Ce livre est fondé sur une particularité du métro de Moscou. Premièrement il est monumental, certaines stations ressemblent à des palais recouverts de marbre, deuxièmement ce métro a été conçu et construit en partie pour être un abris anti-atomique.

La construction de la partie profonde de la ligne « Arbatskaïa » est terminée au début de la Guerre froide. Les stations profondes devaient servir d’abris contre les bombardements en cas de guerre nucléaire.

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Et c’est précisément ici que se situe l’idée du livre. Suite à une catastrophe nucléaire, probablement les conséquences d’une guerre – je ne me souviens pas si c’est explicitement dit, mais peu importe –, les seuls survivants sont réfugiés dans le métro et ont, depuis le temps, adapté leur mode de vie à cette situation – encore une histoire bien adaptée au confinement. Les stations sont devenues des sortes de villes ayant chacune leur propre mode d’organisation. Elles ont évolué différemment – principalement en fonction des populations les ayant initialement occupées. Si certaines sont restées fidèles au communisme, d’autres se sont tournées vers d’autres voies dont le nazisme – ou plutôt le néo-nazisme. Dans cet univers où les hommes, plus ou moins transformés en animaux cavernicoles, tentent de subsister et, parmi eux, le jeune Artyom qui va quitter sa station pour vivre de nouvelles aventures qui le mèneront peut-être vers la surface, le monde extérieur et tous les mystères et les craintes qui l’entoure.

Le tableau est plutôt alléchant, mais le résultat est assez décevant. Le roman est un peu construit comme un manga dans le sens où il reprend le thème du jeune héros orphelin qui est en fait doté d’un pouvoir et d’un destin hors du commun. Il ne va cependant pas au bout de l’exercice car il est se cantonne à une linéarité désespérante et ne propose pas la profondeur et la richesse qui fait le succès des scénarios des mangas. Même si cette ennuyeuse linéarité est préférable à l’artificialité de certaines narrations comme celle utilisée dans un livre au sujet très similaire Silo, le moins que l’on puisse dire est que ce n’est pas passionnant. On retrouve aussi des thématiques comme celle du stalker que j’avais rencontré dans le livre éponyme Stalker. Il est à noter à son crédit que ce livre a rencontré un grand succès et a donné lieu à des suites et a même fait l’objet d’adaptations en jeux vidéos. Plein de promesses, mais une grande déception à l’arrivée. Il faut enfin souligner que son auteur, Dmitry Alexeevich Glukhovsky est un journaliste qui n’est pas un grand copain de Vladimir Poutine, il semble être volontiers très critique à son égard – il l’était au moins lors de l’interview que j’ai écouté – et c’est à mon sens une belle marque de courage.


Dmitry Glukhovsky, Métro 2033, traduit par Denis Savine, Le Livre de Poche, 2017, 864 p, Amazon.