La Compagnie noire T1

La compagnie noire est une organisation de mercenaires se mettant au service du plus offrant. Elle évolue dans un univers fantastique assez discret. J’entends par là que l’univers et les descriptions afférentes ne sont pas prépondérants par rapport à l’histoire. C’est souvent l’un des travers du genre. On s’ennuie parfois profondément à la lecture d’interminables descriptions. Si vous cherchez du rêve, des mondes merveilleux, des créatures étranges, des quêtes héroïques, passez votre chemin. Ici, ce qui domine c’est la stratégie, la politique, la guerre, le pouvoir et les intrigues. Si la grande épopée militaire tient le premier rôle, elle est habilement pimentée par les intrigues politiques et les luttes intestines. L’action n’est évidemment pas en reste. On suit les aventures d’un petit groupe de mercenaires proche du commandement de la compagnie. Ce groupe est composé de sorciers, de l’énigmatique Corbeau et bien sûr du médecin et annaliste (personne qui rédige des annales historiques) de la compagnie, le dénommé Toubib. C’est donc lui le personnage principal et narrateur de l’histoire et ce que nous sommes en train de lire sont les annales de la compagnie. ...

Zuckerman enchaîné

Je connaissais Philip Roth grâce à son fabuleux roman La tache. Un peu déçu après la lecture de Complot contre l’Amérique, j’avais délaissé cet auteur. En lisant un article paru à l’occasion de la sortie de son nouveau roman, Exit le fantôme, mettant en scène – peut-être pour la dernière fois – son alter ego de papier Nathan Zuckerman ma curiosité a été piquée par la découverte des premiers romans relatant les aventures de ce personnage. ...

Georges Frog T1

Dans le New York des années 30, pendant la crise, nous suivons les aventures d’une grenouille musicienne. Georges (la grenouille) décide de laisser tomber le conservatoire pour se lancer dans sa passion, le Jazz. L’Amérique découvre alors cette musique qui va passionner des générations. On suivra les aventures de Georges entre amour, amitié, vie professionnelle et musique bien évidement ! Une série animalière agréable, plaisante, les dessins sont très sympas vous n’avez qu’à jeter un oeil à la couverture pour vous en convaincre. L’ambiance de New York est très bien rendue et on prend beaucoup de plaisir à tourner les pages un petit sourire au coin des lèvres. ...

27 déc. 2009 ·  BD

Le fantôme de Baker Street

Ce roman met en scène deux jeunes détectives aux profils bien opposés. Le premier, James Trelawney, est un athlète plutôt du genre coureur de jupons. Le second, Andrew Singleton, est un féru de littérature. Etrangement, lors de cette aventure, ce n’est pas la force qui sera le plus grand atout de ce duo mais bien l’érudition du jeune Andrew. Cette connaissance lui sera précieuse lorsqu’il tentera de dénouer le mystère entourant une série de meurtres reproduisant à l’identique ceux perpétrés par des personnages restés dans les mémoires: Jack l’éventreur, Dorian Gray, Dr Jekyll / Mr Hyde et même le comte Dracula. Est-ce là le forfait d’un admirateur ou, comme le titre nous le laisse supposer, est-ce les revenants qui ont décidé de reproduire leurs méfaits des années après ? ...

De Gaulle à la plage

Qu’a fait le Général de Gaulle après avoir sauvé la nation ? C’est l’épineuse question que s’est posé Jean-Yves Ferri. Il nous propose donc sa vision des choses en croquant habilement un de Gaulle en short et en tong goûtant à un repos bien mérité sur les plages de Normandie. Pour notre plus grand bonheur, il n’est pas tout seul mais accompagné de son fidèle adjoint Lebornec, de sa femme, de son fils et de son chien Wehrmach. Ce nom vous rappelle indéniablement quelque chose … Si je vous dis qu’il désigne le rejeton du chien-loup de Hitler, vous ne doutez plus désormais que l’on est dans le registre humoristique. ...

14 mars 2008 ·  BD

La formule préférée du professeur

Une femme de ménage est embauchée par la belle-sœur d’un vieux professeur de mathématiques. Dès leur première rencontre et alors que le professeur l’assaille de questions saugrenues, elle est surprise de constater que la veste du professeur est constellée de notes manuscrites maintenues au tissu par des pinces. Elle va vite comprendre que c’est la mémoire du professeur qui est ainsi répandue sur des bouts de papier griffonnés à la hâte. Dans sa défaillance, la mémoire du professeur est d’une précision mathématique car elle ne persiste que 80 minutes. Quel désarroi pour ce pauvre homme, pour lequel le temps s’est arrêté bien des années auparavant, de revivre chaque jour la rencontre avec une femme de ménage qui semble très bien le connaître. Malgré son handicap, le professeur conserve ses capacités de réflexion et, s’il y a bien une chose qu’il n’a pas oublié ce sont les mathématiques et ses nombreuses curiosités : Les nombres parfaits, triangulaires mais surtout les nombres premiers. Ces nombres ne comportant pas de diviseur sont auréolés de mystère car on ne sait toujours pas les dénombrer ni même prédire leur apparition. ...

