Je ne sais pas pourquoi je me suis mis en tête de lire ce roman et encore moins de le terminer – je me souviens d’avoir fait le même genre de bêtise il y a des années avec un autre défi lancé aux lecteurs les plus patients, Jonathan Strange & Mr Norrell. Il est vrai que j’apprécie tout particulièrement la littérature américaine, mais là quand même près de 1000 pages dans un style très classique – pour ne pas dire ennuyeux – ça s’apparente à du masochisme. L’auteur, Garth Risk Hallberg, par cette allusion semble s’amuser de son style à rebours de la tendance – un peu d’autodérision, ça ne peut pas faire de mal.

Votre oeuvre semble vouloir rompre qualitativement avec les tendances minimalistes actuellement en vogue chez les jeunes écrivains. Certains pourraient même la qualifier de désuète.

Il faut l’avouer, le fait qu’il ait été adapté en série télé a piqué ma curiosité qui était déjà en alerte après avoir appris que l’auteur avait bénéficié d’un à-valoir particulièrement élevé pour ce livre qui n’était que son premier roman. Bon d’accord, ces raisons justifient bien d’y jeter un oeil, mais de là à le lire jusqu’à la fin – même si j’ai sauté quelques pages –, vraiment je ne comprends pas.

City on fire est un roman antimoderne qui avait certainement été pensé dès le départ pour être adapté. Une saga dans laquelle les chapitres donnent à tour de rôle la parole aux différents protagonistes – procédé que j’exècre. L’histoire n’est pas très originale et les personnages sont stéréotypés. Une pensée émue pour la traductrice qui s’est attelée à ce labeur avec courage.

Je jette l’éponge et je vais mettre ce choix irrationnel sur le compte de la soudaine détente provoquée par les vacances d’été pendant lesquelles le temps s’allonge et les journée s’étirent. Du temps, vous en aurez bien besoin si vous décidez de lire ce livre, peut-être – et une fois n’est pas coutume – que regarder l’adaptation en série télé constituerait un choix plus raisonnable.


Hallberg, Garth Risk. City on fire. Traduit par Elisabeth Peellaert, Plon, 2016.