J’ai souhaité commencer ma découverte de Tolstoï par ce livre, par le commencement, par ce roman de jeunesse largement autobiographique. L’auteur y raconte les différentes étapes de la vie d’un jeune garçon – comme l’indique le titre – issu de la noblesse russe, dans le contexte de la Russie impériale du XIXe siècle.
Ma première impression – sans doute naïve, car je m’attendais je ne sais pourquoi à un texte complexe – a été celle de la simplicité de la langue. L’écriture est limpide, la lecture fluide et agréable, et l’on suit avec un réel plaisir les premiers pas dans la vie, ainsi que les pensées et les tourments intérieurs qui accompagnent l’enfance puis l’entrée dans l’adolescence de ce jeune homme.
Le lecteur découvre peu à peu cet univers, partagé entre la campagne et Moscou, de cette famille et ses serviteurs. On perçoit déjà chez le jeune Tolstoï une réflexion sur la place de chacun au sein de la société et sur les frontières de classe. Le narrateur appartient au monde des gens comme il faut, une élite sociale pour laquelle la France constitue alors l’épicentre culturel. On lit, on parle et on pense volontiers en français – les choses ont bien changé depuis.
Se peut-il que la vie ait laissé dans mon cœur des traces si profondes que ces pleurs et ces enthousiasmes se soient éloignés de moi à tout jamais ? Se peut-il qu’il ne m’en reste que le souvenir ?
J’ai beaucoup apprécié cette lecture qui évoque, toutes proportions gardées, À la recherche du temps perdu, le récit des premières émotions et illusions d’un jeune homme issu de la bonne société. La comparaison s’arrête là. Si ce texte présente un intérêt réel et annonce déjà de grands textes, il n’atteint pas encore la profondeur et l’ampleur de l’oeuvre de Proust. Il n’en demeure pas moins une entrée accessible et intéressante dans l’univers de Tolstoï.
Léon Tolstoï. Enfance, Adolescence, Jeunesse. Folio, 1975.