Noir

Tokyo Vice

Jake Adelstein est, comme il se définit lui-même un juif américain, mais au pays du soleil levant, il n’est qu’un gaijin. Ce gaijin, à peine ses études terminées, a réussi la prouesse d’être embauché dans l’un des plus prestigieux quotidien du pays, le Yomiuri. C’est à ce point un exploit que les japonais ne le croyaient pas. Après des débuts à couvrir des petites affaires locales il s’est spécialisé dans le monde de la nuit.

Le meurtre de Roger Ackroyd

Allez, je l’avoue, c’est l’envie de lire Pierre Bayard et son Qui a tué Roger Ackroyd ?1 qui m’a poussé à ouvrir ce grand classique du roman policier. En me documentant, j’ai appris qu’il fait partie d’une catégorie spécifique de romans policiers appelée whodunit, littéralement qui l’a fait – ça a l’air évident, mais je ne connaissais pas. Ce roman est donc centré sur la résolution de l’énigme et se présente un peu comme un jeu pour le lecteur qui dispose des mêmes indices que l’enquêteur, mais devra déjouer les nombreuses fausses pistes vers lesquelles l’aiguille le narrateur.

Un tueur sur la route

James Ellroy se met dans la peau d’un tueur en série et nous raconte son histoire. Ce livre est le récit réalisé par un tueur de son épopée sanglante. La narration est donc à la première personne. Elle est ponctuée par des extraits de journaux, de rapports de police et du journal d’un enquêteur. Pour un livre de James Ellroy, il est très accessible car il y a peu de personnages – il croisera tout de même la route d’une célébrité plutôt flippante elle aussi : Charles Manson – , ou en tout cas ils ne sont pas présents très longtemps … Le tueur est un personnage complexe à la fois très intelligent et extrêmement violent.

Le diable de Milan

Sonia est une jeune physiothérapeute. Depuis quelques temps, sa vie s’est délitée, elle est séparée de son mari, un jeune homme ayant réussi dans la finance. Puis, les sorties, l’alcool, les drogues jusqu’à une expérience avec du LSD qui lui a laissé des séquelles. Cette drogue a réveillé en elle une synesthésie latente. Depuis, elle voit des voix et sent des couleurs. C’est pour se reconstruire qu’elle a décidé de partir travailler dans un village de montagne.

La taupe

Lors de la sortie du film, au lieu de faire comme tout le monde en allant passer quelques heures assis dans une salle obscure, je me suis mis en tête de lire le livre. Pour avoir lu plusieurs de ses romans, je connaissais et j’appréciais le travail de John le Carré. Je pense que mes lectures datent un peu car j’avais oublié la complexité de ses romans d’espionnage. Ce n’est pas vraiment l’intrigue qui est complexe bien que ces histoires d’agents doubles ne coulent pas toujours de source.

L'Eté de cristal

L’été de cristal est le premier volet d’un triptyque, connu sous le nom de La trilogie berlinoise, qui a pour protagoniste principal un détective privé dénommé Bernhard Gunther. Pour l’instant ça ne fait pas rêver, on se croirait presque dans un épisode de Derick mais attendez la suite. La particularité réside dans le contexte servant de cadre à ces histoires. Elles se déroulent en Allemagne pendant le IIIme Reich. L’été de cristal / la nuit de cristal, le parallèle est plutôt facile voire un peu grossier.

La vie secrète de E. Robert Pendleton

Ce roman débute comme l’un de ces nombreux romans se déroulant dans une université américaine. Les protagonistes sont E. Robert Pendleton dans le rôle du professeur frustré qui n’a jamais pu percer en tant qu’écrivain et Adi dans le rôle de la jeune étudiante pulpeuse éprise de littérature. Pour compléter ce duo, il manquait le poil à gratter, l’élément perturbateur. Il va apparaître sous les traits d’un écrivain sans talent mais devenu célèbre depuis que lui et le professeur Pendleton suivaient les mêmes cours à l’université.

Sukkwan island

J’avais lu un peu partout qu’il s’agissait d’un livre très noir. J’ai pris cet avertissement à la légère en me disant que j’en avais vu d’autres: American Psycho et les livres de James Ellroy sont deux exemples qui me viennent à l’esprit. Et puis Sukkwan island est quand même publié par les éditions Gallmeister, grands spécialistes du genre nature writing qui n’a pas pour caractéristique principale de raconter des histoires sordides.

Un lieu incertain

C’est déjà le huitième roman de Fred Vargas mettant en scène son désormais célèbre commissaire Adamsberg. Ce succès n’est pas dû au hasard et force est de constater que le concept ne s’émousse pas avec le temps, il a même tendance à s’améliorer. Pour chacun de ses romans, Fred Vargas semble partir de quelque chose qui l’intrigue, l’étonne ou l’a fait rêver. Dans son précédent roman, Dans les bois éternels, il s’agissait de l’os se trouvant dans le coeur du cerf.

