Comme si chaque trace qu’elle inscrivait sur terre si longtemps sienne, une fois effacée par jours et vent, plus rien n’allait rester d’elle dans sous-bois qu’elle aimait tant.

Rousse ou Le vent dans les saules à l’heure de l’exode climatique et des réfugiés écologiques, une climate fiction à la J. G. Ballard, mais avec des personnages tirés d’un livre pour enfant – Ballard qui est d’ailleurs lui aussi édité chez Tristram. J’exagère un peu, dans ce livre, les animaux ne prennent pas le thé en discutant, mais vivent simplement leur vie d’animaux confrontée au danger climatique.

Denis Infante utilise un style très neutre et dépourvu d’articles – c’est un peu dur de s’y habituer et je ne suis pas un grand amateur de ce type de procédés – car il a certainement souhaité rendre à la langue un aspect naturel, rudimentaire et sauvage. Je n’ai pas été très sensible à cette fable – j’aurais pourtant bien aimé –, mais je trouve l’idée très bonne de changer le prisme selon lequel on s’intéresse au réchauffement climatique car les animaux le subissent au moins autant que les hommes sans pour autant en être à l’origine.


Denis Infante, Rousse - Les Beaux habitants de l’univers, Tristram, 2024.