Si vous n’êtes pas allergique aux zombies, à l’humour de bistrot, aux gangsters et à une bonne dose de violence gratuite, vous pouvez continuer la lecture de ce billet. Le Goon est une brute épaisse, une sorte de Hellboy chef de gang – le démon rouge fait d’ailleurs une apparition dans le tome 3 de la série. C’est donc un gangster tenant en respect une partie de sa ville. Il n’est pas du genre à se répendre en parole, il préfère de loin distribuer des bonnes dérouillées. Sa cible de prédilection est l’homme sans nom, le prêtre zombie qui lève des armées à partir de cadavres fraîchement déterrés. Malgré son caractère de mule, le Goon n’est pas un solitaire. Il ne sort jamais sans son pot Franky, sorte de petit teigneux à la Joe Pesci. Une fois les dettes perçues et les baffes distribuées ils retrouvent Spider, Merle et Steve le puant pour écluser quelques bières et taper le carton. Si malgré tous mes efforts vous n’avez pas perçu l’ambiance si particulière de la série, je vous livre un petit dialogue qui aura le mérite de clarifier les choses (C’est Franky qui démarre la conversation en s’adressant au Goon à propos d’un vampire qui vient de tenter de les attaquer) :

– Tu penses à ce que je pense ?
– Vu que t’es le gars qui a inventé le célèbre sport d’hiver des boulettes de corned-beef du manitoba, j’en doute.
– Je pensais l’attacher sur le capot de la voiture et lui mettre le feu.
– En fait j’y pensais aussi.

Pour peu que l’on accroche à cet univers déjanté, The Goon est une super BD. On est en plein dans la série Z, c’est efficace et jubilatoire. En plus de ça, ce premier tome – contrairement au second – a du fond. Il s’intéresse, au delà des scènes d’action, au passé du Goon. Je ne sais pas si c’est dû au travail éditorial de la maison Delcourt mais la qualité des recueils fluctue il y a du très bon et du juste passable comme certaines histoires courtes. J’ai adoré les dessins très cartoon, les couleurs chatoyantes et l’humour omniprésent. Une très bonne série si vous cherchez une histoire de mafia chez les zombies – en même temps il n’y a pas grand monde qui recherche ça.


Eric Powell, The Goon #1 : Rien que de la misère, Delcourt, 2005, 160 p, Amazon.