Les Exilés du Paradis

Roman


J’ai une attirance pour le Moyen-Orient et particulièrement pour le Liban et l’Iran – Boussole est l’exemple type des livres que j’apprécie. C’est certainement ce tropisme – mais peut-être aussi la très belle couverture – qui m’a poussé à acheter ce livre – j’avoue avec un peu de honte ne pas m’en souvenir. Bref, quelques mois plus tard, il s’est rappelé à mon souvenir et j’ai été content de débuter cette lecture au charme oriental plutôt facile et relativement courte après plusieurs gros morceaux – dont American Tabloid et Moi, Charlotte Simmons.

Si le charme oriental est bien présent, les premiers signes de désenchantement n’ont pas tardé à se manifester. Tout a commencé lorsque l’on apprend que l’aïeul du personnage principal a connu et s’est opposé au fondateur de la secte des assassins Hassan ibn al-Sabbah1. C’est une occasion rêvée pour l’auteur d’évoquer la genèse de cette secte et la citadelle d’Alamut – tout ceci me fait penser que j’ai depuis des année le livre de Vladimir Bartol2 à la maison. Après ce poncif un peu facile, malheureusement tout s’est enchaîné, tout est devenu cousu de fil blanc – c’était certainement déjà le cas mais je n’avais pas encore vu le fil. Ainsi, un professeur du Worcester College (Oxford) reçoit le personnage principal.

Dans son bureau calfeutré, plein de recoins où les livres s’entassaient […] vêtu d’une veste en tweed sans âge […]

La fameuse veste en tweed ! Évidemment un professeur d’Oxford ne saurait être vêtu d’autre chose.

L’auteur est une journaliste et on sent bien qu’elle a écrit son roman en voulant trop en adopter les codes, en forçant le trait jusqu’à la caricature. Le résultat est extrêmement convenu et finalement très peu crédible. Il n’en reste pas grand-chose si ce n’est un peu du charme de cette culture.


Adès, Brigitte. Les Exilés du Paradis. Portaparole, 2020.


  1. Hasan-i Sabbâh (1050 - 1124), parfois surnommé « le Vieux de la Montagne », était le chef de la branche chiite ismaélienne des Nizârites, qu’il dirigeait depuis la forteresse d’Alamut (Wikipédia).
  2. Bartol, Vladimir. Alamut. Phébus, 1998.