Le livre ressemble au récit d’un rêve ou plutôt d’un cauchemar. Mais pas de n’importe quel cauchemar, celui dont on se réveille en sueur, avec une impression amère et tenace de réalité. Dans ce genre de cas, la rémanence de ce malaise est souvent assez longue et l’on peine à s’en remettre.

Le début du livre est enthousiasmant, l’atmosphère est particulièrement prenante. On est tout de suite plongé dans un univers subtilement étrange. Le subtilement a son importance car il pique la curiosité, on ne voit pas les grosses ficelles et on n’a qu’une envie, celle de tourner les pages. Cet effet est atteint par la combinaison de l’histoire et de l’écriture alliant modernité et usage de mots de savants. On n’est pas dans l’horreur, mais on tourne autour.

Leurs pas claquent sur le goudron brillant de pluie, l’air a cette qualité transparente et frêle qu’il a toujours, au-dessus des routes, quand il s’est arrêté de pleuvoir.

Par certains côté et notamment la chasse, pratique ancestrale mais controversée, j’ai pensé à la BD Battue et à un roman de Fred Vargas, L’armée furieuse. J’avoue que mon enthousiasme initial s’est érodé au fil de la lecture, mais l’écriture et l’univers de Phoebe Hadjimarkos Clarke sont prometteurs pour la suite.


Phoebe Hadjimarkos Clarke. Aliène. Éditions du sous-sol, 2024.