Les fantômes du vieux pays est le premier roman de l’auteur américain Nathan Hill. Comme beaucoup de premiers romans, il se montre d’emblée très ambitieux. Plusieurs trames narratives s’y entremêlent autour d’un professeur de littérature qui passe davantage de temps à jouer en ligne qu’à écrire le grand roman pour lequel il a pourtant déjà reçu un confortable à-valoir – aussitôt englouti dans l’achat d’une maison dont la valeur s’est effondrée lors de la crise immobilière. Alors que les nuages s’amoncèlent dans sa vie, un événement inattendu va alors le contraindre à se replonger dans un passé qui pourrait être sa planche de salut.
Lorsqu’on écrit un premier livre, vouloir tout dire de façon est une intention louable, mais souvent périlleuse. Nathan Hill n’échappe pas totalement à cette tentation. Pourtant, fort de son parcours en creative writing – il est un pur produit de cette école – il parvient à éviter les principaux écueils du genre. Si le roman aurait sans doute gagné à être plus resserré, on sent un véritable travail de construction et de maîtrise narrative.
Le résultat est à la hauteur des ambitions affichées, un roman ample, intelligent, solidement charpenté, qui s’inscrit dans la lignée des grands romanciers américains contemporains, Jonathan Franzen en tête, avec une petite touche d’originalité supplémentaire qui permet à Nathan Hill d’affirmer sa voix.
Nathan Hill. Les fantômes du vieux pays. Traduit par Mathilde Bach, Gallimard, 2016.