Au début je me suis dit qu’il s’agissait d’un de ces romans mettant en scène des étudiants, une sorte de campus novel. Pour être précis, j’ai pensé à un livre que j’ai lu il y a très longtemps – et que j’avais beaucoup apprécié à l’époque – Le maître des illusions. De la même manière, ce roman s’intéresse à la vie d’un groupe d’adolescents qui se sont connus dans un camp de vacances dédié au développement des talents artistiques. Mais Les intéressants, ne se focalise pas sur ce moment en particulier, il le prend comme le point de départ qui va influencer profondément le destin de ces personnages. Ils vont lier une amitié lors de ces vacances qui changera toute leur vie. Tout le noeud du roman se situe dans ce passage.

Voilà pourquoi les rencontres que l’on fait enfant peuvent sembler idéales, car on est tous égaux et on crée des liens basés seulement sur notre affection réciproque. Mais plus tard, le fait de s’être connus durant l’enfance peut devenir la pire des choses car parfois tes amis et toi, vous n’avez plus rien à vous dire, à part : « Tu te souviens de la rigolade en troisième, quand tes parents sont rentrés alors qu’on était complètement bourrés ? » S’il n’y avait pas la nostalgie du passé, ça s’arrêterait.

Forcément les cinq adolescents dont il est question vont connaître un sort bien différent et c’est en réalisant ces allers / retours que l’auteur parvient à allier le campus novel au grand roman américain. Les avis sur ce livre sont mitigés et il est vrai qu’il peut faire un peu fourre-tout car on y trouve tous les thèmes ou presque: drogue, homosexualité, maladie mentale, passage à l’âge adulte, création artistique, mondialisation, et j’en passe. Il est long et pas toujours passionnant, mais il mérite tout de même le détour pour peu que l’on apprécie – comme moi – les grands romans américains comme Freedom ou Le roman du mariage. Malgré sa longueur, son classicisme et son manque de rythme, je me suis entêté à vouloir le terminer et je n’en garde pas un si mauvais souvenir. Il faut prendre le temps d’entrer dans ces gros romans, comme pour la concentration, il faut un petit quart d’heure pour être dans l’histoire et en profiter pleinement.


Wolitzer, Meg. Les Intéressants. Rue Fromentin, 2015.