Pourquoi avoir choisi pour sa “nuit au musée” de visiter Beaubourg (le Centre Pompidou) pendant sa rénovation, qui doit durer cinq ans ? Les oeuvres ont été décrochées et rangées dans des caisses. Luz nous donnera l’explication à la fin de l’ouvrage. Je vous laisse la découvrir — et non, ce n’est pas parce que les caisses sont plus faciles à dessiner que les oeuvres.

Ces caisses lui rappellent les cercueils de ses amis assassinés le 7 janvier 2015. Dans ce lieu de désolation, les réminiscences sont inévitables. Luz pense à ceux qui ne sont plus là, mais aussi à lui-même, qui a miraculeusement échappé aux terroristes.

En retard, tiens donc…

Le format de cette visite, avec ses notes prises sur le terrain, lui rappelle également ses reportages. C’est l’occasion d’évoquer ses techniques de travail, sans oublier les anciens et leurs conseils, qui continuent de l’accompagner.

La pertinence d’un éclat de rire aussi est périssable. C’est pour elle que nous devions dessiner. Pas pour laisser une trace. Un “artiste” à Charlie, c’était forcément un mégalo qui roulait du cul. Nous, on passait nos journées le dos courbé sur nos planches à dessin, pas pareil.

Sans surprise, Luz se révèle aussi habile avec les mots qu’avec les dessins. La narration est déstructurée, faite de souvenirs et de digressions, mais cette forme convient au propos et correspond à ce que l’on attend de cette collection. Malgré les circonvolutions, les digressions, le récit tourne autour du traumatisme du 7 janvier, à l’absence des amis disparus et à cette vie qui continue, malgré tout.


Luz. Un diamant dans les gravats. Stock, 2026.