Neuromancien

SF & Fantasy


Je suis tombé à la bibliothèque sur une nouveauté – qui date tout de même de 1984 – Neuromancien de William Gibson. Il s’agit d’une nouveauté puisque la maison d’édition Au Diable Vauvert publie une nouvelle traduction, signée Laurent Queyssi, du roman mythique, fondateur du genre cyberpunk1 – rien que ça. Ce genre est passé du statut de très confidentiel à celui de grand public grâce à des oeuvres comme Ghost in the Shell ou la série des Matrix. Je n’avais pas lu la précédente traduction, mais je pense que, près de 40 ans après, certains concepts passés de la fiction à la réalité méritaient d’être renommés – je dis ça sans trop savoir, peut-être qu’il y a aussi une histoire de droits derrière tout ça. Bref, la couverture a attiré mon regard et je me suis dit que c’était le signe qu’il était temps de lire l’oeuvre fondatrice.

Et là, c’est très surprenant. Pas de temps d’observation ni d’explication, on entre directement dans le vif du sujet et, malgré le visionnage des films cités plus haut, on s’égare très vite – j’ai été un peu perdu dès le premières pages et il faut bien dire que ça ne s’est pas trop amélioré par la suite, peut-être qu’un lexique n’aurait pas été de trop. Cet univers oscillant entre la réalité, la drogue et les mondes virtuels fait la richesse de l’oeuvre, il est truffé d’inventions. Si l’histoire reste difficile à suivre dans cette nouvelle traduction près de 40 ans après sa sortie et alors que le cyberpunk a depuis envahi nos écrans et fait même partie de la réalité – je ne peux pas m’empêcher de faire le parallèle lorsque je vois la quasi totalité des passagers d’un bus chacun la tête penchée sur son téléphone sans aucune conscience ou presque du monde qui l’entoure – je me demande ce que ça devait donner en 1984. Ce qui est paradoxal dans ce livre, c’est que même si on passe à côté de certaines choses, si l’on est perdu par moment, on a envie de continuer. Pour être honnête, je pense quand même qu’une deuxième lecture ne serait pas de trop pour en profiter un peu plus ou un peu mieux.


Gibson, William.Neuromancien. Traduit par Laurent Queyssi, Au Diable Vauvert, 2020.


  1. Le cyberpunk (association des mots cybernétique et punk) est un genre de la science-fiction très apparenté à la dystopie et à la hard science-fiction. Il met souvent en scène un futur proche, avec une société technologiquement avancée (notamment pour les technologies de l’information et la cybernétique). (Wikipédia)