’honneur Combat désespéré avant l’issue fatale d’une bataille, militaire ou non. – Wiktionnaire Cette expression résume à elle seule ce livre. C’est celui que d’anciens extrémistes de gauche face à des extrémistes de droite vont mener de nombreuses années après la guerre d’Espagne. A présent, ils sont devenus des vieillards et vont mener leur dernière bataille. Il s’agit d’un one shot touffu paru en 1979 – 1 an après ma naissance, ça commence à faire – que l’on doit à la collaboration entre Enki Bilal et Pierre Christin.

Le monde englouti

Ce roman du mythique écrivain anglais James Graham Ballard dont le nom est souvent abrégé en J. G. Ballard est l’un des romans du cycle des Quatre apocalypses. Tous écrits dans les années 60, ils imaginent l’humanité confrontée à plusieurs fléaux: montée des eaux, tempête, canicule et fossilisation. Dans celui dont il est question ici, la montée des eaux est une conséquence d’un sujet qui est plus que jamais d’actualité: le réchauffement climatique – même si ici il est lié a des explosions solaires et non à la décision de Donald Trump.

Le combat ordinaire

Le titre est un oxymore. Un combat n’est jamais ordinaire même si c’est celui de la vie. Le fond et la forme jouent également sur le contraste. Un dessin gai et des couleurs chatoyantes qui pourraient convenir à un récit humoristique alors qu’ils servent un propos globalement très sérieux – voire parfois un peu triste. Soyons clairs, nous sommes en présence d’un oeuvre de très grande qualité. Ce que j’ai dit concernant les dessins n’est d’ailleurs pas péjoratif, ils procurent un grand plaisir de lecture et mettent en scène des personnages attachants et expressifs.

Les Pauvres Aventures de Jérémie

Je n’ai pas beaucoup d’inspiration, mais je tenais tout de même à écrire quelque chose pour dire le plaisir que m’a procuré la lecture de ces trois albums mettant en scène Jérémie. Jérémie est un post-adolescent qui travaille dans l’industrie du jeu vidéo. Il passe beaucoup de temps avec son meilleur ami et la soeur de celui-ci. Sa préoccupation numéro une est un sujet qui reste plus complexe à maîtriser pour notre anti-héros qu’une console de jeu, les filles.

J'apprends à lire avec Sami et Julie

J’apprends à lire avec Sami et Julie est une série de petits livres destinés à l’apprentissage de la lecture – voici une phrase bien creuse qui ne fait que paraphraser le titre. Il existe trois niveaux de CP, qui sont fonction de la capacité des enfants à lire certaines lettres ou syllabes, et un niveau CE1. La mise en page est simple et efficace, une page de texte fait face à une page illustrée.

Le Meurtre du Commandeur T1

La sortie d’un nouveau Murakami est devenue au fil du temps un événement mondial. L’auteur japonais a acquis une notoriété qui lui aurait certainement valu une reconnaissance par le comité Nobel littérature si celui-ci n’était pas tombé en disgrâce. A une bien moindre échelle, j’ai moi même été victime de cet engouement qui m’a conduit à me procurer à prix d’or (près de 50 €) les deux tomes, dès leur sortie en librairie – alors que je préfère habituellement attendre l’arrivée des livres sur le marché de l’occasion.

Missionnaire

En farfouillant dans mes exemplaires des notes de Boulet, je suis tombé sur une série de livres au même format (parus dans la même collection Shampooing) dont certains comme le carnet de Joann Sfar intitulé Missionnaire que je n’ai pas encore lu – il faut bien se garder une petite réserve. Lors de la Master Class que lui a consacré France Culture, il disait que ses carnets ne se vendaient pas – il ne s’en plaignait pas, mais disait simplement qu’ils n’intéressaient que ses proches et encore, il en existe pourtant 12 à l’heure actuelle.

Fondation

Fondation est un classique parmi les classiques de la science-fiction – je dirais qu’il figure aisément dans les dix livres les plus connus du genre. Je parle ici du premier tome du cycle, mais il existe des préludes et des suites ainsi que d’autres oeuvres d’Isaac Asimov qui se situent dans le même univers. Ce livre et ce cycle se démarquent de leurs semblables par une approche très scientifique (hard SF) et historique.

The Woods T1

Tout un lycée se retrouve transporté sur une lointaine planète où la flore et la faune semblent plutôt hostiles – en lisant ce livre on se rend compte que c’est un doux euphémisme. Ce n’est pas très rationnel car aucune explication n’est fournie au lecteur. Mais c’est un point de départ, c’est comme ça. On dirait un sujet de rédaction. A partir de là, imaginez ce qui va arriver, écrivez la suite.

Les nouvelles aventures de Lapinot T1

– Si tu mourais, tu voudrais que j’aille dans un univers parallèle où tu n’es pas mort et que je te ramène ici ? – N’importe quoi. – Bâh non … Ça ferait plaisir aux gens ici à qui tu manquerais. – Oui. Mais après, je manquerais aux autres de l’univers parallèle où je ne serais plus. Lapinot est de retour, bonne nouvelle. Lewis Trondheim nous a fait une bonne blague – ou avait besoin d’argent.

Écoute le chant du vent suivi de Flipper, 1973

Écoute le chant du vent et Flipper, 1973 sont les deux premiers romans d’Haruki Murakami. Il les a écrits sur la table de sa cuisine. Ils forment avec La Course au mouton sauvage La trilogie du Rat – le Rat est une personne d’où la majuscule. Le Rat tourna la tête vers le plafond et puis, lentement, il ferma les yeux. Ensuite, il éteignit toutes les lumières qui peuplaient son cerveau, et son esprit s’engouffra dans de nouvelles ténèbres.

Groenland Vertigo

Adapter les Racontars Arctiques en BD a donné des idées à Hervé Tanquerelle. Il met en scène son alter ego qui embarque pour une exploration digne d’une aventure de Tintin. Il ne cache pas ses sources d’inspiration puisque même la police de caractère utilisée sur la couverture rappelle – c’est peut-être la même d’ailleurs, les éditions Moulinsart pourraient lui faire un procès – les albums d’Hergé. Il exploite comme son ainé le contraste entre les paysages, et plus généralement les décors, détaillés et les personnages volontairement stylisés – les yeux de certains personnages rappellent ceux des personnages d’Hergé.

Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier

Patrick Modiano creuse toujours le même sillon. Celui de son enfance et des souvenirs évanescents. Des noms, des lieux qui emergent à la surface de sa conscience et qui peu à peu prennent forme sans jamais se clarifier complètement. De cette période trouble de l’occupation et de l’après guerre. Il l’a fait sous les traits de multiples personnages, celui de Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier, comme d’autres avant lui, se prénomme Jean, Jean Daragane.

La Grande Odalisque

C’est quoi déjà, la Grande Odalisque ? C’est la peinture de la nana qui a trois vertèbres en plus que tout le monde. Connue justement pour ce truc de vraisemblance sacrifié au profit de la beauté. La définition est posée et nos deux puis trois héroïnes vont tenter de la subtiliser en plein musée du Louvre. Si vous vous intéressez un peu à la BD, vous avez très certainement entendu parler de cette association de trois jeunes talents – stars montantes – de la scène française qui se sont associés pour livrer leur version de l’excellente série d’animation – qui a bercé ma jeunesse – Cat’s Eyes.

Effective Monitoring and Alerting

Juste une courte note à propos de ce livre que j’ai utilisé dans le cadre de mon travail. Tout d’abord deux points positifs. Le premier est qu’il traite des sujets monitoring, alerting et reporting en général, c’est-à-dire indépendamment de l’outillage utilisé. C’est à la fois un point fort et un point faible puisqu’il pourrait être utile d’identifier des familles d’outils adaptés à chaque usage. Cette volonté de s’écarter des outils est assez rare pour être soulignée.

Gantz T1

Gantz ou comment enfoncer tous les tabous. Ultra-violence, vengeance, sexe, jalousie, tous les côtés sombres de l’être humain y passent. Femmes, enfants, vieillards, personne n’est épargné. Il semblerait que le no limit soit la règle que s’est imposé l’auteur pour le scénario de ce manga hors-norme. A chaque fois où l’on pourrait se dire «non là il ne va pas oser», il fonce sans état d’âme. En deux mots, des personnes décédées se retrouvent dans un petit appartement – une sorte de purgatoire – depuis lequel ils sont téléportés dans une ville pour accomplir des missions qui consistent à dézinguer des aliens.

Sorbonne plage

[…] Paul Tibbets ayant changé de front mais pas d’activité, fut le commandant du bombardier qui anéantit la ville d’Hiroshima le 6 aout 1945. Il est celui qui a largué la première bombe atomique, tuant instantanément 80 000 personnes. Jamais, ni avant ni après, autant d’êtres humains n’ont été liquidés en si peu de temps, c’est-à-dire en une fraction de seconde: la durée d’un grand flash blanc comme surgi d’un monstrueux appareil photo.

From Hell

Trop éprouvé par la lecture de From Hell du grand Alan Moore, je ne suis pas parvenu à écrire quelque chose de cohérent. Tout ce que j’ai réussi à faire est d’établir cette liste d’observations que je livre en l’état. Le grand scénariste Alan Moore, l’adaptation du film, l’ambition folle de cette BD font que j’avais envie de ce livre depuis qu’il est sorti chez Delcourt il y a une quinzaine d’année et voilà que je le reçois en cadeau pour ma fête – elle est pas belle la vie.

Tokyo Vice

Jake Adelstein est, comme il se définit lui-même un juif américain, mais au pays du soleil levant, il n’est qu’un gaijin. Ce gaijin, à peine ses études terminées, a réussi la prouesse d’être embauché dans l’un des plus prestigieux quotidien du pays, le Yomiuri. C’est à ce point un exploit que les japonais ne le croyaient pas. Après des débuts à couvrir des petites affaires locales il s’est spécialisé dans le monde de la nuit.

Kairos

J’ai piqué cette BD dans le rayon jeunesse et bien mal m’en a pris – rassurez-vous je ne l’ai pas arrachée des mains d’un enfant qui s’est mis à hurler. Il faut bien se résoudre à grandir un jour et, malheureusement, côté BD, j’ai perdu un peu de ma candeur au fil des années. Pourtant je m’étais dit qu’il devait m’en rester un peu. Disons assez pour un petit récit d’aventure pas trop ambitieux aux jolis dessins d’inspiration manga à lire les soirs de la semaine.

Les locataires de l’été

Je pense – mais j’ai la flemme de vérifier – que ce titre m’a été conseillé par Frédéric Beigbeder dans son livre Premier bilan après l’apocalypse. Je ne connaissais pas du tout Charles Simmons avant de lire ce livre et le titre Les Locataires de l’été ne m’aurait pas attiré. Seule la belle couverture du Phébus libretto, illustrée par un détail d’une oeuvre d’Edward Hopper, aurait pu allumer une étincelle dans mon regard.

Le bain de Berk

Les enfants et le bain, c’est une grande histoire. Parfois ils ne veulent pas y aller. Puis quand ils y sont ils ne veulent plus en sortir et ils vident tous les shampoings et les gels douche pour fabriquer de la mousse ou pour laver les jouets – si vous n’avez qu’une douche à l’italienne, c’est moins animé. Si vous cherchez une bonne histoire pour évoquer ce moment si particulier, Le bain de Berk est un excellent choix.

Rebel Code

Si vous cherchez un livre sur l’histoire de Linux et plus généralement sur celle du mouvement open source, vous l’avez trouvé. Glyn Moody nous propose une longue page d’histoire qui part des origines aux années 2000. Tout ou presque est abordé dans ce livre: la technologie, les hommes, la philosophie et l’économie. On verra comment le travail d’un étudiant a fini par être adopté par l’ensemble des fabricants de machines professionnelles et fait aujourd’hui tourner Internet et tous les vendeurs de cloud – même Microsoft vient de sortir son propre Linux (Azure Sphere), c’est dire !

Et dans l’éternité je ne m’ennuierai pas

Comme l’indique le sous-titre, il s’agit d’un livre de souvenirs. Ceux d’un historien spécialiste de la Rome antique devenu professeur au Collège de France. Très classiquement il raconte son enfance, ses études, s’attarde sur son passage à l’école normale supérieure. A cette époque le communisme n’était pas encore mort – on ne connaissait pas ou on ne voulait pas croire à Staline et ses goulags – et Paul Veyne revient sans ambages sur son passé de communiste.

Gérard

Mathieu Sapin commence a être un habitué des portraits. Après avoir suivi l’ancien pensionnaire de l’Elysée dans Le Château, il file le train à un autre personnage public. Ce dernier est bien plus truculent puisqu’il s’agit du monstre sacré du cinéma français, celui que le monde entier – enfin surtout les russes – nous envie, le grand, l’inimitable, Gérard Depardieu. Le moins que l’on puisse dire c’est que l’on a définitivement quitté le registre policé de la communication bien maîtrisée pour entrer avec fracas dans le brut de décoffrage.

Le lion et l'oiseau

Nous n’avions pas croisé Marianne Dubuc depuis Devant ma maison lorsque nous sommes tombés sur ce livre – ça fait un petit moment. La première constatation est qu’elle n’a pas abandonné ses crayons de couleurs. C’est d’ailleurs grâce à cette particularité que nous avons reconnu la patte de la canadienne. J’ai tout de suite trouvé la couverture très belle, très douce. Le contenu l’est tout autant. Il s’agit d’une histoire simple sur les valeurs de l’entraide et de l’amitié.

Faire la loi

Je ne sais pas si l’idée du jeu de l’oie est partie d’un jeu de mots douteux par rapport au titre – je n’ose pas y croire. Illustrer le parcours du combattant que représente l’adoption d’une loi par une partie de jeu de société est une vraie bonne idée. L’exemple utilisé est celui de la loi Macron. Comme celui qui lui a donné son nom est devenu depuis notre président c’est aussi l’occasion d’en apprendre un peu plus sur l’homme et sur sa force de caractère.

Entre amis

Je ne lis pas souvent des nouvelles, mais j’avais entendu parler de ce recueil il y a très longtemps, peut-être lors d’une émission de La Dispute. Elles sont homogènes et forment un tout. Elles mettent en scène les mêmes personnages ont une unité de temps et surtout de lieu. Elles se suivent, finalement un peu à la manière des chapitres d’un livre. Leur sujet, ce qu’elles dépeignent c’est ce lieu si particulier qu’est le Kibboutz.

Les marais du temps

Cet album est le deuxième d’une collection initiée en 2006 intitulée Une aventure de Spirou et Fantasio par … Le titre de la collection parle de lui-même et offre à des auteurs et des dessinateurs de talent l’occasion de se frotter à l’un des mythes de la bande dessinée franco-belge. Le duo Yoann (Chivard) / Fabien Vehlmann a ouvert la voie et c’est Franck Le Gall qui a pris la suite en solo.

La leçon d'anatomie

C’est fou comme les romans de Philip Roth peuvent être différents. Autant Némésis que j’ai lu récemment est clair et limpide, se lit facilement, coule tout seul tout en étant très travaillé et parfaitement réalisé, autant ceux du cycle Nathan Zuckerman sont sinueux, complexes et pour résumer torturés. Je conseillerais les premiers à tout lecteur – pour ne pas dire n’importe quel lecteur ce qui pourrait sembler péjoratif – et je réserverais les autres à un public d’avertis qui a déjà beaucoup lu et qui est à la recherche de quelque chose de moins conventionnel, de plus profond voire d’expérimental.

La forêt sombre

L’Univers est une forêt sombre dans laquelle chaque civilisation est un chasseur armé d’un fusil. Il glisse entre les arbres comme un spectre, relève légèrement les branches qui lui barrent la route, il s’efforce de ne pas faire de bruit avec ses pas. Il retient même sa respiration. Il doit être prudent, car la forêt est pleine d’autres chasseurs comme lui. S’il remarque une autre créature vivante – une autre chasseur, un ange ou un démon, un bébé sans défense ou un vieillard boiteux, une magnifique jeune fille ou un splendide jeune homme, il n’a qu’un seul choix: ouvrir le feu et l’éliminer.

Sillage T1-3

C’est en tombant sur le rayon de la série Sillage à la bibliothèque que j’ai eu la surprise de constater qu’elle comptait à présent 19 tomes ! J’en ai a peu près une dizaine à la maison et mon premier achat correspond à la découverte de la série au début des années 2000 – je dirais 2001. C’était la grande époque de la découverte des séries Delcourt, que de bons souvenirs Garulfo, De Cape et de Crocs … Et je dois dire que Sillage faisait partie de mes préférées.

Choc T1

Monsieur Choc apparaît pour la première fois en 1955 dans le journal de Spirou. Créé par le dessinateur Willy Maltaite – dit Will – et par le scénariste Maurice Rosy, Monsieur Choc est alors destiné à devenir l’indestructible adversaire de Tif et Tondu. […] Presque cinquante ans après sa dernière apparition dans une aventure de Tif et Tondu, Monsieur Choc revient sur le devant de la scène. Seul, cette fois.

Release It!

Ce livre est une bible pour tout professionnel qui souhaite déployer une solution en production – c’est quand même l’objectif normalement, les POC ça va un moment et le titre de ce livre vous y incite fortement. C’est une référence reconnue puisqu’il a contribué à populariser certains patterns comme le circuit breaker et qu’il caracole en tête de toutes les listes de lecture (must read) du domaine. Il est bourré de bons conseils issus d’un énorme retour d’expérience puisque Michael T.

Chroniques de la vigne

J’ai été incapable de voter pour Nicolas Sarkozy. Je me méfie des gens qui ne boivent pas du tout – sauf contre-indications médicales ou religieuses, bien sûr. Je suis persuadé qu’ils craignent de perdre le contrôle avec trois verres dans le nez. S’ils s’estiment potentiellement dangereux à table alors j’imagine au pouvoir ! L’homme qui tient ces propos a 90 ans, 40 000 bouteilles au compteur et beaucoup d’histoires à raconter.

Le Traquet kurde

La première chose que j’ai remarqué dans ce Traquet Kurde est la très belle reproduction de l’oiseau en question juste derrière la page de titre. Car il s’agit bien d’un oiseau et non comme je l’avais cru en entendant le titre (sur une base phonétique) d’un réfugié kurde traqué par je ne sais qui. La seconde est la qualité du papier – je suis presque sûr que le grain du papier est plus fin que celui des autres livres P.

Le problème à trois corps

C’est tout simplement, derrière Hypérion1, le meilleur livre de SF que j’ai lu. C’est vrai que je ne suis pas un grand spécialiste du genre, mais quand même. Il s’agit en fait – comme souvent en SF – du premier tome d’une trilogie. Formellement la trilogie Remembrance of Earth’s Past – je ne sais pas si ce nom apparaît en français –, mais l’on y fait plus souvent référence en empruntant le titre du premier tome, ce qui donne la trilogie du problème à trois corps – ça fait beaucoup de 3 – écrite par l’auteur chinois Liu Cixin.

Némésis

Némésis est le dernier roman du cycle éponyme et le dernier roman de Philip Roth avant qu’il raccroche définitivement pour attendre le Nobel et son entrée dans la Pléiade – ça, c’est fait. Ce roman n’a rien à voir avec ceux du cycle Nathan Zuckerman qui est certainement le plus connu. Autant je trouve que les romans mettant en scène Nathan Zuckerman sont denses et complexes – tout simplement difficiles à lire pour dire les choses – autant je trouve que ce livre et d’autres comme Le Complot contre l’Amérique sont l’exact opposé, simples et accessibles.

Klezmer T2

Dans ce second tome (vous pouvez lire l’article consacré au premier ici), c’est vraiment la joie qui domine, celle incomparable transmise par la musique. Cette sensation est parfaitement rendue, on a l’impression de participer à la fête. Des éléments comme la scène isolée dans la salle de bain ou le récit enchâssé du conte narré par Tchokola sont des respirations, des contrepoints qui donnent de l’ampleur au récit. Tout ceci fait de ce tome le point d’orgue de la série.

La classe de rétho

Antoine Compagnon est un historien de la littérature française, professeur au Collège de France et l’un des plus grands spécialistes de Marcel Proust. Je vous passe son cursus complet, mais il n’y a pas besoin d’en rajouter pour se convaincre que nous n’avons pas affaire au premier venu. J’admire le savoir de cet homme que j’ai eu l’occasion d’écouter plusieurs fois lors de ses passages à la radio ou dans le cadre de ses cours disponibles en podcast et j’apprécie son humilité et sa façon de transmettre ses connaissances.

Perceval

Perceval est un personnage, un chevalier, de la légende arthurienne bien connu. Si l’on faisait un sondage je dirais qu’il finirait au pied du podium après Arthur (cf. L’Enchanteur), Lancelot et Merlin et juste devant Gauvain (cf. Le géant enfoui). Cette bande dessinée est librement inspirée du texte Perceval ou le conte du Graal de Chrétien de Troyes, daté de 1180. Autant que je puisse en juger puisque je n’ai pas lu le texte original – c’est au-delà de mes compétences –, je trouve que c’est plutôt bien fait.

Les secrets du pommier

Tout le monde connaît l’image d’Épinal de cet enfant tellement passionné par son ouvrage qu’il brave l’interdiction de ses parents en lisant à la lumière d’une lampe de poche cachée sous sa couette jusqu’à une heure avancée de la nuit – dans les faits combien de parents rêveraient de réprimander leur enfant pour une telle désobéissance. Le sous-titre nous enjoint à nous munir d’une lampe de poche, mais rassurez-vous il ne s’agit pas de lire dans le noir, elle va être d’une toute autre utilité, plus originale.

L’annulaire

C’est en écoutant une émission de radio consacrée à Françoise Nyssen récemment nommée ministre de la culture, que j’ai pensé à Yoko Ogawa. Pourquoi ? Parce qu’avant d’exercer ces hautes fonctions elle fut la directrice des éditions Actes Sud créées par son père. Il faut se souvenir que pour se faire une place parmi les grands, Actes Sud a d’abord misé sur un terrain relativement délaissé par ses concurrents, la littérature étrangère.

Le Météorologue

Un coup de coeur pour un livre comme l’on en a peu au cours d’une année de lecture, le dernier de ce genre est _L’ordre du jour_ et il a eu le Goncourt en 2017. Olivier Rolin rend avec ce livre un bel hommage à Alexéï Féodossévitch Vangengheim, le météorologue, et avec lui à toutes les victimes de la grande Terreur en URSS. Météorologue avec les aléas que cela comporte – surtout à l’époque – est une profession à risque dans le monde paranoïaque sur lequel régnait le tyran Staline.

L'ami Javin

L’ami Javin est le tome qui inaugure le premier cycle de La Quête de l’oiseau du temps. Ca fait déjà une bonne raison de commencer la lecture de cette série incontournable de la fantasy par ce volume. La deuxième est que ce cycle, appelé Avant la Quête, a été publié après le cycle principal, La Quête, et qu’il bénéficie de dessins plus modernes dirons-nous. Ils sont d’ailleurs un des points forts de cette BD qui n’en manque pas.

Silo T1

Actes Sud s’intéresse à la science fiction – c’est déjà une très bonne nouvelle – et vient de publier une intégrale consacrée à un petit phénomène de l’édition aux Etats-Unis, Silo. L’objet est très beau – j’ai une attirance pour les gros livres – et j’ai dû faire preuve d’une volonté de fer pour ne pas l’acheter immédiatement et attendre patiemment que le premier tome (sur trois) soit disponible à la bibliothèque.

Bjorn le Morphir T1

Le terme morphir désigne une certaine classe de héros nordiques, la plus rare. Le morphir se distingue par l’évolution soudaine de son caractère et de ses aptitudes physiques: d’abord peureux et malingre, il se «lève» un beau jour pour devenir un guerrier d’exception. Il s’agit d’une adaptation en bande dessinée du roman éponyme1 destiné à la jeunesse et publié par L’école des loisirs. Lorsque j’ai appris cette information à la toute fin de ce premier tome, je n’ai pas été surpris une seconde puisque j’avais justement pioché cette BD dans la rayon jeunesse de ma bibliothèque – depuis que j’emprunte leurs BD les enfants me détestent.

Une rivière

Une petite fille rêve devant la fenêtre de sa chambre. Elle regarde la rivière et se laisse emporter par les flots. Elle est seule à présent à bord d’un petit bateau. Il vogue à travers la ville et quitte peu à peu le monde des hommes et la pollution pour rejoindre la nature. Elle traverse ainsi de nombreux paysages et se dirige vers l’océan. J’ai tout de suite aimé ce livre lorsqu’un enfant l’a choisi – par hasard ou intrigué par la couverture – pour me le faire lire lors d’une sortie à la médiathèque.

Les Formidables aventures de Lapinot T8

L’un de nous va mourir, je l’ai lu dans les cartes … Et voilà toute l’intrigue du livre. Dans ce qui pourrait ressembler à un huis clos, les dangers vont se multiplier pour les principaux protagonistes. Evidemment Lewis Trondheim multiplie les fausses pistes. C’est un secret de polichinelle, mais je ne vais pas révéler l’identité de la victime – c’est un véritable sacrilège. Cette histoire illustre bien la difficulté d’échapper à son destin.

Harry Potter T1

Comme pour _Game of Thrones_ je dois être le dernier arriéré à n’avoir ni lu ni vu la série des Harry Potter. La raison est un simple et bête entêtement à ne pas vouloir voir les films avant d’avoir lu les livres dont ils sont tirés – une obsession comme une autre. Un évènement et un contexte propice m’ont mis le pied à l’étrier. L’évènement est l’écoute d’une passionnante série d’émissions de La compagnie des auteurs consacrée à l’oeuvre de J.

Architecting for Scale

Ce livre est simple et bien conçu. Il aborde les thèmes essentiels auxquels il est nécessaire de s’intéresser si l’on veut construire, déployer et opérer des applications à grande échelle. Les voici, je n’invente rien, ce sont les cinq sections du livre: Disponibilité: Comment rendre les systèmes hautement disponibles et comment s’assurer qu’ils le sont via la mise en place de mesures. Gestion des risques: Comment construire une analyse de risques et mener des actions de remédiation.

Théorème vivant

Cédric Villani est l’un de nos plus brillants mathématiciens, lauréat de l’équivalent du prix Nobel pour les mathématiques: la médaille Fields – depuis il a un peu mal tourné puisqu’il est devenu député, mais ça c’est une autre histoire. Mais si c’est le gars qui a l’air bizarre avec les cheveux longs, un costume, une lavallière, une montre à gousset et, pour couronner le tout, il porte toujours une broche araignée.

Idéal Standard

J’avais quitté Aude Picault après une escapade en voilier (_Transat) et une feria bien arrosée (Fanfare_). Je la retrouve avec grand plaisir après quelques années même si elle s’est un peu empâtée, c’est l’âge. Je plaisante évidemment puisque le personnage principal de cette histoire est une infirmière en néonatalogie de 32 ans prénommée Claire. Peut-être partagent-elles toutes les deux les mêmes interrogations sur la vie de couple et les enfants. Il est vrai que la pression sociale sur ce sujet est énorme – qui plus est lorsque l’on travaille avec des nouveaux nés.

Le géant enfoui

Le géant enfoui est l’un des livres préférés du critique et éditeur Florent Georgesco. Je l’ai souvent entendu en parler lors de ses participations à l’excellente émission de radio La Dispute diffusée sur France Culture. Comme j’ai beaucoup d’estime pour son travail et que je ne connaissais pas Kazuo Ishiguro, je l’ai emporté – le livre pas Florent – dans ma valise pour les vacances d’été. Il s’agit d’une grande allégorie qui prend la forme d’un roman de fantasy se déroulant en Angleterre pendant la période du haut Moyen Âge (la première période du Moyen Âge au Ve siècle selon Wikipédia) lorsque des conflits opposaient les saxons aux bretons.

Rue des boutiques obscures

La simple évocation du nom de Modiano convoque toute une idée de la littérature des quarante dernières années. Rue des Boutiques Obscures est certainement l’un de ses romans les plus connus, peut-être parce qu’il fut couronné par le prix Goncourt en 1978. Si je devais qualifier ce roman sur le fond en quelques mots, je dirais: quête identitaire, mémoire, disparition et mystère. Non, il ne m’avait pas reconnu. Personne ne me reconnaissait.

La vie secrète des jeunes T1

Je me souviens d’une émission géniale qui s’appelait _Strip-tease_. Le principe était méchamment simple. Il s’agissait juste de filmer des gens. Il n’y avait aucun commentaire, pas d’effet de caméra, pas de mise en scène. Rien que la réalité crue – et moche. Tout le monde adorait cette émission pour une simple et bonne raison, la réalité dépassait de loin la fiction – la télé-réalité la vraie n’a pas commencé avec Loft Story.

Le grand jeu

Céline Minard est coutumière des livres originaux. J’avais pour la première fois entendu parler d’elle lorsqu’elle avait publié Bastard Battle1, un roman médiéval écrit en ancien français qui puisait également son inspiration dans le monde des samouraïs. Avant cela, elle avait écrit Le Dernier Monde2 un roman de SF imaginant le destin du dernier survivant de l’espèce humaine. Mais c’est surtout avec Faillir être flingué3 qu’elle s’est fait connaître du grand public notamment par le biais d’une critique élogieuse.

L’univers

C’est le premier livre dont je parle appartenant à la collection «La Petite Bédéthèque des Savoirs» publiée par les éditions Le Lombard. Ce sont de petits formats – donc pas chers – dont le principe simple est selon moi une grande idée – j’ai toujours été un ardent défenseur de la BD, convaincu qu’elle est dotée d’un potentiel pédagogique énorme encore trop peu exploité. Un spécialiste et un dessinateur s’unissent pour vous faire comprendre le monde en bande dessinée.

Chaos Team - Intégrale Saison 1

La Chaos Team est une équipe de mercenaires appartenant à la société Blackfire – si ça ne vous dit rien, c’est normal, c’est une fiction ;-). Comme tout milice privée, elle n’a pas l’habitude de travailler pour la gloire ni pour défendre la veuve et l’orphelin. Elle met simplement – et sans trop se poser de questions – ses talents au service du plus offrant: narcotrafiquants, extrémistes religieux ou politiques, bref, que du beau monde.

Le jour ne se lève pas pour nous

Il fait nuit à la surface de l’Océan, mais demain le jour se lèvera sur lui. Pas sur nous. Là où nous sommes, dans la coque et hors de la coque, ce ne sont que ténèbres. J’ai commencé la lecture du roman Le jour ne se lève pas pour nous non pour ses qualités romanesques – pas qu’il n’en ait pas –, mais à titre documentaire. J’ai toujours été intrigué par la vie à bord d’un sous-marin.

Même les princesses pètent

Eh oui, même elles – et même Rihanna. Les problèmes gastro-intestinaux n’épargnent personne et font rire les enfants depuis des générations. Démystifier ces princesses qui nous, parents de petite fille, nous pourrissent la vie, les faire tomber violemment de leur piédestal n’est pas une entreprise dénuée de sens. Et ce n’est que justice que ce soit justement un papa qui s’en charge en l’expliquant à sa fille grâce à un livre relatant l’histoire cachée des princesses.

