L'élimination

Rithy Panh est un survivant du génocide cambodgien. Il a perdu presque toute sa famille et traversé l’enfer. Alors qu’il était encore enfant, les Khmers rouges – un mouvement politique communiste d’inspiration maoïste – prennent le pouvoir et mettent en oeuvre des purges visant certaines catégories de la population. Il ne s’agit pas de l’élimination ciblée de quelques dirigeants, mais bien de l’évacuation de villes entières, dont la capitale Phnom Penh, suivie de tortures et d’exécutions de masse qui feront près de deux millions de morts. ...

L'heure des prédateurs

Les prédateurs sont les autocrates, les nouveaux populistes et les patrons de la tech – il les appelle aussi les borgiens. Leur heure est arrivée, ils sont en train de mettre leurs mains sur les démocraties libérales qui avaient émergé aux quatre coins du globe. L’heure des prédateurs n’est, au fond, qu’un retour à la normale. L’anomalie ayant plutôt été la courte période pendant laquelle on a pensé pouvoir brider la quête sanglante du pouvoir par un système de règles. ...

Kolkhoze

Marina, étant la plus petite, prenait la place dans le lit des parents. Nathalie et moi tirions nos matelas ou simplement des coussins autour du lit. Notre mère avait donné un nom à ce rituel du dortoir : faire kolkhoze. Nous adorions faire kolkhoze. Ce titre est un bel hommage à la mère qu’a été Hélène Carrère d’Encausse pour ses trois enfants. Une mère aimante, derrière le personnage impressionnant – parfois cassant – de la secrétaire perpétuelle de l’Académie française, première femme à occuper cette prestigieuse fonction. Le mot kolkhoze renvoie aussi, bien sûr, à ses origines géorgiennes, mais surtout russes, et à sa spécialité d’historienne de la Russie. Ce livre dépeint, sans surprise, une femme forte, travailleuse acharnée et infatigable, qui ne s’est relâchée – et encore – qu’à son entrée en soins palliatifs, où elle continuait à recevoir, assise et vêtue d’une robe. ...

Un historien à Gaza

Rien ne me préparait à ce que j’ai vu et vécu à Gaza. Cette phrase revient comme une anaphore, marquant la sidération de Jean-Pierre Filiu, historien et l’un des meilleurs spécialistes du Moyen-Orient, face à ce qu’il a découvert sur le terrain. Fin 2024, début 2025, il s’est rendu pendant un mois dans la “zone humanitaire” autour de Khan Younès – je n’oublie pas d’utiliser, comme il le fait systématiquement, des guillemets. Il a eu le courage d’aller dans cette zone de guerre pour faire ce que tout historien devrait pouvoir faire, documenter les faits et témoigner. ...

Le Chaos qui vient

L’effondrement social et les guerres intestines tuent, détruisent des économies et font régresser l’humanité. Il est nécessaire de comprendre, et clairement, pourquoi cela se produit pour stopper le cycle sans fin des vagues récurrentes d’instabilité et de violence. Peter Turchin est l’un des fondateurs d’une discipline qui se propose d’éclairer cette question, la cliodynamique. Le principe de cette discipline – qui se rapproche un peu de la macro-sociologie comme pratiquée par Emmanuel Todd dans son livre La Défaite de l’Occident – est relativement simple, traiter l’histoire comme une science. C’est-à-dire collecter des données, les analyser, les modéliser, valider ces modèles et être enfin en mesure de les appliquer pour prévoir. Lorsque l’on regarde les groupes d’individus, et la société dans laquelle ils vivent, avec une focale assez large, ils ont tendance à se comporter d’une façon homogène qui tend globalement à maximiser leur intérêt. Ces comportements reproductibles créent des cycles qu’il est possible d’observer dans le passé et de projeter dans le futur. Parmi les phénomènes qui régissent ces oscillations, l’auteur met en avant celui de la surproduction des élites. En gros, le déséquilibre entre les élites (les 1%) et le reste de la population qui crée des embouteillages dans le haut du panier et accroit les inégalités en appauvrissent la classe laborieuse. Ces mécontents des deux bords se regroupent alors pour faire tomber un système – les élections de Donald Trump pourraient en être le signe. Comprendre cette dynamique et l’approche scientifique a été pour moi plus intéressant – à ce propose ne négligez pas de lire les annexes qui sont une partie intégrante du livre – que d’en connaître le constat aujourd’hui et dans les années à venir. Mais je dois avouer que la large partie consacrée aux États-Unis – qui sont considérés comme une ploutocratie par l’auteur – est édifiante notamment lorsque l’on constate le recul de l’espérance de vie et de la croissance humaine (la taille moyenne de la population est un indicateur du niveau de vie). ...

