La vie est faite de ces toutes petites choses

En tout cas oui, Sandra [Magnus l’astronaute membre d’équipage sur la dernière mission de la navette Atlantis], je souscris entièrement à cette appellation, tout cela est un roman, je l’écris noir sur blanc. C’est absolument un roman, parce que je n’y étais pas. Mais c’est un roman dont la contrainte a été que chaque détail soit véritable, dans l’idée que tant d’exactitude devait produire un effet. Je ne sais pas au juste lequel.

The Manhattan projects T1

Le projet Manhattan eut pour objectif – et il y parvint – de produire la première bombe atomique. Les plus grands scientifiques de l’époque, dont un grand nombre avait été chassé par les nazis, ont participé à ce projet afin de mettre fin à la guerre. C’est un sujet qui m’intéresse tout particulièrement et quand j’ai vu le titre The Manhattan Projects – notez le « S » – sur une grosse intégrale de chez Urban Comics, j’ai foncé.

Think Stats

Ce livre offre un bon panorama de l’utilisation des statistiques dans un contexte data science, mais il est loin d’être réussi. Tout d’abord je n’ai pas adhéré au plan suivi par l’auteur. Il se prête peut-être à des cours – ce livre est issu des cours dispensés par l’auteur –, mais pas à la lecture. Ensuite il mixe mathématiques et programmation et c’est justement là qu’il pèche. Si les deux disciplines sont intimement liées, il est en effet impensable de faire des statistiques avec un papier et un crayon, mais de là à expliquer comment on a codé ses propres fonctions en Python alors qu’il existe des librairies comme pandas, statsmodel, scipy, seaborn, etc.

Turn the Ship Around!

L’histoire de Turn the Ship Around! ressemble un peu à celle de nombreux films américains dans lesquels un entraîneur se retrouve propulsé à la tête d’une équipe de loosers qu’il parvient par sa sagacité à transformer en winners. Mais est-ce lui qui a agit dans ce cas alors qu’il n’est pas sur le terrain ou plutôt les joueurs qui mieux organisés, plus confiants sont parvenus à exprimer tout leur potentiel pour décrocher des victoires?

Crac

Près d’un siècle après, Jean Rolin marche dans les traces de Thomas Edward Lawrence plus connu sous le nom de Lawrence d’Arabie. Il part comme lui sillonner le Moyen-Orient, notamment le Liban et la Syrie, pour visiter les forteresses et les châteaux bâtis par les croisés dont le Crac (parfois orthographié Krak) qui a donné son nom au livre. C’est un livre semblable à son précédent opus, Le Traquet Kurde, même s’il y est un peu moins question d’ornithologie – on ne se refait pas – et un peu plus de T.

Le triangle secret T1

Le triangle secret est avec Le troisième testament et Le décalogue l’un des désormais classiques de la BD ésotérique. J’avais acheté les deux derniers, mais lu uniquement Le troisième testament, c’est dire si ce sujet m’intéresse. J’avais toujours dans le viseur Le triangle secret même si l’aspect graphique me rebutait un peu – le mot est fort, disons ne m’attirait pas vraiment. Comme pour le décalogue chaque tome est confié à un dessinateur différent, mais ici la différence de style est subtile voire difficilement perceptible.

The goal

The goal est un classique parmi les livres dédiés à l’optimisation de la production industrielle datant de l’époque où les termes gestion de production et recherche opérationnelles étaient encore largement employés, les années 80. Il date d’avant l’avènement du lean popularisé par Toyota. Avant de revenir au fond parlons de la forme car elle reste encore originale plus de 30 ans après. Il s’agit d’un genre particulier portant le doux nom de business novel, c’est à dire d’une oeuvre de fiction traitant d’un sujet technique dans le but d’en illustrer les principes – de les vulgariser diront les aigris.

L'été Diabolik

L’été Diabolik est un plongeon dans un grand bain de nostalgie. Celle des années 60, des vacances au soleil, des premiers émois et des magasines de bande dessinées achetés dans les kiosques. Tout ceci sous fond de guerre froide dans la grande tradition des romans d’espionnage à la John le Carré. L’histoire se décompose en deux parties distinctes. La première est le récit des souvenirs et des événements plus que troublants relatifs à la période des années 60.

Invincible T1

Robert Kirkman est surtout connu pour sa série Walking Dead1. Avant cet énorme succès, il avait créé une série de super-héros main stream nommée Invincible. On pourrait penser que cette BD n’est qu’un hommage à l’âge d’or des comics. Et il y a indéniablement de ça, les clins d’oeil sont suffisamment appuyés pour qu’un piètre connaisseur comme moi les détecte immédiatement. De la référence à Tom Strong en passant par de grosses similitudes avec l’univers DC, notamment avec Superman et la JLA – je ne parle même pas de la présence des héros d’Image Comics.

En cuisine avec Kafka

Des strips – ou du dessin de presse – sur le thème de la littérature, avec un petit zeste de culture geek, tout ceci dans un style minimaliste irrésistible: que demander de plus ! Ce livre est l’oeuvre de Tom Gauld qui illustre ainsi chaque dimanche le cahier littéraire du Guardian – pas mal. Comme toujours avec ce genre d’exercice, c’est un numéro d’équilibriste. Il y a du très bon et du moins bien.