Dans l’ombre de la peur

Commençons par une clarification. Puisque je travaille dans ce domaine, je peux en parler. Le sous-titre choisi par l’éditeur français, Ça et Là, Le Big Data et nous ne me semble pas approprié. Ce livre traite de la collecte et de l’utilisation des données personnelles. Le Big Data n’est qu’un moyen. Un ensemble de technologies permettant de stocker et de traiter de très gros volumes de données. Il ne présume donc en rien de la nature des données qu’il permet de manipuler.

Adieu, Alice

J’ai acheté ce livre édité par la Table Ronde dans sa très belle collection de poche «La petite vermillon» simplement sur l’impression laissée par sa couverture. J’ai commencé à le lire sans rien connaître de l’histoire ni de son auteur, John Hopkins – je ne lis jamais les quatrièmes de couverture. Lorsque je lis un livre j’aime particulièrement la découverte, les cent premières pages. Que nous apprend la couverture ?

Les meilleurs ennemis

Avant de lire ces livres, je savais que les relations entre les États-Unis et le Moyen-Orient étaient complexes, mais je n’imaginait pas qu’elles l’étaient à ce point et depuis si longtemps. Depuis les premiers conflits liés à des actes de piraterie il s’est passé des choses: Israël et la guerre quasi permanente avec ses voisins, les liens avec L’Arabie Saoudite, le théâtre de la guerre froide avec la Russie, la guerre en Irak, le post 11 septembre et Al-Qaida et enfin le printemps arabe et toutes ses conséquences – et j’ai oublié beaucoup de choses.

Masters of Doom

Ce livre raconte l’histoire de deux génies méconnus – en dehors du cercle des gamers – John Carmack et John Romero, les créateurs du mythique Doom. Nombreux sont ceux de ma génération qui se souviennent du choc ressenti lorsqu’ils ont testé pour la première fois ce jeu à la fois ultra addictif et assez répugnant. Ces deux facettes du jeu évoquent à elles seules le talent et la personnalité des deux John.

Jamais deux sans trois

Malgré un intérêt soutenu porté à la bande dessinée depuis une quinzaine d’années, je dois encore une fois constater – et bien avouer – mon ignorance. Je n’avais encore rien lu de l’illustrateur et dessinateur de BD de premier plan Jean-Claude Floch, dit Floc’h et de son compère scénariste Jean-Luc Fromental. A la bibliothèque, je suis tombé par hasard sur Jamais deux sans trois. J’ai pris une claque en feuilletant les pages de cet album.

Un chant d’amour

D’où vient ce titre ? Un chant d’amour est un film de Jean Genet. Depuis leurs cellules, deux prisonniers arrivent à communiquer grâce à un trou percé dans le mur qui les sépare. C’est un bon début, mais l’auteur nous donne une autre explication. Ces mots ont été prononcés par notre ancien président François Hollande – il est enfin parti, la meilleure décision de son quinquennat – lors d’un diner en compagnie du premier ministre d’Israël, Benyamin Netanyahou.

Les amants du Spoutnik

Les livres de Murakami sont pour moi comme un lieu où l’on aime se retrouver, où l’on se sent à l’aise. Je l’ai déjà dit – certainement à plusieurs reprises –, mais je le répète encore, j’adore ses descriptions du quotidien, l’ambiance de ses livres. Ses personnages aiment les plaisirs simples comme savourer une bière bien fraîche en écoutant un bon disque, certains arrêtent de fumer et j’aime à croire que ces comportements ont eu une influence sur moi – pas besoin de vous faire un dessin.

Ours blanc a perdu sa culotte

Mais où est-elle passée ? Ne riez pas – ou plutôt si – ce livre est un best-seller, une tuerie, un véritable phénomène chez les moins de 5 ans. Qu’est-ce qui fait son succès ? Voir des animaux affublés de culottes ridicules, certainement. Tourner les pages pour découvrir des effets de découpage, peut-être aussi. Mais voir la tête tour à tour hébétée, tour à tour dépitée d’ours blanc est à mourir de rire.

Macron par Macron

Rassurez-vous malgré le comportement jupitérien qu’on lui prête en ce moment, Emmanuel Macron n’a pas pris la grosse tête au point d’écrire un livre portant ce titre. Non, il s’agit en fait d’un petit recueil d’articles, de textes et d’interviews collectés par Éric Fottorino à partir de ceux parus dans l’hebdomadaire qu’il dirige (il comprend aussi un inédit), Le 1. Avant d’aller plus loin, il est important de préciser que la parution précède de peu le dénouement de l’élection présidentielle.

Une soeur

Bastien Vivès nous livre une chronique des vacances d’été une sorte D’Hôtel de la plage moderne car oui le téléphone portable à fait son apparition. Même s’il n’a pas – encore – pris le dessus sur les indétrônables de la période que sont les cuites et l’amour. C’est alors pour un jeune garçon un peu introverti préférant le dessin aux activités sportives l’épreuve de la confrontation aux autres. Ce ne sont ni les premiers ni les derniers abrutis qu’il croisera.

La plage magique

Parfois parmi le chalutage – 12 livres – pratiqué hebdomadairement à la bibliothèque on tombe sur une perle. Et quand il s’avère en plus que le livre a une histoire qui mérite d’être racontée, je me dois de prendre la plume. Il est l’oeuvre de Crockett Johnson – rassurez-vous Crockett est un surnom – qui fut un auteur de livres pour enfants renommés dont le fameux Harold et le crayon rose – je fais le malin, mais je ne fais que répéter ce que j’ai lu, je ne connaissais ni l’auteur ni son livre.

L’ordre du jour

Ce livre nous raconte le moment où les nazis se trouvant sur le seuil des Enfers ont poussé la porte et l’ont franchie. Il s’intéresse à une période temporelle très courte en comparaison du vaste carnage qui va suivre. Lorsque les nazis ont préparé et réalisé l’annexion de l’Autriche, opération connue sous le non d’Anschluss, début d’un long processus destructeur qui mènera à l’horreur que nous connaissons. Au sein de cet espace-temps, Éric Vuillard met en lumière deux choses.

Freedom

Pour moi Freedom est l’archétype du roman américain moderne. Ce n’est pas un hasard puisque Jonathan Franzen est un des plus grands représentant de cette littérature. Il dépeint dans ses livres de larges fresques représentant la société actuelle, celle qu’il connaît, il décrit le monde dans lequel il vit et c’est ce que les écrivains ont toujours fait de mieux. Si le roman du mariage, d’un autre grand écrivain américain Jeffrey Eugenides, contrairement à ce que pourrait laisser penser son titre est plus un campus novel qu’un wedding novel, Freedom est par contre un modèle du genre.

Les Mohamed

Cette bande dessinée est l’adaptation du livre Mémoires d’immigrés1 de Yamina Benguigui. J’avoue que j’étais depuis longtemps intrigué par cette couverture et ce titre lorsque je l’apercevais sur les rayonnages de la bibliothèque municipale. Le design des personnages n’est pas étranger à cette impression, il m’a rappelé Maus2, mais je ne sais pas si c’est intentionnel ou si ce procédé n’est là que pour rappeler que la parole a été donné à des sans voix par Yamina Benguigui et à des sans visages, par Jérôme Ruillier – en même temps à bien y réfléchir, ça n’aurait pas été simple de mettre des visages, forcément inventés, sur ces récits – à moins que des photos existent, j’avoue que je ne sais pas.

Les déserteurs

Syrie, 303 après Jésus-Christ. Nous suivons avec une vision panoramique le parcours de trois brigands dans ce monde en pleine mutation. C’est le début de la fin de l’Empire romain – à cette époque il est gouverné par quatre empereurs – et le christianisme est en train de remporter la bataille des religions. Bref, le monde est le théâtre de changements majeurs qui se traduisent de façon pratique, sur le terrain, par une grande agitation que nos trois compères vont subir de plein fouet.

Shangri-la

Shangri-la c’est bien le titre de cette BD. A cause de la police de caractère utilisée sur la couverture j’ai dû vérifier et donc je vous le confirme il est bien correct et n’a rien à voir avec la boisson fruitée que l’on peut déguster en grande quantité l’été en Espagne – ça aide pour les 5 fruits et légumes par jour. Redevenons sérieux pour parler du livre car nous sommes devant une très grosse et très belle BD de SF qui me fait un peu penser à Universal War One (UW1) lorsque je découvre l’objet et en feuillète les pages.

Chiisakobé T1-4

Dès que j’ai vu la couverture de ce manga, j’ai su qu’il était pour moi. J’ai alors immédiatement réservé les quatre tomes qui composent la série à la bibliothèque et attendu avec impatience – c’est la première fois que je réserve un livre à la bibliothèque. Deux choses très liées m’ont tout de suite attiré. La première est ce personnage énigmatique dont le visage est presque entièrement masqué par sa barbe et ses cheveux.

Petit guide à l’usage des gens intelligents qui ne se trouvent pas très doués

Schématiquement il s’agit de l’opposition entre deux modes de pensée. La première, celle de la majorité des êtres humains (entre 70% et 85%), est séquentielle. C’est-à-dire que les étapes de la réflexion se succèdent les unes après les autres d’une façon analytique (logique) suivant le plus souvent un plan préétabli ou déduit des étapes précédentes. La seconde, celle qui est l’objet de ce livre, est globale. Les étapes de la réflexion s’effectuent en parallèle et ne suivent pas de plan préétabli, mais un réseau de relation tissé dans le cerveau qui ressemble à ce que l’on nomme souvent l’intuition et qui permet d’arriver à une solution sans avoir effectué de façon consciente l’ensemble du raisonnement.

Détective Popotin et le diamant arc-en-ciel

Il y a longtemps que je n’avais pas écrit sur un livre pour enfant (jeunesse), pas par manque d’envie, mais tout simplement car nous n’étions pas tombé sur quelque chose d’exceptionnel malgré notre petite douzaine de livre empruntée hebdomadairement à la bibliothèque. Cette fois nous avons lorgné du côté des livres-jeux. Pour les jeunes enfants ce ne sont pas des «livres dont vous êtes le héros», mais plutôt des «cherche et trouve» un peu à la manière de Où est Charlie ?

La Présidente T1

Et si le 7 mai 2017, d’une poignée de voix, Marine Le Pen était élue présidente de la République ? La Présidente est de circonstance. Ecrit en 2015, son actualité est brulante. Si François Durpaire avait imaginé une revanche Hollande / Sarkozy – qui pourrait lui en vouloir – le risque et sa probabilité restent les mêmes. Pour réaliser ce document de politique fiction – le terme d’uchronie apparaît à raison dans son avant-propos – l’auteur, lui-même universitaire et historien, s’est entouré de plusieurs spécialistes (Emmanuel Lechypre, Thomas Legrand, Ulysse Gosset et Wallès Kotra) dans les différents domaines abordés.

Les Ignorants

Je n’avais pas lu du Davodeau depuis le poignant Un homme est mort1. Quelle erreur ! La lecture des Ignorants me conforte dans ma première impression, nous avons affaire à un très grand auteur – je pense que je vais rafler tout le rayon Davodeau lors de mon prochain passage à la bibliothèque. Il nous parle de la rencontre entre deux arts celui du vin et celui de la bande dessinée.

Lookbook T1

Ce livre est affreux, mais tellement drôle. L’auteur ne censure rien, c’est très cru – très vulgaire diront certains –, mais tellement bon. Je suis tombé dessus par hasard au magasin de BD. Je l’ai feuilleté et j’ai commencé à lire une page par curiosité et je me suis marré, puis une autre et puis j’ai décidé de l’acheter, il me rappelait un livre que j’avais bien aimé, J’aime pas la chanson française.

Data Analysis with Open Source Tools

Les reproches faits à ce livre sont de deux ordres. Le premier porte sur sa structure – voire son contenu – qui n’est pas conventionnelle pour un livre intitulé Data analysis. C’est vrai que l’on s’attend à suivre une méthodologie, à être guidé et il faut bien reconnaître que ce n’est pas le cas. Si vous cherchez ce type d’ouvrage, je vous conseille de vous plonger dans Practical Data Science with R qui est un excellent ouvrage tout à fait dans ce registre.

Le Château

Ce n’est pas une surprise, mais une confirmation de l’avis que je m’en faisais. J’adore la politique en BD depuis Quai d’Orsay et je n’ai pas été déçu par ce livre. J’ai passé un bon et long moment en sa compagnie. Pourtant la presse n’a pas été unanime lors de sa sortie, à tel point que j’avais renoncé à l’acheter. Je me doute que les reproches qui lui ont été faits concernent son manque de critique envers le président et son gouvernement.

L’Hippopotame, l’ours, la tortue... et autres histoires

Nous sommes des grands fans des hippopotames depuis très longtemps (cf. Mon hippopotame). Le titre nous a certainement attiré vers ce recueil d’histoires. C’est le premier de ce format que nous lisons. Il s’agit de très courtes histoires (une page et demie environ) mettant en scène des animaux. Il n’y a pas que du texte, le livre présente également des illustrations, mais elle ne permettent pas à elles seules de comprendre l’histoire.

Pascal Brutal T4

Je suis un grand fan de Pascal depuis ma lecture des tomes 1 à 3. Avec sa projection dans un monde d’anticipation, Riad Sattouf ne fait pas que nous divertir. Il dénonce la bêtise et la laideur dans laquelle notre monde est en train de basculer – au moins et je ne suis pas loin de partager son avis. L’éclat de rire provoqué par certaines scènes a un arrière goût amer quand on songe que la caricature n’est parfois, malheureusement, pas très loin de la réalité.

Boussole

Le mot qui revient le plus souvent lorsque l’on entend parler de ce livre est érudition. Et, après seulement quelques pages, on comprend pourquoi et on ne peut que se rallier à cette opinion. C’est vrai que c’est surprenant, impressionnant – et beaucoup d’autres superlatifs – et même si l’on sait que Mathias Enard est un spécialiste de l’Orient, on se demande comment il a fait pour réunir dans ce roman une telle somme de connaissances, d’anecdotes, d’histoires – avec un petit et un grand H –, bref de tout, une somme, un monde.

Rébellions chez les crayons

Un roman épistolaire pour les enfants voilà qui est une bonne idée. Encore mieux quand on décide de faire parler des crayons de cire, le genre d’instruments que seul les enfants utilisent – que les autres utilisateurs me pardonnent. Crayon Gris se plaint de ne colorier que des grandes surfaces: baleines, éléphants, etc… Crayon Rose de n’être utilisé que par la soeur du propriétaire – forcément. Crayon beige d’être complètement laissé de côté car relégué au coloriage du blé – c’est quand même pas tous les jours – et crayon Jaune et crayon Orange se disputent pour savoir lequel des deux est la vraie couleur du soleil.

Dernier inventaire avant liquidation

La démocratie a ses limites. Prenez un panel de 6000 français qui ont renvoyé un bulletin afin de participer à la sélection de 50 oeuvres de littérature parmi 200 titres présélectionnées par des professionnels de la profession (critiques et libraires). Voilà, le décor est planté et Beigbeder commence le livre en ouvrant son parapluie. Ça promet. Alors c’est vrai qu’il essaie un peu, mais sans grande conviction. J’avoue que le rejoins sur ce point.

Vinland Saga T1

Par curiosité, j’ai commencé à lire le premier tome de Vinland Saga. Je voulais savoir s’il y est question de mythologie nordique qui est un sujet que j’adore. Pour l’instant je n’ai rien vu de tel, mais plutôt ce qui semble être une troupe de mercenaires Viking. Comme le font les bons mercenaires, ils se mettent au service des chefs de guerre en échange d’argent. Ils assurent la victoire contre une – très grosse – part du butin.

Moi René Tardi, prisonnier de guerre au Stalag II B

En ouvrant ce livre on sait tout de suite que c’est du Tardi, mais on pense aussi évidemment à un des chefs-d’oeuvre du neuvième art, le Maus1 de Art Spiegelman. Les deux oeuvres traitent du même sujet, la Seconde Guerre mondiale, mais c’est surtout le fait que ces deux grands de la BD racontent l’histoire de leur père respectif qui pousse à ce rapprochement. Ils utilisent des procédés narratifs similaires en s’incluant dans le récit pour apporter un contrepoint au témoignage du vécu.

Moon Palace

Je suis un inconditionnel de Paul Auster et je poursuis, avec la lecture de Moon Palace, le parcours de son oeuvre. Le livre commence bien, le personnage principal est un jeune homme étrange dont la vie n’est pas simple. Il est passionné de littérature, anticonformiste, bref un personnage comme on les aime. Puis, il fera la rencontre d’un vieil homme au passé trouble et qui pourrait bien se révéler être encore plus étrange que lui.

La cité des animaux

Nous revenons toujours du festival de BD de Colomiers avec une trouvaille – cf. Le piano oriental lors d’une édition précédente. Cette fois, il s’agit d’un très beau livre pour enfant proposé par une maison d’édition qui a du goût L’Agrume. Depuis que j’ai fait sa découverte avec Dora, je vais de bonnes surprises en bonnes surprises. Il s’agit encore une fois d’un très bel objet aux dimensions respectables. La couverture est découpée dans un carton épais et l’intérieur ne propose que des doubles pages sur lesquelles figurent un dessin représentant un lieu différent de la cité des animaux.

Soumission

«C’est la soumission» dit doucement Rediger. «L’idée renversante et simple, jamais exprimée auparavant avec cette force, que le sommet du bonheur humain réside dans la soumission la plus absolue.» Quoi que l’on en dise, Michel Houellebecq s’assagit avec le temps – il vieillit peut-être ? Depuis maintenant deux romans, il devient plus consensuel et gomme petit à petit la violence et le sexe – il en reste tout de même un peu rassurez-vous – de ses ouvrages pour les rendre plus cérébraux – voir l’article consacré à son précédent roman, La carte et le territoire.

Okko T1-2

Okko est un samouraï sans maître, un ronin – je fais mon malin dès le début en employant un terme technique. Pourtant, il n’est pas seul. Il est accompagné d’un bonze – et hop un autre pour dire moine bouddhiste – ayant un fâcheux penchant pour le saké et d’un personnage très énigmatique voire même assez effrayant. On ne sait pas si c’est un homme ou un démon. Pour ajouter au mystère, son visage est toujours caché sous un masque d’Oni – décidément les recherches sur Wikipedia m’auront donné du fil à retordre, ce sont des démons, des sortes d’ogres japonais – et l’on croit bien discerner des griffes au bout de ses doigts.

L'Âge des lettres

En vérité, il ne s’agit ni de se comparer ni de s’identifier, mais trente-cinq ans après sa mort, de revenir, comme je le fais souvent dans ma tête, sur notre amitié, d’en parcourir les étapes, de fouiller dans ma mémoire, de retrouver ce que je lui dois, de lui rendre grâce pour ce qu’il m’a donné, pour les progrès qu’il m’a fait faire. Le «je» est Antoine Compagnon dont les titres et les fonctions sont difficiles à résumer, mais qui, pour faire simple est l’un des plus grands spécialistes de la littérature en France.

Aldebaran T1-5

J’ai toujours regardé cette série du coin de l’oeil, mais rebuté par les dessins, j’avais toujours renoncé à la lire. Enfin plus précisément par le dessin des personnages. Il y a vraiment quelque chose qui cloche. Ils sont trop académiques, trop statiques, ils sont à l’opposé du naturel et ressemblent un peu à ces mannequins de bois dont les dessinateurs se servent comme modèles. Leur visage est particulièrement surprenant on dirait que leur expression est figée et je ne parle pas des coiffures sorties tout droit des années 80 – en même temps la série n’est pas toute jeune puisque le premier tome a paru en 1994.

Le jeu vidéo

Bastien Vivès est un amateur et connaisseur de jeux vidéos et plus particulièrement de Street Fighter – le design du titre reprend les codes du logo de Capcom, l’éditeur du jeu. Si le titre de recueil ne suffit pas à vous en convaincre, jetez donc un oeil à son travail, en tant que scénariste, sur LastMan. Il nous présente ici de courtes histoires qui se rapprochent d’anecdotes dans lesquelles – et nous y reviendrons – les dialogues tiennent une place prépondérante et dont le sujet central est bien évidemment le jeu vidéo.

Dreaming in Code

C’est le récit d’une aventure, celle de la création d’un logiciel Open Source, le plus génial de tous les temps. Un agenda révolutionnaire qui pourrait tout faire, qui serait l’outil ultime de toute personne bien organisée. Les utilisateurs pourraient partager leurs calendriers, les synchroniser sur différentes machines et tout cela sans serveur, l’indépendance et la flexibilité totale. Et ce n’est pas tout, il permettrait de gérer les e-mails, de les transformer en autre chose (des notes ou des rendez-vous), du polymorphisme à l’état pur.

Éloge de la névrose en 10 syndromes

Le titre n’est pas trop engageant, mais ne vous y fiez pas. Leslie Plée parle de ses problèmes – disons les choses comme elles sont – avec tellement de légèreté et d’humour que ça devient un régal. Evidemment il s’agit d’une BD très autocentrée – on s’en doute – qu’elle parvient à rendre à la fois sincère et drôle. On se situe un peu dans le même registre que certains de ses collègues comme Boulet ou Margaux Motin, tout en restant bien différent.

Docteur Radar

J’ai hésité longtemps à parler de ce livre, mais j’ai l’habitude de parler pour ne rien dire, alors je me lance. Plus sérieusement, les dessins – et la mise en couleur – justifient à eux seuls que l’on en parle. Leur auteur n’est pas n’importe qui, Bezian. Et ça se voit, ils sont très travaillés presque torturés et soulignés par une mise en couleur sans concession. Les couleurs très marquées agissent comme des éclairages qui distillent des ambiances sombres.

Vernon Subutex T1

Virginie Despentes a écrit son voyage au bout de la nuit. Enfin celui de Vernon, un disquaire qui n’a plus que son iPod en poche. La fête est finie, plus de disque ou au moins de magasin qui en vend, les trente ans sont loin, les pots qui ont un peu trop abusé des bonnes choses tombent comme des mouches et c’est carrément tout notre monde occidental d’opulence qui est en train de méchamment se casser la gueule.

Aâma T4

Toutes les bonnes choses ont une fin et parfois, il faut bien le reconnaître, c’est un mal pour un bien. Ce quatrième et dernier tome m’a donc un peu déçu – la déception est à l’aune des espérances. Frederik Peeters a dû s’éclater sur les dessins, il faut dire qu’il fallait qu’ils soient à la hauteur pour suivre ce scenario qui se termine par un feu d’artifice, la grande explosion on plonge dans le psychédélique – n’ayons pas peur des mots.

Le Seigneur des Anneaux T1

Depuis ma redécouverte du Hobbit – grâce à un hors-série du Magazine littéraire –, je tourne autour du Seigneur des anneaux. L’écoute d’émissions de radio consacrées à l’auteur (le très bon Une vie une oeuvre notamment) ont fini de me convaincre. Le temps est venu. J’ai mis la main sur mon vieil exemplaire publié en 1988 dans la collection «Folio Junior» et c’est parti. Je l’adore, il m’a suivi un peu partout.

Extrêmement fort et incroyablement près

Extrêmement original et incroyablement émouvant voilà comment résumer ce livre en reprenant les termes préférés d’Oskar. Oskar est un petit garçon surdoué qui a perdu son père lors des attentats du 11 septembre. Ils entretenaient une relation très fusionnelle et très complice et son père lui manque bien sûr beaucoup. Un jour en cherchant dans ses affaires, il casse un vase et découvre une enveloppe au nom de Black contenant une clé.

Le tigre et le chat

L’adaptation de légendes en livres pour enfant donne souvent de très bons résultats – il font en tout cas partie de ceux que j’apprécie le plus. Avant celui-ci, notre dernière expérience en date était La naissance du dragon . Mais Le Tigre et le Chat est encore mieux, bien mieux. Le tigre est un poltron, un balourd qui ne sait même pas chasser. Alors que le chat est un remarquable prédateur, il maîtrise toutes les techniques à la perfection et n’est jamais à court de gibier.

Klezmer T1

Raconter les choses comme elles se sont vraiment produites, c’est tellement moche que ça devrait être interdit. Je t’invente une histoire, c’est la moindre des politesses. Lorsque j’ai lu Klezmer pour la première fois, j’ai été tellement séduit par le travail à l’aquarelle que j’ai acheté une petite boîte de peinture de voyage. De retour à la maison je me suis mis à reproduire la vue d’Odessa, tout en bleu pétrole et Orange coucher de soleil, qui est reprise dans la préface – je l’ai toujours et je garde un bon souvenir de cette expérience.

La moustache

Je crois n’avoir jamais lu de romans d’Emmanuel Carrère et je crois me souvenir qu’il disait dans Le Royaume ne plus en écrire depuis longtemps – à la place il écrit de la non-fiction. Lorsque mes yeux se sont posés sur le mince volume de La moustache à la bibliothèque, je me suis dit que c’était l’occasion. A vrai dire, je l’aurais lu depuis longtemps, si le fait d’avoir vu l’adaptation au cinéma interprétée, en autre, par le magistral Vincent Lindon ne me faisait craindre de lire une histoire complètement déflorée.

Back in town T1

Back in town prend le contrepied du retour à la terre1 de Larcenet et Ferri. Un couple de parisiens et leur fille reviennent à Paris après avoir passé cinq longues années à la campagne. Alors que trouve-t-on derrière cette belle couverture et ces dessins très attirants ? Malheureusement pas grand-chose. Enfin si, beaucoup de clichés sur les campagnards – évidemment –, sur les parisiens et sur le petit milieu culturel – les bobos ou peu importe comment on les appelle – qui en colonise le centre.

Supplément à la vie de Barbara Loden

Derrière ce très beau titre, se cache une idée assez originale. Nathalie Léger, ou plutôt la narratrice puisqu’il s’agit d’un roman, doit écrire une notice biographique sur Barbara Loden. Elle nous raconte dans ce petit livre cette expérience, ses recherches, son travail, ses doutes. Barbara Loden était une actrice et réalisatrice qui a connu son heure de gloire – enfin si l’on peut parler ainsi – dans les années 70. Son CV de réalisatrice ne compte qu’un seul et unique film, Wanda dans lequel elle tint le rôle principal.

Ronde de nuit

Que se passe-t-il lorsque les enfants vont se coucher ? Est-ce que tout s’arrête ? C’est un monde inconnu pour eux qui le sera un peu moins en lisant ce livre tout en ombres. Ils vont découvrir, quasiment heure par heure, ce qu’il se passe autour d’eux, dans les maisons ou dans la nature. Certains, s’amusent, d’autres travaillent. Certains partent chasser ou sont tout simplement occupés à déambuler. C’est ce satané réveil qui rompra le charme en mettant fin à cette ronde magique.

Le cas Sneijder

Le cas Sneijder me fait beaucoup penser à un autre livre de Jean-Paul Dubois que j’avais bien apprécié: Kennedy et moi. Avec le temps et les souvenirs qui se sont émoussés, je les prendrais presque pour des clones. Sans aller jusqu’à là, je pense qu’ils ont beaucoup de points communs. Les narrateurs et personnages principaux des deux livres se ressemblent, Le ton, sorte de mélange très réussi entre de l’humour de la mélancolie et du cynisme – le livre vaut d’être lu rien que pour ça, L’épouse du narrateur et leurs jumeaux sont les mêmes ou presque – des emmerdeurs de première, La présence d’une montre, L’omniprésence de la dépression.

Le piano oriental

Je tournais autour depuis longtemps. J’ai souvent vu son visage jovial qui me faisait de l’oeil derrière les vitrines et j’ai fini par céder au festival de BD de Colomiers – je ne pouvais décemment pas repartir les mains vides. Après seulement quelques pages, je peux dire clairement que je ne regrette pas mon achat. En fait, en étant honnête, même avant de tourner les pages. A vrai dire dès le moment où je l’ai posé sur ma table de chevet j’étais content de posséder ce livre et je devais arborer a peu près le même sourire qu’Abdallah Kamanja sous son tarbouche.

Dora T1

Je suis faible. Je craque dès que je tombe sur de la belle ligne claire. Ce penchant coupable est certainement lié à mon goût pour le minimalisme. Et ici j’ai été servi, les dessins et les compositions, les planches, tout simplement sont magnifiques. Que ce soit les personnages – et notamment la belle Dora – les bâtiments, les objets ou même la simple reproduction de documents, tout est impeccable. L’histoire est originale, elle mêle amour et espionnage – je suis en train de me dire qu’il n’y a rien d’original dans tout ça, c’est la recette de tous les James Bond.

Civil War (intégrale)

L’idée est géniale, pourquoi n’y ont-ils pas pensé plus tôt ! Les super-héros sont surpuissants, ce sont eux qui assurent la protection de la terre. Mais c’est un peu à leur bon vouloir puisqu’ils n’appartiennent à aucune organisation – enfin, si on excepte le SHIELD. Certains jouent en solo et d’autres font partie de groupes aux motivations pas toujours très claires. Leurs interventions font parfois des dégâts et seul un super-héros est capable d’arrêter un autre super-héros.

L’île aux femmes

Je suis tombé sur ce livre à la bibliothèque et il m’a tout de suite tapé dans l’oeil. Ce n’est pas lié à son format généreux ou à son titre alléchant, mais plutôt à ses dessins qui m’ont rappelé ceux d’un auteur que j’adore, Christophe Blain. A tel point que je me suis demandé si ce n’était pas un pseudonyme, mais non Zanzim est un auteur qui signe en plus le scénario.

Le crocolion

Connaissez-vous bien le continent africain ? Pas si sûr. Je pense que vous apprendrez plein de choses en lisant ce livre à votre enfant. Le nom du plus haut sommet, celui du plus grand arbre et enfin, celui de l’animal le plus méchant qui vit sur ces terres. Vous savez peut-être déjà tout ça, mais permettez-moi d’en douter – on peut avoir des surprises. Vous apprendrez surtout que si savants que soient les papas, les enfants sont bien plus malins qu’eux et ont surtout beaucoup plus d’humour.

14

D’habitude je ne cite pas les quatrièmes de couverture, mais là je ne peux pas résister. Cinq hommes sont partis à la guerre, une femme attend le retour de deux d’entre eux. Reste à savoir s’ils vont revenir. Quand. Et dans quel état. Jean Echenoz va bien aux éditions de Minuit et vice-versa. Ainsi le contenant ressemble au contenu: sobre, épuré et élégant. Si vous voulez vous convaincre du lien qui existe entre l’écrivain et cette maison, lisez Jérôme, l’hommage qu’il a rendu à Jérôme Lindon qui en fut l’emblématique directeur.

