Nina Allan n’est pas une autrice de polars. Jusqu’ici, elle s’est surtout illustrée dans les littératures de l’imaginaire et les romans d’anticipation. Les bons voisins, que l’on pourrait ranger du côté du roman noir, a bénéficié d’un certain écho lors de sa sortie, suffisant pour piquer ma curiosité. Bien m’en a pris, car il s’agit d’une très belle découverte.

Toute intrigue policière doit comporter une fausse piste, c’est la règle.

S’il est bien question d’un meurtre, le livre n’est pas à proprement parler un roman policier. Il s’agit plutôt du récit d’une enquête menée par une proche de la victime, une jeune photographe fascinée par les lieux où ont été commis des crimes. En se replongeant dans cette affaire ancienne – un cold case – l’enquête fait remonter souvenirs et zones d’ombre.

Fidèle à ses thèmes de prédilection, Nina Allan ne résiste pas à l’envie d’introduire une discrète touche de fantastique, qui vient troubler la rationalité du récit – la polysémie du titre illustre cette dualité. Cette aspect, très discret, installe une atmosphère d’étrangeté diffuse et interroge notre rapport au réel.

La plupart des gens cessent d’être sensibles au merveilleux avant d’être à moitié adultes.

Loin des codes classiques du genre, Les bons voisins apporte un vent de fraîcheur en mêlant enquête, quotidien et introspection. Ce livre m’a rappelé l’univers de Laura Kasischke et m’a donné envie d’en découvrir d’autres.


Nina Allan, Les bons voisins, traduit par Bernard Sigaud, Tristram, 2025