La Princesse des glaces

Dans ce polar, celle qui joue le rôle de la détective est Erica Falck, une romancière suédoise – tient comme l’auteur. L’intrigue se déroule à un époque contemporaine dans un petit village suédois au nom imprononçable de Fjällbacka. Une jeune femme originaire du village est retrouvée morte dans sa baignoire dans une posture qui évoque le suicide, les poignets entaillés par une lame de rasoir. La porte de la maison est restée ouverte, l’eau a gelé – je vous rappelle que nous sommes en Suède – ce qui nous donne une belle référence au titre du livre.

Eloge de la pièce manquante

L’auteur du roman Les falsificateurs avait écrit, avant ce succès, un curieux livre. S’il s’agit bien d’un roman policier, sa forme est d’une très grande originalité. Il est composé de divers supports dont l’auteur maîtrise manifestement bien les codes: correspondances, comptes rendus de réunion, interviews, articles scientifiques, économiques, fait divers, etc. Chacun de ces éléments compose les pièces d’un récit dont le thème central est non moins original puisqu’il s’agit du puzzle.

Le maître des illusions

Encore une sombre histoire se déroulant sur le campus d’une université qui fait immanquablement penser au livre de Bret Easton Ellis Les lois de l’attraction1. Ce n’est pas un hasard, Donna Tartt et le célèbre romancier se sont connus lorsqu’ils étaient étudiants dans la même université du Vermont. Elle dit d’ailleurs que c’est à cette époque qu’elle a démarré la rédaction de son livre qui a duré près de dix ans.

Moloch

En apercevant sur l’étal d’un bouquiniste ce titre caractéristique de la série noire se détachant en lettres jaunes sur fond noir quelque chose a résonné en moi. Moloch, ce titre me parlait. Je pense que la première image qui m’est venue à l’esprit est celle de ce drôle de petit lézard couvert de pointes qui vit dans le désert australien – de son vrai nom, après avoir fait la recherche sur Wikipédia, Moloch horridus.

Noir océan

Neuf hommes embarquent depuis l’Islande sur un cargo direction le Surinam. Chacun, ou presque, emporte avec lui pour ce périple un lourd fardeau ou de profondes blessures. Contrairement à un équipage classique, tous les marins n’ont pas le même intérêt à ce que le voyage aille à son terme. Les ambitions personnelles et les conflits d’ordre professionnel vont venir bousculer l’ordre des choses et compliquer une traversée qui ne s’annonçait pas sous les meilleurs auspices.

Les Six jours du Condor

C’est un roman de jeunesse de James Grady rendu célèbre par la suite grâce à son adaptation au cinéma sous le titre Les trois jours du Condor – bizarre les jours ont été divisés par deux, il faut que ça aille vite au cinéma. Nous devons cette adaptation à Sydney Pollack qui avait bien choisi ses acteurs pour les deux rôles principaux: Robert Redford et Faye Dunaway. Bref revenons au livre.

Le club des policiers yiddish

On plonge dans ce roman de Michael Chabon comme dans les eaux glacées de l’Alaska. Les premiers moments sont douloureux et l’on ressent d’emblée un profond étourdissement. On est submergé par les dialogues colorés truffés d’expressions yiddish – à tel point que le livre dispose d’un glossaire. On ne sait pas trop où l’auteur veut en venir puis, aux détours de ses circonlocutions, commence à émerger la trame de l’histoire.

Les âmes grises

J’avais attendu longtemps avant de lire ce livre, il était là tout proche prenant, depuis de longs mois déjà, la poussière sur l’une de mes étagères. C’est un livre que j’avais acheté d’occasion, je ne sais pas ce qui a poussé son ancien propriétaire à le revendre mais je ne pense pas que ce soit lié à la qualité du texte. Après l’avoir lu, j’ai dû encore attendre longtemps avant de m’atteler à la rédaction de ce billet tant la claque je j’avais reçu lors de la lecture des âmes grises était grande.

Julius Winsome

Julius Winsome vit seul, dans son chalet isolé au fin fond du Maine. Sa seule compagnie, son seul ami est son chien Hobbes. Jusqu’ici rien de neuf. Si ce n’est que dans son chalet se trouvent plus de trois mille livres qu’il a hérité de son père qui avait l’habitude de lire au coin du feu. Pour ne rien vous cacher et comme vous vous en doutez en voyant que ce livre est publié dans la collection «Roman Noir» de chez Points, il va y avoir du sang.

Bad Monkeys

Avant ce Bad Monkeys, j’avais lu deux livres de Matt Ruff: Un requin sous la lune0 et *La proie des âmes *1. Ces deux livres partagent avec Bad Monkeys une grosse dose d’originalité frisant la loufoquerie. Il faut donc une bonne ouverture d’esprit pour apprécier l’oeuvre de cet auteur américain. Cette fois, j’ai du en manquer … Pourtant, j’avais adoré Un requin sous la lune dans lequel on croisait, parmi bien d’autres choses étranges, la tête d’Ayn Rand ramenée à la vie par des ordinateurs ou un sous-marin rempli d’écologistes.