Le goût du chlore

Il y a bien longtemps que je lorgne sur cette BD. Je suis un grand fan de Bastien Vivès pour son talent de dessinateur évidemment, mais aussi pour sa grande sensibilité qu’il dévoile avec des albums comme Polina, Dans mes yeux1 ou encore Le goût du chlore. J’ai tout de suite été attiré par le titre, je le trouve tout simplement magnifique – alors qu’il peut paraître tout à fait insignifiant.

Je suis vivant et vous êtes morts

Je suis vivant et vous êtes morts est une phrase tirée d’Ubik1, l’une des oeuvres les plus célèbres de Philip K. Dick. Dick étant lui-même l’un des auteurs de SF les plus connus et le premier auteur de ce genre a être publié dans la prestigieuse collection Library of America (un peu l’équivalent de notre pléiade aux Etats-Unis) – dans les deux cas y entrer est une consécration pour un auteur.

Real-World Hadoop

Comme l’on pourrait s’y attendre en découvrant son titre, ce livre a pour objectif de nous faire découvrir l’utilisation de la technologie Hadoop au travers de cas concrets mis en oeuvre par des applications qui sont en production. C’est une distinction importante car il ne faut pas oublier que ces technologies sont encore très récentes et du prototype à la production il n’y a en effet qu’un pas, mais qui peut parfois être très compliqué à franchir et ceux qui y sont parvenus étaient encore considérés en 2015 comme des pionniers.

Blaise et le château d'Anne Hiversère

Les poussins ont dix jours pour préparer la grande fête d’Anne Hiversère. Et il y a du boulot car tout ici est démesuré. Mais bon, ils sont très nombreux et ont un chef très compétent, nommé Blaise, pour les guider. Vous le constaterez il faut beaucoup de choses pour construire ce château et les poussins ne sont pas au bout de leur peine. Mais vous comprendrez que le jeu en vaut la chandelle lorsque vous verrez la liste des invités.

Une chanson d’ours

Ne vous y trompez pas, Les éditions Hélium n’ont pas opté pour un très grand format qu’à des fins esthétiques ou mercantiles. La principale raison est de permettre aux lecteurs de profiter pleinement de – ou de simplement voir – tous les détails qui emplissent chaque double-page de ce livre et d’y chercher papa ours et surtout petit ours. Il y a un peu de Où est Charlie ?, mais avec une histoire narrée dans un récitatif figurant dans une bande en bas des pages.

Trois éclats blancs

La lanterne abritant le système Auguste Fresnel culminera à 76 pieds au-dessus du flot. Son signal lumineux sera: trois éclats blancs toutes les douze secondes. Tout le monde aura deviné qu’il est question d’un phare et l’emploi du futur nous laisse à penser qu’il n’est pas encore construit. En 1911, un jeune ingénieur arrive de la capitale dans un petit village breton pour mener à bien cette mission – il a été gâté pour sa première affectation.

Ulysse

Lorsque j’ai aperçu cette BD sur la table du libraire, j’ai tout de suite su qu’elle allait me plaire. Tout d’abord pour une raison complètement subjective qui est que j’adore les gros volumes reliés et qu’il faut bien reconnaître qu’Actes Sud a fait là du très beau travail. Ensuite je porte depuis toujours un grand intérêt à la Grèce antique. Enfin, j’apprécie tout particulièrement ce type de dessin simples et travaillés à l’aquarelle.

Field Guide to Hadoop

Pour vous y retrouver dans la jungle du big data et être en mesure de passer avec succès le test Is it Pokemon or Big Data ?, vous aurez besoin d’un guide pratique, clair, concis – très important – et bien organisé. Ce Field Guide to Hadoop sera votre plus fidèle compagnon de voyage et je vous conseille de l’avoir toujours a porté de main – ou de click – pour pouvoir écouter une conversation ou lire un article sans vous dire que vous êtes sur une autre planète – vous allez quand même y être un peu.

Imagier Français-Anglais

Un imagier bilingue quelle bonne idée ! Celui-ci, comme beaucoup de ses semblables, embrasse plusieurs thèmes: des animaux aux nombres en passant entre autres par les fruits, les transports et les couleurs. Un judicieux système d’onglets permet d’accéder aisément à chaque section. Mais ce n’est pas là sa seule utilité. Il aidera les parents à retenir les pages afin d’éviter qu’elles ne soient tournées trop vite et par paquets par des petits doigts un peu trop pressés – ne vous inquiétez pas elles sont suffisamment solides pour supporter ce genre de traitement.

Dans les forêts de Sibérie

Sylvain Tesson entre dans la catégorie des écrivains voyageurs. Comme ses illustres prédécesseurs il parcourt le globe et nous raconte ses aventures. Une fois n’est pas coutume, il a décidé de se sédentariser, mais rassurez-vous, il ne va pas nous raconter son Intérieur comme Thomas Clerc, non, ce serait trop simple. Lui décide plutôt d’aller se planquer dans une cabane au bord du lac Baïkal où il fait un peu frais en hiver – -30 environ – et où les voisins ne se bousculent pas au portillon – les plus proches, si l’on excepte les animaux sauvages, sont à plusieurs heures de marche.

Asterios Polyp

Depuis que j’entends parler de ce livre, que j’hésite à l’acheter, j’ai enfin eu l’occasion de l’emprunter à la bibliothèque. Il correspond à l’image que je m’en été fait. C’est un livre intelligent, cultivé et même un brin élitiste pour tout dire. Ce roman graphique – puisqu’il faut l’appeler ainsi – est techniquement très maitrisé, que ce soit sur le plan graphique, sur le plan narratif et sur le fond. Le style graphique épuré n’a pas empêché David Mazzucchelli de truffer ses dessins de détails qui ne sont jamais là par hasard.

Tous les soirs du monde

Tous les soirs du monde c’est pareil. Simon appelle son papa pour ce que l’on nomme communément le rituel du coucher. Ce n’est pas une petite affaire, il s’agit tout de même d’endormir la planète: l’Afrique, les mers, les déserts, etc. A chaque étape il remonte un peu plus la couverture pendant que que Simon s’avance tranquillement dans le monde des rêves. La progression par étapes successives plaît beaucoup aux enfants, les textes sont courts simples et poétiques.

Steve Jobs

Si vous prenez Steve Jobs pour un vulgaire fabriquant de gadgets, vous devriez lire ce livre de toute urgence. Vous vous rendrez alors compte du génie d’un personnage hors-norme qui a modifié durablement le monde de l’informatique et très certainement le cours de nos vies – je n’exagère même pas. Enfant abandonné à sa naissance, il semblerait qu’il ait toujours été animé pour une rage de revanchard. Le livre le répète assez – bien trop en fait –, il n’avait pas un caractère facile.

Belladone T1-3

Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai eu envie d’exhumer Belladone de ma bibliothèque – lors de ma première lecture, je n’avais pas lu tous les tomes de ce premier cycle. Belladone est ce que l’on appelle une histoire de cape et d’épée qui se passe à l’époque de Louis XIV et de ses mousquetaires – ce n’est pas vraiment mon genre favori. Comme dans beaucoup de BD, le personnage principal est une femme – c’est une tendance que j’ai constaté depuis quelques années.

Kafka sur le rivage

Confortablement installé sur le canapé, j’observe les alentours et me rends compte que ce salon est exactement l’endroit que je cherchais depuis longtemps. Un endroit secret, tapi dans un creux du monde, exactement comme celui-là. Mais jusqu’ici ce lieu n’existait que dans le secret de mon imagination. Je n’arrive pas encore à croire tout à fait qu’il existe réellement. Je ferme les yeux, inspire profondément, et il s’installe doucement en moi, comme un doux nuage.

Python for data analysis

Si vous souhaitez faire de l’analyse de données en Python, l’utilisation de pandas est indispensable. D’ailleurs le sous-titre est clair Data Wrangling with Pandas, NumPy, and IPython. Si vous souhaitez utiliser pandas, la lecture de ce livre est indispensable – Stack Overflow aussi. D’ailleurs il aurait dû porter le titre pandas for data analysis. Ce livre a été écrit par le créateur de pandas, Wes McKinney, lorsqu’il travaillait pour une société effectuant des analyses financières.

Notes T9

Je ne peux pas m’empêcher d’acheter chaque nouveau volume des Notes de Boulet et voici déjà le #9. Je ne m’en lasse pas, c’est certainement parce que je dois vieillir en même temps que lui. D’ailleurs je commence à trouver que c’est écrit un peu petit tout ça. Monsieur Boulet, il faudra bientôt adapter le format à son lectorat qui ne tardera pas à dépasser allègrement la quarantaine. Est-ce que je continuerai à rire lorsqu’il se moque des types comme le passionné de Hard Rock ?

Sacré Père Noël

Nous sommes en novembre et Noël pointe déjà le bout de son nez – enfin pas que le nez. Tout le monde s’y met et les libraires ne font pas exception. La table centrale de la librairie Ombres Blanches a été réquisitionnée pour l’occasion. Elle regorge de suggestions qui l’ont parée de rouge et de blanc. Mon oeil fut d’abord attiré par l’équivalent d’un calendrier de l’Avent en livre de conte: 24 histoires pour attendre Noël – je n’avais jamais vu ça, mais je ne suis pas vraiment étonné les calendriers sont déclinés à toutes les sauces cette année, ils sont malins.

Une case en moins

Ellen Forney est une artiste, une dessinatrice de BD. A 30 ans on lui a diagnostiqué ce qui est référencé en tant que «Syndrome Bipolaire I, 296.4» dans le DSM IV (Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders) – autrement dit, la bible des psychiatres américains. Ce diagnostic explique l’alternance de phases survoltées (maniaques) et de phases de déprime. Elle démarre alors un traitement tout en étant obsédé par une chose.

Spin

Un bon livre de SF de temps en temps c’est vraiment appréciable surtout lorsque c’est bien fait comme ici dans Spin. Il faut avouer que la production de science-fiction est globalement de bonne qualité – rien a voir avec la fantasy, c’est mon avis – et recèle même quelques pépites comme l’excellentissime Hypérion. Sans être un grand connaisseur, je peux me risquer à dire que Spin se situe dans le haut du panier – mon risque est calculé il fut lauréat du prix Hugo du roman en 2006.

La naissance du dragon

Les Éditions Philippe Picquier font un travail remarquable en sélectionnant, traduisant et éditant des livres venant d’Extrême-Orient (Chine, les deux Corée, le Japon, le Vietnam, l’Inde et le Pakistan). Pourquoi ne pas aussi faire profiter les enfants de cette culture ? Dans cette optique autant découvrir l’histoire de l’un des symboles de cette civilisation : Le dragon. Ce livre nous raconte son histoire ou plutôt l’une de ses histoires. Une belle histoire qui raconte qu’il aurait été inventé par des enfants.

Paco Les Mains Rouges

Découvrir le nom de Vehlmann imprimé sur une couverture cartonnée m’évoque immédiatement de formidables souvenirs de lecture : Le Marquis d’Anaon, Les derniers jours d’un immortel ou encore Des lendemains sans nuage. Ne nous y trompons pas, Fabien Vehlmann est scénariste et, en découvrant la liste ci-dessus, qui n’est qu’une infime partie de son oeuvre, on prend conscience de son éclectisme. Il le prouve encore une fois ici puisqu’il est question du bagne en Guyane.

Karoo

Saul Karoo est un docteur en scénarios. Il oeuvre pour l’industrie du cinéma et parvient parfois à faire des miracles. Il est grassement payé pour ses services, on peut mesurer son talent à la taille de son compte en banque – même si ce n’est pas toujours proportionnel dans ce milieu. A part ça, c’est un gros looser. Il a divorcé, il ne voit jamais son fils – il l’évite –, il est dans un état de santé proche de celui d’un cadavre, il n’a plus d’assurance maladie, il fume, il boit et ne parvient même pas à être saoul.

Le grand imagier des animaux du monde

Quoi de plus simple et de plus intéressant pour les enfants – ne répondez pas la télé – qu’un imagier ? Il y a plein de choses à découvrir sur chaque page, des formes et des couleurs et, miracle papa et maman sont capables – en s’aidant discrètement du texte – de les nommer – ils sont trop forts ces parents. Celui-ci consacré aux animaux est donc un classique, mais, vous allez le découvrir, il est très bien pensé et réalisé.

Un soir au club

Un jour il a claqué la porte. Terminé le piano, le jazz et les clubs. Et tout ce qui va avec: la nuit, l’alcool et les femmes. Depuis, il s’est reconstruit une petite vie tranquille. Un travail sérieux – et ennuyeux –, une femme aimante et attentionnée – bien loin des tumultes de la passion en somme. Bref, tous les ingrédients qui l’avaient transformé en un monsieur tout le monde heureux – au moins en apparence.

Légendes de la Garde T3

Prenons le temps de revenir sur l’un des mythes fondateurs de la garde qui fut aussi l’un des héros du tome précédent : Celanawe aussi connu sous le nom de la Hache Noire. Retour dans le passé donc, pour nous intéresser à ce qui a forgé cette légende – je ne peux pas m’empêcher de faire le parallèle avec le personnage de Bragon de La Quête de l’oiseau du temps.

La Horde du Contrevent

La Horde du contrevent est un roman de fantasy – bien que je situerais plutôt le roman entre la fantasy et la SF – écrit par un auteur français, Alain Damasio, qui a rencontré un beau succès. La preuve en est que je suis tombé sur ce titre en parcourant la liste de la bibliothèque idéale de la fantasy proposée par le Cafard Cosmique – une référence en la matière. Eh oui, parfois ça me prend comme ça et je me dis «je me lirais bien un roman de fantasy».

Je voudrais me suicider mais j’ai pas le temps

Avant d’être un romancier à succès, Jean Teulé était scénariste de bande dessinée et chroniqueur à Canal+ – et avait les cheveux longs. C’est au cours de cette ancienne vie qu’il croisa la route de celui qui portait le pseudonyme de Charlie Schlingo. Schlingo, de son vrai nom Jean-Charles Ninduab, était dessinateur et scénariste de BD. Cette biographie en bande dessinée s’intéresse pourtant plus à ses frasques qu’à son travail. Il faut dire qu’il n’y allait pas avec le dos de la cuillère, beuveries et bagarres sont au programme et en voyant cela, c’est peu de dire que cet écorché vif a brulé la chandelle par les deux bouts.

Des éclairs

Je clos avec Des éclairs ma lecture de la trilogie des Vies imaginaires. Il est donc l’heure de faire un bilan et de considérer l’oeuvre dans son ensemble. Jean Echenoz a voulu évoquer le destin de trois hommes qui ont marqué leur époque dans trois domaines distincts: l’art (la musique avec Maurice Ravel), le sport (la course à pied avec Emil Zátopek) et la science (la physique avec Nikola Tesla). Pour quelle raison a-t-il fait ce choix là ?

Mes parents adorent les animaux

Pourquoi un aussi petit animal que la souris tient-il une place aussi importante dans les contes et les légendes et plus généralement dans notre culture ? Bien sûr, l’homme la côtoie – bien malgré lui – depuis la nuit des temps. Il a du mal à s’en débarrasser et elle parvient toujours à se jouer de lui. Et il n’est pas le seul à en pâtir, elle fait tourner les chats en bourriques, parvient à libérer le plus fort des animaux du filet dans lequel il est emprisonné et effraie même le plus gros animal qui marche sur notre terre.

Love in vain

Robert Johnson 1911 - 1938 En lisant ce sous-titre, j’ai tout de suite fait le calcul: 27 ans. Robert Johnson est le premier membre du club des 27 qui a pourtant vu le jour longtemps après sa mort, lors des décès rapprochés de Brian Jones, Jimi Hendrix, Janis Joplin et Jim Morrison entre les années 1969 et 1970. Amy Winehouse est la dernière à avoir rejoint, en 2011, ce triste club.

Une histoire du monde sans sortir de chez moi

Je ne suis pas un grand fan des voyages alors en découvrant le titre de ce livre, je me suis dit voilà un livre pour moi, c’est exactement ce que je veux faire ! Il va aller directement rejoindre ma collection de livres de pantouflard Intérieur de Thomas Clerc, Voyage autour de ma chambre de Xavier De Maistre En m’habillant, je me suis demandé pourquoi toutes mes vestes de costume avaient une rangée de boutons inutiles sur chaque manche.

Think Python

Ce livre s’adresse aux débutants, pas seulement en Python, mais aux débutants en programmation. La nuance est très importante car ses implications sont nombreuses. En fonction de la cible, le discours peut changer du tout au tout. Un concept aussi simple et aussi évident pour un développeur que l’itération au sein d’une liste, devra d’abord être appréhendé et compris par un novice avant de se focaliser sur la syntaxe et / ou les différentes façon de procéder et / ou les particularités du langage Python.

Chuuut !

Une maman vient d’endormir son enfant, mais les animaux ne dorment pas, font du bruit et peuvent à tout moment le réveiller – certains comprendront que ce n’est pas anodin. Alors, elle va les voir un par un pour leur dire de faire moins de bruit. Ce très beau conte en randonnée (présence de répétitions, dans ce cas les invocations à faire moins de bruit) superbement illustré nous vient du bout du monde.

Le policier qui rit

Il y a très longtemps que je n’ai pas lu de polar. Tomber sur un polar adapté en BD est l’occasion rêvée de se remettre en selle. L’heureux élu est Le policier qui rit, l’un des dix romans que compte la série des enquêtes de Martin Beck écrite par un couple d’écrivain suédois, Maj Sjöwall et Per Wahlöö. Lorsque le passage du roman à la BD est bien réalisé, l’expérience se révèle très convaincante.

Ciseaux

Une histoire d’amour, celle de Maryann et de Raymond. Une histoire qui a démarré un peu trop vite. Raymond et Maryann sont mariés lors de la naissance de leur deuxième enfant, Raymond a 20 ans et Maryann deux ans de moins que lui. On était des gamins, avec deux enfants arrivés trop tôt. Qu’est-ce que vous faites quand la route se resserre et que vous ne pouvez plus reculer ?

Une aventure de Violette Mirgue T1

Habitant Toulouse et ayant utilisé «Mirgue» (souris en occitan) comme surnom pour ma fille, je ne pouvais raisonnablement pas ne pas acheter ce premier tome de Violette Mirgue édité par une maison locale. Dire que la carte toulousaine est jouée à fond est un doux euphémisme. Tout y passe, du Capitole à Saint-Sernin en passant par le canal du Midi et le Jardin des Plantes sans oublier le rugby, Airbus et la Cité de l’Espace – et je ne suis pas exhaustif.

Glenn Gould

Cette BD ne se suffit pas à elle-même. Vous aurez besoin à un moment donné (avant, pendant ou après) d’un enregistrement – voire d’une vidéo – de Glenn Gould pour mettre des notes sur les images. Sandrine Revel a pensé à vous et propose sa playlist ainsi qu’une discographie raisonnée dans les annexes. Il n’est en effet pas facile de faire ressentir l’émotion véhiculée par la musique au travers d’un livre – qu’il soit illustré ou pas.

Lanfeust de Troy

Je ne pense pas l’être tout le temps, mais cette fois c’est sûr, je ne vais pas être objectif. Il y a, pour l’instant, trois grandes périodes dans ma vie de lecteur de bandes dessinées. D’abord l’enfance avec Tintin un peu, Gaston Lagaffe beaucoup et surtout Astérix. Puis l’âge adulte avec des titres comme Maus ou Watchmen puis la découverte de ce que l’on appelle la bande dessinée indépendante. Et au milieu, une période d’adolescence dont la série emblématique est et restera Lanfeust de Troy.

Discours à l’Académie suédoise

Le discours prononcé par Patrick Modiano à l’occasion de la remise de son prix Nobel de littérature a été édité par Gallimard, comme pour les autres livres de l’auteur, dans la collection «NRF» – le timing n’a pas été bon car il aurait pu figurer en bonne place dans le Quarto rassemblant la majorité de ses romans 1. Tout le monde connaît Modiano pour ses hésitations lorsqu’il s’exprime à l’oral qui passent souvent pour de la timidité.

Mon ami Dahmer

Jeffrey Lionel Dahmer (né le 21 mai 1960 à Milwaukee – 28 novembre 1994 à Portage), surnommé «le cannibale de Milwaukee», est un tueur en série américain qui a avoué avoir assassiné dix-sept jeunes hommes entre 1978 et 1991 (seize de ces meurtres ayant eu lieu entre 1987 et 1991). Ces meurtres comportaient des viols, des démembrements, de la nécrophilie et du cannibalisme. 1 Eh bien, avant tout cela, Jeffrey Dahmer fut un lycéen et Derk Backderf était dans sa classe.

Le Détroit de Behring

Avant toute chose, il convient de s’arrêter sur le titre de ce livre. Si le sous-titre, Introduction à l’uchronie, ne souffre aucune ambiguité, ce n’est pas le cas du titre. Il est bien plus original et, nous allons le voir, particulièrement bien trouvé. La première réaction est de se dire, quel est le rapport ? Emmanuel Carrère n’est pas homme à négliger son lecteur et lui fournit une explication à la fin de son ouvrage.

Caca boudin

«Caca boudin». Qui n’a pas entendu cette expression dans une crèche ou une classe de maternelle ? C’est assez énervant pour les parents, mais les petits la prononcent toujours avec un grand sourire aux lèvres. J’ai même l’impression – en fait c’est une certitude – que de voir l’air dépité des parents les réjouit encore plus. De là à exploiter cette idée pour faire un livre, il n’y a qu’un pas.

En cherchant Majorana

Ettore Majorana était un génie, une étoile filante dans le ciel de la physique du XXe siècle. Son domaine, l’infiniment petit, la physique quantique. A l’âge de 31 ans à peine, il disparaît. Purement et simplement évanoui dans la nature. Qu’est-il devenu ? Une seule chose est sûre, il s’est retiré du monde.  C’est à ce moment précis que Majorana devient pour Carelli un chat de Schrödinger, c’est-à-dire la superposition quantique d’un être vivant et du même être mort.

Chute de vélo

Ce qu’il y a de bien avec ce livre c’est qu’en lisant le titre et en observant la couverture, on ne sait pas à quoi s’attendre – enfin si, il devrait y avoir selon toute logique une chute de vélo à un moment. En lisant les premières planches, je n’ai pas été emballé par les dessins. Ce n’est de toute façon pas ce que j’aime le plus chez Davodeau, mais là je les trouve encore un ton en dessous.

Le meurtre de Roger Ackroyd

Allez, je l’avoue, c’est l’envie de lire Pierre Bayard et son Qui a tué Roger Ackroyd ?1 qui m’a poussé à ouvrir ce grand classique du roman policier. En me documentant, j’ai appris qu’il fait partie d’une catégorie spécifique de romans policiers appelée whodunit, littéralement qui l’a fait – ça a l’air évident, mais je ne connaissais pas. Ce roman est donc centré sur la résolution de l’énigme et se présente un peu comme un jeu pour le lecteur qui dispose des mêmes indices que l’enquêteur, mais devra déjouer les nombreuses fausses pistes vers lesquelles l’aiguille le narrateur.

L’arabe du futur T1

Il y a quelque chose de très troublant dans ce premier tome du récit de jeunesse de Riad Sattouf (il est sous-titré Une jeunesse au Moyen-Orient (1978-1984)). Puisqu’il est né en 1978 – comme moi – il avait donc entre 0 et 6 ans à cette période. Il n’y a toujours rien qui vous choque ? Un peu quand même, difficile d’établir un récit de près de 160 pages entièrement basé sur des souvenirs authentiques qui datent d’avant le CP.

Premier bilan après l’apocalypse

«Mes 100 livres préférés (pour le prix d’1)» nous dit Frédéric Beigbeder sur le bandeau promotionnel rouge entourant le livre. L’ancien publicitaire n’a pas perdu le sens de la formule et il avait même créé un site web pour l’occasion – les liens pointant vers Amazon, le malin, il n’y a pas de petits profits. Je ne parlerai pas de la préface qui n’est, selon moi, pas l’intérêt de ce livre de chroniques et qui même le dessert.

Saga T1

La série Saga m’a été conseillée par un ami grand amateur de BD. Avant de recevoir ce conseil, mon oeil s’était arrêté plusieurs fois sur ces personnages étranges ornant la couverture en balayant les rayonnages de la bibliothèque. Le pitch est très classique. Comme souvent, une guerre fait rage entre deux pays voisins: Continent (ceux avec les ailes) et Couronne (ceux avec les cornes). Un homme et une femme vont s’unir malgré ces différences et donner naissance à un enfant (avec des ailes et des cornes).

Un poisson très doué

Un livre sur l’évolution destiné aux plus jeunes, bonne ou mauvaise idée ? De prime abord, ça semble quand même un tout petit peu ambitieux de faire comprendre à nos enfants que ce sont les poissons qui sont «sortis de l’eau» et sont à l’origine des autres espèces dont la notre. Même pour un adulte, c’est déjà très difficile à imaginer, alors pour un enfant – je sais qu’ils ont de l’imagination et qu’ils inventent toujours des histoires, mais bon là quand même.

Lion contre lapin

Nous avons emprunté à la bibliothèque Lion contre lapin. J’ai été surpris par la modernité et l’humour de ce livre destiné aux enfants. Il se trouve dans un registre qui n’est pas souvent utilisé pour ce public – on dirait un titre de la collection Humour de rire de chez Delcourt. L’humour justement, au travers des dessins et au travers du texte, peut aussi bien faire rire un adulte qu’un enfant.

Tyler Cross T1

Tyler Cross n’a aucun sentiment. Il a le sang froid comme un serpent. Enfin peut-être en a-t-il, mais il les cache bien en tout cas. On ne peut pas mieux le définir qu’en citant ce qui est inscrit sur la couverture du livre : Un jour, Tyler Cross paiera pour ses crimes. En attendant, il en commet d’autres. Je n’avais jamais lu un tel hybride entre polar et western.

Le trône de fer T1

Je dois être le dernier arriéré à ne pas avoir vu tous les épisodes de Game of Thrones. Pour ne pas faire comme tout le monde, j’ai plutôt décidé de lire les livres – et le défis est de taille. Même s’il paraît qu’ils ont fait du très bon travail sur cette série télé, je n’apprécie pas toujours le travail des scénaristes qui adaptent tout en puisant dans l’oeuvre originale la matière nécessaire pour répondre au cahier des charges de toute série à succès dont les deux piliers sont le sexe et la violence.

Notes T3

Encore du très très bon. Un cran au dessus du #2. Des moments d’anthologie que les trentenaires se remémoreront avec plaisir: les années 80, le Tang, la Belle des champs et autres joyeusetés. Mais, bien entendu, ce recueil ne se résume pas à ça. On retrouve les passages dédicaces, geek et le must, les énervements de l’auteur devenus désormais mythiques. Les Notes de Boulet sont comme les fraises Tagada, quand on commence on a beaucoup de mal à s’arrêter.

Joel on software

Je suis tombé sur un commentaire (en anglais) qui disait à peu près ceci «C’est le livre qu’aurait écrit Jerry Seinfeld s’il avait été ingénieur en informatique». Je n’aurais pas trouvé mieux pour caractériser ce livre. On retrouve chez les deux hommes le même humour fait d’intelligence. C’est toujours très plaisant, mais très rare de tomber sur des érudits qui ne se prennent pas au sérieux. C’est bien le cas de Joel Spolsky.

Le Livre des illusions

Je ne sais pas trop quoi dire. Je suis un peu déstabilisé, c’est la première fois que je n’apprécie pas un livre de Paul Auster. Pourtant, on présente ce Livre des illusions comme une pièce maitresse de l’oeuvre de l’écrivain new-yorkais. Paul Auster est un précurseur, il a mis le cinéma muet à l’honneur bien avant qu’il soit brusquement sorti des oubliettes par le triomphe du film The Artist. Jean Dujardin tiendrait ici le rôle d’Hector Mann, un acteur qui a connu le succès, mais qui n’a pas su – ou pu –, principalement à cause d’un accent étranger, prendre le virage du cinéma parlant.

Star Wars T1

C’est l’évènement de ce début d’année à la fois pour les fans de Star Wars et pour les lecteur de comics. Une nouvelle série de la saga sort chez Marvel aux Etats-Unis en ce mois de janvier. Et on peut d’ores et déjà dire que le succès est au rendez-vous – j’imagine la pression qu’ont dû avoir les deux auteurs Jason Aaron (auteur) et John Cassaday (dessinateur). Plus d’un million d’exemplaires ont été écoulés, soit la meilleure vente depuis 21 ans et le Batman #500 (source).

Station 16

Hermann est un grand nom de la bande dessinée, mais je n’y peux rien, je n’apprécie pas – mais alors pas du tout – ses dessins. Certains crieront au scandale en lisant cela et pourront certainement prouver qu’il est un grand artiste – je n’en doute pas –, mais c’est une question de goût. Cette fois, il s’est associé à son fils, Yves H., qui a pris en charge le scénario.

Journal d’un parfumeur

Ce n’est pas le Journal d’un lecteur1, mais celui d’un parfumeur que je vous propose de découvrir. C’est un métier rare, mais ô combien précieux puisque l’objectif vers lequel il doit tendre est de faire naître des émotions – et non pas de faire vendre, ça c’est le boulot du marketing. En ce sens, il se rapproche de l’art, mais le savoir-faire qu’il requiert l’oblige à rester profondément encré dans l’artisanat.

Le yoga des petits

Ceux qui aiment lire tranquilles, bien calés au fond de leur canapé vont devoir se bouger. Ils n’ont pas le choix. Il faut enlever ses chaussures, déplier le tapis de gymnastique et c’est parti pour une séance de yoga adaptée aux tout-petits. Ça a l’air tout bête comme ça, mais je vous garantis que les enfants adorent ça. Il font les mouvements avec une grande concentration. Cerise sur le gâteau, les positions proposées s’inspirent des animaux – encore un gage de succès auprès du jeune public.

Le pou et la puce

C’est le vent qui a tout déclenché en s’engouffrant par la fenêtre. Il a soulevé le pou qui est retombé sur la cuisinière et s’est brûlé le derrière. De là est partie une réaction en chaîne qui menace de ne jamais s’arrêter: la puce se met à pleurer, la fenêtre à claquer et etc. Les protagonistes de ce conte en randonnée sont pour le moins originaux – on apprendra en lisant la notice, située à la fin du livre, qu’il existe des variantes mettant en scène d’autres animaux –, il en va de même pour les dessins.

De si braves garçons

Après un Nobel et le visionnage d’un reportage de Bernard Pivot lui étant consacré, j’ai voulu lire du Modiano – j’ai seulement deux livres à mon actif. On était dimanche – non je ne voulais pas acheter de livre sur mon Kindle –, j’ai donc commandé le «Quarto» 1 qui compile «l’épine dorsale de ses autres romans» et je suis parti au marché de Saint-Aubin bien décidé à dénicher chez les nombreux bouquinistes un volume, à la belle couverture crème et aux liserés rouges, siglé «NRF».

