Je vous demande alors de conserver à l’esprit cette phrase toute simple que je tiens de mon père et qu’il utilisait pour minorer les fautes de chacun: «Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon.» Que Dieu, s’il vous voit, vous bénisse.

Tous les livres de Jean-Paul Dubois ne se valent pas. Celui-ci n’est pas un mauvais livre, loin de là, mais j’ai été surpris d’apprendre qu’il figurait dans la liste du Gongourt 2019 et que les journalistes spécialisés le considéraient comme un candidat sérieux. C’est là ou nos avis divergent. Il s’agit d’un livre typique de Jean-Paul Dubois tout à fait classique et même plus conventionnel et moins réussi que certains autres – j’ai largement préféré Le cas Sneijder par exemple. Je le considère comme un livre grand public plaisant à lire, sans plus. Le problème majeur vient du procédé de narration. Je ne vais rien dévoiler de l’intrigue puisque cette situation est décrite dès les premières pages dans un incipit très réussi – c’est d’ailleurs ces premières lignes qui m’ont donné envie de lire ce livre. Le narrateur, qui est aussi le personnage principal du roman, est en prison. Toute la trame du roman va consister à retracer son histoire et les évènements qui l’ont mené là. La narration alterne entre 14 de présent dépeignant un quotidien en prison pas très intéressant et un 34 de récit du passé, dépourvu de cet humour qui égaye souvent les livres de Dubois, qui se veut original sans trop y parvenir. Le tout me semble être assez cousu de fil blanc.

Jean-Paul Dubois est un auteur que j’apprécie – en plus il est toulousain ce qui ne gâte rien, bien au contraire – je lui reproche ici d’appliquer toujours les mêmes recettes sans faire preuve de beaucoup d’inventivité. Il paraît qu’il écrit toujours ses livres de la même façon – j’arrête avec les rappels du titre pas très heureux lui non plus –, toujours en un seul mois, pendant le mois de mars. Il devrait peut-être essayer de changer de méthode.

Mise à jour

Petite mise à jour post-Goncourt. Il a eu le Goncourt et c’est une très bonne chose qui récompense, plus que ce seul livre peut-être et de façon très méritée, l’ensemble de son oeuvre.


Jean-Paul Dubois, Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon, Editions de l’Olivier, 2019, 256 p, Amazon.