Le couple avec famille recomposée au bord de l’explosion qui va se retrouver dans une situation inconfortable pour les vacances – en tout cas, on l’imagine. Ça promet. Le début est à la fois drôle, on a tendance à voir l’exagération, mais on n’est pas si loin de la réalité. Il y a un côté grinçant bien marqué et Sophie Divry n’est pas loin de mépriser ses personnages – elle a nommé le mari Daubard. En même temps ils représentent – de façon caricaturale – un certain type de famille contemporaines, le couple, chacun avec un enfant d’une précédente union, qui compte sur les vacances pour agir comme une ardoise magique qui va tout effacer.
En aménageant ensemble, le couple avait dû faire ce qu’on appelle un compromis. Isabelle en acceptant de vivre dans un quartier peu côté, Xavier en se résignant au bruit de la circulation. Compromis qui les laissait tous les deux insatisfaits et arrachés à leur goût profond, même s’il est convenu de considérer ce genre d’aliénation comme une forme supérieure de maturité.
Ce que j’ai bien aimé, c’est que c’est de la vraie fiction, pas un genre d’autofiction, même le village de montagne n’existe pas. Les personnages pourraient paraître stéréotypés, mais on est embarqué et il nous tarde de savoir ce qui va leur arriver. J’ai lu le livre très rapidement, c’est fluide et agréable à lire – je dois avoir un côté malsain. Sophie Divry parvient à créer des ambiances qui fonctionnent très bien avec un texte simple, mais pas minimaliste. C’est un livre grand public et je trouve qu’elle arrive parfaitement à déjouer les pièges pour ne pas tomber dans la facilité. Avec malice, elle joue avec les anticipations du lecteur et les déjoue régulièrement. J’avais lu Sophie Divry il y a très longtemps, son premier livre, La cote 400, j’ai désormais envie de lire La Condition pavillonnaire.
Sophie Divry, La cote 400, Actes Sud, 2026.