In God we trust

Dans In God we trust, Dieu est représenté comme un cyclope amateur de Hard Rock, une déclinaison du cultissime Duke de The Big Lebowski – enfin avec un seul oeil. Dans la même veine, Jésus est un surfeur qui s’attire la sympathie des autres marginaux du coin – les apôtres – et qui fout un bordel pas possible dans Jérusalem. Son style hors du commun attira l’attention d’un groupe de marginaux qui passaient leur temps à picoler du vin sur la plage… […]

Le Royaume

J’écoutais Florent Georgesco parler de ce livre à la radio. Il a dit une chose très vraie sur Emmanuel Carrère. Il sait trouver le ton juste pour écrire. Tout s’enchaîne, ce n’est ni trop ni pas assez, on dirait qu’il nous parle. Le journaliste du Monde disait qu’il avait l’impression d’être assis en face de lui dans sa cuisine et de simplement l’écouter parler – il a reçu le prix littéraire du Monde, ce n’est certainement pas un hasard.

Genetiks

J’ai fait une descente à la bibliothèque – il y a plein de nouveautés. L’une de mes proies, l’intégrale de Genetiks. En voyant la couverture, j’ai un vague souvenir d’en avoir entendu parler – en bien. J’attaque donc la lecture qui commence par une prolepse elliptique d’une seule planche – pas mal. Ce sont les dessins qui étonnent. J’ai lu un commentaire en diagonale disant qu’ils avaient été faits à partir de photos comme dans un roman-photo.

Aurais-je été résistant ou bourreau ?

Aurais-je été résistant ou bourreau ? C’est une question que tout le monde devrait se poser et pour laquelle personne ne devrait avoir de réponse évidente. Pierre Bayard tente d’y répondre en employant un procédé original. Il se met lui-même dans le contexte de la Seconde Guerre mondiale en opérant une sorte de voyage dans le temps. Il se retrouve donc en 1940 étudiant en hypokhâgne, khâgne et entre à l’École normale après avoir réussi son concours d’entrée.

La propriété

Voici mes premières impressions à chaud. J’adore les dessins, de la belle ligne claire, des aplats de couleur bien choisis, tout ce que j’aime. Après la première scène à l’aéroport, je me dis que le personnage de la grand-mère a beaucoup de potentiel. Je commence à deviner des éléments de l’histoire, mais je ne sais pas trop où elle me mène. Je me laisse porter et j’aime ça. Enfin, plusieurs premières.

Bon appétit, Monsieur Lapin!

Monsieur Lapin n’aime plus les carottes. Alors, il décide d’aller voir si l’herbe est plus verte chez ses voisins animaux. Finalement, pas terrible ce que mange la grenouille, ni l’oiseau, ni le poisson, ni les autres d’ailleurs. Mais alors le renard, c’est bien pire que tout et le début des ennuis pour notre ami le lapin. Ce petit conte est plein d’enseignements, les parents penseront immédiatement aux enfants qui ne veulent pas manger, mais tous retiendront la morale, il est souvent plus sage de se contenter de ce que l’on a.

Bonjour tristesse

On parle beaucoup de Sagan en ce moment. Ma grand-mère était une grande lectrice et aimait Sagan. Je me suis donc mis en quête de son plus célèbre roman Bonjour tristesse et je l’ai vite retrouvé dans sa bibliothèque. Le volume en question est une réédition pourvue d’une jaquette qui a un peu – beaucoup – vieilli, notamment la police de caractère utilisée pour le titre – elle ressemble un peu à du Comic Sans MS.

La patience du tigre

J’ai entendu parler de Frédéric Bernard pour la première fois lors de la sortie de Chroniques de la vigne: conversations avec mon grand-père1 – je l’avais offert à un ami (amateur de vin) et j’avais raté de peu la séance de dédicace organisée à Toulouse à la librairie Terres de Légendes. C’est d’ailleurs à l’issue d’une discussion avec le libraire que mon regard s’est posé pour la première fois sur La patience du tigre – très belle couverture.

Petite taupe, ouvre-moi ta porte !

Par cette froide nuit d’hiver, Petite Taupe est bien au chaud dans son lit douillet quand soudain. Toc, toc, toc ! Qui frappe à la porte ? Son bonnet de nuit encore sur la tête, elle se lève, met ses chaussons, prend une bougie et va ouvrir. Qui peut bien être dehors une nuit pareille ? Ce livre est génial, nous l’avons beaucoup apprécié. Il s’agit d’un conte en randonnée assez évolué puisqu’il y a un intrus et un dénouement assez inattendu.

Astérix chez les Pictes

Je me suis lancé, même pas peur. J’ai commencé à lire Astérix chez les Pictes. Après les dernières tentatives d’Uderzo en solo, il était temps de faire rentrer du sang neuf. Il prouve par ce geste que, contrairement à ce que pense sa fille, il sait encore faire preuve de lucidité. Mais bon, mettons de côté ces railleries pour avouer que lorsque l’on touche à Astérix, on appréhende quand même un peu.

Courir

Faire marcher la machine, l’améliorer sans cesse et lui extorquer des résultats, il n’y a que ça qui compte et sans doute est-ce pour ça que, franchement, il n’est pas beau à voir. C’est qu’il se fout de tout le reste. Cette machine est un moteur exceptionnel sur lequel on aurait négligé de monter une carrosserie. Son style n’a pas atteint ni n’atteindra peut-être jamais la perfection, mais Émile sait qu’il n’a pas le temps de s’en occuper : ce seraient trop d’heures perdues au détriment de son endurance et de l’accroissement de ses forces.

Fun Home

Le titre de cette BD ne porte pas le sens que l’on pourrait lui prêter de prime à bord. Ce n’est pas du tout une maison fun, mais plutôt une drôle de maison dans le sens français de curieux ou étrange – je ne sais pas si ce double sens est vrai en anglais. Fun est en fait le diminutif de funeral home (funérarium) ce qui est tout de suite beaucoup moins drôle.

Le premier oeuf de Pâques

La petite poule a pondu son premier oeuf. Elle est toute fière et décide de le présenter à la fête aux oeuf. On y élit le plus bel oeuf. Pourtant, tout le monde tente de l’en dissuader. Ils la trouvent certainement naïve, mais se cachent derrière des bon sentiments en faisant mine de la préserver d’une grosse déception. Elle ne baisse pas les bras pour autant – enfin les ailes. Elle court, trotte et vole, se précipite à tel point qu’elle fait tomber son trésor dans la marre aux cochons.

Pascal Brutal T1-3

Dans un futur proche, un homme porte un bouc parfaitement taillé … Aux pieds, des chaussettes blanches dans une paire d’Adidas torsion 1992 … Au poignet droit, une gourmette étincelante avec « Pascal » gravé dessus … C’est PASCAL BRUTAL. Dans ce futur proche, Alain Madelin est le président de la France – là, si on ne l’avait pas encore compris, on en est sûr, on est bien dans le registre humoristique.

Intérieur

J’ai acheté, en rentrant de vacances, Intérieur de Thomas Clerc – impossible de trouver ce livre dans une librairie grand public. Il faut dire que ce n’est pas un livre qui plaira à tout le monde. Pourtant, je ne suis pas fan de la littérature expérimentale, mais plusieurs choses me séduisent ici. La première est l’idée d’isolement, de sécurité que l’on peut retrouver en rentrant chez soi. Elle est assez basique, mais crée une ambiance agréable et apaisante.

Joyeuses Pâques

Quelle ne fut pas ma surprise en ouvrant cet oeuf de Pâques de découvrir Jésus sur la croix. Je n’y étais pas préparé. Les oeufs de Pâques sont tellement ancrés dans notre culture – merci Kinder –, et j’ai tellement lu T’choupi cherche les oeufs de Pâques1 que j’avais presque oublié que Pâques était avant tout la plus grande fête chrétienne. Bien, ce livre est là pour nous le rappeler et rafraîchir nos mémoires perverties par la société de consommation.

La Conjecture de Poincaré

J’ai gardé un très agréable souvenir d’une lointaine lecture du livre de Simon Singh Le dernier théorème de Fermat1. Ce souvenir m’est revenu en mémoire lorsque chez mon libraire, en passant devant la section scientifique, j’ai aperçu La Conjecture de Poincaré sur la table des suggestions. Je n’ai pas hésité une seconde et me suis emparé du volume sans même jeter un oeil à la quatrième de couverture. Le nom de Poincaré parle à tout le monde car nous avons en mémoire le patronyme de l’ancien président de la république.

Le Grand Animateur

Pour fêter ou plutôt pleurer la fin de Donjon 1, j’ai décidé de relire le tome le plus ancien dans le temps du Donjon, Le Grand Animateur. Il se déroule au niveau -400 quand un Donjon Potron-minet démarre à -99. Ce tome est un peu le Le silmarillion2 de Donjon, on y croise de très nombreux éléments fondateurs. Les automates (ils font même référence aux lois de la robotique), les objets du destin, le mal absolu, etc.

La promesse de l’aube

De ma lecture de La promesse de l’aube cet été, j’ai retenu quelques citations et une impression mitigée qui m’a rendu la tâche d’écrire sur ce livre très difficile. J’ai trouvé qu’il oscillait en permanence — et ce dès le début et jusqu’à la fin – entre l’émotion et le burlesque d’une façon assez déstabilisante. Romain Gary est un mystificateur génial, il l’a prouvé de façon magistrale avec son double Goncourt – performance inégalée et inégalable.

Le secret

La petite souris a trouvé une jolie pomme dorée. Elle va la cacher et ce sera son secret. Pourtant, chaque animal va venir la voir pour lui poser la même question à laquelle elle répondra invariablement C’est mon secret, je ne le dirai jamais. Mais quelque chose se met à pousser derrière son dos, va prendre de plus en plus d’ampleur et mettre son secret en danger. Encore une fois un ouvrage d’Eric Battut rempli de poésie et superbement illustré qui inculque au passage une belle valeur, celle du partage.

Hikaru no go T1

Après avoir rédigé – il y a très longtemps – un billet consacré au livre Le Maître ou le Tournoi de go, je vais vous parler d’une lecture plus ludique évoquant sous une tout autre forme le jeu de go. Il s’agit d’Hikaru no go (littéralement le go d’Hikaru) qui raconte l’histoire d’un adolescent qui, après avoir découvert un goban (le plateau de jeu) chez son grand-père, va se prendre de passion pour ce jeu.

Video games

En ouvrant ce Video games, j’étais parti pour lire quelques pages par curiosité et abandonner la lecture, convaincu par avance que ce livre était une imposture, un édifice à la gloire du marketing conçu pour occuper l’esprit tourmenté de trentenaires dépressifs et nostalgiques de leur jeunes années. J’ai donc lu le premier chapitre, qui est une allégorie du capitalisme à base de Pac-Man, et j’ai eu envie de lire la suite.

L’Ascension du Haut Mal

Connaissant uniquement David B. pour sa série Les Chercheurs de trésor1, j’entends parler depuis longtemps de son chef-d’oeuvre, sans avoir eu l’envie de m’y plonger. L’Ascension du Haut Mal était disponible à la bibliothèque, j’ai donc sauté sur l’occasion. D’emblée, la préface rédigée par sa soeur m’a touché – je sais, je suis un grand sensible. Puis la découverte de l’oeuvre. La comparaison est facile, mais elle vient tout de suite à l’esprit.

Le livre du roi

J’avais entendu parler dans un hors-série Le Magazine littéraire / Marianne daté de juillet 2013 d’un roman intitulé Le livre du roi. Ce n’était pas forcément une bonne chose car j’avais trouvé qu’ils en faisaient beaucoup avec leur dossier et que tout ça sentait un peu trop la propagande. Mais bon, je décide quand même de tenter l’aventure – c’est Le Magazine littéraire quand même. Je ne sais pas pour quelle raison, mais j’avais envie d’un roman un peu dans le genre que je nomme ésotérique.

Le bleu est une couleur chaude

La promulgation en 2013 de la loi sur le mariage pour tous n’a pas changé les esprits sur la question de l’homosexualité. C’est en tout cas ce que l’on pourrait croire en constatant le succès critique et public qu’a recueilli ce livre et son adaptation au cinéma La vie d’Adèle – il est d’ailleurs curieux d’avoir troqué un si beau titre contre un d’aussi banal. Car ce livre, si bien construit qu’il soit, n’en reste pas moins qu’une belle histoire d’amour qui se finit mal.

Notes T8

Je suis un fidèle de la première heure du grand Boulet. Je possède tous les recueils sobrement intitulés Notes qui reprennent les billets publiés sur son blog depuis 2004 – j’ai même un autographe, le seul que je possède. Je me suis donc procuré le huitième tome dès sa sortie. Cet recueil est centré sur une performance à laquelle participe Boulet : Les 24 heures de la bande dessinée. Cet évènement a lieu chaque année lors du festival d’Angoulême et consiste a — comme son nom l’indique en partie – dessiner une BD de 24 pages en 24 heures.

Le roman du mariage

J’avais entendu des critiques très mitigées à propos du dernier roman de Jeffrey Eugenides. N’ayant pas lu les précédents – j’ai seulement vu l’adaptation cinématographique, à la superbe BO, de Virgin Suicides –, je n’avais pas d’a priori au sujet de cet auteur. A ma grande surprise, j’ai pris beaucoup de plaisir à le lire. Il y a même bien longtemps que je n’avais pas autant apprécié un livre. Je vais donc m’atteler à la difficile tâche d’en parler – j’ai toujours un blocage lorsque j’ai beaucoup aimé un livre.

Le Cinquième Beatles

Je dois définir un axiome important dès le départ. Je ne connais rien aux Beatles – enfin si, je connais ce que toute personne n’ayant pas vécu loin de la civilisation depuis les années 60 doit décemment connaître. On peut déduire de ce premier axiome deux affirmations 1/ je ne serai pas à même de juger du fond, disons de la véracité des faits et je suis donc obligé de faire une confiance aveugle au scénariste 2/ je vais forcément apprendre plein de choses et ça c’est plutôt une bonne nouvelle.

Entre Chat et Chien

Je vais vous parler d’un livre que ma fille adore, je ne sais pas pour quelle raison. L’histoire est assez originale pour un livre pour enfants. Il s’agit d’un livre emprunté à la bibliothèque un peu par hasard – c’est pour cette raison qu’il faut aller dans les bibliothèques. Pas complètement tout de même car je cherchais un livre illustré qui raconte une histoire, un juste déséquilibre entre un peu de texte et beaucoup d’illustrations.

J’aime pas la chanson française

Je viens de lire d’une traite J’aime pas la chanson française et je me suis vraiment bien marré. Luz a un talent de caricaturiste énorme, on reconnaît tout de suite les tronches – puisqu’il faut bien parler ainsi dans ce contexte – trop souvent vues à la télé. Ses victimes sont en en priorité ceux que l’on appelle communément les chanteurs à texte : Delerm, Bénabar, Cali, pour ne citer que les principaux.

Le chemin des morts

Quand un membre de la famille meurt, il est conduit de la maison au cimetière par un chemin particulier, que l’on appelle le chemin des morts. Chaque maison, chaque famille a le sien. Il ne se confondent pas. Si bien qu’au-dessus des routes et des sentiers du village, ou au-dessous d’eux, ou à côté comme on voudra, il y a d’autres chemins, invisibles, formant une toile dont l’église est le centre.

La survie de l’espèce

La survie de l’espèce ou comment parler de façon drôle et décontractée de l’économie – sujet éminemment sérieux qui fait prendre un ton grave aux journalistes et aux politiques. Vous voulez un exemple de ton décontracté, voici un patron qui s’exprime : «[…] et s’il faut vous attacher les couilles à vos pelleteuses pour y arriver, croyez-moi que j’ai du scotch !» et voici un ingénieur qui a une grande idée : «Je veux remplacer les cons par des machines.

Nietzsche, se créer liberté

Je n’aurais pas lu un livre sur Friedrich Nietzsche, il est comme un mythe qui semble inabordable. La curiosité, la popularité de Michel Onfray et la couverture médiatique dont a bénéficié ce livre m’ont amené à emprunter Nietzsche: se créer liberté à la bibliothèque. Démystifier sans tomber dans la vulgarisation, rendre ces éléments (pensée et biographie) accessibles au plus grand nombre. Décidément, la bande dessinée est encore bien mal considérée eu égard à son apport.

Incidences

Un professeur de creative writing (atelier d’écriture) un peu coureur a la fâcheuse habitude de céder aux avances de ses jolies élèves. Il ne s’explique pas vraiment l’attrait qu’il exerce auprès de cette population, mais entend bien en profiter puisque cette chance lui est donnée. Tout n’allait pas si mal jusqu’au jour où … Sous ses aspects de thriller, ce roman de Djian aborde les problèmes de l’enfance et de ses blessures qui ne se referment jamais.

Alice

C’est en consultant le dossier de presse que j’ai appris que Lewis Carroll avait écrit lui-même une version abrégée destinée aux jeunes enfants de son célèbre livre pour petits et grands Les Aventures d’Alice au pays des merveilles. Vous l’aurez compris, c’est la trame de cette version, publiée 25 ans après l’oeuvre originale, qui est reprise et mise en lumière ici. L’imagination débordante du mathématicien ne pouvait pas être mieux illustrée que par ce livre qui déborde d’astuces et de surprises.

Esprit d'hiver

Voici ce que disais le Lire du mois d’octobre à propos de Laura Kasischke – je n’arrive toujours pas à prononcer son nom. Il faut se méfier de Laura Kasischke, de son air de mère de famille souriante qui sort de son four d’exquis cookies au chocolat. Et ils ont raison – j’aurais dû m’en méfier ! Elle fait partie de ces auteurs américains plus connus en Europe que dans leur pays d’origine.

Chroniques de Jérusalem

J’ai terminé la lecture des Chroniques de Jérusalem et je suis très agréablement surpris. L’histoire est celle de Guy Delisle dont la profession est – vous l’aurez deviné – auteur de BD. Il suit sa femme qui est médecin pour une ONG. Cette famille de québécois a donc l’habitude de séjourner à l’étranger, mais cette fois ils se retrouvent à Jérusalem. Malgré la couverture médiatique importante, personne n’est préparé au choc que représente la découverte d’une telle ville et d’un tel pays marqué par l’histoire, la guerre, le choc des cultures, des religions, des traditions.

Des hommes d'État

La récente parution de Jours de pouvoir de Bruno Le Maire m’a incité à me plonger dans ce précédent ouvrage sur lequel je lorgnais avec envie depuis longtemps. Si les deux ouvrages se distinguent par leur chronologie (Jours de pouvoir est consacré aux années 2010-2012 pendant lesquelles Bruno Le Maire a été ministre sous Nicolas Sarkozy), leur forme est identique. Dans les deux cas il s’agit du journal de Bruno Le Maire qui nous entraine dans les coulisses de la politique.

Bookhunter

Je viens de terminer Bookhunter et ma déception est à la mesure de mon enthousiasme initial. Vous allez comprendre. Je trouvais l’idée du livre géniale. Une police des bibliothèques traquant les voleurs de livres. De plus, en feuilletant quelques pages, à moins d’être complètement réfractaire à ce style, on tombe sous le charme des dessins rehaussés par de belles couleurs sépias. Leur simplicité et leur dynamisme font merveille pour donner quelque chose de très moderne et très convaincant.

La montée des cendres

Amateurs de feux de cheminée, ce livre est fait pour vous. L’auteur consacre 200 pages à cet art ancestral. L’homme a toujours été fasciné par le feu, il faut croire que c’est le cas de Pierre Patrolin qui, après avoir traversé la France à la nage se réchauffe au coin de la cheminée en regardant monter la Seine. Plus sérieusement, ce texte est un poème en prose. L’écriture est magnifique et l’auteur, avec ce livre extrêmement curieux, parvient à créer une ambiance, une atmosphère.

Qui se cache sous les fruits ?

J’ai voulu écrire quelque chose sur ce livre pour relever le défit suivant. Est-ce que je parviendrai à expliquer son principe par des mots. A priori rien de bien compliqué, il s’agit d’un livre pour jeunes enfants, et pourtant. Rétrospectivement, je pense que c’était une mauvaise idée et que j’ai échoué, je vous laisse en juger. Dans ce livre les fruits se transforment en animaux – c’est mal parti pour la clarté des explications.

Blacksad T1

Pour préparer la sortie du cinquième tome de Blacksad, j’ai entrepris de relire les précédents. Cette nouvelle lecture a produit sur moi la même impression qu’il y a des années – une dizaine – lorsque j’avais découvert ce qui n’était pas encore une série. Une grande claque. Graphiquement le résultat est époustouflant: le raffinement des dessins, leurs détails, la représentation des intérieurs avec des points de vue audacieux en plongée notamment.

Le chemin des livres

Philippe le Guillou nous raconte dans ce petit livre son entrée en littérature. Il nous parle de la naissance de sa vocation et de sa passion pour les livres. Sa jeunesse en Bretagne durant laquelle il se rend vite compte qu’il n’est pas comme les autres. Ses années de khâgne qui ne seront pas ce que l’on pourrait s’imaginer. Ses respirations dans la petite librairie des Nourritures terrestre tenue par les soeurs Bertho.

Aâma T1

Ce qu’il y a de bien avec la science-fiction c’est que l’on découvre l’univers en même temps que l’histoire. En marge de l’intrigue et des personnages, la découverte et la compréhension du monde constituent à eux seuls un plaisir intellectuel. Dans ce domaine, les bons auteurs de SF excellent et trouvent toujours des technologies, des systèmes sociaux ou politiques originaux et intelligents qui poussent le lecteur à la réflexion. Il pense alors à leur transposition possible dans le monde réel ou, plus subtilement, à reconsidérer son univers à l’aune de ces nouveautés.

Meka T1

Graphiquement très réussi, le style de cet album est un hybride entre du franco-belge et du manga. Les dialogues sont réduits au minimum et même inexistants par moment. Il faut dire que la combinatoire entre les personnages n’est pas énorme puisqu’ils sont seulement deux: une fille et un garçon, un lieutenant et un caporal respectivement pilote et mécanicien d’un meka. Les mekas sont des robots utilisés comme armes dans une guerre qui oppose deux clans pour des raisons que le lecteur ignore.

Ce qu’il advint du sauvage blanc

Ancien élève de l’ENA, il a occupé plusieurs postes dans l’administration en tant que haut fonctionnaire – il travailla notamment pour la Nouvelle-Calédonie – avant de se consacrer à l’écriture et de rencontrer le succès avec son premier roman Ce qu’il advint du sauvage blanc. Cette reconnaissance est méritée tant le livre est bien réalisé. Il est construit sur deux plans temporels exploités dans un ordre chronologique. Dans le premier on suit les aventures du matelot Narcisse Pelletier depuis son abandon sur une île proche de l’Australie par le bateau sur lequel il officiait.

La télévision

Je revois très bien le geste que j’ai accompli alors, un geste très simple, très souple, mille fois répété, mon bras qui s’allonge et qui appuie sur le bouton, l’image qui implose et disparaît de l’écran. C’était fini, je n’ai plus jamais regardé la télévision. C’est lors d’un été passé à Berlin que le narrateur et personnage principal de ce roman a pris cette terrible et irrévocable décision – pour les plus jeunes, il devait probablement disposer d’un modèle de télévision à tube cathodique dépourvu de télécommande ce qui explique la nécessité d’allonger le bras et le phénomène d’implosion observé lors de l’arrêt de l’appareil.

Crève saucisse

Boucherie et bande dessinée font-ils bon ménage ? Eh bien oui, ce Crève saucisse est une réussite. L’histoire de trahison est vielle comme le monde, mais son efficacité n’a jamais été démentie depuis l’antiquité. De la tragédie grecque à la boucherie de quartier il n’y a qu’un pas – certes grand – que les auteurs n’ont pas hésité à franchir et de belle manière. Dans cet univers qui ne me fait pas vraiment rêver – le titre et la couverture donnent un avertissement assez clair sur ce point –, j’ai été pourtant vite pris par l’histoire et me suis même surpris à tourner les pages à une vitesse folle, curieux de connaître la suite.

84, Charing Cross Road

Le 84, Charing Cross Road est l’adresse d’une librairie de Londres à laquelle s’adresse Helene Hanff pour obtenir ce qu’elle a de plus cher, des livres. Elle est américaine vit ou survit de sa plume en écrivant des pièces de théâtre, mais surtout des scénarios pour la télévision. Ne trouvant pas – à prix abordable – les livres qu’elle recherche près de chez elle, à New York, elle s’adresse à cette librairie se trouvant de l’autre côté de l’Atlantique.

Ravel

Ravel est le premier volet de la trilogie des vies imaginaires. Comme vous pouvez aisément le deviner, celui-ci est consacré à l’art et plus précisément à la musique. Les deux autres s’intéressent au sport avec Courir (Emil Zátopek) et à la science avec Des éclairs (Nikola Tesla). Vies imaginaires contient une figure de style, une opposition entre vie qui renvoie à la biographie et imaginaire qui renvoie au roman. Cette opposition est représentative de ce qu’a souhaité faire Echenoz, puiser dans la vie de personnalités marquantes l’essence d’un roman – ou romancer leur vie selon comment on voit les choses.

Iron , Ou la guerre d'après

Dès les premières pages le lecteur est plongé dans une ambiance. Un mélange à la fois sombre et froid assez intriguant, mais très marqué. Ce n’est pas seulement la couleur qui est à l’origine de cette réussite. La mise en page innovante, la circonspection dans les dialogues et le découpage y sont aussi pour beaucoup. L’ensemble fonctionne très bien et l’immersion est totale. Depuis La Fontaine – et peut-être avant – les animaux ont été utilisés par les hommes pour dénoncer les travers de leurs semblables.

À livre ouvert

Nous sommes en présence de la publication du journal intime de Logan Mountstuart. Comment, ce nom ne vous dit rien, vous ne connaissez pas ce célèbre écrivain ? En cherchant un peu mieux, vous commencez à deviner le subterfuge, il est écrit Roman sur la couverture … Si vous n’avez jamais entendu parler de ce Logan Mountstuart, c’est donc normal car il n’existe pas et n’a jamais existé. Il est né dans l’esprit de l’écrivain britannique bien réel William Boyd.

Devant ma maison

J’aime beaucoup les imagiers pour les petits. Ils contiennent plein de choses à découvrir, à identifier et à nommer. L’inconvénient est qu’il sont décousus, il n’y pas ou peu de liant entre les planches et ils ressemblent parfois un peu trop à un catalogue. Marianne Dubuc a trouvé une parade, elle combine dans son livre l’imagier et le livre de conte. Tout part de la maison – l’un des premiers dessins réalisés par les enfants.

La nuit a dévoré le monde

J’ai entendu parler de ce roman à la radio, en écoutant l’émission Le Masque et la Plume. L’excellent Arnaud Viviant en avait fait son coup de coeur de fin d’émission. Encore une fois, j’ai bien fait de l’écouter. Derrière ce beau titre se cache un roman de zombie. Ce sujet de la culture populaire est en passe de devenir un sous-genre dans la littérature tant la production est importante dans ce domaine et le succès croissant.

LastMan T2

Il est toujours difficile de parler d’un second tome surtout lorsqu’il est dans la continuité du premier. C’est le cas ici, mais je ne vais pas cacher une légère déception. Ce ne sont pas les dessins qui sont en cause ni le découpage, il n’y a pas d’évolution très visible entre ces deux volumes dont la date de sortie est proche. Les choix sont toujours aussi judicieux et le dessin aussi efficace, pas de problème de côté là.

En pleine tempête

Le titre En pleine tempête évoque certainement pour beaucoups le beau Georges Clooney à la barre de son bateau face à des vagues immenses. Il faut savoir que ce film – comme beaucoup – est l’adaptation d’un livre ou plus précisément d’un document écrit par le journaliste Sebastian Junger. Ne recherchez donc pas le style en le lisant, il est neutre et s’apparente à celui d’un article de magasine – normal me direz-vous.

Vengeances

Il n’avait pas été très malin de ramener cette fille chez lui, de refaire le chemin avec elle pour l’installer dans la chambre d’amis. Il n’y comprenait rien. Il avait l’impression d’avoir agi comme un somnambule, d’avoir agi sous l’emprise d’un charme funeste, et d’ailleurs, la matinée avait été étrangement lumineuse, l’air glacé. En lisant les commentaires des lecteurs de Djian concernant ce livre paru en 2011, j’ai retenu une chose: ce n’est pas son meilleur livre.

LastMan T1

Lorsque l’on regarde de près le travail de la star montante de la BD, Bastien Vivès, on se rend compte que c’est une question de génération. Récemment primé pour La Grande Odalisque1 il reprend du service en mode collaboratif, mais en embarquant avec lui de nouveaux camarades de jeu. Si on peut raisonnablement considérer que sa précédente création était inspirée du dessin animé diffusé sur FR3 le dimanche soir Cat’s Eyes, on peut également se poser la question des sources d’inspiration pour ce LastMan.

Where's Spot?

Peut-être un peu moins connu en France, la série Spot est une référence outre-Manche. Elle a contribué à populariser le système des livres à volets connu dans son pays d’origine sous le nom très parlant de lift-the-flap books. Il faut dire que le principe est diablement efficace et plaît beaucoup aux enfants qui se régalent de soulever les volets pour découvrir ce qui se cache derrière. Dans ce livre, la maman de Spot le cherche car il n’a pas touché à son repas, sa gamelle est pleine – rassurez-vous ce sont des chiens.

Strangers in Paradise T1

J’ai retrouvé dans un carton les deux premiers volumes, parus aux éditions Le Téméraire (maison d’édition aujourd’hui disparue), de Strangers in Paradise. Cette série, connue par les passionnée sous l’acronyme SiP, est une référence de la bande dessinée indépendante outre-Atlantique. Cette reconnaissance n’a pas été facile à obtenir dans l’univers bipolaire des comics partagé entre les super-héros – surtout – et le polar – un peu. En débarquant en 1992-93 avec sa série en noir et blanc parfois qualifiée de Soap opera, Terry Moore, jusqu’alors inconnu, n’a pas eu droit au tapis rouge.

Le sermon sur la chute de Rome

Pour la deuxième fois, le Goncourt est remporté par Actes Sud. La maison d’édition d’Arles ne pouvait rêver mieux pour inaugurer ses nouvelles couvertures qu’un beau bandeau rouge siglé du Graal de la littérature française. Elles ne sont plus illustrées, mais affichent l’austérité qui est devenu l’apanage des prestigieuses collections des grandes maisons comme Gallimard ou Grasset. La seule concession au conformiste concerne le format plus étroit que les standards qui devenu au fil du temps la marque de fabrique de la maison.

Céline, Hergé et l'Affaire Haddock

Canaille…, Nougat…, Sauvage…, Aztèque…, Grenouille…, Iconoclaste…, Macaque…, Parasite…, Renégat…, Canaque…, Anthracite…, Noix de coco…, Zouave…, Cannibale…, Invertébré…, Réglisse… Vous connaissez tous le personnage qui profère ces insultes; il s’agit du vociférant compagnon de Tintin, le célèbre marin barbu: le Capitaine Haddock. Eh bien vous avez à la fois raison et tort car elles ont également été utilisées par Céline dans son livre Bagatelles pour un massacre1 publié avant Le Crabe aux pinces d’or2 d’où elles sont tirées (respectivement 1938 et 1940-41).