Chiens

Mark Alizard consacre un petit livre aux chiens. Curieuse idée car le chien a l’image d’un animal tout ce qu’il y a de plus banal. Le chien de la famille qui ne quitte pas son maître du regard, qui le suit partout. Et pourtant vous verrez en lisant ce livre que le chien est plus complexe qu’il n’y paraît et que le destin de l’homme est intimement lié à celui de son plus fidèle compagnon.

La Modification

Un matin un homme quitte Paris pour Rome. Il a pris une grande décision. Il va rejoindre sa maîtresse. Il compte lui annoncer qu’il quitte enfin sa femme pour s’installer définitivement avec elle. Durant ce voyage, cette journée entière passée dans le compartiment 3ème classe du Paris-Rome, il ne surviendra pas de grands événements, sauf dans la tête de Léon. 24 h vont s’écouler pendant lesquelles il ne fera que penser à l’événement qui est en train de se jouer.

L’Homme qui tua Lucky Luke

Comment remettre Lucky Luke au goût du jour, comment sortir une nouvelle aventure qui intéressera un public plus large que les nostalgiques et les aficionados – ou les amateurs de Laurent Gerra ? L’équation semble compliquée à résoudre et pourtant, selon moi, Matthieu Bonhomme y est parvenu haut la main. Il est vrai que Lucky Luke a pas mal vieilli – enfin pas le personnage qui a toujours le même âge, mais la série.

Presque toute la vérité sur les lutins

Je suis sûr que vous avez toujours voulu en savoir plus sur les lutins. Vous savez ces petits êtres habillés en rouge et vert portant barbe et chapeau pointu. Certains les aiment tellement qu’ils leur érigent des statues dans leur jardin. Kitschs ou mignons, ils font indéniablement parti de notre imaginaire commun et sont même appelés à la rescousse lorsque le Père Noël manque de main d’oeuvre pour fabriquer ses jouets à la fin de l’année.

Le Sillon

Lorsque j’ai appris que Le sillon de Valérie Manteau avait été couronné par le prix Renaudot, je suis retourné à la bibliothèque pour l’emprunter à nouveau. J’en avais entendu parler à La Dispute et j’avais lu une centaine de pages avant de devoir le rendre. Ce n’était pas par manque d’intérêt, mais parce que je lisais en même temps à ce moment-là L’Origine de la violence. Je n’avais donc tout simplement pas eu le temps de le terminer et l’attribution de ce prix m’a renforcé dans l’idée que j’étais peut-être passé à côté de quelque chose.

Gatsby

Gatsby le Magnifique ou Gatsby tout simplement pour cette version traduite par Julie Wolkenstein est un grand classique de la littérature. C’est le style qui m’a le plus frappé dans ce roman. Francis Scott Fitzgerald réalise une prouesse en proposant une écriture à la fois épurée et poétique, ce qui semble antinomique et pourtant. […] et nous traversâmes Astoria à 100 kilomètres / heure avant d’apercevoir, sous les pylônes arachnéens du métro aérien, le coupé bleu qui filait tranquillement devant nous.

Black Op T1

J’avais envie d’une BD un peu à l’ancienne, un bon vieux franco-belge. Je tombe sur le premier tome de Black Op à la bibliothèque dont la couverture aguicheuse avait déjà attiré mon regard à la librairie. Je ne risque pas grand-chose, allez je l’embarque. Je voulais du classique et je n’ai pas été déçu sur ce point, c’est du très – trop – classique : le traumatisme de l’enfance, la rivalité / trahison amoureuse, un complot pour faire élire les méchants républicains.

Les Phalanges de l’Ordre Noir

Un baroud d’honneur Combat désespéré avant l’issue fatale d’une bataille, militaire ou non. – Wiktionnaire Cette expression résume à elle seule ce livre. C’est celui que d’anciens extrémistes de gauche face à des extrémistes de droite vont mener de nombreuses années après la guerre d’Espagne. A présent, ils sont devenus des vieillards et vont mener leur dernière bataille. Il s’agit d’un one shot touffu paru en 1979 – 1 an après ma naissance, ça commence à faire – que l’on doit à la collaboration entre Enki Bilal et Pierre Christin.

Le monde englouti

Ce roman du mythique écrivain anglais James Graham Ballard dont le nom est souvent abrégé en J. G. Ballard est l’un des romans du cycle des Quatre apocalypses. Tous écrits dans les années 60, ils imaginent l’humanité confrontée à plusieurs fléaux: montée des eaux, tempête, canicule et fossilisation. Dans celui dont il est question ici, la montée des eaux est une conséquence d’un sujet qui est plus que jamais d’actualité: le réchauffement climatique – même si ici il est lié a des explosions solaires et non à la décision de Donald Trump.

Le combat ordinaire

Le titre est un oxymore. Un combat n’est jamais ordinaire même si c’est celui de la vie. Le fond et la forme jouent également sur le contraste. Un dessin gai et des couleurs chatoyantes qui pourraient convenir à un récit humoristique alors qu’ils servent un propos globalement très sérieux – voire parfois un peu triste. Soyons clairs, nous sommes en présence d’un oeuvre de très grande qualité. Ce que j’ai dit concernant les dessins n’est d’ailleurs pas péjoratif, ils procurent un grand plaisir de lecture et mettent en scène des personnages attachants et expressifs.