Ce livre est un recueil d’articles parus dans des magasines renommés comme The New Yorker ou The Atlantic. Le titre du recueil le place sous le haut patronage de Sherlock Holmes. Ce titre pourrait être trompeur voire abusif car, si de nombreux articles relatent des faits-divers, seul le premier est directement lié au détective de fiction le plus célèbre de la littérature. Mais c’est sans compter sur le talent de compteur de David Grann que j’avais déjà pu apprécier dans Les Naufragés du Wager. C’est un magicien du journalisme qui rendrait le compte rendu d’une réunion d’un syndicat de copropriété palpitant. Alors, lorsqu’il a de la matière comme ici, les résultat est à l’avenant. Comme je le disais il n’y a pas que des fait-divers, même s’ils alimentent la plupart des douze articles rassemblés dans ce recueil. D’ailleurs les articles qui m’ont le plus intéressé traitent de sujets scientifiques: la traque des calmars et les problèmes d’ingénieries des égouts de New York. Les thèmes choisis ont toutefois un point commun, ils sont surprenants, hors du commun et donc intéressants. David Grann en parle très bien dans un autre de ses livres, La citée perdue de Z.
La plupart de mes articles ont l’air sans rapport entre eux. Pourtant, en règle générale, ils ont un point commun: l’obsession. Ils parlent de gens ordinaires qui sont amenés à faire des choses extraordinaires – des choses impensables pour une large majorité d’entre nous –, ils parlent de gens dévorés par une idée qui a germé dans leur tête.
Ce choix des sujets traités avec le talent et le professionnalisme du journaliste évite à ce recueil de tomber dans le principal travers de ce type d’ouvrage, une qualité et un intérêt inégal.
David Grann. Le Diable et Sherlock Holmes. Points, 2020.