Cette dame sur la couverture me faisait de l’oeil depuis un moment. Les vacances sont l’occasion de s’attaquer à des monuments. Il faut lire les classiques, même s’ils sont intimidants et peuvent passer pour ennuyeux. Je suis convaincu qu’une partie de la mauvaise réputation dont ils souffrent est liée à un traumatisme scolaire. Avec un peu de recul — beaucoup dans mon cas —, on s’aperçoit que Stendhal est étonnamment moderne. Il fait partie des pionniers du réalisme, ce mouvement qui succède au romantisme et cherche à représenter la société et les hommes tels qu’ils sont. Stendhal n’hésite pas à s’adresser directement au lecteur, à commenter son récit et à jouer avec les conventions du roman.
Le lecteur trouve cette conversation longue : pourtant nous lui faisons grâce de plus de la moitié ; elle se prolongea encore deux heures.
Celui que Stendhal appelle le héros, c’est Fabrice. Aventurier, trublion, il est celui par qui les choses arrivent, le catalyseur qui précipite les événements. Mais, côté cour, la véritable héroïne est, selon moi, la duchesse. Là où Fabrice agit au grand jour, elle manoeuvre en coulisses et tire les ficelles.
S’il te vient une raison brillante, une réplique victorieuse qui change le cours de la conversation, ne cède point à la tentation de briller, garde le silence ; les gens fins verront ton esprit dans tes yeux.
J’ai beaucoup aimé ce mélange d’aventures et d’intrigues de cour. Le récit oscille entre ces deux registres classiques de la littérature, passant de l’action aux manoeuvres politiques et sentimentales. C’est vivant, divertissant et particulièrement agréable à lire.
Stendhal. La Chartreuse de Parme. Folio, 1962.