Une nuit au musée ratée pour un livre réussi. Christine Angot fait du Christine Angot et elle le fait très bien. Son écriture est ciselée, faite de phrases courtes qui fonctionnent bien et qui s’enchaînent parfaitement. Elle saisit l’opportunité de ce livre pour faire autre chose que ce que l’on attend d’elle dans le cadre de la collection ma nuit au musée. Elle parle toute de même d’art et spécifiquement d’art moderne puisque son choix s’est porté sur La Bourse de Commerce hébergeant une partie de l’immense collection de François Pinault. Elle raconte le microcosme du milieu de l’art parisien qu’elle a fréquenté en devenant pour un temps “la favorite” de l’artiste Sophie Calle. Elle le fait avec de la distance et manifeste une certaine aversion pour cet entre-soi entretenus par un système de cadeaux contre services rendus – elle exprime à peu près la même chose pour le milieu de l’édition. Mais elle revient inévitablement sur le traumatisme de sa vie. Son père, connaisseur d’art, l’amenait au musée avant de commettre l’irréparable.
Mon titre, La Nuit sur commande, je l’ai trouvé tout de suite. Il établissait un tel lien entre la commande éditoriale de passer une nuit au musée et la commande sexuelle à laquelle je pouvais être confrontée à tout moment de la nuit entre mes treize ans et seize ans…
Elle retrace sa vie en accéléré et tisse une jolie parabole avec sa fille Léonore qui est devenue une artiste plasticienne. Un très bon livre que j’ai dévoré et qui peut constituer une très bonne porte d’entrée pour découvrir l’oeuvre de cette écrivaine talentueuse.
Christine Angot. La Nuit sur commande. Stock, 2025.