Crime

Ce roman ne sort pas de l’imagination du journaliste et écrivain américain Meyer Levin. Il relate une histoire vraie dans laquelle seuls les noms des personnages ont été changés. Ce roman est d’ailleurs l’un des premiers romans documentaires ou romans basés sur des faits réels. Truman Capote réalisera plus tard un roman du même genre, le célèbre De sang-froid1. Meyer Levin connaît très bien l’histoire qu’il raconte car il étudiait dans la même classe que les deux jeunes hommes tenant les premiers rôles de son roman : Nathan Freudenthal Leopold Jr. alias Judah Steiner Jr. et Richard A. Loeb alias Artie Strauss. Il a donc vécu cette affaire de l’intérieur et c’est peut-être pour cette raison qu’il parvient à la raconter avec autant de réussite. L’affaire en question est connue sous le nom d’affaire Leopold and Loeb. Ces deux personnes sont en fait des jeunes gens, ayant respectivement 19 et 18 ans au moment des faits, exceptionnellement intelligents. Artie Strauss, grand amateur de romans policiers, fut le plus jeune diplômé dans l’histoire de l’université du Michigan. Judd Steiner, passionné d’ornithologie et parlant plus de dix langues, étudiait le droit et s’apprêtait à entrer à la prestigieuse université d’Harvard. Tous deux fils de millionnaires, ils étaient amis et voisins dans un quartier chic de Chicago. Malgré leur situation enviable, les deux camarades sont résolus à réaliser, pour l’exploit un crime parfait. Le plus important pour eux étant qu’il soit totalement gratuit car dépourvue de toute motivation ou émotion. Ils vont donc mettre au point minutieusement l’enlèvement, la demande de rançon et le meurtre d’un jeune garçon. ...

2 janv. 2008 ·  Noir  ♥

Etat limite

Le titre qu’a choisi Pierre Assouline pour son roman est un terme plus connu sous son nom anglais de borderline. Ce terme désigne un trouble de la personnalité se situant entre la névrose et la psychose qui se manifeste généralement chez le sujet par un état cyclique. Pourquoi ce titre ? L’un des protagonistes souffre-t-il d’un tel trouble ? Pourtant, le personnage principal semble équilibré, par contre, il a la particularité d’exercer le métier rare, mais au combien intéressant de généalogiste. Son témoignage a habituellement une valeur historique ou une utilité plus terre à terre dans le cadre d’enquêtes pour héritages. Il apprendra à ses dépends que l’histoire peut aussi être utilisée comme une arme efficace et dangereuse. ...

Le rituel de l'ombre

Tout d’abord, il faut savoir que ce roman a été rédigé par un duo improbable composé d’un maître franc-maçon, Jacques Ravenne (c’est un pseudonyme), et d’un journaliste ayant enquêté sur les dérives liés à l’ordre, Eric Giacometti. Le rituel de l’ombre est le premier opus d’une série mettant en scène le personnage récurrent du commissaire Antoine Marcas. Ce commissaire, comme vous devez vous en douter, est lié de très près à la franc-maçonnerie. Il a été élevé au grade de maître au sein d’une loge. Durant cette aventure, il se retrouve mêlé, bien malgré lui, à une affaire trouvant ses origines durant la deuxième guerre mondiale. Les francs-maçons sont à nouveau menacés par leur ennemi de toujours. Tout au long du roman, les échanges entre Marcas et les autres protagonistes sont prétextes à évoquer l’univers de la franc-maçonnerie. Ils constituent également un habile moyen d’exposer les différents points de vues sur un sujet aussi controversé que celui-ci, et de poser une fois de plus l’inévitable question : Les francs-maçons sont-ils les bienfaiteurs de la société ou au contraire une communauté de nantis se rendant mutuellement des services ? ...

La part de l'autre

Comment imaginer que même le pire tyran aurait pu être un autre ? Emettre l’hypothèse que l’Homme n’est pas intrinsèquement mauvais, que c’est la vie qui le transforme. C’est le pari risqué que tente ici Eric-Emmanuel Schmitt en s’attaquant au chef de file des nazis. Pour démontrer sa thèse, il utilise un genre particulier d’uchronie. Dans ce roman, la séparation entre les deux Histoires a lieu au cours du récit. Afin de mettre en perspective les deux univers résultants – la réalité historique et la fiction –, l’auteur nous propose de suivre en parallèle le parcours d’Adolphe et d’Hitler. De ce fait, tout en revivant les horribles évènements de l’Histoire aux côtés d’Hitler, nous observons les choix de son double fictionnel Adolphe. ...

