La vie profonde est le journal de bord d’une expédition scientifique. Rien de plus classique me direz-vous ? Oui c’est vrai, mais il s’agit d’une variante où un invité extérieur à la mission raconte. Ici, c’est le dramaturge et écrivain David Wahl qui a eu cette chance. Le lieu est insolite, les abysses, ou plus exactement les monts hydrothermaux qui évacuent la chaleur de la terre par des cheminées communément appelées des fumeurs. Elles ont été découvertes relativement récemment, prés d’une décennie après que l’homme ait posé un pied sur la Lune. Le site comporte une station de mesure, mais ce n’est pas l’ISS, le seul à descendre pour l’entretenir est le drone sous-marin Victor piloté depuis le navire de l’Ifremer le Pourquoi pas ?. Comme on le sait, cet environnement qui semble pour nous humains extrêmement hostile, abrite une faune étonnante que l’on croirait tout droit venue d’une planète extraterrestre.
Du violet, du vert, du rose. De telles couleurs, personne à bord n’en avait vu depuis une siècle ! Un jardin de corail. Des coraux d’eau froide. Des couleurs si vives, dans un endroit où aucune lumière ne vient les révéler. Il y a une sorte de gratuité dans la nature face à laquelle la raison reste muette. Elle aussi doit aimer faire des choses pour la seule beauté du geste.
David Wahl. La vie profonde: Une expédition dans les abysses. Arthaud, 2023.