Le chat du rabbin veut faire sa bar-mitsva. Le problème c’est que la bar-mitsva ce n’est pas pour les chats. Cette anecdote est prétexte à une plongée dans le judaïsme.

[…] le rabbin dit que la main humaine est un outil trop subtil pour qu’on tape les gens ou les chats avec.

Le chat qui se voit soudain doté de la parole intervient comme un agent perturbateur qui questionne la religion et en révèle les contradictions. L’intervention d’un animal qui a un point de vue différent, souvent naïf au bon sens du terme, est un procédé fréquent dans la littérature, mais ce chat est un sacré malin et fait preuve d’une éloquence et d’une finesse réjouissantes. Les dialogues sont jouissifs, fins, intelligents et drôles.

L’agencement des pages classique en gaufrier fait la part belle à des dessins très expressifs. Le chat est tour à tour dessiné de façon très caricaturale et très détaillée. Cette alternance est surprenante au départ, mais créée un contraste entre les registres humoristiques et philosophiques. Joann Sfar nous sert un conte philosophique et religieux intelligent et drôle. Un véritable must qu’il faut lire et relire – ce que je viens de faire – absolument.


Joann Sfar, Le Chat du Rabbin T1: La Bar-Mitsva. Dargaud, 2002.