Un pedigree

Patrick Modiano raconte son enfance se déroulant à une époque trouble de l’Histoire de France. Elle est pour le moins atypique, on y croise des personnages au destin singulier tout droits sortis de films de gangsters. On ne connaît pas exactement la nature de leurs activités mais on la devine, comme en les observant au travers d’une vitre en verre dépolie ou plutôt au travers des yeux d’un enfant. Le style de Modiano est surprenant. Il nous étouffe, sous les faits, les histoires et les personnages. Là où d’autres consacreraient un chapitre au développement d’une anecdote, lui y accorde trois lignes et passe immédiatement à la suivante. Les personnages sont traités de la même manière, sans approfondir leur histoire. ...

Mon nom est Rouge

Le sultan a confié à l’Oncle la réalisation d’un livre sans pareille. Celui-ci fait donc appel aux plus grands maîtres peintres et enlumineurs pour la réalisation de cet ouvrage controversé. Pour ce faire, il prend d’infinies précautions pour commander la réalisation des plus dangereuses des miniatures. Ces dernières sont réalisées par plusieurs peintres sans qu’aucun ne puisse appréhender la scène dans son ensemble. Malgré ces précautions, l’un d’eux, monsieur Délicat, est assassiné par l’un de ces pairs. Le récit se déroule à une époque où l’art Moyen-oriental, initialement influencé par l’Asie commence à se tourner vers l’Occident. A cette époque, les grands maîtres, contrairement à leurs homologues occidentaux, ne signaient pas leurs œuvres. Ils s’attachaient plus à représenter les choses en conformité avec la tradition plutôt qu’à imposer leur propre style. Ici, pas question de perspectives, ou de représentations différenciables des visages, il ne s’agit pas de peindre la réalité telle qu’elle est observée par l’artiste mais telle qu’elle est vue par Dieu. ...

Lire aux cabinets

Derrière ce drôle de titre se cache un petit essai (c’est en fait le chapitre d’un livre cf. plus bas) assez virulent concernant la lecture mais aussi certains travers de la nature humaine. Sans parler du peu de respect accordé aux auteurs partageant bien malgré eux votre intimité, Henry Miller va plus loin et trouve l’origine de cette pratique dans le refus de se retrouver seul avec soi-même. Il invoque les mêmes raisons pour expliquer le nombre, toujours grandissant, de personnes rivées du matin au soir devant leur télé. Pour soigner les membres les plus atteints de cette détestable habitude, il va même jusqu’à prescrire la lecture de certains ouvrages particulièrement rébarbatifs. Dans son livre, il ne critique pas tant l’offense faite aux auteurs – car après tout, chacun est libre de lire où il le souhaite – que l’aliénation de certains se trouvant toujours obligés d’occuper aux mieux leur temps, sans même respecter celui normalement dévolu aux plus essentielles nécessités de la nature. ...

L'énigme

Ce roman est construit comme une pièce de théâtre – Serge Rezvani est aussi dramaturge – où une courte phrase décrivant le contexte de la scène laisse immédiatement place aux dialogues. Ces conversations se déroulent exclusivement entre trois personnages : un enquêteur du domaine maritime, un criminologiste, poète à ces heures, et un “théseur”. Ces trois protagonistes ont la lourde charge de résoudre l’énigme de la disparition de toute une famille d’écrivains. Les membres de cette étonnante famille ont tous disparu en mer alors qu’ils effectuaient une croisière à bord de leur cabin-cruiseur l’Ouranos. Les seuls indices dont disposent les enquêteurs sont d’étranges symboles gravés sur la coque immaculée du bateau ainsi qu’une masse d’écrits en encombrant les cabines. Curieusement, le “théseur” est l’élément central de ce triumvirat. Il connaît parfaitement la vie de chacun des membres de la famille Knight et est le seul capable d’explorer avec discernement les nombreux écrits retrouvés à bord du bateau. Les deux hommes chargés de l’affaire sont donc à la merci de ce lettré passionné qui va mener du début à la fin cette danse macabre. Il laissera peser le suspens jusqu’au bout, jouant avec les nerfs de ses deux commanditaires. Il distille les informations au compte gouttes, trouve des mobiles à chacun des membres et semble s’en amuser. ...