L'absolue perfection du crime

L’absolue perfection du titre ! Encore un de ces titres qui déclenche l’achat d’un livre. C’est ce qui m’est arrivé. Ce titre froid et tranchant m’a tapé dans l’oeil ou dans l’oreille, l’impression de l’avoir déjà entendu quelque part. Si le titre m’a séduit, l’illustration de couverture a franchement modéré mon enthousiasme. Une rade brumeuse où l’on aperçoit, juste à côté d’un hangar en tôles rouillées, l’avant d’une Citroën C15 – blanche évidemment.

Le Pingouin

Victor est un écrivain qui partage un T2 avec un animal de compagnie original prénommé Micha. Victor a recueilli ce pingouin lorsque le zoo de Kiev a rencontré quelques difficultés pour nourrir ces pensionnaires. Micha a donc trouvé asile dans le T2 exiguë de Victor. Si celui est plutôt modeste, il bénéficie tout de même d’une baignoire permettant au pingouin de prendre des bains d’eau froide salvateurs. Car un pingouin n’est pas habitué à subir la chaleur ukrainienne – mettre chaleur et Ukraine dans la même phrase c’est quand même étrange.

Le fantôme de Baker Street

Ce roman met en scène deux jeunes détectives aux profils bien opposés. Le premier, James Trelawney, est un athlète plutôt du genre coureur de jupons. Le second, Andrew Singleton, est un féru de littérature. Etrangement, lors de cette aventure, ce n’est pas la force qui sera le plus grand atout de ce duo mais bien l’érudition du jeune Andrew. Cette connaissance lui sera précieuse lorsqu’il tentera de dénouer le mystère entourant une série de meurtres reproduisant à l’identique ceux perpétrés par des personnages restés dans les mémoires: Jack l’éventreur, Dorian Gray, Dr Jekyll / Mr Hyde et même le comte Dracula.

La Mémoire Fantôme

Mathématiques, tueur en série, maison hantée, amnésie et technologie, c’est le cocktail alléchant que nous propose Franck Thilliez dans son nouveau roman. Après avoir reçu le prix SNCF du polar français 2006 pour La chambre des morts, il reconduit son héroïne Lucie Henebelle dans une nouvelle enquête difficile. Le professeur va refaire surface des années après ces précédents meurtres. Bizarre, car ce n’est pas l’habitude des tueurs en série de stopper, si longtemps, leur activité.

Crime

Ce roman ne sort pas de l’imagination du journaliste et écrivain américain Meyer Levin. Il relate une histoire vraie dans laquelle seuls les noms des personnages ont été changés. Ce roman est d’ailleurs l’un des premiers romans documentaires ou romans basés sur des faits réels. Truman Capote réalisera plus tard un roman du même genre, le célèbre De sang-froid1. Meyer Levin connaît très bien l’histoire qu’il raconte car il étudiait dans la même classe que les deux jeunes hommes tenant les premiers rôles de son roman : Nathan Freudenthal Leopold Jr.

1280 âmes

Bienvenue dans la plus petite librairie de Paris. Son principal occupant y reçoit de nombreux farfelus qu’il aide, moyennant finance, à assouvir leur passion de bibliophiles acharnés. Pour arrondir ses fins de mois, il lui arrive parfois d’accepter des petits boulots allant de l’élaboration de bibliographies à l’écriture de rédactions pour collégiens en manque d’inspiration. Un jour, l’un de ses clients va lui faire une demande plus étrange que les autres.

Le bibliothécaire

Un simple bibliothécaire d’université, David Goldberg, se retrouve par hasard au service d’un riche vieillard. Ce dernier souhaite utiliser les compétences de bibliothécaire de David pour effectuer du classement dans ses nombreux dossiers. Le vieillard en question se trouve être l’un des éléphants d’or du parti Républicain des États-Unis (on appelle éléphants d’or les plus gros bailleurs de fond du parti républicain des États-Unis dont le symbole est un éléphant). L’histoire qui, comme vous l’aurez compris, a pour cadre les États-Unis se déroule pendant une élection présidentielle.

La caverne des idées

Héraclès Pontor est l’alter ego antique du détective Hercule Poirot. Cette profession portait à cette époque le nom bien plus poétique de «déchiffreur d’énigme». Un éphèbe est retrouvé mort, le corps couvert de profondes lacérations. Ses blessures donnent à penser qu’il a certainement été attaqué par des loups. Héraclès est sollicité pour examiner le cas, par un des plus fidèle disciple du grand Platon. Le détective et son employeur ont des idées diamétralement opposées et n’auront de cesse de s’affronter sur le plan philosophique tout au long de l’enquête.

Dans les bois éternels

Je n’ose rien dévoiler de l’intrigue pour ne pas gâcher le plaisir de lecture. Je peux seulement divulguer que le commissaire aménage dans une maison qui est, selon son voisin – un vieil italien manchot –, hantée par une sainte ayant tuée de ses mains sept femmes avant de périr sous celles d’un tanneur et qu’un nouvel élément, une vielle connaissance du commissaire, vient ajouter sa pierre à la déjà très hétéroclite brigade.