Elric T1

Il y a tellement de choses à dire que je ne sais pas par où commencer. Peut-être par le commencement. Lorsque j’ai découvert ce livre sa couverture sombre a fait ressurgir dans ma mémoire des souvenirs de lecture de l’un de ses nobles prédécesseurs dans la belle collection «Grafica» de la maison Glénat : Le Troisième Testament1. Et tout de suite après, j’ai pensé à l’intégrale d’Elric2, parue chez Omnibus, qui prends la poussière depuis quelques années dans ma bibliothèque – à ce propos, pour accompagner la sortie de la bande dessinée, les éditions Pocket rééditent le cycle d’Elric en trois intégrales 3.

Le livre des cris

Je le confesse, je n’étais pas emballé lorsque j’ai acheté ce livre pour ma fille. On m’en avait dit beaucoup de bien et j’ai accordé plus de crédits à ces avis qu’à mes aprioris. Bien m’en a pris puisque j’ai fini par être pleinement convaincu par ce livre. Examinons les raisons de ce revirement de situation. D’abord le concept. Découvrir les animaux via leurs cris – le «s» a son importance.

Un tueur sur la route

James Ellroy se met dans la peau d’un tueur en série et nous raconte son histoire. Ce livre est le récit réalisé par un tueur de son épopée sanglante. La narration est donc à la première personne. Elle est ponctuée par des extraits de journaux, de rapports de police et du journal d’un enquêteur. Pour un livre de James Ellroy, il est très accessible car il y a peu de personnages – il croisera tout de même la route d’une célébrité plutôt flippante elle aussi : Charles Manson – , ou en tout cas ils ne sont pas présents très longtemps … Le tueur est un personnage complexe à la fois très intelligent et extrêmement violent.

Mon coffret pour devenir grand

Comme son nom l’indique, il s’agit d’un coffret qui ressemble un peu, par sa taille et sa forme, à une jaquette de VHS – ceux qui ont connu la préhistoire des vidéos sauront de quoi je parle. Le coffret est cartonné – et donc plus solide qu’une jaquette de VHS. Il est très beau avec ce dessin du grand panda que l’on regrette de ne pas retrouver dans l’un des livres.

La nuit de l’oracle

New York, un écrivain, un carnet – un bleu et pas un rouge –, le hasard, une pointe de mystère et une mise en abîme, on est bien chez Paul Auster. Installez-vous confortablement et profitez de ce bon moment. Tout le monde connaît l’histoire du gars qui sort acheter des cigarettes et qui ne revient jamais. Eh bien c’est un peu cette histoire, mais en plus subtil. Sidney Orr, le personnage écrivain de Paul Auster, va se lancer dans l’écriture d’un roman dont l’idée lui a été soufflée par son ami et l’ami de sa femme – vous verrez, ce n’est pas anodin – lui aussi écrivain John Trause.

Hunter x Hunter T1

Hunter x Hunter – le x ne se prononce pas – propose un très bon début pour un shōnen. Si le principe est toujours le même, la quête d’un jeune garçon au potentiel important qui va se révéler au fil de l’histoire, le sujet est original. Le héros souhaite devenir un «Hunter». Les “Hunters” constituent un groupe d’élite composé d’experts évoluant dans des domaines variés: recherche de trésors, chasseurs de prime, chef cuisinier, etc.

L'Adversaire

Le matin du samedi 9 janvier 1993, pendant que Jean-Claude Romand tuait sa femme et ses enfants, j’assistais avec les miens à une réunion pédagogique à l’école de Gabriel, notre fils aîné. Il avait cinq ans, l’âge d’Antoine Romand. Nous sommes allés ensuite déjeuner chez mes parents et Romand chez les siens, qu’il a tués après le repas. Ce livre est le récit non romancé de cette tragédie. Le point de vue adopté est celui de l’auteur, Emmanuel Carrère.

Monsieur Lion chez le coiffeur

Monsieur Lion n’est pas très bien peigné. – Allons chez le coiffeur ! propose son ami le singe. Il n’a pas l’air d’être trop d’accord ni trop rassuré, mais il n’a pas trop le choix. Sa crinière est loin d’avoir le lustre digne de son rang de roi des animaux. Elle est hirsute et maculée de feuilles – il a dû se rouler quelque part. Poussé – plus qu’encouragé – par le singe, il se retrouve chez le coiffeur pour la première étape de son relooking: le shampoing.

Une fille, qui danse

Une fois n’est pas coutume, – et je vais faire plaisir à Olivier Mannoni, le traducteur de Martin Suter et ancien président de l’ATLF (Association des Traducteurs Littéraires de France), qui avait écrit un commentaire en réponse à mon billet consacré au Diable de Milan – je vais débuter cet article en parlant traduction. Dans Une fille, qui danse, c’est d’abord la virgule figurant dans le titre qui m’a interpelé lorsque j’ai observé la couverture.

De bons présages

Je n’ai malheureusement pas accroché – je ne suis pas arrivé au bout du livre. J’ai pourtant beaucoup aimé la série Les Annales du Disque-Monde de Terry Pratchett qui est au moins aussi loufoque et déjantée. De bons présages est un livre écrit à quatre mains, les deux autres appartenant à son compatriote Neil Gaiman qui est lui aussi un célébrissime auteur, mais également un très grand scénariste de bande dessinée.

Pest T1

Je croyais cette série abandonnée depuis longtemps, tombée dans l’oubli comme bien d’autres victimes de la surproduction inondant mois après mois le marché de la bande dessinée. Et là, en ce début d’année 2013, surprise, elle renaît de ses cendres avec un second tome sortant près de dix ans après le premier. Possédant depuis quelques années la relique originale, je me suis fait un devoir de la relire afin de savoir s’il était raisonnable de céder aux sirènes de la collectionnite – suspense.

Musique absolue

Le public n’en revient pas de ce qu’il a entendu. À la dernière mesure, il n’applaudit pas, il reste muet, on entend juste le souffle du micro, ensuite seulement quelques applaudissements partent, des applaudissements timides, puis encore un silence, et la salle explose en salves longues et bruyantes. Munich. 7 novembre 1983. Symphonie n°6 de Beethoven dite Pastorale. Si vous me demandez quel est mon enregistrement préféré de Carlos Kleiber, vous avez votre réponse.

Mon hippopotame

Cette fois, c’est ma fille qui s’en charge. Je peux vous confirmer qu’elle est très qualifiée pour ce travail car elle possède depuis son plus jeune âge un doudou Hippopotame. Il – enfin dans les faits il sont trois, l’officiel et ses doublures mais chut, il ne faut pas le dire – est très originalement prénommé Hippo. Elle l’adore et ne le quitte pas. A ce titre, elle est certainement l’une des personnes ayant passé le plus de temps en compagnie d’un Hippopotame – je compte les nuits évidemment.

Indian Creek

Indian Creek est un récit autobiographique, celui d’un hiver passé dans les Rocheuses au sein de l’état de l’Idaho par l’étudiant qu’était Pete Fromm en 1978. Les (montagnes) Rocheuses désignent une grande chaîne de montagnes (4 800 km de long pour 650 km de large) s’étalant du nord-ouest des États-Unis au sud-ouest du Canada. Aussi curieux que cela puisse paraître, il a vécu cette expérience dans le cadre d’un job saisonnier – qui ne se déroulait pas comme la plupart des autres l’été, mais l’hiver.

Surprises de Noël

Que dire de ce mince recueil de trois nouvelles ? Eh bien, pas grand-chose malheureusement. Rien ne le sauve, à commencer par son contenu. Le format de la nouvelle est contraignant. Il est difficile de développer une histoire, de camper des personnages et de créer une ambiance en si peu de pages. N’est pas Carver qui veut. Il faut bien constater que Kourkov échoue dans cette exercice là où il avait très bien réussi avec ses romans et notamment son cycle du Pingouin.

Bilbo le Hobbit

En janvier 2013, Le Magazine littéraire a consacré un dossier sous-titré La fabrique d’un monde à l’auteur de fantasy J. R. R. Tolkien. Ce dossier passionnant et très complet a été grandement alimenté par la récente publication d’un Dictionnaire Tolkien1 aux éditions CNRS. Sa lecture m’a évidemment appris beaucoup de choses – je dois confesser ma méconnaissance du sujet malgré un intérêt constant mais lointain entretenu depuis des années pour cet écrivain et son oeuvre.

L'Art invisible

En bande dessinée, lorsque le dessinateur et le scénariste ont bien fait leur travail, paradoxalement ça ne se voit pas. Dans ce cas, on ne remarque pas une admirable transition ou des dimensions de cases particulièrement appropriées. Ce que le lecteur ressent reste au niveau de l’expérience de lecture, il va parler d’un rythme, d’une impression de fluidité. Bref on apprécie le résultat, l’effet produit et non les ficelles qui ont permis cette prouesse.

Un roman russe

Dans ce livre qui n’est pas, contrairement à ce que le titre pourrait le laisser croire, un roman, l’auteur de D’autres vies que la mienne1 cette fois raconte sa propre vie. Enfin, une partie marquée par trois grandes préoccupations ou trois grands thèmes. Le premier est un reportage à Kotelnitch réalisé pour l’émission Envoyé Spécial afin de raconter l’histoire du dernier prisonnier hongrois retenu en Russie. La découverte de cette ville et de ses habitants va le pousser à modifier son projet initial.

L’analyse du récit

Yves Reuter est agrégé de lettres et enseigne à l’université Lille-III. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages dont Introduction à l’analyse du roman. La trame du livre dont nous parlons ici, L’analyse du récit, reprend, en la simplifiant, la trame de ce précédent ouvrage. Il se donne donc pour objectif de présenter l’analyse du récit de manière condensée – il est publié dans la collection 128 des éditions Armand Colin qui propose en 128 pages des ouvrages de synthèse embrassant de nombreux domaines dont la littérature.

L’Hiver du dessinateur

Dès l’ouverture du colis, la découverte du livre a été une bonne surprise. Tout commençait donc très bien. Le format souple d’une taille plus petite que la moyenne se révèle très satisfaisant et très agréable à manipuler. La couverture est magnifique. Il faut observer la profondeur de l’image, le cadrage, les détails, le mouvement des personnages au premier plan et enfin les couleurs. Elle donne le ton car le reste de l’album est à l’avenant, magnifique.

Bouquiner

Avis aux rats de bibliothèque, à ceux qui ont toujours un livre dans leur sac et une pile qui les attend chez eux, à ceux qui ne lisent pas que sur le siège de leurs toilettes ou chez le dentiste, bref à ceux qui aiment bouquiner. J’insiste sur le verbe bouquiner qui forme le titre du livre en marquant bien sa différence avec le verbe lire. Contrairement à lire qui est assez froid et impersonnel, bouquiner revêt une consonance affective et fait basculer immédiatement le propos dans le registre des sentiments.

Un printemps à Tchernobyl

Dans le cadre d’une association, Emmanuel Lepage, accompagné d’autres personnes (artistes et journalistes) a entrepris le plus terrible des voyages. Un voyage l’amenant cette fois sur les terres de la désolation (il est l’auteur d’un précédent ouvrage consacré aux Terres Australes et Antarctiques Françaises intitulé Voyage aux îles de la Désolation1), celles qui furent le théâtre de la plus grande catastrophe nucléaire: la région de Tchernobyl et la ville voisine de Prypiat.

La déesse des petites victoires

Une documentaliste, Anna, est chargée par l’IAS (Institute for Advanced Study) de Princeton de récupérer les archives de Kurt Gödel, son Nachlass. Pour ce faire, elle va devoir amadouer le cerbère qui les garde, Adèle la veuve du célèbre logicien et mathématicien. Le récit se déroule sur deux plans temporels. Le présent relate les relations entre Adèle et Anna et la vie privée de cette dernière – pas très réjouissante. Le passé, au travers des souvenirs d’Adèle, raconte une vie aux côtés du génie Kurt Gödel – pas très réjouissante.

Glamorama

Un livre peut-il être périmé ? En lisant Glamorama, il semblerait que la réponse est oui. Je ne sais pas s’il pourrait être lu par une personne ne se trouvant pas dans la bonne tranche d’âge. C’est-à-dire quelqu’un qui avait entre 20 et 30 ans dans les années 90. Comment alors ne pas être submergé par la liste pléthorique – jusqu’à l’indigestion – de célébrités (people) citées. Bret Easton Ellis a atteint le seuil ultime du name dropping, il a établi un record.

Lots of Love

Scott et Zelda Fitzgerald ont eu une fille, Frances surnommée Scottie. Entre 1936 et 1940 Zelda est internée dans un hôpital psychiatrique et Scottie est loin de la maison, exilée pour suivre des études supérieures. Scott est au crépuscule de sa vie. Le succès, les fêtes et l’argent sont derrière lui. Il lutte pour subsister et envoyer tout de même des petits cadeaux à sa fille. Pour cela, il écrit des scénarios au kilomètre pour Hollywood.

1602

Lorsqu’un très grand scénariste BD rencontre un dessinateur talentueux, le résultat est forcément à la hauteur. Il l’est d’autant plus lorsque le projet est ambitieux. Il consiste à se projeter en 1602 à l’époque où les premiers colons s’installèrent sur le sol américain. Même si c’est un élément important, le coeur de l’histoire ne se trouve pas là mais de l’autre côté de l’Atlantique, en plein coeur du centre névralgique du monde d’alors : L’Angleterre.

Le Pistolero

L’homme en noir fuyait à travers le désert, et le Pistolero le suivait Comment ne pas poursuivre la lecture après une telle phrase ? Une simple phrase qui provoque, telle une réaction en chaîne, une foule de questions. Qui est cet homme en noir ? Qu’a-t-il fait pour fuir ainsi à travers le désert ? Ce n’est pas particulièrement accueillant le désert, comment va-t-il faire pour s’en sortir ?

Kennedy et moi

J’ai du mal à parler de ce livre. Pourtant je l’ai beaucoup aimé. Peut-être que mon manque d’inspiration est lié à son sujet, diffus et finalement assez commun. Il met en scène une famille qui s’est fissurée et est prête a éclater. En fait, le coeur a déjà éclaté mais une fine couche à la surface permet de la maintenir à flot. Les enfants sont grands (une fille et deux fils, des jumeaux) et la famille n’est désormais composée que d’adultes qui n’ont plus grand chose en commun – je dirais même que tout oppose.

Permission

Prenez un fond de 19841, ajoutez-y une bonne dose de Fahrenheit 4512, assaisonnez d’une pincée de Kafka, modernisez le tout et vous obtenez Permission. Mon raccourci est un peu facile mais il s’agit bien, comme pour ses illustres prédécesseurs, d’une dystopie. L’histoire se déroule ici au sein d’une entreprise qui officie dans le domaine politique. Elle joue un rôle dans le processus complexe des négociations entre états – nous en savons quelque chose en tant qu’européens.

La théorie de l'information

On a beaucoup parlé de La théorie de l’information lors de la rentrée littéraire 2012 dont il a été LE premier roman. Est-ce que toute cette couverture médiatique était méritée ? Eh bien la réponse est oui, sans hésitation. Tout le monde connaît un peu l’histoire qui est celle de Pascal Estranger créateur de la société Ithaque et du fournisseur d’accès Internet Démon double romanesque du puissant patron d’Iliad, la maison mère de Free, le prophète des temps modernes Xavier Niel.

Jérôme Lindon

Six mois ont passé et l’on peut trouver en librairie un petit livre de 64 pages, sans indication de genre, avec, comme tous les livres de Jean Echenoz, le liseré bleu et l’étoile qu’avait dessinée Vercors pour les Éditions de Minuit, et ce titre inédit Jérôme Lindon, comme si, et c’est peut-être vrai, le plus bel hommage qu’un éditeur puisse recevoir fût de devenir un titre de son propre catalogue, non pas un nom gravé sur un monument aux morts, mais une simple ligne vivante parmi tous les textes qu’il a fait naître pour qu’ils nous survivent.

Fukushima

Fukushima est entrée au panthéon des villes connues pour leur catastrophe. Elle rejoint les tristement célèbres Hiroshima, Nagasaki et Tchernobyl. Le scénario est implacable, une tragédie en trois actes, un par fléau : séisme, tsunami et pollution nucléaire. La terre, l’eau et un élément quasiment indiscernable contre lequel on ne peut dresser aucune barrière et qui anéantira la vie à petit feu pendant des siècles. C’est le paradoxe de la grenouille : si on la plonge subitement dans une casserole d’eau chaude, elle s’en échappe d’un bond.

Quartier lointain

Hiroshi Nakahara est un homme de 48 ans qui, lors d’un déplacement professionnel, va un peu trop arroser la soirée et se réveiller le lendemain avec une gueule de bois carabinée. Tellement carabinée qu’il va se tromper de train. Lorsqu’il s’en aperçoit, il reconnaît vaguement le paysage et se fait rapidement confirmer par une hôtesse que le train roule en direction de la ville où il a vécu enfant. Résigné, il décide de profiter de cette occasion donnée par le destin – ou plutôt par l’alcool – pour visiter la ville, voir ce qu’est devenue sa maison, se rendre au cimetière pour se recueillir sur la tombe de ses proches.

Le rapport de Brodeck

On vient de confier à Brodeck une lourde tâche. Alors qu’il n’avait rien demandé, c’est tombé sur lui. Il a désormais la charge de raconter ce qu’il s’est passé cette fameuse nuit de l’Ereigniës. Pour s’acquitter de sa mission, il va devoir lire au fond de l’âme des habitants du village et finira par explorer la sienne réduite en bouillie, à l’état de viande hachée, par la guerre et les camps.

Feynman

Richard Phillips Feynman est un physicien contemporain de Einstein et de von Neumann qui a reçu le prix Nobel en 1965 pour son travail sur l’électrodynamique quantique. Je vous l’apprends peut-être car je dois avouer que je ne le connaissais pas avant de lire cette BD qui lui est consacrée. Vous imaginez déjà le récit monotone d’un homme de science travaillant sur des sujets complètement incompréhensibles pour le commun des mortels.

Messieurs les enfants

Dès les premières lignes, on reconnaît le style caractéristique de Daniel Pennac. Un style simple, vivant et faussement naïf. Voici le sujet du livre: Vous vous réveillez un matin, et vous constatez que, dans la nuit, vous avez été transformé en adulte. Complètement affolé, vous vous précipitez dans la chambre de vos parents. Ils ont été transformés en enfants. Racontez la suite. Cette rédaction a été donnée comme punition à trois gamins, trois copains par un professeur craint des élèves depuis des générations, le terrible Crastaing.

Face aux ténèbres

En France, les troubles dépressifs majeurs touchent chaque année environ 8% de la population. Ce chiffre pourrait au moins être multiplié par deux si l’on prenait en compte les personnes présentant un ou plusieurs symptômes sans toutefois que le diagnostic de dépression puisse être établi. Autant dire que vous risquez d’y être confronté au cours de votre vie. Elle peut toucher quelqu’un de votre entourage, l’un de vos proches, un membre de votre famille ou vous-même.

Gus T1

Christophe Blain aime particulièrement les univers bien masculins. Après les marins, il s’attaque aux cow-boys, à quand le football, la course automobile et la guerre – la politique c’est déjà fait et puis il y a la parité ! Si ces rudes gars sont capables des pires actions et n’aiment rien de plus que leurs camarades – et l’argent –, il n’en sont pas moins très intéressés par la gente féminine.

La carte et le territoire

Ce n’est pas mon livre préféré de Houellebecq mais c’est certainement le plus consensuel. Adieu les provocations, le duo des sujets polémiques sexe & religion. Le Goncourt est à ce prix. Même si ça ne fait pas tout, il est quand même dommage de renoncer à voguer à contrecourant de la bien-pensance et à jeter des pavés dans la marre. S’il a clairement renoncé au sexe dans ce roman «La sexualité est une chose fragile, il est difficile d’y entrer, si facile d’en sortir.

L'absent

«Comment un homme qui a gouverné l’Europe peut-il se retrouver sur un îlot avec les pouvoirs d’un sous-préfet ?» La question posée par Patrick Rambaud dans l’autoentretien figurant à la fin du livre le résume à elle seule. Le contraste est tellement fort entre l’Empire, la Grande Armée et cette île minuscule où vit une poignée d’habitants qu’il en devient un ressort comique: Le comte Bertrand indiqua de l’ongle un point perdu en mer à côté de la Corse.

Claymore T1

Certains d’entre vous connaissent peut-être le jeu de société Les Loups-Garous de Thiercelieux. Dans ce jeu où chaque joueur incarne soit un villageois soit un loup-garou les uns doivent éliminer les autres. Tout le sel du jeu réside dans le fait que les loups-garous sont, le jour, des habitants que rien ne distingue des autres villageois. Par contre, la nuit, ils s’éveillent pour dévorer les habitants. C’est un peu le même principe qui est au coeur du manga Claymore.

Les fleurs

L’histoire est toujours la même, celle du hasard, une rencontre. Si banal finalement et pourtant toujours aussi troublant. Comment une telle conjonction d’évènements a pu se produire pour aboutir à ce résultat ? Ce qui est original dans ce roman ce n’est donc pas l’histoire, j’entends la chaîne des évènements et des actions qui se produisent. Non, ce qui est intéressant, c’est ce qui se passe dans les coulisses, dans la tête des personnages.

Le diable de Milan

Sonia est une jeune physiothérapeute. Depuis quelques temps, sa vie s’est délitée, elle est séparée de son mari, un jeune homme ayant réussi dans la finance. Puis, les sorties, l’alcool, les drogues jusqu’à une expérience avec du LSD qui lui a laissé des séquelles. Cette drogue a réveillé en elle une synesthésie latente. Depuis, elle voit des voix et sent des couleurs. C’est pour se reconstruire qu’elle a décidé de partir travailler dans un village de montagne.

Lac

Lac quel titre étrange. C’est paradoxalement un titre court – 3 lettres et pas de sous-titre, on peut difficilement faire mieux – et très énigmatique, il ne nous donne aucune indication sur le contenu du livre. C’est en fait un titre très echenozien (Nous trois, Un an, Au piano, Ravel, Courir, Des éclairs) ou plus généralement emblématique des Éditions de Minuit. Il ressemble à sa prose, raffinée et distillée pour obtenir un texte ciselé et épuré.

Il neigeait

Le titre Il neigeait vient de l’anaphore (figure de style – remise au goût du jour par François Hollande lors du débat de l’entre-deux-tours des élections présidentielles 2012 «Moi président de la République, […]» – qui consiste à répéter un même segment en tête d’un vers ou d’une phrase afin d’obtenir un effet de symétrie ou d’insistance) utilisée par Victor Hugo dans un poème du recueil Les Châtiments intitulé l’Expiation :

Elmer

Gerry Alanguilan est philippin, ce n’est pas si courant que des bandes dessinées de ce continent parviennent jusqu’à nous. C’est certainement un gage de qualité mais nous y reviendrons. Son idée paraît complètement invraisemblable, complètement saugrenue. Il a tout simplement imaginé qu’un beau jour des années 70, les poulets prennent subitement conscience. Ils sont désormais doués de raison et ne vont donc pas tarder à se rendre compte de leur condition d’existence et du traitement qui leur est infligé par leurs tortionnaires les humains: élevage en batterie, massacre organisé pour se nourrir ou pour endiguer une épidémie de grippe aviaire.

L'appareil-photo

Le roman raconte presque rien ou presque tout selon le point de vue, la perspective que l’on adopte. D’ailleurs, Jean-Philippe Toussaint annonce la couleur dès la première phrase du livre : C’est à peu près à la même époque de ma vie, vie calme où d’ordinaire rien n’advenait, que dans mon horizon immédiat coïncidèrent deux évènements qui, pris séparément, ne présentaient guère d’intérêt, et qui, considérés ensemble, n’avaient malheureusement aucun rapport entre eux.

Manabé Shima

Ce livre est un concentré de bonheur. Il éclate à chaque page avec ses beaux dessins et ses couleurs. C’est un carnet de voyage dessiné, presque une bande dessinée mais pas tout à fait. Il retrace les deux mois passés par Florent Chavouet sur une petit île du Japon. Une carte détachable de grand format offrant une vue détaillée de l’île figure à la fin de cet ouvrage qui par ailleurs fourmille de dessins de paysages, de monuments ou plus simplement d’habitations – les dessins de l’intérieur des habitations sont excellents avec leur perspective étonnante et leurs commentaires toujours très drôles.

Thérapie

Ce roman a un seul défaut, il est un peu long. Pour le reste, c’est du bon David Lodge. Sa victime – on peut parler ainsi car il ne l’épargne pas – est un scénariste de série télé Lawrence Passmore dit «Tubby». La série qu’il a créé rencontre un franc succès et est diffusée a une heure de grande écoute sur l’une des chaînes principale – c’est une sorte de Plus belle la vie.

La guerre d'Alan

La guerre d’Alan est la retranscription en bande dessinée du récit d’Alan Ingram Cope un jeune soldat de l’armée des Etats-Unis pendant la deuxième guerre mondiale. Ce travail a été réalisé par Emmanuel Guibert à qui l’on doit notamment la très bonne série Le Photographe.Le dessin est simple, beau et épuré fait de traits proches de la ligne claire peints au lavis sépia. Cette technique, en plus de donner un résultat magnifique, procure un sensation de calme et de sérénité et donne un côté agréablement vieilli à l’ensemble.

1Q84 T2

L’histoire démarrée dans le premier tome se poursuit – là, je viens d’écrire quelque chose de révolutionnaire. En même temps, il ne se passe pas des tonnes d’événements dans ce second volet et il ne matérialise aucun virage important dans la fiction mais plus une stagnation. Je pourrais – rassurez-vous je ne vais pas le faire – le résumer aisément en un paragraphe. Passé l’attrait de la découverte du premier tome, qui procédait à la mise en place de l’univers et des personnages, l’intérêt décline.

Samedi

Que peut-il se passer un samedi dans la vie d’un neurochirurgien ? Ne vous attendez pas, comme chez le docteur House, à une succession de cas cliniques plus improbables les uns que les autres. Le samedi est un jour de repos même chez les demi-dieux que sont les neurochirurgiens. Henry va donc le consacrer à deux choses très importantes: lui-même et sa famille. Il a donc prévu de prendre tout d’abord un peu de temps pour lui en allant jouer au squash puis de consacrer le reste de la journée aux préparatifs du repas du soir auquel toute la famille est conviée.

Le Salon

C’est un conseil de mon libraire que je vous présente à mon tour. Même si je l’écoute toujours religieusement, cette fois, il n’a pas eu besoin d’insister bien longtemps. Sa technique est simple et déjà éprouvée, il m’a simplement mis un exemplaire entre les mains. Après avoir apprécié l’élégant format à l’italienne, identifié méthodiquement – grâce aux indications de la quatrième de couverture – les personnages composant le portrait de famille de la couverture, apprécié la texture et le poids du beau papier et feuilleté quelques pages en admirant le style d’un oeil déjà conquis, je me suis dirigé d’un pas décidé vers la caisse.

La bataille

C’est à Balzac que nous devons l’idée de ce livre : Pas une tête de femme, des canons, des chevaux, deux armées, des uniformes ; à la première page le canon gronde, il se tait à la dernière ; vous lirez à travers la fumée, et, le livre fermé, vous devez avoir tout vu intuitivement et vous rappeler la bataille comme si vous y aviez assisté. Il en parlait lui-même en ces termes dans une lettre adressée à Madame Hanska.

Pistouvi

Graphiquement cette BD est somptueuse – c’est ce qui a motivé mon achat. Le design des personnages et des paysages est très réussi. Le renard Pistouvi est trop mignon avec ses grands yeux espiègles, ses expressions, ses mimiques mais aussi celles de la petite fille ont un charme fou. La nature n’est pas en reste, le mouvements du vent dans la végétation et dans les cheveux de Jeanne sont à tomber.

La défence Loujine

Un dimanche, je suis tombé par hasard sur un reportage consacré à Bobby Fischer. Je suis resté scotché devant l’écran, fasciné par la vie singulière de cet homme. Pour ceux qui ne le connaitraient pas – j’en faisait partie – Bobby Fischer était un champion d’échec hors norme, l’un des plus grands de tous les temps. Il fut champion des Etats-Unis (catégorie adulte) à seulement quatorze ans. En fier représentant de son pays, il vaincu, en pleine guerre froide, l’un des maîtres de la grande école Russe Borris Spassky et devint ainsi champion du monde – un héros pour la patrie.

Batman Amère victoire

Cette série se situe après les terribles évènements relatés dans Batman Un Long Halloween1 – qui ont conduit au réveil de la schizophrénie latente du procureur Harvey Dent le transformant en Double-face ainsi qu’à la mort du Romain Carmine Falcone. Le fils du Romain, surnommé Holiday, accusé d’avoir perpétré plusieurs meurtres, est libéré par la nouvelle procureur pour vice de procédure. Au même moment, une évasion a lieu à l’asile d’Arkham et tous les plus grands criminels de Gotham City se retrouvent à nouveau dans la nature.

Chansons populaires de l'ère Showa

D’habitude je suis client des romans de Ryû Murakami. Ils se déroulent souvent dans un japon désenchanté en proie à la violence gratuite. Il ose choquer et raconter des histoires sordides qui font réagir. Ce roman n’échappe pas à la règle puisque la violence est à peu près le seul thème du livre. Le vide laissé volontairement à côté de celle-ci met en exergue le non sens de l’existence, du nihilisme pur.

L’urgence et la patience

Jean-Philippe Toussaint est un grand écrivain; voilà c’est dit. C’est peut-être aussi un grand réalisateur de cinéma mais je ne peux pas me prononcer car je n’ai pas vu ses films. Pour moi, il incarne les Éditions de Minuit. Son écriture est épurée, souple et agréable. Si je devais la caractériser de façon imagée, j’hésiterais entre deux visions qui pourraient paraître antinomiques. La première serait celle d’une mousse légère, aérienne bien qu’onctueuse.

Le Petit Prince

Que dire de plus sur ce livre archi-connu et archi-exploité au delà de sa forme originelle – on ne compte plus les adaptations sous diverses formes : BD, cinéma et même comédie musicale ? On peut simplement dire qu’il faut lire la version originale et que c’est un livre merveilleux pour les enfants et certainement encore plus pour les grandes personnes. Enfin, disons pour celles qui comprendront le secret du renard:

1Q84 T1

Vous l’avez certainement déjà lu quelque part mais je dois bien m’y résoudre, le pitch est un passage obligé – vous excuserez donc ma concision qui aura l’avantage de ne pas trop en révéler sur l’histoire. Ce livre met en scène deux personnages. Un homme, Tengo, qui est un professeur de mathématiques qui écrit des romans. Une femme, Aomamé, qui est un professeur d’arts martiaux qui tue des gens – pas comme Bruce Lee, elle possède une technique bien particulière.

