Hiver 1812

J’ai déjà lu un livre consacré à la retraite de Russie de Napoléon et de sa grande armée, Il neigeait de Patrick Rambaud. Derrière se titre poétique emprunté à Victor Hugo se cache un récit à peine romancé de la grande débâcle. Dans le livre de Michel Bernard, on est plus proche du livre d’histoire, mais ma fascination pour cette épisode de l’histoire est restée intacte. Rien que d’imaginer des dizaines de milliers d’hommes venus de toute l’Europe de l’ouest marcher jusqu’à Moscou et prendre possession du Kremlin me paraît complètement fou....

L’invitée

Emma Cline a fait une entrée remarquée en littérature avec son roman The Girls qui s’inspire des crimes de la secte de Charles Manson. Elle revient cette année avec l’invitée, un roman qui raconte l’errance d’une jeune fille prénommée Alex. Ce roman parvient à laisser le lecteur au bord du précipice. On a l’impression qu’Alex va y tomber chapitre après chapitre. Il y a un côté Moins que zéro de Bret Easton Ellis, la défonce, l’argent, mais vu depuis l’autre côté, du côté de ceux qui ce brulent les ailes comme des insectes attirés par la lumière....

L’arche des Kerguelen

Un livre de voyage comme je les aime surtout quand il nous fait découvrir, comme ici, des lieux où il est difficile de se rendre et dont le nom a lui seul, les îles de la désolation, est déjà tout un programme. Celui-ci est écrit par l’ancien journaliste et grand reporter Jean-Paul Kauffmann. On peut dire sans prendre de risque qu’il a bien préparé son voyage, il a beaucoup lu sur ce territoire et en particulier sur son histoire....

Adieu, Alice

J’ai acheté ce livre édité par la Table Ronde dans sa très belle collection de poche “La petite vermillon” simplement sur l’impression laissée par sa couverture. J’ai commencé à le lire sans rien connaître de l’histoire ni de son auteur, John Hopkins – je ne lis jamais les quatrièmes de couverture. Lorsque je lis un livre j’aime particulièrement la découverte, les cent premières pages. Que nous apprend la couverture ?...

Mémoires d'un jeune homme dérangé

Voici le premier roman de Frédéric Beigbeder. On peut dire sans trop se tromper qu’il s’agit d’une autofiction. Ce monsieur Marronnier ressemble furieusement à notre écrivain. D’abord sur le plan physique: “À vrai dire, ce menton très proéminent ne possède aucune utilité.” Mais aussi sur le plan social et moral. Le personnage est un jeune homme aisé de bonne famille qui passe son temps à sortir et en tire quelques profits en rédigeant des chroniques mondaines : “Mon élitisme restait l’éthylisme....