La Fin de l'homme rouge

Nous avons passé toute notre histoire à survivre, et non à vivre. Ce livre contient tous les malheurs et toutes les horreurs du monde, une boîte de Pandore qui aurait été ouverte à l’est de l’Europe. La lecture est éprouvante – parfois insoutenable –, on a du mal à réaliser, une souffrance d’un tel niveau paraît incroyable, impensable. Pour l’écrire, Svetlana Alexievich a interrogé la population et retranscrit ces entretiens. Le procédé ressemble à celui utilisé par Jean Hatzfeld pour relater les atrocité commises durant le génocide rwandais. C’est passionnant de lire toutes ces voix, ces mémoires qui s’expriment. Le choix des témoins est particulièrement important pour offrir une vision objective. ...

Cauchemar en Antarctique

J’adore ces récits d’aventure de l’époque où il restait encore des terres vierges à explorer, ils sont comme des romans, mais en mieux. Dans ce domaine, l’Antarctique (le pôle Sud) était – et est toujours un peu – le Graal, difficile d’imaginer milieu plus inhospitalier pour les humains. Pour trouver pire, il faut quitter la Terre et se rendre sur d’autres planètes – j’y reviendrai. En lisant ce livre, comment ne pas penser à d’autres récits de ce genre, le classique L’Odyssée de l’Endurance1, le livre Les Naufragés du Wager qui a connu récemment un grand succès ou encore, plus proche de nous, à L’arche des Kerguelen. ...

Il est avantageux d’avoir où aller

Ce livre est un recueil d’articles très variés qui pourraient former un tout comme le souligne la quatrième de couverture. Le tout peut se lire aussi comme une sorte d’autobiographie. C’est très vrai, cette mosaïque brosse un portrait représentatif d’Emmanuel Carrère. On y retrouve ses sujets de prédilection, la littérature, la Russie, ses livres sur Philip K. Dick, Limonov ou encore Jean-Claude Romand, l’affirmation du “Je” dans ses écrits de non-fiction qui sont devenus au fil du temps sa signature – et je vous laisse découvrir la suite. Voici par exemple ce qu’il dit au sujet de l’écriture de De sang froid dans son texte Capote, Romand et moi. ...

La Cité perdue de Z

Ce livre est empreint de nostalgie. Celle des explorateurs de l’époque victorienne les Livingstone, Stanley – que j’avais déjà croisés dans Congo – ou encore Shackleton qui fait une apparition dans ce livre au côté de celui qui est au centre du récit et qui sera peut-être le dernier de cette époque, le colonel (lieutenant-colonel) Fawcett. Après eux, les explorations n’auront plus la même saveur, non seulement il y aura de moins en moins de terres vierges à découvrir, mais les techniques employées ne seront plus les mêmes – aujourd’hui les satellites sont les nouveaux explorateurs. Nostalgie également de l’Amazonie victime de la déforestation et de ses premiers habitants dont la survie a été compromise dès que les premiers colons européens ont accostés sur leurs terres. Mais il s’agit juste de mon ressenti, car l’aventure est passionnante, elle raconte la quête mythique de l’Eldorado – le vrai – au coeur des forêts impénétrables. Fawcett était une sorte de surhomme qui pouvait survivre dans des milieux aussi hostiles, mais il fallait faire preuve d’une bonne dose de courage – ou de folie – pour s’aventurer ainsi à l’aveuglette, pourvu d’un équipement minimal, dans des contrées où l’homme blanc ne s’était jamais aventuré auparavant. ...

