À 14 ans – autrement dit au seuil de l’adolescence – les membres des familles tengu, ces créatures issues du folklore japonais, doivent observer une année de retraite. C’est dans ce cadre que le jeune héros rejoint son frère à la campagne. Là, loin du tumulte, il apprend à vivre autrement, au rythme des saisons, au contact direct de la nature, et surtout à travers la cuisine. Récolter, préparer, attendre, autant de gestes simples qui deviennent ici essentiels. On ne peut s’empêcher de penser que ce type de parenthèse ferait du bien à bien des familles.

Ce premier tome joue clairement le rôle d’introduction. Il pose les bases, un univers, des personnages, une atmosphère sans chercher à précipiter les choses. L’intrigue reste en retrait, au profit d’un apprentissage lent et contemplatif, ponctué de recettes aussi appétissantes que soigneusement détaillées. Mais cette relative simplicité est largement compensée par la qualité des dessins. Précis, élégants, ils participent pleinement au plaisir de lecture et donnent corps à cette immersion dans un quotidien apaisé.

Un premier tome qui prend le temps de s’installer – peut-être un peu trop pour les lecteurs en quête d’action – mais qui laisse entrevoir une suite plus développée – une mise en bouche, en quelque sorte.

P.-S.: Merci à ma fille, grande spécialiste des mangas gastronomiques, pour ce très bon conseil.


Ai Tanaka. La cuisine du Tengu T1. Le Lézard noir, 2025.