Et quelquefois j'ai comme une grande idée

Et quelquefois j’ai comme une grande idée est un de ces romans qui semblent embrasser toute la condition humaine. On y trouve une trahison initiale, la famille, le travail, la culpabilité, l’orgueil, la fraternité, la rivalité, le poids de l’héritage, bref, tout ce qui fait l’essence de la tragédie. C’est sans doute l’un des plus grands romans que j’ai lus. On connaît surtout Ken Kesey pour l’adaptation au cinéma de son livre, Vol au-dessus d’un nid de coucou, mais ce roman révèle un écrivain d’une ambition et d’une maîtrise exceptionnelles. Il ne se laisse pas enfermer dans le carcan de la narration, refuse de rester dans ses rails – on est aux antipodes des constructions stéréotypées. Les points de vue se déplacent sans prévenir, le narrateur change de perspective, les voix s’entremêlent, le temps se contracte ou s’étire. Mais cette liberté n’a rien d’un exercice de style et ne gène pas la lecture. Kesey ne cherche pas à impressionner, il cherche à insuffler davantage de vie à ses personnages. Et il y parvient avec énormément de force. ...

25 juil. 2026 · #1000 ·  Roman  ♥