La stratégie des antilopes

Une cohorte de prisonnier quitte la prison de Rilima après sept années de captivité. Il [un communiqué présidentiel diffusé à la radio] annonçait la libération d’une première vague de quarante mille détenus, tous de grands tueurs condamnés pour génocide, dans six pénitenciers à travers le pays. Plusieurs années après les événements qu’il a raconté dans ses deux précédents livres (Une saison de machettes et Dans le nu de la vie), Jean Hatzfeld a souhaité revenir sur le territoire du génocide pour rendre compte de la réintégration des génocidaires dans la société rwandaise. Difficile d’imaginer qu’un tel évènement puisse bien se passer, mais le gouvernement semble avoir considéré qu’il n’avait pas le choix, le pays ne pouvait pas continuer à vivre avec une importante partie de sa population purgeant sa peine au sein des prisons au lieu de cultiver la terre. ...

La Défaite de l’Occident

Emmanuel Todd a une réputation sulfureuse – sa page Wikipédia est verrouillée – liée à ses positions et à des propos sans concession. Il se traine la réputation ambigüe de prophète depuis qu’il a prévu – ou prédit – la chute de l’URSS et la fin de l’hégémonie américaine. Ce n’est pas un hasard, il ne lit pas l’avenir dans une boule de cristal, mais en s’appuyant sur sa spécialité, la structure familiale, et sur des statistiques macroscopiques qui n’ont rien d’original: la démographie, l’éducation, le budget. L’épine dorsale de La défaite de l’Occident est la disparition des religions en Occident – au premier rang desquelles le protestantisme qui selon lui a eu une grande influence au Royaume-Uni et aux États-Unis (les WASP) – qu’il classe en trois stades ...

V13

Emmanuel Carrère a suivi, pendant un an, le procès des attentats du 13 novembre 2015 afin de rédiger une chronique hebdomadaire pour Le Nouvel Obs. Un job de journaliste juridique en somme, mais pas pour suivre n’importe quel procès. Dans cet exercice l’auteur n’est pas un débutant, comme le souligne son directeur de la rédaction dans la postface, puisqu’il a déjà écrit de nombreux articles dont ceux qui ont été à l’origine de son livre L’Adversaire et ceux qui sont regroupés dans le recueil Il est avantageux d’avoir où aller. ...

La colère et l’oubli

Je ne suis pas un spécialiste de ce sujet, juste un témoin occidental de la montée du jihadisme dans nos pays européens et de ses manifestations les plus visibles et les plus cruelles, les attentats. Ce livre retrace clairement l’histoire de cette vague qui, comme le souligne Hugo Micheron, évolue en deux temps, à marée haute et à marée basse. L’ouvrage est articulé en trois phases chronologiques. Les vétérans - décennie 1990: Il revient sur les origines du mouvement à Peshawar pendant la guerre d’Afghanistan, qui a vu se rejoindre des musulmans de nombreux pays pour faire la guerre à l’envahisseur russe. À la fin de la guerre, ils sont retournés essaimer dans leur pays ainsi q’en Europe et en particulier à Londres pour former ce qui a été nommé le Londonistan. Les pionniers - décennie 2000: Les attentats du 11 septembre sont le point de départ d’un jihadisme européen, c’est-à-dire émanant d’Europe pour frapper l’Europe. Les autochtones: C’est l’époque de la guerre en Syrie qui attire sur son sol des combattants, de l’essor de Daech (État islamique) et de l’établissement, relativement éphémère, d’un califat. Tout est extrêmement bien documenté – Hugo Micheron est un enseignant-chercheur spécialiste de ce sujet – et très clair – même pour le profane que je suis. Il montre bien les mécaniques de radicalisation qui passent principalement par l’établissement de communautés dans des villes ou des quartiers, les prêches et la prison et qui ont su s’adapter aux nouveaux moyens de ommunication numériques qui ont connu une révolution pendant ces décennies. Les propos factuels et dépassionnés d’Hugo Micheron donnent au lecteur une vision claire et clinique des récents évènements qui ont bouleversé nos vies d’européens. Ce livre est un outil indispensable pour acquérir une connaissance de ce phénomène, connaissance qui est un préalable obligatoire à la compréhension de l’évolution de nos sociétés. Comme l’auteur le souligne dans sa conclusion, les différents mouvement politiques ne semblent toujours pas appréhender cette problématique de la bonne manière. ...

