Le moustiquaire de Berlin

L’album dont je vous parle est le lauréat de la deuxième édition du concours de bande dessinée Glénat / Arte. Ce concours prône l’ouverture et se tourne résolument vers l’avenir car il est européen et n’est ouvert qu’à des auteurs n’ayant jamais publié. J’avais lu, à sa sortie, la bande dessinée des premiers lauréats polonais de ce concours (Essence par par Gawronkiewicz et Janusz) et en avait apprécié l’originalité et la fraîcheur. C’est donc plein d’enthousiasme que j’ai abordé la lecture du travail des nouveaux lauréats, qui sont, cette année, des français. Premier constat, on ne rompt pas avec les recettes du précédent lauréat: une histoire complète en un seul volume, un dessin sympathique, une couverture bleue (je plaisante mais c’est vrai) mais surtout un scénario hors du commun. Qui n’a jamais rêvé de l’extermination pure et simple de ces satanés moustiques. Je parle bien de ces insectes qui semblent n’avoir d’autres buts que nous persécuter allant même jusqu’à nous attaquer lâchement pendant notre sommeil. Nous avons pourtant tout essayé: insecticides, citronnelle, répulsifs odorants, sonores, … Sans penser, comme les assaillants de naguère, à polluer la source de leur alimentation, c’est à dire notre propre sang. Car c’est bien l’extinction qui guette nos héros à trompe s’ils ne peuvent plus s’alimenter en sang de qualité. En effet le sang de la plupart des humains est devenu, malgré eux et involontairement, impropre à la consommation. Mais quelle est la cause de cette affection qui frappe les hommes et indirectement les moustiques. Cette maladie n’est ni génétique, ni d’origine virale, ni due à la pollution mais elle liée à la crise ! ...

2 mars 2008 ·  BD

Le rituel de l'ombre

Tout d’abord, il faut savoir que ce roman a été rédigé par un duo improbable composé d’un maître franc-maçon, Jacques Ravenne (c’est un pseudonyme), et d’un journaliste ayant enquêté sur les dérives liés à l’ordre, Eric Giacometti. Le rituel de l’ombre est le premier opus d’une série mettant en scène le personnage récurrent du commissaire Antoine Marcas. Ce commissaire, comme vous devez vous en douter, est lié de très près à la franc-maçonnerie. Il a été élevé au grade de maître au sein d’une loge. Durant cette aventure, il se retrouve mêlé, bien malgré lui, à une affaire trouvant ses origines durant la deuxième guerre mondiale. Les francs-maçons sont à nouveau menacés par leur ennemi de toujours. Tout au long du roman, les échanges entre Marcas et les autres protagonistes sont prétextes à évoquer l’univers de la franc-maçonnerie. Ils constituent également un habile moyen d’exposer les différents points de vues sur un sujet aussi controversé que celui-ci, et de poser une fois de plus l’inévitable question : Les francs-maçons sont-ils les bienfaiteurs de la société ou au contraire une communauté de nantis se rendant mutuellement des services ? ...

L'énigme

Ce roman est construit comme une pièce de théâtre – Serge Rezvani est aussi dramaturge – où une courte phrase décrivant le contexte de la scène laisse immédiatement place aux dialogues. Ces conversations se déroulent exclusivement entre trois personnages : un enquêteur du domaine maritime, un criminologiste, poète à ces heures, et un “théseur”. Ces trois protagonistes ont la lourde charge de résoudre l’énigme de la disparition de toute une famille d’écrivains. Les membres de cette étonnante famille ont tous disparu en mer alors qu’ils effectuaient une croisière à bord de leur cabin-cruiseur l’Ouranos. Les seuls indices dont disposent les enquêteurs sont d’étranges symboles gravés sur la coque immaculée du bateau ainsi qu’une masse d’écrits en encombrant les cabines. Curieusement, le “théseur” est l’élément central de ce triumvirat. Il connaît parfaitement la vie de chacun des membres de la famille Knight et est le seul capable d’explorer avec discernement les nombreux écrits retrouvés à bord du bateau. Les deux hommes chargés de l’affaire sont donc à la merci de ce lettré passionné qui va mener du début à la fin cette danse macabre. Il laissera peser le suspens jusqu’au bout, jouant avec les nerfs de ses deux commanditaires. Il distille les informations au compte gouttes, trouve des mobiles à chacun des membres et semble s’en amuser. ...