Quand j’écris famille, allez savoir pourquoi, je mange le m – on lit faille.
La faille n’est pas un roman, mais plutôt un recueil de réflexions. Son thème central, la famille et son impact sur l’individu, sert de point de départ à une exploration très personnelle. Le livre aborde de nombreux sujets, ce qui pourrait lui valoir le qualificatif de “fourre-tout”, mais c’est aussi ce qui fait sa richesse. Blandine Rinkel parsème son texte de références culturelles, notamment au cinéma et à la littérature. Certains titres m’étaient familiers, comme Proust, roman familial, les romans d’Édouard Louis ou encore Mars de Fritz Zorn. D’autres, comme l’histoire de la mystérieuse communauté parisienne “Famille” racontée dans La Famille, itinéraires d’un secret a piqué ma curiosité.
Le début du livre m’a beaucoup parlé, j’ai trouvé qu’elle tapait juste. Le propos, bien que décousu, s’inscrit dans la logique d’une sorte de journal intime rendu public.
Sauver a, en tout cas, pour définition de faire échapper quelqu’un à un grave danger. Celui qui menaçait Philippe [le père du compagnon de l’autrice], Laure Murat ou Fritz Zorn, ce qui nous menace si souvent, c’est l’assèchement de nos désirs profonds. La cadavérisation d’une personne, par le groupe auquel il appartient, la norme et son autorité. Le danger, c’est le gel de soi.
Mais mon intérêt a décliné au fil de la lecture. La seconde moitié du livre est soit moins réussie, soit j’y ai été moins sensible. Je considère tout de même cette lecture comme une très bonne expérience.
Blandine Rinkel. La faille. Stock, 2025.