House of M

Je ne suis pas un spécialiste de l’univers Marvel – loin s’en faut – mais je suis toujours partant pour passer un bon moment en compagnie d’amis en collant. L’inconvénient dans cet univers est qu’il faut parfois disposer d’un background impressionnant pour parvenir à comprendre une histoire. C’est alors la grande déception car le moment de détente escompté se transforme en prise de tête et se termine en consultation d’encyclopédie des Comics.

Nagasaki

Nagasaki, la tristement célèbre, est le lieu où se déroule cette histoire. Mais, contrairement à ce que l’on pourrait croire, elle n’est pas liée au destin tragique de la ville. A une tout autre échelle, elle a été le théâtre d’un fait divers d’une importance bien moindre qui, sans son originalité, n’aurait pas occupé plus d’un entrefilet dans le journal local. La victime est un météorologue qui vit seul et mène une vie quasi monacale et très ordonnée – limite maniaque.

La taupe

Lors de la sortie du film, au lieu de faire comme tout le monde en allant passer quelques heures assis dans une salle obscure, je me suis mis en tête de lire le livre. Pour avoir lu plusieurs de ses romans, je connaissais et j’appréciais le travail de John le Carré. Je pense que mes lectures datent un peu car j’avais oublié la complexité de ses romans d’espionnage. Ce n’est pas vraiment l’intrigue qui est complexe bien que ces histoires d’agents doubles ne coulent pas toujours de source.

Claus et Simon T1

Claus est un clown et Simon un dinosaure – c’est bien eux que vous apercevez sur la couverture. Ils donnent des spectacles mais la vie est dure pour les artistes, le spectacle vivant ne paie pas vraiment. Cette situation précaire va les pousser à accepter la proposition d’un homme d’affaire – généralement, c’est le début des ennuis. Son domaine c’est le spectacle d’évasion. Dans le monde futuriste qui sert de cadre à cette BD, l’art d’Houdini a été popularisé à un tel point que les participants sont considérés comme des demi-dieux, ce sont les nouveaux gladiateurs.

L'Eté de cristal

L’été de cristal est le premier volet d’un triptyque, connu sous le nom de La trilogie berlinoise, qui a pour protagoniste principal un détective privé dénommé Bernhard Gunther. Pour l’instant ça ne fait pas rêver, on se croirait presque dans un épisode de Derick mais attendez la suite. La particularité réside dans le contexte servant de cadre à ces histoires. Elles se déroulent en Allemagne pendant le IIIme Reich. L’été de cristal / la nuit de cristal, le parallèle est plutôt facile voire un peu grossier.

Tous les matins du monde

J’appréhendais de lire mon premier livre de Pascal Quignard. J’avais une image d’un auteur exigeant envers ses lecteurs voire austère – ce n’est pas vraiment la même chose mais c’est ce que son nom m’évoquait. J’ai choisi Tous les matins du monde un peu par hasard ou plus certainement parce que ce titre m’a séduit ou, plus certainement encore, parce qu’il sonnait bien à mon oreille. J’ai appris, en rédigeant ce billet – un peu tard donc – que ce livre est fortement lié à un précédent roman La Leçon de musique1.

La page blanche

Oh mon Dieu deux blogueurs BD ont fusionné pour donner naissance à un joli livre tout rose intitulé La page blanche. Le titre fait moins référence à la célèbre peur de l’écrivain ou du dessinateur qu’à la perte de mémoire, l’amnésie qui ne laisse qu’un vide. Combien d’histoires ont été écrites sur ce trouble tellement perturbant pour l’être humain ? Ne pas savoir qui l’on est, d’où l’on vient nous est parfaitement insupportable et nous empêche de savoir où l’on va.

Quai d'Orsay T2

Après un premier tome très réussi que vaut ce deuxième opus ? N’y allons pas par quatre chemins, il s’inscrit dans la continuité et est tout aussi excellent que le précédent. Quel plaisir de se retrouver plongé dans l’intimité d’un cabinet ministériel, d’observer l’art subtil de la diplomatie et de voir se nouer les luttes intestines. Avec à sa tête un ministre d’une telle carrure – au propre comme au figuré – et possédant un tel phrasé, c’est un réel plaisir et une bonne partie de rigolade.

La vie secrète de E. Robert Pendleton

Ce roman débute comme l’un de ces nombreux romans se déroulant dans une université américaine. Les protagonistes sont E. Robert Pendleton dans le rôle du professeur frustré qui n’a jamais pu percer en tant qu’écrivain et Adi dans le rôle de la jeune étudiante pulpeuse éprise de littérature. Pour compléter ce duo, il manquait le poil à gratter, l’élément perturbateur. Il va apparaître sous les traits d’un écrivain sans talent mais devenu célèbre depuis que lui et le professeur Pendleton suivaient les mêmes cours à l’université.

Stalker

L’idée de départ est très intéressante. Des extraterrestres ont fait une apparition sur Terre et ont laissé, comme trace de leur passage, six zones dans lesquelles il se passe des phénomènes étranges. Ces zones sont protégées par l’armée et étudiées par des scientifiques mais, malgré cette surveillance, des pilleurs s’adonnent à la chasse aux objets laissés par les visiteurs. Ces chercheurs de trésors sont connus sous le nom de stalkers – c’est un mot anglais difficile à traduire qui désigne en général des personnes peu recommandables.

Stoner

C’est un roman passif qui évoque toute une vie – ce n’est pas péjoratif, on emploie parfois ce terme par opposition au roman actif qui isole une crise. Cette vie, c’est celle de William Stoner. Ce n’est pas quelqu’un d’exceptionnel et c’est déjà l’une des forces de cette histoire. D’origine modeste, ce sont les études qui ont changé sa vie. Une matière a tout de suite retenu son intérêt: la littérature.

Voyage en Satanie T1

Ceux qui, dans leur jeunesse, ont lu le Voyage au centre de la Terre1 de Jules Verne en gardent certainement encore aujourd’hui un souvenir émerveillé. Découvrir un monde étrange et merveilleux qui se trouve là, juste sous nos pieds. Partir à l’aventure en montant une exploration scientifique pour conquérir ces nouveaux territoires encore vierges. Je fais partie de ces personnes là et j’ai même conservé l’édition Folio junior de ma jeunesse que je n’ai jamais voulu relire de peur de voir se flétrir ou s’évanouir un si beau souvenir.

En avant, route !

Décidément je fais dans le Gonzo journalisme religieux après L’année où j’ai vécu selon la bible, me voici désormais sur la route direction Saint-Jacques de Compostelle en compagnie d’Alix de Saint-André. Alix de Saint-André est une journaliste de presse écrite qui avait officié quelques temps à la TV en tant que chroniqueuse. Elle nous raconte avec beaucoup d’humour parfois sarcastique mais toujours drôle, ses pèlerinages – ce n’est pas une erreur elle en fait plusieurs.

Je m'en vais

«Je m’en vais», c’est par ces mots que commence et se termine le livre de Jean Echenoz. Ferrer, le personnage principal, travaille dans le domaine de l’art – il se prénomme Félix mais le narrateur utilise le plus souvent son nom de famille seul. Ancien artiste lui-même il s’est petit à petit transformé en marchant d’art exerçant dans sa propre galerie parisienne. Cette galerie, il s’en sert également de dortoir lorsque les affres de la vie sentimentale le poussent à trouver un refuge.

Le dernier cosmonaute

Dès les premières pages, on pense tout de suite à Chris Ware, à son travail d’une précision quasi maniaque. Les dessins ligne claire au cordeau, les aplats de couleurs harmonieux produisent le même effet, on ne peut qu’être séduit. On retrouve d’autres similitudes comme le décor d’une petite ville américaine et l’immersion dans une lower class à la lisière de la dépression. Dans ce cadre, vivent deux jeunes gens un peu paumés voyant leur vie au travers d’un hublot.

Les Forêts d'Opale T1

Le ton est donné dès la couverture, nous sommes dans de la fantasy pure et dure. Au centre de l’image se trouve un guerrier à l’air féroce portant un masque – à moins que ce ne soit son visage – et une armure hérissée de cornes. C’est tout d’abord la curiosité engendrée par ce personnage étrange qui m’a poussé à ouvrir ce livre. Autant le dire tout de suite, mis à part lui, vous n’y trouverez rien d’original – il suffit d’observer les autres personnages pour s’en convaincre.

Le Maître ou le tournoi de Go

Ce livre relate le dernier tournoi d’un grand maître du jeu de Go. Le jeu de Go est un jeu peu connu en Occident mais très populaire dans les pays asiatiques, principalement au Japon en Chine et en Corée. Il est articulé autour de règles très simples mais paradoxalement extrêmement complexes à maîtriser. Pour illustrer cela, on peut évoquer les programmes informatiques joueurs. S’ils sont capables de surpasser aux échecs les plus grands maîtres – on se rappelle de Deep Blue –, ils ne parviennent, au jeu de Go, qu’à donner la réplique aux meilleurs amateurs, les professionnels ne font qu’une bouchée de leurs rivaux numériques – ils sont capables de rivaliser en bénéficiant de handicap et en utilisant plus de temps.

La faim de Hoffman

Hoffman est un diplomate néerlandais qui occupe depuis peu le poste d’ambassadeur à Prague. Cet homme se suicide à petit feu en ingérant de la nourriture et de l’alcool. Il s’adonne à ce rituel destructeur la nuit, durant ses longues insomnies. Il ne dort quasiment plus depuis bien longtemps. En fait, depuis que la vie, après une enfance difficile décapitée par la guerre, lui a joué des tours encore plus cruels.

Le Livre des crânes

Ils sont quatre. Timothy le fils à Papa beau gosse. Eli le petit juif névrosé. Ned le Gay à l’âme de poète. Oliver le robuste gars de la campagne jouant les self made man. Ils prennent ensemble la route en quête de l’immortalité. Mais il n’y aura que deux élus, les deux autres devront mourir. L’un par sa propre volonté, le deuxième éliminé par les survivants. C’est en tout cas ce qui est écrit dans le livre des Crânes retrouvé par Eli dans les archives d’une bibliothèque universitaire.

Château l'Attente T1

Je me souviens très bien avoir acheté ce livre il y a quelques années à la période de Noël. D’emblée, j’avais été séduit par l’objet lui-même. L’objet livre est magnifique, c’est un fac-similé d’un vieux livre relié d’un format assez compact mais très épais. Dès les premières pages tournées, la bonne impression initiale n’est pas démentie. Nous avons à faire à un travail soigné. Les dessins sont à l’avenant, de la ligne claire très propre et expressive mais pas de couleur.

Miso soup

C’est l’histoire d’un guide non officiel du Japon underground, un jeune homme. Son rôle est de guider les touristes au travers des méandres du Japon du sexe. En cette fin d’année, à l’approche des fêtes de Noël, il doit accompagner un client américain qui va, dès les premiers contacts, lui laisser une impression bizarre, froid dans le dos. La raison n’est pas rationnellement explicable, est-ce lié à son attitude, à son visage ou à son discours ?

Pluto T2

Bien après la lecture du premier tome de la série qui m’avait laissé une impression mitigée, j’ai décidé de donner une deuxième chance à ce manga. Bien m’en a pris car ce second tome change la donne. J’avais été un peu déçu par le personnage principal du récit qui avait, selon moi, un charisme proche de celui de l’inspecteur Derrick. C’est encore un peu vrai mais, en le découvrant un peu mieux, on parvient à s’y attacher et même à ressentir de l’empathie.

L'attrape-coeurs

C’est l’histoire d’un adolescent paumé raconté à la première personne. Cet ado est Holden Caufield, il a 16 ans et vit aux Etats-Unis. L’histoire se déroule à New York sur deux ou trois jours pendant la période de Noël. Les faits sont décrits comme si le jeune homme nous les racontait à l’oral, nous faisant en même temps part de ses sentiments de ses interrogations et de ses doutes; c’est la technique du courant de conscience.

Même les truites ont du vague à l'âme

Les titres des romans sont parfois originaux et n’ont rien à voir avec le sujet. Réjouissez-vous – ou pas – car ce livre traite bien de la pêche et de la philosophie qui l’accompagne – contrairement à Brève histoire de la pèche à la mouche déjà chroniqué dans le cadre d’un Masse Critique. Ca tombe bien, je n’y connais rien. Par contre, j’ai toujours aimé écouter les gens parler – les gens intéressants, évidemment.

Sukkwan island

J’avais lu un peu partout qu’il s’agissait d’un livre très noir. J’ai pris cet avertissement à la légère en me disant que j’en avais vu d’autres: American Psycho et les livres de James Ellroy sont deux exemples qui me viennent à l’esprit. Et puis Sukkwan island est quand même publié par les éditions Gallmeister, grands spécialistes du genre nature writing qui n’a pas pour caractéristique principale de raconter des histoires sordides.

We3

L’un des fantasmes de l’Homme, l’un de ses rêves les plus fous: pouvoir continuer à se battre tout en faisant le moins de victimes possible – un peu comme des enfants jouant avec des soldats de plomb. Il n’y a qu’à voir tous les efforts déployés pour mener une guerre «propre», les frappes chirurgicales, les drones et bientôt les robots qui envahiront les champs de bataille. C’est le point de départ de cette histoire de Grant Morrison.

Les états d'âme

Christophe André, le psychiatre, nous parle cette fois non pas des émotions mais des états d’âme. Qu’est-ce que les états d’âme ? C’est l’état indéfinissable dans lequel nous nous trouvons en permanence – vous n’êtes pas bien plus avancé. Ce n’est pas une grande émotion comme la peur ou la colère forte et entière, blanche ou noire. Ici, c’est tout en nuance dans d’infinis niveaux de gris. Quelque chose entre le spleen, un peu de mélancolie et une légère tristesse.

Volunteer T2

Autant le dire tout de suite, j’ai été déçu par ce deuxième tome. Le charme du premier volume s’est évanoui pour laisser la place à une histoire plus classique rythmée comme un thriller mainstream. A la décharge des auteurs, il était difficile de poursuivre dans la lignée du premier tome une fois l’intrigue principale dévoilée. Même les dessins semblent un brin moins fouillés, moins appliqués – ou est-ce une impression générée par ma déception.

Juliet, Naked

Connaissez-vous Tucker Crowe ? Non ? Pourtant, une page de l’encyclopédie Wikipedia reproduite dans le livre lui est consacrée. Je vais essayer d’en résumer les principaux éléments. Tucker Crowe est un chanteur, compositeur et guitariste américain. Sa musique rock l’a rendu célèbre dans les années 80. L’album considéré comme son chef-d’oeuvre est Juliet dont les chansons sont inspirées de sa rupture avec Julie Beatty. Durant la tournée de promotion de l’album, il a subitement disparu de la scène médiatique après un prétendu accident survenu dans les toilettes d’un club de rock de Minneapolis.

Le sauveteur

Du sommet des alpes japonaises aux bas-fonds du quartier de Shibuya, le dépaysement est garanti. Ce ne sera donc pas facile pour Shiga d’évoluer dans ce nouveau milieu grouillant de monde lui qui est habitué à la quiétude des montagnes. Pourtant, il ne va pas hésiter un instant à entreprendre ce voyage. Il faut dire que l’enjeu est de taille. La fille de son meilleur ami – disparu il y a plusieurs années lors d’une ascension –, celle qu’il lui avait demandé de protéger à tout prix est en danger.

Les Dépossédés

Il y a très longtemps des colons de la planète Urras sont partis vers une de ses lunes: Anarres. Annares est une planète peu accueillante quasiment désertique et presque vierge de toute vie animale. Mais qu’importe, ces colons sont des idéalistes, ils ont décidé de vivre autrement en créant ex nihilo une société complètement différente. C’est une société où la notion de propriété et d’argent n’existe pas. La vie s’organise exclusivement en groupe et chacun participe activement au fonctionnement de la communauté – il n’y a pas de notion de travail et de rémunération mais chacun doit effectuer des tâches au service de la société et non pour son propre profit.

Dungeon Quest T1

Savez-vous ce qu’est un Hack’n Slash ? Avez-vous, dans votre jeunesse, tourné avec angoisse les pages d’un «livre dont vous êtes le héros» ? Attendez-vous avec fébrilité la sortie du dernier Diablo ? Savez-vous que certaines personnes – des adultes pour la plupart – jouent ensemble à des jeux de rôles dans lesquels ils incarnent des personnages un peu à la manière d’acteurs ? Si vous êtes en train de vous dire «mais qu’est-ce qu’il raconte, qu’est-ce que c’est que ce charabia» alors vous allez avoir du mal à tout saisir dans ce Dungeon Quest.

Un lieu incertain

C’est déjà le huitième roman de Fred Vargas mettant en scène son désormais célèbre commissaire Adamsberg. Ce succès n’est pas dû au hasard et force est de constater que le concept ne s’émousse pas avec le temps, il a même tendance à s’améliorer. Pour chacun de ses romans, Fred Vargas semble partir de quelque chose qui l’intrigue, l’étonne ou l’a fait rêver. Dans son précédent roman, Dans les bois éternels, il s’agissait de l’os se trouvant dans le coeur du cerf.

Death Note T1

Light Yagami, un lycéen de 17 ans, trouve dans la cour de son école un carnet manifestement perdu. Ce carnet porte la mention «Death Note» sur la couverture et contient, en première page, une liste d’instructions. Light peine à le croire mais la première règle est pourtant suffisamment claire: La personne dont le nom est écrit dans ce cahier meurt Il ne va pas tarder à réaliser ses premières expérimentations qui vont s’avérer concluantes.

La Course au mouton sauvage

Haruki Murakami est un grand auteur japonais. Ses romans se caractérisent pas l’insinuation du fantastique, bien souvent poétique, dans le quotidien des personnages. Il surgit incidemment, sans que l’on sans rende vraiment compte, un peu comme quelque chose qui nous paraît bizarre mais que l’on ne remarque pas tout de suite. Puis, petit à petit, il prend de l’importance et devient prépondérant dans l’histoire. N’allez pas croire pour autant que c’est là, et uniquement là, que réside l’intérêt de ses romans.

Fanfare

Le thème de cette BD ne me disait vraiment rien, mais j’aime tellement les dessins et la façon de raconter des histoires d’Aude Picault que je me suis laissé tenter par ce petit volume. En gros, il raconte une fête qui est organisée chaque année par des étudiants des Beaux-Arts. Lors de cette fête, chaque bande se produit sous forme d’une fanfare. Attention, ce n’est pas très sérieux puisque la tradition veut que les bandes soient déguisées avec une tenue la plus originale possible.

La Princesse des glaces

Dans ce polar, celle qui joue le rôle de la détective est Erica Falck, une romancière suédoise – tient comme l’auteur. L’intrigue se déroule à un époque contemporaine dans un petit village suédois au nom imprononçable de Fjällbacka. Une jeune femme originaire du village est retrouvée morte dans sa baignoire dans une posture qui évoque le suicide, les poignets entaillés par une lame de rasoir. La porte de la maison est restée ouverte, l’eau a gelé – je vous rappelle que nous sommes en Suède – ce qui nous donne une belle référence au titre du livre.

The Goon T1

Si vous n’êtes pas allergique aux zombies, à l’humour de bistrot, aux gangsters et à une bonne dose de violence gratuite, vous pouvez continuer la lecture de ce billet. Le Goon est une brute épaisse, une sorte de Hellboy chef de gang – le démon rouge fait d’ailleurs une apparition dans le tome 3 de la série. C’est donc un gangster tenant en respect une partie de sa ville. Il n’est pas du genre à se répendre en parole, il préfère de loin distribuer des bonnes dérouillées.

Mémoires d'un jeune homme dérangé

Voici le premier roman de Frédéric Beigbeder. On peut dire sans trop se tromper qu’il s’agit d’une autofiction. Ce monsieur Marronnier ressemble furieusement à notre écrivain. D’abord sur le plan physique: «À vrai dire, ce menton très proéminent ne possède aucune utilité.» Mais aussi sur le plan social et moral. Le personnage est un jeune homme aisé de bonne famille qui passe son temps à sortir et en tire quelques profits en rédigeant des chroniques mondaines : «Mon élitisme restait l’éthylisme.

Le perroquet des Batignolles T1

Un type avec une tête de Tintin qui aurait pris un sacré coup de vieux – disons une bonne dizaine d’années –, mal rasé est au lit avec un mauvais rhume. Même si le clin d’oeil est appuyé ce n’est manifestement pas Tintin puisqu’il a une femme et, bien qu’il travaille à la radio, n’est pas journaliste mais preneur de son. Pourtant, les auteurs vont multiplier les références : une cantatrice, un canard en or, une statue précolombienne, etc.

Goldfish

Goldfish – qui signifie poisson rouge et non poisson d’or – est un ancien petit truand dans le genre arnaqueur, spécialisé dans le jeu de cartes et le bonneteau. Il refait surface dans sa ville, Cleveland, après l’avoir quittée dix ans plus tôt pour récupérer un bien qui lui est cher. Pour cela, il va devoir se frotter à son ancienne compagne devenue depuis la reine du crime organisé. Brian Michael Bendis connu et reconnu en tant que scénariste pour ses séries policières Sam & Twitch, Powers et Alias réalise ici scénario et dessins comme dans le très bon Torso1.

Le sel

Jean-Baptiste Del Amo est un jeune auteur français qui, après la publication d’un recueil de nouvelles, a fait une entrée remarquée dans le monde de la littérature en décrochant le prix Goncourt du Premier Roman pour Une éducation libertine1. Il revient avec un nouveau roman au titre court mais évocateur, Le sel. On pense d’abord à la mer, c’est la première chose qui vient à l’esprit. Puis aux larmes peut-être et au sel qui ravive les blessures.

Chroniques Outremers T1

Ici pas de mise en place, on entre tout de suite dans le vif du sujet. Un abordage en plein mer. Le décor, la méditerranée. L’époque, la première guerre mondiale. La cible, une cargaison de fusils. Les protagonistes, on ne sait pas trop. Tout ce que l’on peut dire c’est qu’il y a des turcs, des anglais et des mexicains dans l’affaire. Plutôt étrange non ? Le trafic en pleine mer pas vraiment, car ils étaient légion pendant la Grande Guerre.

Eloge de la pièce manquante

L’auteur du roman Les falsificateurs avait écrit, avant ce succès, un curieux livre. S’il s’agit bien d’un roman policier, sa forme est d’une très grande originalité. Il est composé de divers supports dont l’auteur maîtrise manifestement bien les codes: correspondances, comptes rendus de réunion, interviews, articles scientifiques, économiques, fait divers, etc. Chacun de ces éléments compose les pièces d’un récit dont le thème central est non moins original puisqu’il s’agit du puzzle.

Curiosity shop T1

Curiosity shop est aussi le titre d’un roman de Charles Dickens – pour être exact The Old Curiosity Shop qui a été traduit en français par Le Magasin d’antiquités. Le romancier s’était inspiré de la boutique éponyme qui existe toujours à Londres mais qui est devenue depuis un magasin de chaussures. Le livre de Dickens raconte l’histoire d’une jeune orpheline vivant en compagnie de son grand-père dans le fameux magasin. Voilà déjà quelques similitudes avec notre BD.

Le Viandier de Polpette T1

Voilà encore un titre étrange. Que peut-il signifier ? Il fait manifestement référence au Viandier de Taillevent qui est un livre de cuisine datant XVe siècle. Le mot «viande» est utilisé ici dans le sens latin de «vivenda» qui désigne les aliments en général. Polpette est donc le nom d’un cuisinier – c’est le personnage que l’on voit au premier plan sur la couverture assaisonnant consciencieusement le plat en train de mijoter.

La nuit des temps

Pour les plus jeunes qui ne connaitraient pas René Barjavel, on peut dire, sans risquer le courroux de leurs fans respectifs, que son univers est un peu similaire à celui de Bernard Werber. La science et la technologie sont souvent très présentes et constituent des éléments forts de l’intrigue. De façon plus marquée que son contemporain, Barjavel réserve souvent dans ses romans une place de choix au thème de l’amour.

Logicomix

Dans cette BD, nous suivons en parallèle une histoire centrée sur le personnage de Bertrand Russell – un mathématicien – et celle de la création et de la conception de la BD par les auteurs. C’est une technique qui est parfois utilisée et qui permet habilement aux auteurs de justifier leurs choix et de faire part aux lecteurs de leurs interrogations ou de leur commentaires – c’est une technique semblable qui est utilisée dans HHhH.

Touriste

Pour quelqu’un de très casanier comme moi, lire un livre portant le titre Touriste est déjà une aventure. C’est un livre qui porte bien son nom et s’apparente à un carnet de voyage. Au moyen d’un chapitre par pays, Julien Blanc-Gras nous ballade autour du globe. Son narrateur nous régale d’anecdotes croustillantes bien servies par une prose rafraîchissante. Les plus attentifs d’entre vous auront peut-être remarqué une incohérence entre le carnet de voyage et le fait que ce soit un narrateur qui nous parle et non l’auteur lui-même.

Polina

J’ai longtemps hésité avant de me résoudre à acheter ce livre. Comme beaucoup, j’ai d’abord été attiré par la couverture. Elle est magnifique. Que dire, le mouvement, le regard, toute l’émotion qui passe au travers de quelques traits. D’un autre côté, je me disais «hé mon gars, tu es en train d’acheter un livre sur la danse qui cache surement en prime une histoire d’amour !». Pour satisfaire ma curiosité et être en paix avec ma conscience, j’ai finalement décidé de l’acheter en cadeau à quelqu’un de proche.

La traversée du Mozambique par temps calme

C’est l’histoire d’une chasse au trésor. C’est encore l’or des incas qui est la cible de toutes les convoitises. Autour de Belalcazar, archéologue fantasque ayant échoué plusieurs fois dans sa quête, est réunie une équipe originale : les frères Negook et Hug-Gluk originaires du nord de l’Alaska, la cuisinière spécialiste des frites Fontaine sans oublier la mystérieuse Malebosse. Tout ce petit monde va prendre la mer direction Païtiti. Ca, ils en sont sûr, pour le reste par contre … Et le moins que l’on puisse dire c’est que ce n’est que le début de leurs péripéties.

Légendes de la Garde T2

Nous retrouvons nos souris dans un nouveau volume encore plus réussi que le précédent. Cette fois, il n’est plus nécessaire pour l’auteur de procéder à la mise en place de l’histoire mais ce monde nous réserve malgré tout encore bien des surprises. Les évènements relatés dans Automne 1152 ont laissé la Garde affaiblie et la venue soudaine d’un hiver rigoureux a forcé ses membres à se retrancher dans leur fief de Lockhaven.

Parfum de glace

Commencez par une bonne dose de parfum, saupoudrez d’une pincée de mathématiques, ajoutez des glaçons et remuez pour obtenir Parfum de glace. Le livre débute par la mort, a priori par suicide, du fiancé de Ryoko, Hiroyuki, un jeune homme discret et intelligent exerçant le métier de parfumeur. Mais Hiroyuki n’est pas celui que croit être Ryoko malgré le fait qu’ils vivaient ensemble. En enquêtant sur les raisons de sa mort, elle va découvrir les nombreuses facettes de ce jeune homme hors du commun.

Légendes de la Garde T1

Eh oui, ce sont bien des souris avec des capes et des épées que vous apercevez sur la couverture. Votre oeil, dans lequel je devine un soupçon de sarcasme, aura tout de même l’honnêteté de reconnaître qu’il trouve le style graphique intéressant et le dessin bien réalisé. Il ne faut pas le nier, la beauté graphique est l’un des grands atouts de cette BD mais ce n’est pas le seul, écoutez plutôt.

Battle Royale T1

Vous connaissez certainement le principe de Battle Royale. 42 lycéens sont débarqués sur une île déserte livrés à eux-mêmes. Ici ce n’est pas Sa majesté des mouches, ils vont être poussés à se battre et même à tuer pour survivre. La règle a le mérite d’être claire : à la fin il ne doit rester qu’un seul survivant. Comme ce Battle Royale est avant tout un show, il faut éviter qu’il ne se passe rien – souvenez-vous du spectacle affligeant donné par les candidats de télé-réalité avachies au soleil près de la piscine.

La porte des enfers

Je ne vais pas tourner autour du pot et vous dire d’emblée que j’ai été déçu à la lecture de ce livre. La déception est encore plus amère car je sortais d’une très bonne surprise avec La mort du roi Tsongor. C’est vrai que le sujet est ambitieux. Traiter de la mort et des enfers, reprendre à son compte le mythe d’Orphée. Défier la mort, la seule vraie crainte de l’être humain n’est pas chose facile.

The Unwritten T1

Imaginez J. K. Rowling, la créatrice de Harry Potter, disparue, devenue subitement introuvable. Imaginez que cette disparition ait eu lieu avant de mettre un point final aux aventures du jeune sorcier. Vous ne pouvez pas l’imaginer, ce serait une véritable torture pour les fans et une disparition qui susciterait encore plus de questionnements que la mort d’Elvis ou de Michael Jackson. C’est le point de départ de la série The unwritten.

Le maître des illusions

Encore une sombre histoire se déroulant sur le campus d’une université qui fait immanquablement penser au livre de Bret Easton Ellis Les lois de l’attraction1. Ce n’est pas un hasard, Donna Tartt et le célèbre romancier se sont connus lorsqu’ils étaient étudiants dans la même université du Vermont. Elle dit d’ailleurs que c’est à cette époque qu’elle a démarré la rédaction de son livre qui a duré près de dix ans.

Ralph Azham T1

Je viens juste de terminer le dernier Trondheim et je ne sais pas vraiment quoi en penser. Je vais commencer par en faire le pitch, cet exercice m’aidera peut-être à rassembler mes idées. Le décor est un univers de fantasy qui n’en utilise pas tous les codes mais on y trouve tout de même l’essentiel: quelques monstres et de la magie. Ce premier tome est centré sur un village dans lequel vit un personnage un brin agaçant.

Moloch

En apercevant sur l’étal d’un bouquiniste ce titre caractéristique de la série noire se détachant en lettres jaunes sur fond noir quelque chose a résonné en moi. Moloch, ce titre me parlait. Je pense que la première image qui m’est venue à l’esprit est celle de ce drôle de petit lézard couvert de pointes qui vit dans le désert australien – de son vrai nom, après avoir fait la recherche sur Wikipédia, Moloch horridus.

Sillage T1

Sillage est le nom d’un convoi de vaisseaux parcourant l’espace à la recherche de nouvelles planètes et de ressources permettant à la colonie de survivre et de se développer. Ce convoi regroupe des races totalement différentes et est régi par un système politique assez avancé – ce n’est pas une horde sauvage mais une organisation bien établie. La colonisation ne doit pas être menée à n’importe quel prix, l’esprit scientifique prime sur l’économie et l’observation et la préservation des nouvelles espèces est privilégiée.