Exorcisme

Gérald Bronner est un sociologue reconnu, il s’est même récemment vu confier une mission par l’Élysée connue sous le nom Les Lumières à l’ère numérique – ou plus prosaïquement commission Bronner. Dans ce livre, il revient sur sa jeunesse à Nancy. Enfant de la classe populaire, il a frôlé la délinquance avant d’être détourné de ce chemin et guidé vers des mondes mystérieux par un oncle taciturne qui ne sortait jamais de son appartement rempli de livres. Cette initiation a donné lieu à la formation du C.E.R.F., le rétroacronyme – puisqu’il a un double sens – de “Chercheurs En Réalisme Fantastique” qui réunissait tout ce que la ville de Nancy comptait d’enthousiastes pour la féérie, le mystère, le caché, en somme tout ce qui n’était pas la vie plate et ennuyeuse. Le Seigneur des anneaux et Le Matin des magiciens – sous-titré Introduction au réalisme fantastique – étaient leurs livres de chevet. ...

Éloge du carburateur

Matthew B. Crawford a un parcours atypique. Il est diplômé en physique puis a obtenu un doctorat (PhD) de philosophie politique. Sans surprise, après ses études, il a dirigé un think tank avant de tout quitter pour monter un atelier de réparation de motos. Bref, j’étais passé du comité pour la pensée sociale à la cour des miracles. Ce livre relate cette expérience dont il se sert pour illustrer et nourrir sa réflexion sur le sens du travail et la dichotomie entre travail intellectuel et travail manuel. L’une des principales questions qui est posée est pourquoi on les oppose ? Pensez-vous que la réparation d’une moto ancienne ne requiert que de la dextérité ? Comment faire alors pour diagnostiquer une panne et trouver la solution ? Il s’agit bien de la combinaison des deux compétences – comme chez les dentistes ou les chirurgiens par exemple – alors pourquoi s’ingénie-t-on à, plus que les séparer, les opposer et ce dès l’école comme si ces deux compétences étaient mutuellement exclusives ? ...

MetaMaus

C’est chouette d’être reconnu. Mais assez dur d’être vu derrière un masque de souris! Le livre me menace, on dirait, comme mon père jadis. Journalistes et étudiants veulent encore des réponses aux mêmes questions. Pourquoi la BD ? Pourquoi les souris ? Pourquoi l’Holocauste ? […] Mais je vais tâcher de répondre de mon mieux. Comme ça, quand on me demandera à l’avenir, je répondrai peut-être juste plus jamais ! Voilà les questions centrales de ce livre adressées sous la forme d’une interview de Art Spiegelman menée par Hillary Chute qui est une universitaire spécialiste de l’oeuvre – le livre parle de lui-même sur ce point. Ce n’est donc pas une bande dessinée, mais un livre d’entretien très complet, précis et documenté consacré au chef-d’oeuvre de la bande dessinée Maus – un livre sur un livre donc un métalivre d’où son titre. Une fois le livre ouvert et les premières pages lues, il devient évident que ce livre est un complément indispensable à la bande dessinée car il permet de prendre encore plus conscience de la richesse de l’oeuvre. Même s’il est réalisé sous la forme d’un long entretien il s’agit vraiment d’un essai consacré à l’oeuvre tant cet ouvrage est riche, précis et éclairant – un entretien de l’auteur qui a lui-même réalisé l’entretien de son père pour écrire son livre. Il explore toutes les sphères dans lesquelles s’inscrit le livre (mémoire, histoire, bande dessinée, art, etc.) qui a demandé à son auteur pas moins de 13 années de travail. J’ai trouvé dans ce livre tellement de choses pertinentes que j’ai abusé des citations dans cet article – ils en parlent mieux que moi. ...

