Je connais quelqu’un qui était dans la même promotion à SUPAERO que Thomas Pesquet. Il me disait “En plus d’être beau gosse et intelligent, il était même meilleur que nous au foot. Et le pire, c’est qu’on ne pouvait même pas lui en vouloir parce qu’il était sympa.” Ce côté gendre idéal qui semble tout réussir avec aisance et modestie – et qui est quand même très énervant pour le commun des mortels – est l’un des aspects qui ressort de la BD de Marion Montaigne. Mais ce serait mal connaître l’autrice que de croire qu’elle a signé une hagiographie. Elle trouve toujours le moyen de désacraliser le mythe, une raie des fesses à l’air, un pet dans la combinaison, et voilà tout le monde ramené les pieds sur terre.

Je ne voudrais pas réduire son talent à ces seules facéties. Elle n’a pas son pareil pour raconter une histoire. La BD est un pavé, mais les pages se tournent avec un plaisir constant, sans jamais ressentir la moindre lassitude. La raison de ce succès ne tient pas qu’à son humour – ce serait trop simple. Derrière les blagues et les dessins loufoques, il y a un vrai travail de vulgarisation – dans le bon sens du terme – et une solide compréhension des questions scientifiques qu’elle aborde. Son imagination galopante lui permet d’illustrer les concepts de façon à la fois originale et simple à comprendre. La vielle recette apprendre en s’amusant fonctionne toujours aussi bien.

L’ouvrage revient d’ailleurs dans l’actualité avec la parution de Space Montaigne, consacré aux coulisses de sa collaboration avec l’astronaute. Rien que la couverture mérite le détour.


Marion Montaigne. Dans la combi de Thomas Pesquet. Dargaud, 2017.