Mon nom est Rouge

Le sultan a confié à l’Oncle la réalisation d’un livre sans pareille. Celui-ci fait donc appel aux plus grands maîtres peintres et enlumineurs pour la réalisation de cet ouvrage controversé. Pour ce faire, il prend d’infinies précautions pour commander la réalisation des plus dangereuses des miniatures. Ces dernières sont réalisées par plusieurs peintres sans qu’aucun ne puisse appréhender la scène dans son ensemble. Malgré ces précautions, l’un d’eux, monsieur Délicat, est assassiné par l’un de ces pairs. Le récit se déroule à une époque où l’art Moyen-oriental, initialement influencé par l’Asie commence à se tourner vers l’Occident. A cette époque, les grands maîtres, contrairement à leurs homologues occidentaux, ne signaient pas leurs œuvres. Ils s’attachaient plus à représenter les choses en conformité avec la tradition plutôt qu’à imposer leur propre style. Ici, pas question de perspectives, ou de représentations différenciables des visages, il ne s’agit pas de peindre la réalité telle qu’elle est observée par l’artiste mais telle qu’elle est vue par Dieu. ...

La caverne des idées

Héraclès Pontor est l’alter ego antique du détective Hercule Poirot. Cette profession portait à cette époque le nom bien plus poétique de “déchiffreur d’énigme”. Un éphèbe est retrouvé mort, le corps couvert de profondes lacérations. Ses blessures donnent à penser qu’il a certainement été attaqué par des loups. Héraclès est sollicité pour examiner le cas, par un des plus fidèle disciple du grand Platon. Le détective et son employeur ont des idées diamétralement opposées et n’auront de cesse de s’affronter sur le plan philosophique tout au long de l’enquête. ...

Dans les bois éternels

Je n’ose rien dévoiler de l’intrigue pour ne pas gâcher le plaisir de lecture. Je peux seulement divulguer que le commissaire aménage dans une maison qui est, selon son voisin – un vieil italien manchot –, hantée par une sainte ayant tuée de ses mains sept femmes avant de périr sous celles d’un tanneur et qu’un nouvel élément, une vielle connaissance du commissaire, vient ajouter sa pierre à la déjà très hétéroclite brigade. Il faut savourer ce roman, se laisser planer aux côtés du désormais célèbre Adamsberg. Fred Vargas flirte encore une fois, et avec de plus en plus de réussite, avec les limites de la réalité et les frontières de l’étrange. Elle nous offre, au fil des aventures de son cher commissaire, toujours plus de plaisir. Avec ce nouvel opus elle resserre les liens entre les aventures (il est d’ailleurs préférable d’avoir lu son précédent ouvrage – Sous les vents de Neptune – avant d’attaquer ce roman) et ajoute même de la cohérence à son univers en faisant intervenir l’un des trois apôtres découverts dans Debout les morts. ...

8 juil. 2007 ·  Noir  ♥