La condition pavillonnaire

C’est LE roman de la classe moyenne des années 1960-1970. Un roman où l’on peine à trouver le romanesque tant il est froid et clinique – c’est évidemment voulu. J’ai pensé aux Choses de Georges Perec, notamment à cette même façon de décrire une existence depuis une position en surplomb. La narration à la deuxième personne du singulier renforce encore cette impression de distance. Cette aridité ne signifie pourtant pas que le roman soit dépourvu d’émotions, bien au contraire. Il plonge progressivement le lecteur dans une mélancolie proche de la dépression. Il en ressort quelque chose d’inéluctable, comme s’il n’était pas possible d’échapper à sa condition. ...

18 sept. 2026 · #1017 ·  Roman  ♥

Rochebrune

Le couple avec famille recomposée au bord de l’explosion qui va se retrouver dans une situation inconfortable pour les vacances – en tout cas, on l’imagine. Ça promet. Le début est à la fois drôle, on a tendance à voir l’exagération, mais on n’est pas si loin de la réalité. Il y a un côté grinçant bien marqué et Sophie Divry n’est pas loin de mépriser ses personnages – elle a nommé le mari Daubard. En même temps ils représentent – de façon caricaturale – un certain type de famille contemporaines, le couple, chacun avec un enfant d’une précédente union, qui compte sur les vacances pour agir comme une ardoise magique qui va effacer tous leurs problèmes. ...

24 août 2026 · #1010 ·  Roman

Proust, roman familial

J’ai tenté de lire ce livre deux fois. Deux échecs. Il m’est littéralement tombé des mains. Non pas faute d’intérêt pour Proust, mais parce que je n’appartiens pas à la caste des initiés capables de vibrer à chaque mention d’un personnage secondaire de La Recherche. J’aime Marcel Proust, j’en ai lu une bonne partie – en tout cas assez pour briller en société –, mais je ne suis pas un proustien – loin de là. Or, Laure Murat s’adresse visiblement à ce petit cercle d’érudits – les nerds – qui continuent de chercher ce qui n’aurait pas encore été dit sur ce livre-monde. ...

La Famille, itinéraires d'un secret

C’est en lisant La faille de Blandine Rinkel que j’ai croisé pour la première fois le nom de cette étrange communauté, la Famille. Ils parlent de deux mondes qui ne s’interpénètrent pas. Un monde du dehors, qu’ils appellent le Monde, ou la Gentilité, et leur monde à eux, qu’ils nomment la Famille. Intriguée par ces cohortes de cousins aux patronymes récurrents qui apparaissent dans son quartier, à l’école de ses enfants, au détour de conversations avec ses voisins, Suzanne Privat, journaliste scientifique et surtout curieuse, a décidé d’enquêter. Armée de ses beaux carnets et de son compte Instagram, elle se lance dans l’aventure. ...

La faille

Quand j’écris famille, allez savoir pourquoi, je mange le m – on lit faille. La faille n’est pas un roman, mais plutôt un recueil de réflexions. Son thème central, la famille et son impact sur l’individu, sert de point de départ à une exploration très personnelle. Le livre aborde de nombreux sujets, ce qui pourrait lui valoir le qualificatif de “fourre-tout”, mais c’est aussi ce qui fait sa richesse. Blandine Rinkel parsème son texte de références culturelles, notamment au cinéma et à la littérature. Certains titres m’étaient familiers, comme Proust, roman familial, les romans d’Édouard Louis ou encore Mars de Fritz Zorn. D’autres, comme l’histoire de la mystérieuse communauté parisienne “Famille” racontée dans La Famille, itinéraires d’un secret a piqué ma curiosité. ...

Dad T1

Nous avons découvert cette BD il y a longtemps un peu par hasard, en empruntant le premier tome à la bibliothèque du travail. Mais depuis, elle est restée l’une des favorites de notre fille. C’est une série de celles qui peuplent les rayons humours des librairies et, ça tombe bien, c’est le genre préféré de notre fille. Le format est classique, un gag par page. Les dessins, comme souvent dans les séries destinées à la jeunesse, les dessins sont particulièrement soignés et rehaussés de couleurs chatoyantes. ...

Le sel

Jean-Baptiste Del Amo est un jeune auteur français qui, après la publication d’un recueil de nouvelles, a fait une entrée remarquée dans le monde de la littérature en décrochant le prix Goncourt du Premier Roman pour Une éducation libertine1. Il revient avec un nouveau roman au titre court mais évocateur, Le sel. On pense d’abord à la mer, c’est la première chose qui vient à l’esprit. Puis aux larmes peut-être et au sel qui ravive les blessures. Il y a tout ça dans ce livre mais les lecteurs découvriront au fil des pages que bien d’autres choses peuvent avoir le goût du sel. C’est un livre sur la famille et les malheurs qui peuvent la frapper. Ces malheurs qui macèrent au fond des coeurs et gonflent pour jaillir enfin en une bile brulante mais salvatrice. ...

2 juil. 2011 · #141 ·  Roman