Les enquêtes familiales ont été particulièrement présentes dans la production littéraire de l’année 2025. Ce livre fait partie des plus remarqués – avec Kolkhoze, La maison vide et Le Bel Obscur – et je comprends pourquoi. La jeune chercheuse Adèle Yon s’intéresse à son arrière-grand-mère Élisabeth surnommée Betsy. Pour faire court, elle souffrait de graves problèmes psychologiques. Toute la famille était au courant, mais personne n’en parlait, une omerta familiale. Alors, Adèle, qui se posait des questions sur sa propre santé mentale, a décidé d’ouvrir la boîte des secrets en explorant les archives, en interrogeant la famille, en menant un véritable travail d’enquête. Je ne veux pas trop en dire, mais ce qu’elle a découvert est glaçant, très dur pour elle et pour sa famille et même pour le lecteur.
Cela implique donc que diminuer cognitivement ou affectivement un individu a dans certains cas moins d’importance que de le rendre conforme eux exigences de la communauté sociale.
On peut sans trop se tromper considérer que son aïeule n’a pas été un cas isolé. Le livre a donc une portée qui s’étend au-delà du cercle familial et qui révèle une partie de l’histoire de la santé mentale et du sort particulier réservé aux femmes. Un livre très bien écrit, difficile – il faut avoir le moral –, mais courageux et important.
Adèle Yon. Mon vrai nom est Elisabeth. Éditions du sous-sol, 2025.