Le Château

Ce n’est pas une surprise, mais une confirmation de l’avis que je m’en faisais. J’adore la politique en BD depuis Quai d’Orsay et je n’ai pas été déçu par ce livre. J’ai passé un bon et long moment en sa compagnie. Pourtant la presse n’a pas été unanime lors de sa sortie, à tel point que j’avais renoncé à l’acheter. Je me doute que les reproches qui lui ont été faits concernent son manque de critique envers le président et son gouvernement. ...

1 avr. 2017 ·  BD  ♥

Des hommes d'État

La récente parution de Jours de pouvoir de Bruno Le Maire m’a incité à me plonger dans ce précédent ouvrage sur lequel je lorgnais avec envie depuis longtemps. Si les deux ouvrages se distinguent par leur chronologie (Jours de pouvoir est consacré aux années 2010-2012 pendant lesquelles Bruno Le Maire a été ministre sous Nicolas Sarkozy), leur forme est identique. Dans les deux cas il s’agit du journal de Bruno Le Maire qui nous entraine dans les coulisses de la politique. Ce journal couvre la période allant de la nomination de Dominique de Villepin au poste de premier ministre à l’élection de Nicolas Sarkozy à celui de président de la République. ...

Quai d'Orsay T2

Après un premier tome très réussi que vaut ce deuxième opus ? N’y allons pas par quatre chemins, il s’inscrit dans la continuité et est tout aussi excellent que le précédent. Quel plaisir de se retrouver plongé dans l’intimité d’un cabinet ministériel, d’observer l’art subtil de la diplomatie et de voir se nouer les luttes intestines. Avec à sa tête un ministre d’une telle carrure – au propre comme au figuré – et possédant un tel phrasé, c’est un réel plaisir et une bonne partie de rigolade. Nous retrouvons un Dominique de Villepin – pardon un Alexandre Taillard de Worms – encore plus flamboyant, charismatique, imprévisible et énergique que jamais. On ne peut s’empêcher d’avoir de l’empathie pour le personnage principal, conseiller en charge des “langages” auprès du ministre – comprenez en charge de rédiger les discours. On partage son incrédulité devant la fulgurance de son chef, ses sauts contextuels, ses idées hors du commun et sa propension à élever le débat pour affronter ses adversaires très haut dans un monde parallèle. ...

1 févr. 2012 ·  BD  ♥

La faim de Hoffman

Hoffman est un diplomate néerlandais qui occupe depuis peu le poste d’ambassadeur à Prague. Cet homme se suicide à petit feu en ingérant de la nourriture et de l’alcool. Il s’adonne à ce rituel destructeur la nuit, durant ses longues insomnies. Il ne dort quasiment plus depuis bien longtemps. En fait, depuis que la vie, après une enfance difficile décapitée par la guerre, lui a joué des tours encore plus cruels. Depuis peu, ses nuits sont devenues plus supportables, depuis la découverte dans le grenier de son logement de fonction, d’un volume de Spinoza. Mais, ce qu’il ne sait pas encore, c’est qu’il risque bien d’être impliqué dans une affaire d’espionnage. ...

Les Dépossédés

Il y a très longtemps des colons de la planète Urras sont partis vers une de ses lunes: Anarres. Annares est une planète peu accueillante quasiment désertique et presque vierge de toute vie animale. Mais qu’importe, ces colons sont des idéalistes, ils ont décidé de vivre autrement en créant ex nihilo une société complètement différente. C’est une société où la notion de propriété et d’argent n’existe pas. La vie s’organise exclusivement en groupe et chacun participe activement au fonctionnement de la communauté – il n’y a pas de notion de travail et de rémunération mais chacun doit effectuer des tâches au service de la société et non pour son propre profit. Le professeur Shevek, l’un des plus grand physicien d’Annares, va réaliser le rêve d’une vie en faisant le voyage de retour vers la planète originelle Urras. C’est un véritable choc qui l’attend sur cette planète au système économique et politique radicalement différent. ...

Quai d'Orsay T1

Ce n’est pas si fréquent, voici une BD qui nous parle de politique. Nous sommes donc plongés dans les méandres et les intrigues des cabinets ministériels. Le ministre en question a l’esprit chevaleresque et est épris de littérature et de bons mots. Je donne un dernier indice physique, il est grand et porte des cheveux blancs mi-longs rejetés en arrière. Ca y est vous avez trouvé, il s’agit de Dominique de Villepin. Quai dOrsay donne une vision imagée de cet homme dont l’un des hauts faits est le désormais célèbre discours à l’ONU. C’est vraiment cet esprit qui est souligné (au Stabilo ceux qui lirons la BD comprendront): la culture en politique, le courage, le droit a être différent, noble et à s’opposer à la pensée unique par une approche singulière pour servir la paix. Mais c’est aussi les rivalités entre les divers conseillers, les coups bas, le pouvoir du chef qui, d’un geste d’humeur, d’un coup de tête, sans justification peut balayer le travail de plusieurs jours qui sont ici magistralement rendus. Le ministre pense et agit plus vite que les autres, jette quelques idées, esquisse quelques phrases inspirées par son livre fétiche Fragments d’Héraclite. De quoi a être complètement perdu lorsque l’on est un jeune homme sans expérience et que l’on se voit confier la charge de rédiger les discours d’un tel personnage. ...