King Kong théorie

L’incipit de ce livre devrait passer à la postérité. J’écris de chez les moches, pour les moches, les vieilles, les camionneuses, les frigides, les mal baisées, les imbattables, les hystériques, les tarées, toutes les exclues du grand marché à la bonne meuf. Dans cet essai, Virginie Despentes aborde plusieurs sujets qui lui tiennent à coeur. Tout d’abord la place de la femme dans la société, du féminisme donc mais à la sauce Despentes. Puis des sujets plus tabous que sont le viol, la prostitution et la pornographie – j’en oublie peut-être. Elle sait de quoi elle parle puisqu’elle a vécu toutes ces expériences. Mais elle ne se contente pas d’en rendre compte, elle confronte son expérience à une grande connaissance théorique comme en atteste la bibliographie conséquente présentée en fin d’ouvrage – bien que ces sujets soient selon elle encore trop peu traités dans des ouvrages sérieux ou trop méconnus. Tout ceci dans un style qui lui ressemble et qui ressemble à la musique qu’elle aime et par laquelle elle se définit, le punk. ...

Les Naufragés du Wager

Je n’ai pas l’habitude de lire des romans d’aventures – et encore moins historiques – mais, ce livre n’est pas une exception car, s’il ressemble à s’y méprendre à un roman, il s’agit d’une histoire vraie. On pourrait facilement se tromper car, comme je l’ai appris lors de la lecture, le Robinson Crusoé de Daniel Defoe a été inspiré par l’histoire, qui s’est déroulée quelques décennies avant les événements du Wager, d’un naufragé écossais ayant survécu pendant quatre ans sur une île déserte. ...

Le combat du siècle

Le combat du siècle ou The Rumble in the Jungle est le combat, organisé par Don King, qui eut lieu en 1974 à Kinshasa (au Zaïre, devenu depuis la RDC) et qui opposa les deux plus grands boxeurs de l’époque, le puncheur Georges Foreman et le technicien Mohamed Ali pour la conquête du titre de champion du monde de boxe anglaise. Et ce n’est pas tout, le combat n’est pas raconté par n’importe quel journaliste, mais par l’écrivain Norman Mailer plusieurs fois lauréat du prix Pulitzer. Vous en voulez encore ? Mailer a inscrit son récit dans la mouvance du nouveau journalisme. Le récit est très novateur – même aujourd’hui prés de 50 ans après sa publication – puisqu’il sort du cadre du reportage pour s’inclure dans le récit – il parle d’ailleurs de lui à la troisième personne, en utilisant son prénom, Norman – comme le fait aujourd’hui Emmanuel Carrère et comme l’on fait avant lui Tom Wolfe, Truman Capote, Joan Didion ou encore le roi du Gonzo Hunter S. Thomson – ce dernier est d’ailleurs présent dans le récit puisqu’il se trouvait sur place pour suivre l’évènement. Il profite de cette position d’observateur pour dire son étonnement de découvrir ce pays immense au coeur de l’Afrique dirigé par le dictateur Mobutu. ...

Tragédie à l’Everest

Jon Krakauer, journaliste, auteur de plusieurs ouvrages, dont Into the wild – que tout le monde connaît grâce à son adaptation au cinéma – et alpiniste a obtenu le financement de la part de son journal, Outside, pour participer à une ascension de l’Everest afin de rendre compte de son expérience et de l’engouement croissant que connaissent les expéditions commerciales – de tourisme en enfer pour le dire autrement. Vu le titre et le fait que l’auteur dresse le bilan désastreux de ces expéditions de 1996 – celle à laquelle il a participé et celle d’une autre entreprise, Mountain Madness – je ne vais pas divulgâcher en disant qu’elles ont tourné au désastre. ...