C’est une nuit au musée qu’Éric Reinhardt a choisi de passer à la villa Borghèse de Rome, aux côtés de l’Hermaphrodite endormi.
Un garçon est né, en Crète, d’Hermès et d’Aphrodite, connus à Rome sous les noms de Mercure et de la déesse de Cythère. […] On peut reconnaître dans son visage les traits de son père aussi bien que les traits de sa mère. C’est aussi de ses deux parents qu’il tira son nom Hermaphrodite.
Cette sculpture, restaurée par Le Bernin, dont un autre exemplaire se trouve au musée du Louvre, est le point de départ d’un curieux petit livre. Éric Reinhardt est à la fois romancier et éditeur de livres d’art, et il entremêle ici ses deux activités, il fait découvrir au lecteur les sculptures du Bernin, notamment L’Enlèvement de Proserpine et Apollon et Daphné, ainsi que les tableaux du Caravage, tout en glissant entre ces descriptions une courte histoire de fiction.
La figure de l’hermaphrodite est également l’occasion d’une réflexion sur le genre très contemporaine.
Être chacun et chacune des deux sexes, à égalité, voilà ce qui serait l’idéal.
Difficile de se prononcer sur un livre qui répond à une commande – voir ce qu’en a fait Christine Angot dans La Nuit sur commande. L’écriture sous contrainte a ses avantages, mais aussi ses limites, et on sent peut-être ici davantage l’exercice que le roman. Reste le plaisir d’entrer dans un musée la nuit en compagnie d’un auteur érudit.
Tu imagines si depuis la nuit des temps, on avait été ainsi, homme et femme tout à la fois. Tout serait différent.
Éric Reinhardt. L’imparfait. Stock, 2026.