Je ne m’intéresse pas particulièrement à La France Insoumise ni à son chef Jean-Luc Mélanchon. Par contre, je me suis toujours posé certaines questions qui ne portent pas sur les idées défendues.
- Comment porter au pinacle la démocratie représentative et diriger son mouvement d’une main de fer, ne pas hésiter à purger ses membres dès la moindre contradiction, bref se comporter en interne comme un autocrate ?
- Comment des personnes intelligentes – pas toutes, mais quand même – peuvent cautionner ce mode de fonctionnement, ces prises de positions parfois délicates et opportunistes, quitte à renier ses propres convictions ?
- Qu’elle est la réelle motivation de ce mouvement et de son guide suprême, améliorer la vie des gens, ou simplement accéder au pouvoir pour satisfaire une ambition – ou par esprit de revanche ?
- Questions subsidiaire, mais pourquoi est-il aussi méchant ?
[…] il est désormais convaincu que les 600 000 voix qui lui manquaient pour atteindre le second tout se trouvent dans les banlieues.
Ce livre de deux journalistes donne un éclairage sur ces questions. On y croise les purgés, comme le couple Garrido-Corbière ou encore celle qui passe désormais pour une modérée, Clémentine Autain. Mais aussi ceux qui les ont remplacé, la nouvelle génération, des personnages sympathiques comme son bras gauche Manuel Bompard – après qu’il ait perdu le droit, Adrien Quatennens suite à une gifle – et sa conseillère en communication et compagne, Sophia Chikirou.
Car Mélanchon ne demande pas seulement la discipline de groupe et la loyauté absolue, mais la dévotion aveugle. Celui qui doute trahit. Chez les insoumis, on n’exprime pas d’inquiétudes, puis les mauvaises nouvelles n’existent pas.
J’ai sur ma pile Le Parrain rouge consacré à Pierre Lambert, le père du mouvement qui porte son nom, l’un des maîtres à penser du chef des insoumis, je suis désormais curieux de le lire sous cet éclairage. Je ne sais pas si j’ai obtenu toutes les réponses à mes questions, mais je n’ai pas été surpris.
Olivier Pérou & Charlotte Belaïch. La Meute. Flammarion, 2025.