Après la lecture de Zone de crise, je m’étais procuré les deux premiers tomes Maximal Spleen et ce Magical Ecstasy Trip. J’avais été déçu par le premier – je n’en ai pas parlé ici –, mais j’ai bien apprécié la lecture du second. Il faut dire que je suis bon public pour ce genre de bêtises, ça m’amuse beaucoup.
Bon, quel est le programme ?
Se bourrer la gueule et aller se baigner une fois qu’on sera bien saouls.
Cette bande de personnages sont des stéréotypes plutôt bien trouvés. Les rassembler dans une même pièce suffit à créer des situations explosives. Le recueil présente des histoires de longueur variables. On a presque de la peine à voir Owl, celui qui incarne le plus la raison, essayer tant bien que mal de contenir un tant soit peu la bande de dégénérés qui lui tient lieu de bande de pots. On retrouve la glande, la défonce, le sexe, la violence et plus largement le grand n’importe quoi. Puis, parmi ce qui ressemble à s’y méprendre à un tas d’inepties, il y a parfois une fulgurance, un sentiment qui sonne juste qui émerge de ce tas d’ordures – un peu comme une fleur qui aurait poussé sur un tas de fumier. C’est le cas par exemple lorsque Simon Hanselmann représente graphiquement de façon très juste les crises d’angoisse de Megg. Son dessin, qui semble au premier coup d’oeil être des plus basiques, prend alors plus d’ampleur et met en valeur ces personnages qu’il est impossible d’oublier lorsqu’on les a croisé une fois.
Simon Hanselmann. Megg, Mogg and Owl 2: Magical Ecstasy Trip. Misma, 2015.