Je ne suis pas un grand fan des zombies et je déteste tous les films du genre – sauf Shaun of the Dead qui est vraiment excellent –, idem pour les jeux vidéos, ils sont tout simplement affreux, les BD c’est à peine mieux – j’ai quand même bien aimé 30 jours de nuit1 de Ben Templesmith, pour ce qui est des livres, j’ai juste lu La nuit a dévoré le monde que j’ai beaucoup aimé, mais je ne pense pas qu’il soit représentatif du genre. Mais comment échapper à Walking Dead ? Bon j’ai essayé de regarder les 5 premières minutes de la série télé et je n’ai pas supporté. Mais peu de temps après, j’ai appris plusieurs choses sur le comic Walking Dead.

  • La BD est tellement vendue en France que les statistiques de vente des comics sont réalisées en enlevant les ventes de Walking Dead qui écrase tous les autres.
  • La série se termine avec le tome 33 de l’édition française.
  • Le créateur de la série n’est autre que le talentueux Robert Kirkman auteur notamment du génial Invincible
  • La bibliothèque municipale de ma ville possède la collection complète.

J’ai donc décidé de tenter le coup et c’était plutôt très convaincant, j’ai lu 12 tomes avant d’avoir envie de faire une pause. C’est un peu toujours la même chose avec les fictions post-apocalyptiques. Les protagonistes – que l’on peut aussi nommer survivants vu la situation – sont amenés à révéler leur vraie nature lorsqu’il sont confrontés à un environnement hostile. Pour ce qui est de l’hostilité, je crois que c’est le summum. Avec ce postulat de départ, les auteurs peuvent s’amuser à imaginer ce que devient l’humanité lorsqu’elle est confrontée à autant de difficulté. Il paraît que la tendance est naturellement à l’entraide, c’est assez vrai et c’est le cas dans Walking Dead, cependant cette belle humanité construite sur de solides fondations depuis des siècles peut aussi voler en éclat en quelques minutes. La survie reprend ses droits.

C’est aussi la fin de la civilisation, la collapsologie par les zombies, il faut tout réapprendre et repartir de zéro. Est-ce que ce sera mieux, rien n’est moins sûr car on se rend compte au bout d’un moment que si les zombies constituent un danger omniprésent, le vrai danger est plutôt à redouter du côté de ses propres congénères non putréfiés. Des groupes de survivants s’organisent et n’hésitent pas à attaquer leurs semblables pour assurer leur propre survie ou pour d’autres raisons moins légitimes disons. Les auteurs ne font pas dans la dentelle, je n’ai pas compté le nombre de morts, mais Game of Thrones n’a qu’à bien se tenir. Ça tombe à une telle vitesse que les éditeurs ont même jugé nécessaire de proposer un rappel des vivants et des morts au début de chaque tome.

Il y a souvent des paradoxes comme le fait de considérer une prison qui est le lieu de privation de libertés par excellence comme un refuge, une oasis. C’est un peu un rappel au film de George Romero dans lequel des survivants retranchés dans un supermarché pour fuir les zombies continuent à consommer. C’est une façon de passer au révélateur les mauvais côtés de notre société.

Enfin un mot sur les dessins qui sont sobres et classiques. Ils déçoivent un peu au début – je crois que ce n’est pas le même dessinateur – et puis sur la longueur on se rend compte qu’ils font plus que tenir la route et qu’ils sont finalement très bien adaptés à cette histoire. Ils sont en noir et blanc – j’ai appris que c’était au départ pour des raisons économiques –, ce choix, guidé par la finance, s’avère pertinent car il rend plus supportable l’omniprésence de la chair en putréfaction.

En conclusion, j’ai changé d’avis sur les zombies – les zombies sont mes amis – surtout lorsqu’ils sont utilisés à si bon escient. Je fais une petite pause, puis je lirai certainement la suite.


Kirkman, Robert et al. Walking Dead. Traduit par Edmond Tourriol, Delcourt, 2007.


  1. Templesmith, Ben & Niles, Steve. 30 jours de nuit. Delcourt, 2004. [return]