Pluto T1

Plusieurs robots ainsi qu’un des cadres de l’encadrement des robots sont assassinés avec la même mise en scène macabre. La dépouille des victimes est affublée de cornes. C’est le détective robot Gesicht qui mène l’enquête. Au rythme ou vont les choses, il pourrait être lui-même en danger. Pluto – en référence à Pluton le dieu de la guerre – est une adaptation d’un histoire d’Astro Boy de feu Osamu Tezuka qui est un véritable maître du manga adulé au pays du soleil levant.

Le bûcher des vanités

C’est le premier livre de Tom Wolfe que je lis et quelle claque. Le moins que l’on puisse dire c’est que l’on prend ce pavé de 900 pages en pleine figure. Les descriptions sont précises et font montre d’une grande lucidité et perspicacité de la part de l’auteur. Les dialogues sont terriblement efficaces, parfois drôles mais surtout sonnent vrai. Ce livre est le livre de New York des yuppies de Manhattan aux malfrats du Bronx.

One piece T1

J’adore les shonens même si j’ai malheureusement quitté l’adolescence depuis longtemps. Impossible donc de passer à côté de l’une des Rolls de la catégorie, le fameux One Piece. Ici pas question de ninjas, tout se passe en mer puisqu’il s’agit d’une histoire de pirates. Le jeune Luffy veut devenir le plus grand des pirates. Mais, pour cela, il va devoir affronter la route de tous les périls à la conquête du One Piece, le plus grand des trésors.

Noir océan

Neuf hommes embarquent depuis l’Islande sur un cargo direction le Surinam. Chacun, ou presque, emporte avec lui pour ce périple un lourd fardeau ou de profondes blessures. Contrairement à un équipage classique, tous les marins n’ont pas le même intérêt à ce que le voyage aille à son terme. Les ambitions personnelles et les conflits d’ordre professionnel vont venir bousculer l’ordre des choses et compliquer une traversée qui ne s’annonçait pas sous les meilleurs auspices.

L'écume des jours

Son peigne d’ambre divisa la masse soyeuse en longs filets orange pareils aux sillons que le gai laboureur trace à l’aide d’une fourchette dans de la confiture d’abricots. Colin reposa le peigne et, s’armant du coupe-ongles, tailla en biseau les coins de ses paupières mates, pour donner du mystère à son regard. Il devait recommencer souvent, car elles repoussaient vite. Ai-je besoin d’en dire plus pour vous donner envie de lire ce livre ?

Venise, Itinéraires avec Corto Maltese

Ce guide de voyage sort des sentiers battus au sens propre comme au figuré. On ne peut être qu’enthousiaste à l’idée de parcourir une ville accompagné d’un guide conçu selon un axe résolument différent – on est bien loin du moustachu à sac à dos du guide du routard. Ici c’est caban, pantalon blanc et créole. Corto est mis à toutes les sauces mais, pour une fois, c’est légitime. Non seulement, Venise est au centre de l’album Fable de Venise mais aussi et surtout, son créateur Hugo Pratt est vénitien.

La cote 400

Avec ce titre énigmatique faisant référence à la classification de Dewey, Sophie Divry nous immerge dans une conversation avec une bibliothécaire d’une cinquantaine d’année. Malgré son amour pour les livres, cette employée n’est pas heureuse de sa situation. Au contraire, elle développe un peu de rancoeur, un sentiment d’avoir laissé passer sa chance tant sur le plan professionnel que dans sa vie amoureuse. Elle part dans un long monologue et, de digression en digression, nous dévoile sa vie, nous fait part de ses pensées sur le monde qui l’entoure.

La Huitième couleur

Le Disque-Monde est un monde imaginaire créé par l’auteur britannique Terry Pratchett dans l’univers de la fantasy dont l’humour, la parodie et le burlesque sont les principales caractéristiques. Le nom de disque fait référence à la géographie du monde. Dans ce monde, comme le croyais les anciens, il existe bien un bord du monde et on peut même en tomber! Il existe, à ce jour, entre trente et quarante romans dans cette série – cet univers est également exploité sous d’autres formes: BD, film, jeu vidéo, jeu de rôle, jeu de société.

Les derniers jours d'un immortel

Fabien Vehlmann est l’un des scénaristes de BD qui a le vent en poupe. Après son travail remarqué sur Seuls, Le Marquis d’Anaon ou encore Des lendemains sans nuage, il signe ici un scénario ambitieux au magnifique titre en oxymore publié par Futuropolis. Tellement ambitieux d’ailleurs que je vais être bien en peine pour vous en parler. Nous suivons Elijah qui exerce la profession de détective ou de policier philosophe. Jusqu’ici, c’était facile.

Mrs Dalloway

Le milieu dans lequel évolue Mrs Dalloway, le personnage central de ce récit, est celui de la bourgeoisie londonienne du XXème siècle. Cette femme vit une vie sans joie ni chagrin depuis qu’elle a laissé filé son amour de jeunesse, Peter, vers les Indes en choisissant un mariage de raison, aux antipodes de l’amour passionnel. Elle n’est pas proche de sa fille et, comme nous l’avons vu, ne partage quasiment rien avec son mari, voici ce qu’elle pense de ce dernier

La Chute du British Museum

Adam Appleby est un jeune chercheur en littérature de 25 ans. Plus exactement, ça fait déjà quelques années qu’il tente de boucler sa thèse dont le sujet est «La structure des phrases longues dans trois romans anglais modernes». A ce jour, il n’a pas choisi les trois romans en question et n’est pas encore parvenu à se décider sur la longueur à partir de laquelle une phrase peut prétendre à entrer dans cette catégorie.

Volunteer T1

Je vous entends déjà me dire «encore une histoire de vampires». Hé oui mais non. On ne peut malgré tout nier qu’il s’agit encore une fois de parler des chauves-souris humanoïdes amatrices de sang; matérialisation dans l’imaginaire collectif de nos plus grands fantasmes ou de nos pires cauchemars. Ce qui change, c’est que le sujet est traité avec beaucoup de raffinement. Ici, pas question de gothique et de luxure à chaque coin de page.

Swap

Ce livre est celui d’un anti-héros prénommé Harvey. Il est le propriétaire d’un magasin de bande dessinées, aime beaucoup la bière et est donc un peu bedonnant. Il passe le plus clair de son temps à soupirer et à se lamenter – il me fait un peu penser au vendeur de comics avec catogan des Simpson. La principale cause de ses lamentations est un cuisant souvenir d’enfance. N’allez pas croire qu’il était la tête de turc de son école, non, bien au contraire, il faisait partie à l’époque – puisque ce n’est plus trop le cas désormais – du clan des branchés.

La Musique du hasard

J’étais de mauvaise humeur et je ne trouvais rien à lire. Après avoir ouvert plusieurs livres, lu les premières pages et aussitôt reposé le livre, j’ai décidé de revenir aux fondamentaux. Direction l’étagère réservée aux romans de Paul Auster et sélection d’un roman au titre évocateur sans être pompeux ni aguicheur – comme l’on en voit malheureusement de plus en plus – La musique du hasard. Comme le laisse supposer le titre, le hasard joue un rôle central dans ce roman.

Des lendemains sans nuage

Une sorte de Bill Gates, de Steve Jobs ou de Marc Zuckerberg – au choix – a pris le contrôle de l’humanité. Comme nos célèbres héros des temps modernes, F.G. Wilson n’a pas employé la force mais est parvenu à embrigader les gens de leur plein gré, simplement en vendant des produits. Il ne s’agit pas ici d’ordinateurs, de téléphones, de tablettes ou d’amis virtuels mais de prothèses biomécaniques, d’organes synthétiques et d’implants cérébraux.

L'Enchanteur

René Barjavel est surtout connu pour être l’un des grands auteurs de science-fiction français nous ayant gratifié de sa superbe dystopie Ravage1 et des fameux romans La nuit des temps et Le grand secret. Je ne savais pas qu’il avait également exercé son talent dans le domaine de la fantasy. Tant qu’à faire il a visé haut et même très haut en s’attaquant au plus grand mythe dans le domaine: la quête du Graal.

Les Six jours du Condor

C’est un roman de jeunesse de James Grady rendu célèbre par la suite grâce à son adaptation au cinéma sous le titre Les trois jours du Condor – bizarre les jours ont été divisés par deux, il faut que ça aille vite au cinéma. Nous devons cette adaptation à Sydney Pollack qui avait bien choisi ses acteurs pour les deux rôles principaux: Robert Redford et Faye Dunaway. Bref revenons au livre.

HHhH

Voilà un titre à la fois cryptique et évocateur lorsque l’on a compris le message – HHhH est le sigle de «Himmlers Hirn heiβt Heydrich» ce qui signifie «le cerveau d’Himmler s’appelle Heydrich». L’histoire est centrée sur Reinhard Heydrich et, à travers lui, sur le IIIe Reich, la Seconde Guerre mondiale et les atrocités commises, lors de cette période, par les nazis. Si Heydrich n’est pas le plus connu des nazis il est certainement l’un des plus dangereux.

Chagall en Russie T1

Joann Sfar vient d’entamer une énième nouvelle série. Poursuivant son exploration du judaïsme, il a choisi de s’inspirer du peintre Juif russe du XXe siècle, Marc Chaggal. Ceux qui s’attendent à une biographie vont être déçus car on est bien loin du compte. On peut dire que le dessinateur s’est librement inspiré du peintre et a inventé une histoire bien à lui baignée dans la religion et la tradition juive. Les pérégrinations du jeune marc Chaggal rappelle un peu une autre oeuvre de Sfar: Klezmer1 mais en plus délirant, plus onirique.

Winter

Rick Bass est un écrivain américain exerçant également la profession de géologue. Il est l’auteur d’une vingtaine de livres parmi lesquels on trouve, presque à part égale, des romans et des essais. Dans Winter, qui est un journal, il raconte son expérience de vie lorsqu’il décide de quitter la ville, en compagnie de sa femme, pour partir habiter à Yaak dans le Montana. Pour le coup, le dépaysement est total, Yaak est un tout petit village dans lequel on trouve uniquement un magasin général et un café.

Le Marquis d'Anaon T5

Le marquis d’Anaon quitte les frontières françaises pour se rendre en Egypte sur les traces de la pyramide de Khéops. Cette fois ce n’est pas pour répondre à l’appel d’une âme en peine mais suite au legs surprise de 10 000 livres par un inconnu. Un original, un explorateur qui aurait péri en Egypte dévoré par trois crocodiles – voilà une manière peu banale et peut-être un peu trop romanesque de trouver la mort.

Plateforme

Avec Plateforme, Michel Houellebecq nous emmène en voyage mais à sa façon. Sa façon n’est pas celle d’un récit de voyage et encore moins celle d’un guide du routard – ceux qui le liront sauront pourquoi. Malgré tout, il est principalement question de tourisme dans ce livre. Michel Houellebecq ausculte ou autopsie, par le prisme des voyages, notre société. Il considère que le tourisme est devenu le dernier eldorado, un exutoire permettant de supporter les contraintes du quotidien.

Ushijima T1

Voici un manga seinen (réservé aux adultes) consacré à une «profession» que je ne connaissais pas, celle de Yamikin. Les Yamikins sont des usuriers qui prêtent de l’argent à des taux exorbitants à des gens au bord du gouffre. Loin de les aider, il ne font que les enfoncer dans les problèmes dont ils souffrent déjà. La seule loi qui règne chez les Yamikins est celle de l’argent. On est bien loin de la compassion et de la fraternité et plus proche du mépris le plus total.

La reine des lectrices

Suite à une rencontre fortuite avec un bibliobus, la reine d’Angleterre se prend de passion pour la lecture. Ce passe temps qui semble complètement anodin pour le commun des mortels – voire ennuyeux pour certains – aura des conséquences surprenantes sur sa majesté. Elle y consacre de plus en plus de temps jusqu’à négliger ses royales obligations. Ceci à le don d’énerver tout le monde. Jusqu’où cette passion va-t-elle la mener ?

La flèche du temps

La flèche du temps est une expression qui a été employée par Eddington pour désigner la perception par l’être humain du sens ou de la direction de l’écoulement du temps. C’est tout le principe de ce livre que d’en inverser le cours. Martin Amis a imaginé raconter la vie d’un homme à l’envers, de son lit de mort à sa naissance. Il ne s’est pas contenté de raconter les évènements dans l’ordre chronologique inverse mais a poussé le concept assez loin en narrant toutes les actions comme on pourrait les voir dans un film projeté à l’envers.

Immergés T1

Immergés raconte l’histoire de 19 sous-mariniers allemands à la veille de la seconde guerre mondiale. Ce tome est centré sur l’un deux, Günther Pulst le maître diéséliste du navire. L’ambiance à bord dans cet espace confiné est particulièrement malsaine et oppressante. L’une des phrases du livre, reprise en quatrième de couverture, résume à elle seule cette situation : Les hommes à bord, c’est comme le pain. Après deux mois en mer, il reste que le moisi.

La Première Gorgée de bière et autres plaisirs minuscules

Des petits moments de bonheur, pas plus de trois pages. Avoir un couteau dans sa poche, écosser des petits pois, rester manger chez des amis alors que ce n’est pas prévu, sortir au petit matin à pas de loup acheter des croissants et bien sûr, la première gorgée de bière. Quelle idée géniale de raconter ces choses banales mais tellement précieuses. Dans une langue absolument enthousiasmante, Philippe Delerm nous régale. Je vous conseille, pour procurer l’un de ces moments à vos invités, de disposer à leur intention un exemplaire de ce petit livre bien en évidence sur la table de chevet.

Fables T2

Dans ce deuxième tome nous quittons la centre ville de New York direction la campagne. Plus précisément, vers le lieu que les fables appellent la ferme qui constitue l’autre partie de Fableville. Elle est destinée à accueillir, à l’abris des regards indiscrets, les fables dont l’apparence n’est pas humaine. On y retrouve pêle-mêle Boucle d’or et la famille ours, les trois petits cochons, les le Chat Botté, les animaux du Livre de la jungle dont le terrible Shere Khan et de nombreux autres que vous pourrez vous amuser à reconnaître.

La solitude du docteur March

Geraldine Brooks a décidé de réutiliser l’univers du roman de Louisa May Alcott, Les Quatre Filles du docteur March. Pour cela, elle a choisi de centrer son histoire, non pas sur les filles, qui vivent seules avec leur mère, mais sur le père de famille le fameux docteur March. Elle souhaite nous raconter ce qui se passe de l’autre côté du roman originel, ce que vit ce père absent. Le roman est construit sur plusieurs plans temporels.

H.P. Lovecraft

Il s’agit bien d’un essai de Michel Houellebecq consacré à l’un de ses auteurs favoris Howard Phillips Lovecraft. H.P. Lovecraft est l’un des maîtres du récit fantastique et d’horreur. Dans ce court essai, Michel Houellebecq étudie l’homme et son oeuvre et cherche à trouver des parallèles. Ce n’est ni une biographie ni une étude approfondie de l’oeuvre mais un subtil mélange entre les deux pour n’en garder que le meilleur. Il évoque l’inadaptabilité sociale de l’auteur, ses difficultés avec l’argent et l’amour, deux sujets qui n’apparaissent d’ailleurs jamais dans l’oeuvre du novéliste de l’horreur.

Le Maître de Pétersbourg

Un homme se rend à Saint-Pétersbourg sur les traces de son fils. Qu’est-il arrivé à Pavel, seul dans cette ville de tous les dangers ? Quels ont été ses derniers jours ? Ce pèlerinage ne sera pas de tout repos pour ce père qui sera rattrapé par ses démons, perdu dans ses rêveries jusqu’à la lisière de la folie. Cet homme qui part sur les traces de son fils, au risque de se perdre lui-même, n’est autre que Fedor Mikhaïlovitch Dostoïevski.

Joe Bar Team T7

Dans ce septième tome nous retrouvons la jeune génération des motards pour de nouvelles aventures ou plutôt mésaventures. Je ne vais pas cacher longtemps ma déception. On est bien loin de la qualité graphique et scénaristique des premiers tomes qui ont fait le succès de la série. La jeune génération ne vaut définitivement pas l’ancienne. On retrouve de moins en moins le caractère bien trempé des personnages et l’esprit bistrot un peu vieillot et ringard qui faisait tout le charme de la série.

Le musée du silence

Dans un petit bourg japonais isolé, une très vielle dame conçoit un étrange projet. Elle souhaite dédier un lieu aux habitants de son village. Ce sera un musée, le musée du silence puisque ceux auxquels elle souhaite rendre hommage sont morts. Pour ce faire, elle a une idée originale. Elle souhaite exposer un objet propre à chacun des défunts. Bien sûr ce n’est pas n’importe quel objet mais un objet qui représente le plus fidèlement possible chaque habitant.

Le Marquis d'Anaon T4

Le Marquis d’Anaon est un nom tiré d’une légende du 18ème siècle qui désigne le seigneur des âmes en peine. Il est surtout le surnom donné à Jean-Baptiste Poulain un jeune homme ancien étudiant en médecine qui sillonne la France à la recherche de phénomènes étranges. Il est doté d’un esprit cartésien et scientifique à une époque ou les croyances païennes prévalaient. C’est cet esprit et les connaissances scientifiques dont il dispose qui l’aident à résoudre les cas étranges auxquels il est confronté.

Le club des policiers yiddish

On plonge dans ce roman de Michael Chabon comme dans les eaux glacées de l’Alaska. Les premiers moments sont douloureux et l’on ressent d’emblée un profond étourdissement. On est submergé par les dialogues colorés truffés d’expressions yiddish – à tel point que le livre dispose d’un glossaire. On ne sait pas trop où l’auteur veut en venir puis, aux détours de ses circonlocutions, commence à émerger la trame de l’histoire.

Broderies

Suite au succès retentissant de l’adaptation au cinéma de son oeuvre autobiographique Persepolis 1, tout le monde connaît désormais Marjane Satrapi. Sur les conseils de mon libraire, j’ai fait l’acquisition de ce petit volume nommé Broderies. C’est, selon lui, l’un des cadeaux qu’il conseille le plus souvent lorsqu’un client souhaite faire un cadeau à une dame. Et il rajoute, c’est bien mieux que toutes ces co….ies que dessinent les blogueuses (je n’y suis pour rien je cite).

Les âmes grises

J’avais attendu longtemps avant de lire ce livre, il était là tout proche prenant, depuis de longs mois déjà, la poussière sur l’une de mes étagères. C’est un livre que j’avais acheté d’occasion, je ne sais pas ce qui a poussé son ancien propriétaire à le revendre mais je ne pense pas que ce soit lié à la qualité du texte. Après l’avoir lu, j’ai dû encore attendre longtemps avant de m’atteler à la rédaction de ce billet tant la claque je j’avais reçu lors de la lecture des âmes grises était grande.

Fables T1

La soeur de Blanche Neige, Rose Rouge, a été sauvagement assassinée. Du moins c’est ce que laisse supposer sa soudaine disparition et l’état de son appartement. Le mobilier est renversé et vandalisé, les murs et le sol sont couverts de sang. Bigby, le grand méchant loup, mène l’enquête dans le cadre de ses fonctions de shérif des fables. Les soupçons se portent rapidement sur plusieurs suspects: Jack (descendu de son haricot magique), le prince charmant (grand coureur de jupons et ex petit ami de Rose Rouge et de Blanche Neige …) et enfin Barbe Bleue (dont la réputation n’est plus à faire).

Une forme de vie

Dans l’armée, le taux d’obésité a doublé depuis 2003, selon des études du Pentagone. – LCI C’est peut-être en tombant stupéfaite devant ce type de phrase que l’idée de son nouveau livre a germé dans l’esprit d’Amélie Nothomb. Cette affirmation est surprenante pour tout un chacun - les militaires véhiculent une image de muscles et de rigidité bien loin de l’obésité - mais elle doit l’être encore plus pour la romancière belge qui a un passé commun avec les problèmes de poids.

Scott Pilgrim T1

Scott Pilgrim est un adulescent (il a 23 ans) canadien. Comme tout jeune qui se respecte il est cool, arbore une superbe mèche, joue dans un groupe de rock, fait chavirer le coeur des filles et est capable de tomber amoureux au premier regard. Au début, on pense être en train de lire une comédie romantique, certes originale, mais une comédie romantique quand même. Puis, vers la fin du livre, tout bascule dans une exagération non feinte pour nous offrir un duel théâtralisé et loufoque à la Kill Bill.

Les vertes lectures

L’auteur de Vendredi ou la vie sauvage1 passe en revue quelques un de ces livres destinés à la jeunesse. Il nous démontre que, comme son roman, ils recèlent plusieurs niveaux de lecture et que, sous des abords enfantins, se cachent souvent des éléments plus profonds. Un livre qui nous incite à lire ou à relire ces ouvrages trop souvent dénigrés. Dommage tout de même que l’accent soit plus mis sur les auteurs que sur leurs oeuvres.

Mister O

Voici une BD hors du commun. Le pitch est d’une simplicité absolue: Mister O, qui est une boule avec deux bras et deux jambes, tente de se rendre de l’autre côté d’un ravin. La couverture illustre d’ailleurs parfaitement ce scénario. Mister O n’est pas du genre à baisser les bras et va déployer des trésors d’ingéniosité tout au long de la trentaine de pages qui compose cette oeuvre pour parvenir à ses fins.

Dr Fischer de Genève

Comme souvent chez Graham Greene on retrouve dans ce court roman de nombreuses références à la religion. Cette fois, elle sont mises au service de la description d’un homme oscillant entre Dieu et le Diable. Je ne suis pas le Christ et il n’est pas Satan; d’ailleurs, je croyais que nous nous étions mis d’accord pour dire qu’il est Dieu Tout-Puissant - mais j’imagine qu’aux yeux des damnés, Dieu Tout-Puissant ressemble beaucoup à Satan.

Le voyage d'hiver

Se délecter de la médiocrité d’autrui reste le comble de la médiocrité. Voici une des phrases tirée du Voyage d’hiver, la cuvée 2009 d’Amélie Nothomb. La romancière belge n’est pas médiocre, loin s’en faut et je ne me réjouis pas non plus que ce livre ne fasse, selon moi, pas partie de ses meilleurs ouvrages. Classé dans la catégorie des romans non autobiographique, je le situerais entre Journal d’Hirondelle et Le fait du prince, bien loin des géniaux Hygiène de l’assassin, Cosmétique de l’ennemi et Mercure.

Coeur d'encre

Et si le contenu des livres pouvait entrer dans la réalité … Voilà l’idée de départ de ce livre. Pour les amateurs, on n’est pas tout à fait dans le même registre que la série des Thursday Next de Jasper Fforde même si les thématiques sont proches. Leur point commun, elles mettent au centre de l’histoire les livres et la littérature. Si les romans mettant en scène Thursday la détective littéraire s’adressent aux adultes, la trilogie de Cornelia Funke est clairement destinée aux enfants.

Stéréoclub T1

Guy est un quadragénaire grand amateur de Jazz et de grands vins ne parvient pas à refouler un plaisir coupable. Il apprécie, ô comble de la beaufitude, la chanteuse pour ados Britney. Avec tout ça, il ne manquerait plus qu’il délaisse les grands crus pour se mette à boire du burp-cola (sic). Déjà que sa vie privée partait à la dérive, ses certitudes, ses passions de toujours volent en éclats.

Le démon

C’est l’histoire d’Harry White un jeune cadre brillant dans son travail et véritable coureur de jupons à ses heures perdues. Bref, il a tout pour réussir et pourtant … Il lui arrive parfois d’avoir en fin de journée une boule au creux du ventre. Un sentiment en demi-teinte, l’impression de se sentir légèrement cafardeux sans raison apparente. Un peu comme certains dimanches après avoir passé la journée à l’intérieur à ne rien faire.

Fairy Tail T1

Nous partons à la rencontre d’une guilde de magiciens nommée «Fairy Tail». Pour gagner leur vie – hé oui la magie ne génère pas d’argent ! –, les magiciens acceptent des missions punaisées sur un tableau. Ces missions sont bien évidemment plus ou moins dangereuses et donc plus ou moins lucratives. Ce système est inspiré des célèbres «Reward» placardés sur les façades des offices de shérifs dans les westerns. Au menu: pouvoirs divers et variés, personnalités bigarrées, mystère, séduction mais surtout une bonne grosse dose de loufoquerie.

Docteur Nikola

Docteur Nikola est un roman datant de la fin du 19ème siècle aujourd’hui réédité chez Phébus dans la collection «Libretto». C’est un roman d’aventure mettant en scène – comme son titre l’indique – l’intriguant docteur Nikola. L’originalité de ce récit tient au fait que les intentions de cet occultiste ne sont, a priori, pas de sauver le monde … L’intrigue se déroule dans la Chine coloniale où le docteur se met en quête de pouvoirs spéciaux détenus par des moines.

Julius Winsome

Julius Winsome vit seul, dans son chalet isolé au fin fond du Maine. Sa seule compagnie, son seul ami est son chien Hobbes. Jusqu’ici rien de neuf. Si ce n’est que dans son chalet se trouvent plus de trois mille livres qu’il a hérité de son père qui avait l’habitude de lire au coin du feu. Pour ne rien vous cacher et comme vous vous en doutez en voyant que ce livre est publié dans la collection «Roman Noir» de chez Points, il va y avoir du sang.

Quai d'Orsay T1

Ce n’est pas si fréquent, voici une BD qui nous parle de politique. Nous sommes donc plongés dans les méandres et les intrigues des cabinets ministériels. Le ministre en question a l’esprit chevaleresque et est épris de littérature et de bons mots. Je donne un dernier indice physique, il est grand et porte des cheveux blancs mi-longs rejetés en arrière. Ca y est vous avez trouvé, il s’agit de Dominique de Villepin.

Bad Monkeys

Avant ce Bad Monkeys, j’avais lu deux livres de Matt Ruff: Un requin sous la lune0 et *La proie des âmes *1. Ces deux livres partagent avec Bad Monkeys une grosse dose d’originalité frisant la loufoquerie. Il faut donc une bonne ouverture d’esprit pour apprécier l’oeuvre de cet auteur américain. Cette fois, j’ai du en manquer … Pourtant, j’avais adoré Un requin sous la lune dans lequel on croisait, parmi bien d’autres choses étranges, la tête d’Ayn Rand ramenée à la vie par des ordinateurs ou un sous-marin rempli d’écologistes.

Les Enfants du capitaine Grant

Les Enfants du capitaine Grant est un roman de Jules Verne paru dans la collection des «Voyages extraordinaires». Le pitch est simple. Lors de l’un de ces voyages, Lord Glenarvan et son équipage découvrent une bouteille dans l’estomac d’un requin. Après examen, ils s’aperçoivent qu’elle contient la copie d’une même texte en anglais, français et en allemand. Même si certains passages sont effacés, le gentleman et ses hommes parviennent, en recoupant les textes, à déchiffrer un message de détresse.

Brève histoire de pêche à la mouche

Voici un curieux petit livre, presque une nouvelle. Inclassable, insaisissable, original et troublant. C’est au départ l’histoire assez banale d’une journée de pêche entre amis. Nous sommes donc partis pour suivre ces trois hommes qui exercent le métier de psychiatre. Attention ce qui s’attendent à une promenade bucolique et ont, bien présent en mémoire, le fameux Et au milieu coule une rivière risquent d’être déçus. On est bien loin du charme simple de la journée au bord de l’eau.

Les Formidables aventures de Lapinot T4

En apprenant la sortie de Top ouf!1, j’ai eu envie de relire un des tomes de la série «Les formidables aventures de Lapinot». Cette fameuse série pendant laquelle Lewis Trondheim a tué son personnage principal, Lapinot, continue aujourd’hui sous une autre forme sous l’appellation «Les formidables aventures sans Lapinot» – Hé oui c’est logique. Si cette série existe depuis longtemps, – elle avait, si je ne dis pas de bêtises, débutée du vivant du célèbre lapin – les premiers tomes sont bien différents de la série actuelles car ils étaient constitués de courtes histoires mettant en scène notamment un Lewis Trondheim grincheux grimé en Aigle au sourcil froncé.

L'année où j'ai vécu selon la Bible

Après s’être attaqué à la gigantesque encyclopédie Britannica, A.J. Jacobs, journaliste pour le magasine Esquire, s’est attaqué à un autre monument. Je parle bien évidemment du livre parmi les livres: La Bible. L’auteur a décidé de vivre pendant un an selon les préceptes du livre saint. Il expérimente le littéralisme en appliquant les règles au sens strict. Suivre ces principes vieux de plusieurs milliers d’années dans le New York des années 2000 réserve quelques surprises et quelques situations cocasses.

L'Ancien temps T1

Après le chat et le chien (voir ici) c’est autour du serpent de rentrer en scène. Cet animal dont la symbolique est l’une des plus importante dans toutes les religions représente souvent le tentateur, le mal, le péché et la mort. Comme dans la bible, dès le début de l’histoire, le jeune et innocent Cassian va commettre une transgression et les événements vont s’enchaîner. L’univers choisi par Joann Sfar pour nous narrer cette histoire et celui de l’heroic fantasy.

L'homme dans le labyrinthe

Le centre d’une planète dont les habitants ont, a priori, disparu est occupé par un labyrinthe. Véritable chef-d’oeuvre d’ingéniosité en matière de pièges, d’une complexité démoniaque, ce monument constitue un barrage inviolable qui protège le coeur de la cité. Pourtant un homme se trouve au centre de ce dédale. Un court roman de SF intelligent et original, une belle réflexion sur l’homme et ses travers. Même si ce livre possède un côté «aventure» assez plaisant, nous sommes ici bien loin du space opera.

L'élégance du hérisson

Bien sûr de l’élégance dans ce roman dont on a déjà beaucoup parlé. C’est pour cette raison que je vais m’efforcer d’être concis. Belle écriture et belle histoire qui ne tombe pas dans les écueils du genre en n’hésitant pas à être grinçante et acerbe quand il le faut (Paloma notamment). Cette phrase, tirée du livre, résume à elle seule le style et la morale de cette histoire: Comme nous concluons vite, de l’apparence et de la position, à l’intelligence des êtres …

Extension du domaine de la lutte

Il y a quelques temps, chez mon ami bouquiniste, je tombe sur un livre grand format, assez fin, à la couverture grise. Là, en lettre rouge, un titre que je connais bien Extension du domaine de la lutte. Bizarre, je ne savais pas que Houellebecq était chez Maurice Nadeau avant de claquer la porte au nez de son éditeur de l’époque, le trublion des milieux littéraires, Frédéric Beigbeder – alors directeur éditorial de Flammarion – pour partir chez Fayard.

Notes T1

Au départ, je me souviens très bien que je ne voulais pas acheter ce premier tome des Notes de Boulet. C’était l’époque où les blogueurs publiaient le contenu de leur site et je n’étais vraiment pas emballé à l’idée d’un nième blog imprimé sur papier. Je me rappelle très bien mon discours sur l’exploitation commerciale, les effets de mode, etc., etc. Boulet coupe d’ailleurs habilement l’herbe sous le pied de ses détracteurs en affichant clairement ses interrogations dès le début de la BD.

