Boucherie et bande dessinée font-ils bon ménage ? Eh bien oui, ce Crève saucisse est une réussite. L’histoire de trahison est vielle comme le monde, mais son efficacité n’a jamais été démentie depuis l’antiquité. De la tragédie grecque à la boucherie de quartier il n’y a qu’un pas – certes grand – que les auteurs n’ont pas hésité à franchir et de belle manière.

Dans cet univers qui ne me fait pas vraiment rêver – le titre et la couverture donnent un avertissement assez clair sur ce point –, j’ai été pourtant vite pris par l’histoire et me suis même surpris à tourner les pages à une vitesse folle, curieux de connaître la suite. Je n’ai pas été déstabilisé par les choix graphiques ou narratifs, il ne faut pas chercher l’inventivité dans ce registre. Mais ce qu’elle fait, et à tous les niveaux, cette BD le fait bien. Et elle l’assume pleinement en revendiquant ses origines à travers la passion de son personnage principal.

Avec son dessin et sa mise en page classique, son histoire classique, cette BD n’en est pas moins efficace et plaisante à lire. On se doute qu’il y a certainement derrière tant de classicisme un hommage à la bande dessinée de notre enfance.


Pascal Rabaté et Simon Hureau, Crève saucisse, Futuropolis, 2012, 80 p, Amazon.