A la croisée des mondes T1

Les Royaumes du Nord est le premier tome de la trilogie A la croisée des mondes, se déroule dans un univers parallèle du type fantasy et pourrait être classé aux côtés d’oeuvres comme le Seigneur des anneaux, Harry Potter ou Les Chroniques de Naria. De prime abord, il semble être construit, comme bon nombre d’ouvrages, sous forme d’une quête initiatique durant laquelle le héros, jeune enfant innocent, va, au fil des épreuves et des expériences, évoluer pour entrer dans l’âge adulte. Pourtant dans ce roman, l’héroïne, Lyra, n’est pas l’archétype du héros de ce genre de littérature. Au lieu d’être comme la plupart de ses petits camarades de fiction, sage, innocente et juste, elle a un penchant pour le mensonge, la fourberie et la manipulation. Est-ce ceci qui a énervé l’Eglise catholique et a engendré une véritable polémique ? Non, c’est plutôt lorsque l’auteur commence par assimiler l’histoire d’Adam et Eve à un conte de fée. Conte de fée qui devient, dans la prose de l’auteur, un nombre imaginaire fondateur des théories de l’Eglise. Cette dernière est, dans le roman, plus généralement présentée comme une organisation maléfique capable de commettre des actes barbares comme la castration. Son but inavoué serait de purifier les hommes en leur enlevant leur part d’animalité, matérialisée dans le monde créé par Pullman, par les daemons. Les daemons (prononcés démons) sont des animaux intimement liés à chaque être humain. Chaque personne possède donc et même intègre une créature pouvant prendre,durant l’enfance et l’adolescence, plusieurs formes animales symbolisant ainsi le caractère et la personnalité encore hésitante et changeante de l’enfant. Lors du passage à l’age adulte, le daemon prend une forme définitive et immuable. Il constitue donc une représentation matérielle du caractère de la personne. Quand certains peuvent se targuer d’être accompagnés d’un noble félin ou d’un rapace, les domestiques sont le plus souvent accompagnés de dociles chiens… ...

Lire aux cabinets

Derrière ce drôle de titre se cache un petit essai (c’est en fait le chapitre d’un livre cf. plus bas) assez virulent concernant la lecture mais aussi certains travers de la nature humaine. Sans parler du peu de respect accordé aux auteurs partageant bien malgré eux votre intimité, Henry Miller va plus loin et trouve l’origine de cette pratique dans le refus de se retrouver seul avec soi-même. Il invoque les mêmes raisons pour expliquer le nombre, toujours grandissant, de personnes rivées du matin au soir devant leur télé. Pour soigner les membres les plus atteints de cette détestable habitude, il va même jusqu’à prescrire la lecture de certains ouvrages particulièrement rébarbatifs. Dans son livre, il ne critique pas tant l’offense faite aux auteurs – car après tout, chacun est libre de lire où il le souhaite – que l’aliénation de certains se trouvant toujours obligés d’occuper aux mieux leur temps, sans même respecter celui normalement dévolu aux plus essentielles nécessités de la nature. ...

Les arpenteurs du monde

Ce livre relate la vie de deux grands savants allemands aux spécialités et profils bien différents. Le premier est le célèbre mathématicien Carl Friedrich Gauss. C’est un véritable génie précoce qui est tellement en avance sur son temps qu’il s’en rend lui-même compte. Il ne n’a de cesse de se lamenter en se demandant pourquoi il doit endurer le sort si cruel d’être né et de devoir vivre dans un monde si arriéré. Il pense plus vite que tout le monde et c’est principalement pour cette raison que les autres l’ennuient au point de presque tous les mépriser. Plus encore que les gens, il abhorre les voyages et ne quitte que bien malgré lui son domicile. ...

La chaise Klumbert

Pour son premier roman, JP Christopher Malitte nous plonge dans l’univers d’un designer. Pour mieux nous ancrer dans la réalité, il emploie, à la manière d’un Bret Easton Ellis, une profusion de détails et jalonne son récit de véritables panneaux publicitaires. Humbert Klumbert est, à l’image de la chaise qu’il a créée, lisse, rigide et ses journées se ressemblent tant que l’on pourrait les empiler. Cet homme, hypocondriaque et souffrant de troubles obsessionnels compulsifs (les fameux TOC), a émigré aux États-Unis non pas pour concevoir sa chaise, mais pour s’en débarrasser. Pourquoi ? Sa principale utilité serait-elle le fruit d’un hasard qu’il s’acharne tant à maîtriser ? ...

La véritable histoire du dernier roi socialiste

Malgré ce que laisse entendre son titre, ce livre appartient à un genre très particulier de la science-fiction: l’uchronie. Ce thème littéraire consiste à créer un point de divergence dans l’Histoire donnant ainsi naissance à une Histoire alternative, différente de celle que l’on est censé avoir apprise à l’école. Cette parfaite illustration de l’effet papillon est intéressante à plus d’un titre: Elle compte souvent, parmi ses protagonistes, des personnages historiques. On retrouvera par exemple Churchill et bien d’autres dans ce roman. Elle nous donne à réfléchir à l’importance des détails, à nous faire prendre conscience que le destin du monde aurait pu être différent. Arrêtons là les digressions et revenons à ce roman qui invente un autre dénouement aux révolutions de 1848 plus connues sous le nom de Printemps des peuples. Roy Lewis imagine qu’elles ont engendré un monde socialiste – ou communiste – se trouvant donc aux antipodes de notre monde hyper capitaliste dirigé par la Bourse. L’auteur nous invite à nous interroger sur la viabilité d’une telle organisation et nous donne l’occasion de remettre en cause un schéma que nous pensions incontournable. L’auteur du désormais célèbre Pourquoi j’ai mangé mon père1, d’origine anglaise, nous relate les faits avec sa vision d’outre-manche. Pour ceux d’entre nous qui ne connaissent pas bien l’histoire de ce pays – c’est mon cas –, cette position aura l’inconvénient de minimiser l’impact du récit et de perdre quelque peu le néophyte. Néanmoins, c’est un mal pour un bien car les plus motivés se documenteront sur Churchill : ...