Jonathan Strange & Mr Norrell

Ce roman a un charme fou. Il est extrêmement fouillé et très bien écrit. L’idée de départ est originale et la réalisation ne l’est pas moins. Avec son style de narration, son vocabulaire, ses notes de bas de page, on le croirait tout droit sorti de la bibliothèque d’un vieux manoir anglais. Il est très long et l’intrigue n’est pas toujours très palpitante – c’est le meilleur (double) euphémisme que j’ai fait depuis que je rédige des billets.

Invisible

«Si comme moi vous lisez pour éprouver le plaisir de tomber amoureux d’un roman, alors lisez Invisible. C’est le meilleur roman que Paul Auster ait jamais écrit.» Ces propos ne sont pas de moi mais de Clancy Martin un journaliste du New York Times. C’est après les avoir lu, au dos du numéro du magasine Lire du mois d’avril, que j’ai décidé de courir acheter ce nouvel opus de Paul Auster.

La voie du Rige

Il est enfin là. Même si son visage est dans l’ombre, il n’y a aucun doute à avoir, c’est bien le Rige qui se tient debout sur un promontoire. Apercevoir sa silhouette reconnaissable entre mille fait frémir tout amateur d’heroic fantasy et plus généralement de bonnes BD. En observant un peu mieux cette magnifique couverture, on aperçoit que, s’il porte sa fameuse hache (la faucheuse) dans le dos, il en tient une autre entre ces mains.

Le Cercle Litteraire des Amateurs d'Epluchures de Patates

Voici un roman au titre très curieux. C’est vrai que c’est désormais un objectif marketing de donner un titre le plus intriguant possible afin de susciter l’envie au lecteur d’acheter le livre. Dans ce domaine, le pari est réussi et c’est bien à cause de (et non grâce à) ce titre évocateur que j’ai réalisé l’acquisition de ce roman. La deuxième des curiosités concerne le genre du roman. C’est un roman épistolaire qui est donc composé uniquement de correspondances.

Notes T4

Il est beau, il est tout chaud, il vient juste de sortir le dernier tome des fameuses notes de Boulet. Tout ça me fait penser que j’ai complètement oublié de parler des tomes précédents et on en est déjà au tome 4. Pas d’inquiétude, je vais bientôt remédier à cela. En attendant, comme il s’agit, pour la grande majorité, de notes publiées sur son blog vous pouvez vous faire une idée par vous même.

Adèle Blanc-Sec T1

Avec tout le tapage médiatique autour du nouveau film de Luc Besson, je ne pouvais que remettre le nez dans ma bibliothèque à la recherche des aventures de l’héroïne incarnée par Louise Bourgoin. Adèle et la Bête est le premier tome des aventures extraordinaires d’Adèle Blanc-Sec. Cette série, débutée en 1976 par Jacques Tardi, mêle les genres policier et fantastique et se déroule à Paris au début du XIXème siècle. L’héroïne, Adèle, est une jeune fille mystérieuse au caractère bien trempé.

La mort du roi Tsongor

La mort du roi Tsongor est d’abord une tragédie grecque ou un drame shakespearien transposé en Afrique. Il y est question d’un roi bien sûr, d’amour, de liens fraternels, de trahison, de mort et de guerre – c’est deux derniers allant malheureusement toujours ensemble. Tous les ingrédients qui ont été utilisés, depuis l’Iliade et l’Odyssée, pour raconter les plus belles histoires, les grands mythes fondateurs, sont à nouveau réunis et agrémentés d’épices africaines.

Je dépasse mes peurs et mes angoisses

Christophe André le célèbre psychiatre a eu la bonne idée de s’associer au dessinateur Muzo pour illustrer son livre Je dépasse mes peurs et mes angoisses. Cette nouvelle version illustrée vient de paraître directement au format poche. Les dessins, souvent très drôles, illustrent parfaitement le propos et aident à dédramatiser les situations liées à l’anxiété, à la timidité, aux phobies, à l’angoisse et aux TOCs. Si vous souhaitez vous faire une idée, Christophe André publie en ce moment des dessins sur son blog.

Comment j'ai liquidé le siècle

Un roman sur le monde de la finance et les traders. Voilà qui est pile dans l’air du temps. D’ailleurs cette actualité est complètement assumée puisque les références aux marques et à l’actualité récente sont continuelles. Il est vrai que l’on pense tout de suite à American Psycho de Bret Easton Ellis tant l’univers est proche. Mais la comparaison s’arrête là. Dans ce livre, le ton est plutôt léger et flirte souvent avec l’humour.

La Vague

Ben Ross est professeur d’histoire dans un lycée. A ce titre, il doit enseigner le régime Nazi à ses étudiants. C’est vraiment un sujet qui lui tient à coeur et, pour marquer les esprits, il décide d’illustrer son propos par la projection d’un film composé d’images d’archive des camps de concentration. Le film a l’effet escompté, les étudiants sont sous le choc. Il s’en rend compte et tente de les interroger et là stupeur !

L'absolue perfection du crime

L’absolue perfection du titre ! Encore un de ces titres qui déclenche l’achat d’un livre. C’est ce qui m’est arrivé. Ce titre froid et tranchant m’a tapé dans l’oeil ou dans l’oreille, l’impression de l’avoir déjà entendu quelque part. Si le titre m’a séduit, l’illustration de couverture a franchement modéré mon enthousiasme. Une rade brumeuse où l’on aperçoit, juste à côté d’un hangar en tôles rouillées, l’avant d’une Citroën C15 – blanche évidemment.

Georges Frog T2

Nous retrouvons la suite des aventures de notre grenouille musicienne dans ce deuxième tome. Georges poursuit son rêve et tente de percer dans la musique tout en ne négligeant pas sa vie sentimentale. Mais la vie n’est pas facile et il faudra faire face à des désillusions. Dans ces moments là, les instruments de musique avec lesquels Georges est capable de converser – je n’avais pas remarqué cette faculté dans le premier tome – seront toujours d’un grand réconfort.

Le Pingouin

Victor est un écrivain qui partage un T2 avec un animal de compagnie original prénommé Micha. Victor a recueilli ce pingouin lorsque le zoo de Kiev a rencontré quelques difficultés pour nourrir ces pensionnaires. Micha a donc trouvé asile dans le T2 exiguë de Victor. Si celui est plutôt modeste, il bénéficie tout de même d’une baignoire permettant au pingouin de prendre des bains d’eau froide salvateurs. Car un pingouin n’est pas habitué à subir la chaleur ukrainienne – mettre chaleur et Ukraine dans la même phrase c’est quand même étrange.

Des garçons épatants

Ce roman se déroule dans le milieu universitaire, département littérature. Il aurait pu être écrit par un David Lodge sous cocaïne ou un Bret Easton Ellis sous Valium. Du coup, il est un peu en demi teinte et ne transmet ni le charme et la drôlerie d’un Changement de décor ni le côté complètement déjanté d’un livre comme Les lois de l’attraction. L’histoire est racontée par le personnage principal d’un seul jet sans chapitrage ni pause dans la narration.

1 An - 365

J’adore les crossovers. Dans le cas de ce recueil, c’est l’occasion pour les amateurs de BD de s’arrêter sur le travail colossal des dessinateurs. Parfois, et même si je m’astreins à ne pas le faire, je me surprends à tourner rapidement les pages afin de connaître la suite de l’histoire sans avoir pris le temps de m’arrêter et d’observer le travail des dessinateurs. Ici, un paysage, là un gros plan d’un visage à l’expression exacerbée, un peu plus loin, un cadrage audacieux faisant ressortir d’admirables perspectives.

Socrate le demi-chien T1

Socrate n’est pas le philosophe que nous connaissons mais le chien d’Héraclès, le célèbre héros de la mythologie grecque. Côté philosophie, notre canidé n’a rien à envier à son illustre homonyme. Il faut dire qu’être le chien de garde du type le plus costaud de tous les temps laisse un peu de temps libre pour s’interroger sur les travers de l’homme, incarné par son très viril maître, et sur sa propre condition de chien.

Le Lièvre de Vatanen

Vatanen est un journaliste qui va, au détour d’une route, croiser le chemin d’un lièvre. Ce lièvre sera pour lui le déclencheur et le symbole du changement de vie. Le retour à la nature. Tout arrêter et vivre une vie simple en homme libre. Voici ce que nous raconte ce livre dans un style extrêmement simple voire trop simple. Les aventures causasses de Vatanen prêtent plus à sourire qu’à rire. Les évènements s’enchaînent de manière décousue sans véritable liens entre eux.

Superman Red Son

Mark Millar (scénariste de comics ayant notamment travaillé sur The Authority et sur certains Ultimates) est à la baguette pour piloter cette épisode de la série des «Elseworlds». Entendez par là histoires alternatives. Nous sommes donc bien dans une série d’uchronies proposée par DC Comics. L’univers de DC contient la matière nécessaire à la construction d’histoires alternatives. En tout premier lieu, les nombreux personnages, pour certains vieux de plus de 50 ans qui incarnent des valeurs dans l’imaginaire public.

Le grimoire des dieux

Connaissez-vous La Quête de l’oiseau du temps ? C’est une série de bande dessinée majeure de l’heroic fantasy créée par Loisel et Le Tendre dans les années 80. Le premier cycle est terminé et comprend 4 tomes. L’album dont nous parlons ici, Le grimoire des dieux, est le deuxième tome d’un cycle différent, antérieur au cycle initial. Nous sommes des chanceux de voir ce titre paraître si longtemps après le précédent, L’ami Javin, paru il y a déjà dix ans !

L'ombre du vent

L’histoire se déroule à Barcelone sous le régime de Franco. Elle s’intéresse au parcours du jeune fils d’un bouquiniste. Son père, en guise d’initiation l’amène dans un endroit secret où sont conservés des livres rares afin qu’il choisisse et s’approprie un livre. Le jeune garçon va se passionner pour le volume qu’il a choisi et pour son auteur dont l’histoire est plus qu’étrange et mystérieuse. L’idée de départ est intéressante et l’écriture assez belle et divertissante.

Umbrella Academy T1

Umbrella Academy est une bande dessinée dont le scénario a été conçu par Gerard Way, chanteur de rock dans le groupe My Chemical Romance. Je ne sais pas pourquoi je donne cette information en premier, peut-être parce qu’elle m’a étonné, peut-être parce qu’elle explique certains côtés de l’oeuvre. Tout débute assez classiquement pour un comics mettant en scène des super-héros. Plusieurs enfants dotés de pouvoirs sont nés spontanément sur terre au même moment.

La Compagnie noire T1

La compagnie noire est une organisation de mercenaires se mettant au service du plus offrant. Elle évolue dans un univers fantastique assez discret. J’entends par là que l’univers et les descriptions afférentes ne sont pas prépondérants par rapport à l’histoire. C’est souvent l’un des travers du genre. On s’ennuie parfois profondément à la lecture d’interminables descriptions. Si vous cherchez du rêve, des mondes merveilleux, des créatures étranges, des quêtes héroïques, passez votre chemin.

Zuckerman enchaîné

Je connaissais Philip Roth grâce à son fabuleux roman La tache. Un peu déçu après la lecture de Complot contre l’Amérique, j’avais délaissé cet auteur. En lisant un article paru à l’occasion de la sortie de son nouveau roman, Exit le fantôme, mettant en scène – peut-être pour la dernière fois – son alter ego de papier Nathan Zuckerman ma curiosité a été piquée par la découverte des premiers romans relatant les aventures de ce personnage.

Georges Frog T1

Dans le New York des années 30, pendant la crise, nous suivons les aventures d’une grenouille musicienne. Georges (la grenouille) décide de laisser tomber le conservatoire pour se lancer dans sa passion, le Jazz. L’Amérique découvre alors cette musique qui va passionner des générations. On suivra les aventures de Georges entre amour, amitié, vie professionnelle et musique bien évidement ! Une série animalière agréable, plaisante, les dessins sont très sympas vous n’avez qu’à jeter un oeil à la couverture pour vous en convaincre.

Les falsificateurs

Les falsificateurs est un de mes gros coups de coeur de l’année 2008. A ce titre, je tenais absolument à en parler ici. Antoine Bello raconte le parcours d’un jeune homme au sein d’une organisation clandestine (le CFR) dont le but est de falsifier le réel (d’où le titre !). Dans tous les métiers il y a différents niveaux, pendant que certains bâtissent des cathédrales, d’autres construisent des barbecues. La falsification n’échappe pas à cette règle universelle.

Transat

Transat est un roman graphique autobiographique. Aude Picault, la dessinatrice et scénariste du roman nous fait partager une tranche de vie. Arrivée à la trentaine, elle se remet en question et cherche un sens à sa vie alors qu’elle voit tout en noir: le boulot, le métro, les amies, les amours, le temps qu’il fait ainsi que les bruits provenant des toilettes de son voisin lorsqu’elle est confortablement installée au fond de son lit dans son 20 m2 parisien.

Le Magasin des Suicidés

L’auteur nous décrit la vie d’une famille de commerçants dont le métier est de vendre des articles permettant aux clients de se suicider. Le magasin propose donc un vaste choix allant de la traditionnelle corde avec nœud coulant au plus élitiste kit de Seppuku (hara-kiri). Malheureusement, cette très bonne idée de départ est mal exploitée, tout dans ce roman est exagéré à tel point qu’il n’est ni crédible ni drôle. L’objectif de créer une fable drôle et décalée à la morale résolument optimiste n’est pas atteint.

L'homme des jeux

Dans un lointain futur une société domine l’univers. Cette société, nommée Culture, est bien différente de la notre car elle ne connait pas les notions de loi, d’argent ou de propriété. Le héros de cette histoire, Jernau Morat Gurgeh, exerce au sein de la Culture la profession de joueur de jeux. Comme nos footballeurs, son travail consiste à jouer. Pour cela, il participe à des jeux de société assez proches des jeux de rôle du type Warhammer.

Sandman T1

Ne faut-il pas être fou pour tenter de capturer la grande faucheuse, la mort en personne: Death ? C’est pourtant ce que va tenter de faire Roderick Burgess, un médium pétri d’ambition se faisant appeler le roi de démons. Malgré ses efforts, il n’y parviendra pas. A la place de la mort, c’est son frère Dream qui tombera dans les filets du médium. Le marchand de sable fait partie d’une fratrie de sept enfants.

Best of Golgo 13, Le Choix de l'Auteur

Ce manga met en scène un héros à la mine patibulaire connu sous le pseudonyme de Golgo 13. Golgo 13 a la tête de l’emploi puisqu’il n’est pas présentateur télé mais tueur à gage. Notre homme n’est pas du genre bavard et ne prononce parfois que quelques phrases laconiques durant tout un épisode. Cette concision est peut-être liée à son métier car, parmi les diverses spécialités que compte cette profession, il officie dans la catégorie des tireurs d’élites.

Le fantôme de Baker Street

Ce roman met en scène deux jeunes détectives aux profils bien opposés. Le premier, James Trelawney, est un athlète plutôt du genre coureur de jupons. Le second, Andrew Singleton, est un féru de littérature. Etrangement, lors de cette aventure, ce n’est pas la force qui sera le plus grand atout de ce duo mais bien l’érudition du jeune Andrew. Cette connaissance lui sera précieuse lorsqu’il tentera de dénouer le mystère entourant une série de meurtres reproduisant à l’identique ceux perpétrés par des personnages restés dans les mémoires: Jack l’éventreur, Dorian Gray, Dr Jekyll / Mr Hyde et même le comte Dracula.

Sa Majesté des Mouches

Si je vous dis Robinson Crusoé, Seul au monde, Lost ou même Battle Royale. Vous me répondez sans hésiter île déserte ! Sa Majesté des mouches raconte la destinée d’un groupe d’enfants livrés à eux-mêmes sur une île, après le crash de leur avion. Comment vont-ils réagir, eux qui sont seuls pour la première fois de leur vie, sans aucun adulte pour encadrer le groupe ? Les enfants ont parfois peur d’un monstre imaginaire qui aurait élu domicile sous leur lit.

De Gaulle à la plage

Qu’a fait le Général de Gaulle après avoir sauvé la nation ? C’est l’épineuse question que s’est posé Jean-Yves Ferri. Il nous propose donc sa vision des choses en croquant habilement un de Gaulle en short et en tong goûtant à un repos bien mérité sur les plages de Normandie. Pour notre plus grand bonheur, il n’est pas tout seul mais accompagné de son fidèle adjoint Lebornec, de sa femme, de son fils et de son chien Wehrmach.

La Mémoire Fantôme

Mathématiques, tueur en série, maison hantée, amnésie et technologie, c’est le cocktail alléchant que nous propose Franck Thilliez dans son nouveau roman. Après avoir reçu le prix SNCF du polar français 2006 pour La chambre des morts, il reconduit son héroïne Lucie Henebelle dans une nouvelle enquête difficile. Le professeur va refaire surface des années après ces précédents meurtres. Bizarre, car ce n’est pas l’habitude des tueurs en série de stopper, si longtemps, leur activité.

Le moustiquaire de Berlin

L’album dont je vous parle est le lauréat de la deuxième édition du concours de bande dessinée Glénat / Arte. Ce concours prône l’ouverture et se tourne résolument vers l’avenir car il est européen et n’est ouvert qu’à des auteurs n’ayant jamais publié. J’avais lu, à sa sortie, la bande dessinée des premiers lauréats polonais de ce concours (Essence par par Gawronkiewicz et Janusz) et en avait apprécié l’originalité et la fraîcheur.

La formule préférée du professeur

Une femme de ménage est embauchée par la belle-sœur d’un vieux professeur de mathématiques. Dès leur première rencontre et alors que le professeur l’assaille de questions saugrenues, elle est surprise de constater que la veste du professeur est constellée de notes manuscrites maintenues au tissu par des pinces. Elle va vite comprendre que c’est la mémoire du professeur qui est ainsi répandue sur des bouts de papier griffonnés à la hâte.

Le complot

Le pape de la BD outre atlantique a décidé de mettre son art au service de la bonne cause. Son but est de dénoncer l’odieux complot visant à attiser la haine envers le peuple Juif. Ce complot est basé sur la rédaction et la publication d’un document antisémite: Les Protocoles des Sages de Sion. Will Eisner nous raconte l’histoire de la création de ce document et s’interroge sur la façon dont ce pamphlet, si grossièrement fabriqué, a pu trouver et trouve encore aujourd’hui une audience auprès des plus crédules.

Léviathan

En lisant un article du New York Times relatant la mort d’un homme suite à l’explosion d’une bombe, Peter Aaron réalise avec effroi que c’est de son ami Ben Sachs qu’il s’agit. Avant que la police ne parvienne à identifier la victime et à comprendre l’affaire, il entreprend la rédaction de l’histoire de son ami inextricablement liée à la sienne. Comment un écrivain reconnu comme Benjamin Sachs a pu finir en miettes, littéralement soufflé par une explosion ?

Ruule T1

Un baiser avant de mourir est la première partie du deuxième volet de la série Ruule publiée aux Etats-Unis. Cette série comprend, en version originale, deux volumes racontant des histoires distinctes mais partageant les mêmes thèmes: Ganglords of Chinatown : Non traduit en France Kiss and Tell : Publié en France en deux tomes qui sont Un baiser avant de mourir et Sam Suède et Dahlia. Hé oui c’est toujours un peu compliqué les comics !

A la croisée des mondes T1

Les Royaumes du Nord est le premier tome de la trilogie A la croisée des mondes, se déroule dans un univers parallèle du type fantasy et pourrait être classé aux côtés d’oeuvres comme le Seigneur des anneaux, Harry Potter ou Les Chroniques de Naria. De prime abord, il semble être construit, comme bon nombre d’ouvrages, sous forme d’une quête initiatique durant laquelle le héros, jeune enfant innocent, va, au fil des épreuves et des expériences, évoluer pour entrer dans l’âge adulte.

Crime

Ce roman ne sort pas de l’imagination du journaliste et écrivain américain Meyer Levin. Il relate une histoire vraie dans laquelle seuls les noms des personnages ont été changés. Ce roman est d’ailleurs l’un des premiers romans documentaires ou romans basés sur des faits réels. Truman Capote réalisera plus tard un roman du même genre, le célèbre De sang-froid1. Meyer Levin connaît très bien l’histoire qu’il raconte car il étudiait dans la même classe que les deux jeunes hommes tenant les premiers rôles de son roman : Nathan Freudenthal Leopold Jr.

Etat limite

Le titre qu’a choisi Pierre Assouline pour son roman est un terme plus connu sous son nom anglais de borderline. Ce terme désigne un trouble de la personnalité se situant entre la névrose et la psychose qui se manifeste généralement chez le sujet par un état cyclique. Pourquoi ce titre ? L’un des protagonistes souffre-t-il d’un tel trouble ? Pourtant, le personnage principal semble équilibré, par contre, il a la particularité d’exercer le métier rare, mais au combien intéressant de généalogiste.

Le rituel de l'ombre

Tout d’abord, il faut savoir que ce roman a été rédigé par un duo improbable composé d’un maître franc-maçon, Jacques Ravenne (c’est un pseudonyme), et d’un journaliste ayant enquêté sur les dérives liés à l’ordre, Eric Giacometti. Le rituel de l’ombre est le premier opus d’une série mettant en scène le personnage récurrent du commissaire Antoine Marcas. Ce commissaire, comme vous devez vous en douter, est lié de très près à la franc-maçonnerie.

La part de l'autre

Comment imaginer que même le pire tyran aurait pu être un autre ? Emettre l’hypothèse que l’Homme n’est pas intrinsèquement mauvais, que c’est la vie qui le transforme. C’est le pari risqué que tente ici Eric-Emmanuel Schmitt en s’attaquant au chef de file des nazis. Pour démontrer sa thèse, il utilise un genre particulier d’uchronie. Dans ce roman, la séparation entre les deux Histoires a lieu au cours du récit. Afin de mettre en perspective les deux univers résultants – la réalité historique et la fiction –, l’auteur nous propose de suivre en parallèle le parcours d’Adolphe et d’Hitler.

Un pedigree

Patrick Modiano raconte son enfance se déroulant à une époque trouble de l’Histoire de France. Elle est pour le moins atypique, on y croise des personnages au destin singulier tout droits sortis de films de gangsters. On ne connaît pas exactement la nature de leurs activités mais on la devine, comme en les observant au travers d’une vitre en verre dépolie ou plutôt au travers des yeux d’un enfant. Le style de Modiano est surprenant.

Mon nom est Rouge

Le sultan a confié à l’Oncle la réalisation d’un livre sans pareille. Celui-ci fait donc appel aux plus grands maîtres peintres et enlumineurs pour la réalisation de cet ouvrage controversé. Pour ce faire, il prend d’infinies précautions pour commander la réalisation des plus dangereuses des miniatures. Ces dernières sont réalisées par plusieurs peintres sans qu’aucun ne puisse appréhender la scène dans son ensemble. Malgré ces précautions, l’un d’eux, monsieur Délicat, est assassiné par l’un de ces pairs.

Lire aux cabinets

Derrière ce drôle de titre se cache un petit essai (c’est en fait le chapitre d’un livre cf. plus bas) assez virulent concernant la lecture mais aussi certains travers de la nature humaine. Sans parler du peu de respect accordé aux auteurs partageant bien malgré eux votre intimité, Henry Miller va plus loin et trouve l’origine de cette pratique dans le refus de se retrouver seul avec soi-même. Il invoque les mêmes raisons pour expliquer le nombre, toujours grandissant, de personnes rivées du matin au soir devant leur télé.

L'énigme

Ce roman est construit comme une pièce de théâtre – Serge Rezvani est aussi dramaturge – où une courte phrase décrivant le contexte de la scène laisse immédiatement place aux dialogues. Ces conversations se déroulent exclusivement entre trois personnages : un enquêteur du domaine maritime, un criminologiste, poète à ces heures, et un «théseur». Ces trois protagonistes ont la lourde charge de résoudre l’énigme de la disparition de toute une famille d’écrivains.

Ni d'Eve ni d'Adam

Comme Métaphysique des tubes, Biographie de la faim et Stupeur et tremblements, ce livre est un récit autobiographique ou une autofiction se déroulant au Japon. Amélie a, au moment du récit, 21 ans et nous raconte son bonheur d’étudiante vécu juste avant l’horreur du monde de l’entreprise relatée dans Stupeur et tremblements. Son bonheur, c’est le Japon personnifié par un beau et riche jeune homme prénommé Rinri. Au travers de cette relation, la jeune Amélie nous raconte, avec beaucoup d’humour, ce pays si différent du sien.

La chambre des officiers

En 1914, Adrien Fournier, jeune ingénieur provincial installé depuis peu à Paris, est mobilisé et part à la guerre. Il en reviendra trop vite, atrocement mutilé, défiguré, sans même avoir combattu. Son quotidien sera désormais celui d’un homme brisé, cloîtré dans une chambre sans miroir réservée à ceux que l’on nomme «les gueules cassées». Dans cette chambre des officiers, auprès de ses compagnons d’infortune, il lui faudra entamer un long chemin de croix vers la guérison fait de souffrances physiques et surtout morales.

Les arpenteurs du monde

Ce livre relate la vie de deux grands savants allemands aux spécialités et profils bien différents. Le premier est le célèbre mathématicien Carl Friedrich Gauss. C’est un véritable génie précoce qui est tellement en avance sur son temps qu’il s’en rend lui-même compte. Il ne n’a de cesse de se lamenter en se demandant pourquoi il doit endurer le sort si cruel d’être né et de devoir vivre dans un monde si arriéré.

1280 âmes

Bienvenue dans la plus petite librairie de Paris. Son principal occupant y reçoit de nombreux farfelus qu’il aide, moyennant finance, à assouvir leur passion de bibliophiles acharnés. Pour arrondir ses fins de mois, il lui arrive parfois d’accepter des petits boulots allant de l’élaboration de bibliographies à l’écriture de rédactions pour collégiens en manque d’inspiration. Un jour, l’un de ses clients va lui faire une demande plus étrange que les autres.

Le bibliothécaire

Un simple bibliothécaire d’université, David Goldberg, se retrouve par hasard au service d’un riche vieillard. Ce dernier souhaite utiliser les compétences de bibliothécaire de David pour effectuer du classement dans ses nombreux dossiers. Le vieillard en question se trouve être l’un des éléphants d’or du parti Républicain des États-Unis (on appelle éléphants d’or les plus gros bailleurs de fond du parti républicain des États-Unis dont le symbole est un éléphant). L’histoire qui, comme vous l’aurez compris, a pour cadre les États-Unis se déroule pendant une élection présidentielle.

La caverne des idées

Héraclès Pontor est l’alter ego antique du détective Hercule Poirot. Cette profession portait à cette époque le nom bien plus poétique de «déchiffreur d’énigme». Un éphèbe est retrouvé mort, le corps couvert de profondes lacérations. Ses blessures donnent à penser qu’il a certainement été attaqué par des loups. Héraclès est sollicité pour examiner le cas, par un des plus fidèle disciple du grand Platon. Le détective et son employeur ont des idées diamétralement opposées et n’auront de cesse de s’affronter sur le plan philosophique tout au long de l’enquête.

Dans les bois éternels

Je n’ose rien dévoiler de l’intrigue pour ne pas gâcher le plaisir de lecture. Je peux seulement divulguer que le commissaire aménage dans une maison qui est, selon son voisin – un vieil italien manchot –, hantée par une sainte ayant tuée de ses mains sept femmes avant de périr sous celles d’un tanneur et qu’un nouvel élément, une vielle connaissance du commissaire, vient ajouter sa pierre à la déjà très hétéroclite brigade.

La chaise Klumbert

Pour son premier roman, JP Christopher Malitte nous plonge dans l’univers d’un designer. Pour mieux nous ancrer dans la réalité, il emploie, à la manière d’un Bret Easton Ellis, une profusion de détails et jalonne son récit de véritables panneaux publicitaires. Humbert Klumbert est, à l’image de la chaise qu’il a créée, lisse, rigide et ses journées se ressemblent tant que l’on pourrait les empiler. Cet homme, hypocondriaque et souffrant de troubles obsessionnels compulsifs (les fameux TOC), a émigré aux États-Unis non pas pour concevoir sa chaise, mais pour s’en débarrasser.

Jeu de société

Ce roman qui se déroule après Un tout petit monde se passe en Angleterre sous le gouvernement Thatcher et relate la rencontre improbable entre le manager d’une grande entreprise et un professeur d’université. Le premier officie dans une fonderie où la testostérone règne en maître. Dans cette usine, des pin-up dénudées sont placardées au mur et les seules représentantes de la gente féminine ne sont que des caricatures de secrétaires rêvant de voir leur propre fille poser pour un calendrier.

La véritable histoire du dernier roi socialiste

Malgré ce que laisse entendre son titre, ce livre appartient à un genre très particulier de la science-fiction: l’uchronie. Ce thème littéraire consiste à créer un point de divergence dans l’Histoire donnant ainsi naissance à une Histoire alternative, différente de celle que l’on est censé avoir apprise à l’école. Cette parfaite illustration de l’effet papillon est intéressante à plus d’un titre: Elle compte souvent, parmi ses protagonistes, des personnages historiques.

Le Maître d'escrime

Ce roman de cape et d’épée se déroule en Espagne à la fin de 19ème siècle. Le pays est alors en pleine mutation, l’art intemporel de l’escrime ne sera bientôt plus qu’un vestige du temps passé. Il n’est plus utilisé lors des duels car on lui préfère de vulgaires armes à feux et, désormais pratiqué par des femmes, on va même jusqu’à l’assimiler à un sport. Le vieux maître d’escrime, personnage principal de ce récit, se résout, malgré lui, à vivre avec son temps et accepte d’enseigner sont art à une jeune et belle élève.

La peau froide

La peau froide est un roman protéiforme relatant les aventures d’un naufragé volontaire, flanqué d’un Vendredi acariâtre, qui a débarqué dans un monde tout droit sorti de l’esprit de Stephen King. On pourrait croire, dès lors, que l’on a entre les mains un énième roman d’horreur où le héros doit lutter pour sa survie. Oui, mais on ne peut pas le résumer à ça. Et c’est justement là qu’il réussit le tour de force de proposer une aventure omniprésente et bien rythmée au service des problématiques de fond qui sont abordées.

La grammaire est une chanson douce

Patrick Rambaud dans la préface de son livre La grammaire en s’amusant1 nous raconte la genèse de ce projet: Ce projet a une histoire. Tout a commencé à Rennes en novembre 1997, devant un amphithéâtre bondé : venus de toute la France, des élèves de cinquante lycées avaient désigné le Goncourt des lycéens. Sur la scène on avait planté deux Goncourt officiels, Erik Orsenna et moi, pour débattre sur la grammaire et son enseignement.