Quatre consonnes et trois voyelles. C’est le prénom de Raphaël. Je le murmure à mon oreille. Et chaque lettre m’émerveille. […]

Le Raphaël de la chanson de Carla Bruni est Raphaël Enthoven qui a quitté sa femme, Justine Levy – la fille de Bernard-Henri Lévy –, pour vivre une histoire avec la chanteuse qui était alors en couple avec son père, Jean-Paul Enthoven – ami de longue date de BHL. Je sais, c’est compliqué et on n’est pas loin de la tragédie grecque. Dans ce roman très largement autobiographique seuls les noms semblent avoir été changés, Raphaël est devenu Adrien et Carla, Paula.

Mais quand même, c’est pas si fréquent un type qui plaque la femme qu’il aime pour faire un enfant avec la fiancée de son père adoré.

Justine Lévy relate cet amour de jeunesse pur et intense qui a souffert plus tard des ambitions de son mari. Elle raconte les difficultés qu’elle a rencontré pendant et après son mariage, comment elle est parvenu à se reconstruire – et oui, Paula / Carla en prend pour son grade au passage.

Chaque histoire est le brouillon de la prochaine, on rature, on rature, et quand c’est à peu près propre et sans coquilles, c’est fini, on n’a plus qu’à partir, c’est pour ça que la vie est longue. Rien de grave.

C’est un roman qui a plus de vingt ans, il est écrit dans un style déstructuré, très libre, qui semble refléter l’état interne de la narratrice / autrice. Une histoire qui aurait paru complètement improbable si elle n’était pas basée sur la réalité.


Justine Lévy. Rien de grave. Stock, 2004.