19 juin 2010 ·  BD  ♥

Le Pingouin

Victor est un écrivain qui partage un T2 avec un animal de compagnie original prénommé Micha. Victor a recueilli ce pingouin lorsque le zoo de Kiev a rencontré quelques difficultés pour nourrir ces pensionnaires. Micha a donc trouvé asile dans le T2 exiguë de Victor. Si celui est plutôt modeste, il bénéficie tout de même d’une baignoire permettant au pingouin de prendre des bains d’eau froide salvateurs. Car un pingouin n’est pas habitué à subir la chaleur ukrainienne – mettre chaleur et Ukraine dans la même phrase c’est quand même étrange. Le Pingouin attire tous les regards mais n’est pas devenu pour autant le porte bonheur de son maître en matière d’écriture, sa carrière ne décolle toujours pas. Pour se nourrir, Victor accepte une proposition d’un genre particulier du journal la Stolitchnaïa. Le travail qui lui est demandé est surprenant mais plutôt bien payé et pas très compliqué. Il s’agit de rédiger des nécrologies qu’il appelle ses “petites croix”. Ce n’est pas très passionnant ni valorisant mais ce travail ne le dérangerait vraiment pas si ce n’était un petit détail qui lui trotte dans la tête. Les personnes qu’il honore de sa prose ne sont pas encore mortes … ...

Le moustiquaire de Berlin

L’album dont je vous parle est le lauréat de la deuxième édition du concours de bande dessinée Glénat / Arte. Ce concours prône l’ouverture et se tourne résolument vers l’avenir car il est européen et n’est ouvert qu’à des auteurs n’ayant jamais publié. J’avais lu, à sa sortie, la bande dessinée des premiers lauréats polonais de ce concours (Essence par par Gawronkiewicz et Janusz) et en avait apprécié l’originalité et la fraîcheur. C’est donc plein d’enthousiasme que j’ai abordé la lecture du travail des nouveaux lauréats, qui sont, cette année, des français. Premier constat, on ne rompt pas avec les recettes du précédent lauréat: une histoire complète en un seul volume, un dessin sympathique, une couverture bleue (je plaisante mais c’est vrai) mais surtout un scénario hors du commun. Qui n’a jamais rêvé de l’extermination pure et simple de ces satanés moustiques. Je parle bien de ces insectes qui semblent n’avoir d’autres buts que nous persécuter allant même jusqu’à nous attaquer lâchement pendant notre sommeil. Nous avons pourtant tout essayé: insecticides, citronnelle, répulsifs odorants, sonores, … Sans penser, comme les assaillants de naguère, à polluer la source de leur alimentation, c’est à dire notre propre sang. Car c’est bien l’extinction qui guette nos héros à trompe s’ils ne peuvent plus s’alimenter en sang de qualité. En effet le sang de la plupart des humains est devenu, malgré eux et involontairement, impropre à la consommation. Mais quelle est la cause de cette affection qui frappe les hommes et indirectement les moustiques. Cette maladie n’est ni génétique, ni d’origine virale, ni due à la pollution mais elle liée à la crise ! ...

2 mars 2008 ·  BD

Le bibliothécaire

Un simple bibliothécaire d’université, David Goldberg, se retrouve par hasard au service d’un riche vieillard. Ce dernier souhaite utiliser les compétences de bibliothécaire de David pour effectuer du classement dans ses nombreux dossiers. Le vieillard en question se trouve être l’un des éléphants d’or du parti Républicain des États-Unis (on appelle éléphants d’or les plus gros bailleurs de fond du parti républicain des États-Unis dont le symbole est un éléphant). L’histoire qui, comme vous l’aurez compris, a pour cadre les États-Unis se déroule pendant une élection présidentielle. Durant cette élection, le candidat républicain brigue un second mandat face à une candidate du parti démocrate. David Goldberg va se retrouver bien malgré lui au centre de cette élection et en subir les dommages collatéraux. Ce bibliothécaire ne souffre pas de l’austérité dont on affuble souvent l’ensemble de ses collègues et réussira même l’exploit de ne jamais se départir de son humour réjouissant malgré la somme d’ennuis qu’il va rencontrer. ...

La véritable histoire du dernier roi socialiste

Malgré ce que laisse entendre son titre, ce livre appartient à un genre très particulier de la science-fiction: l’uchronie. Ce thème littéraire consiste à créer un point de divergence dans l’Histoire donnant ainsi naissance à une Histoire alternative, différente de celle que l’on est censé avoir apprise à l’école. Cette parfaite illustration de l’effet papillon est intéressante à plus d’un titre: Elle compte souvent, parmi ses protagonistes, des personnages historiques. On retrouvera par exemple Churchill et bien d’autres dans ce roman. Elle nous donne à réfléchir à l’importance des détails, à nous faire prendre conscience que le destin du monde aurait pu être différent. Arrêtons là les digressions et revenons à ce roman qui invente un autre dénouement aux révolutions de 1848 plus connues sous le nom de Printemps des peuples. Roy Lewis imagine qu’elles ont engendré un monde socialiste – ou communiste – se trouvant donc aux antipodes de notre monde hyper capitaliste dirigé par la Bourse. L’auteur nous invite à nous interroger sur la viabilité d’une telle organisation et nous donne l’occasion de remettre en cause un schéma que nous pensions incontournable. L’auteur du désormais célèbre Pourquoi j’ai mangé mon père1, d’origine anglaise, nous relate les faits avec sa vision d’outre-manche. Pour ceux d’entre nous qui ne connaissent pas bien l’histoire de ce pays – c’est mon cas –, cette position aura l’inconvénient de minimiser l’impact du récit et de perdre quelque peu le néophyte. Néanmoins, c’est un mal pour un bien car les plus motivés se documenteront sur Churchill : ...