À l'Épreuve de la Faim

J’ai abordé À l’épreuve de la faim avec appréhension car j’avais adoré Le Dernier stade de la soif – dont il est abondamment question – et lu des commentaires plus que mitigés sur cette suite. Et ce qui devait arriver arriva, le syndrome du deuxième roman a encore frappé. Là où le premier frappait par sa force et sa sincérité, celui-ci donne l’impression de vouloir rejouer la même partition sans toutefois y parvenir. Le livre suit une forme erratique, censée s’organiser autour d’une quête, celle de l’écrivain et critique américain d’Edmund Wilson – que je ne connaissais pas –, mais qui ressemble bien souvent à une succession d’élucubrations. Le récit avance par à-coups, sans véritable direction. On dirait qu’il a assemblé des morceaux de sa vie, mais ils n’ont jamais vraiment pris la forme d’un livre ou d’un journal. Il manque la trame narrative d’un livre et la sincérité d’un journal et dans les deux cas, de l’émotion et de la profondeur. ...

Tous les hommes du roi

Après avoir lu Karoo et Le dernier stade de la soif, je suis tombé par hasard sur Tous les hommes du roi, un autre des grands animaux de la très belle maison d’édition, Monsieur Toussaint Louverture qui remet à l’honneur de grands livres étrangers oubliés en les présentants dans de nouvelles traductions et des écrins à leur mesure. C’est le cas pour Robert Penn Warren que je ne connaissais pas alors qu’il a reçu deux prix Pulitzer dont un pour ce livre. ...

Le dernier stade de la soif

Voici un livre qui m’a beaucoup touché et qui a résonné très fort. Il s’agit d’une autobiographie romancée – aussi appelée parfois autofiction – de Frederick Exley. Le protagoniste – ou l’auteur – qui nous raconte une partie de sa vie ne s’est jamais adapté à la société. Il a été ce que l’on appelle parfois un marginal. Il semble l’avoir été malgré lui, pas par sa posture donc, mais plutôt par une incapacité totale à entrer dans le moule étriqué de la société. Quand je dis que ce n’est pas une posture, on peut même dire que c’est même l’opposé puisqu’il a énormément souffert et est entré dans une spirale d’autodestruction qui l’a mené à plusieurs reprises jusqu’à l’hôpital psychiatrique, et dans laquelle une seule chose a surnagé, peut-être comme un vestige de l’enfance idéalisé, les New York Giants. ...