Ni d'Eve ni d'Adam

Comme Métaphysique des tubes, Biographie de la faim et Stupeur et tremblements, ce livre est un récit autobiographique ou une autofiction se déroulant au Japon. Amélie a, au moment du récit, 21 ans et nous raconte son bonheur d’étudiante vécu juste avant l’horreur du monde de l’entreprise relatée dans Stupeur et tremblements. Son bonheur, c’est le Japon personnifié par un beau et riche jeune homme prénommé Rinri. Au travers de cette relation, la jeune Amélie nous raconte, avec beaucoup d’humour, ce pays si différent du sien. On va donc, tout au long du livre déguster avec délice de nombreuses anecdotes plus drôles, étonnantes et instructives les unes que les autres. Avec Amélie Nothomb, même de banales piqûres de moustiques prennent une autre dimension, je vous laisse imaginer ce que donne une balade en forêt… ...

La chambre des officiers

En 1914, Adrien Fournier, jeune ingénieur provincial installé depuis peu à Paris, est mobilisé et part à la guerre. Il en reviendra trop vite, atrocement mutilé, défiguré, sans même avoir combattu. Son quotidien sera désormais celui d’un homme brisé, cloîtré dans une chambre sans miroir réservée à ceux que l’on nomme “les gueules cassées”. Dans cette chambre des officiers, auprès de ses compagnons d’infortune, il lui faudra entamer un long chemin de croix vers la guérison fait de souffrances physiques et surtout morales. Le reflet de soi dans les yeux des autres peut être bien pire que celui renvoyé par un miroir. ...

1280 âmes

Bienvenue dans la plus petite librairie de Paris. Son principal occupant y reçoit de nombreux farfelus qu’il aide, moyennant finance, à assouvir leur passion de bibliophiles acharnés. Pour arrondir ses fins de mois, il lui arrive parfois d’accepter des petits boulots allant de l’élaboration de bibliographies à l’écriture de rédactions pour collégiens en manque d’inspiration. Un jour, l’un de ses clients va lui faire une demande plus étrange que les autres. Il souhaite savoir ce qui est arrivé aux 5 âmes disparus entre la version originale d’un polar titrée Pop 1280 et sa traduction française 1275 âmes. Pour couronner le tout, il s’avère que ce roman de Jim Thompson porte le numéro 1000 de la célèbre Série Noire de Gallimard et qu’il a été traduit par son fondateur Marcel Duhamel. Pourquoi cette disparition ? Le grand Marcel n’a pas pu commettre un tel acte délibérément et on ne peut croire à une si grossière erreur, il doit y avoir une raison… ...

Les arpenteurs du monde

Ce livre relate la vie de deux grands savants allemands aux spécialités et profils bien différents. Le premier est le célèbre mathématicien Carl Friedrich Gauss. C’est un véritable génie précoce qui est tellement en avance sur son temps qu’il s’en rend lui-même compte. Il ne n’a de cesse de se lamenter en se demandant pourquoi il doit endurer le sort si cruel d’être né et de devoir vivre dans un monde si arriéré. Il pense plus vite que tout le monde et c’est principalement pour cette raison que les autres l’ennuient au point de presque tous les mépriser. Plus encore que les gens, il abhorre les voyages et ne quitte que bien malgré lui son domicile. ...

Le bibliothécaire

Un simple bibliothécaire d’université, David Goldberg, se retrouve par hasard au service d’un riche vieillard. Ce dernier souhaite utiliser les compétences de bibliothécaire de David pour effectuer du classement dans ses nombreux dossiers. Le vieillard en question se trouve être l’un des éléphants d’or du parti Républicain des États-Unis (on appelle éléphants d’or les plus gros bailleurs de fond du parti républicain des États-Unis dont le symbole est un éléphant). L’histoire qui, comme vous l’aurez compris, a pour cadre les États-Unis se déroule pendant une élection présidentielle. Durant cette élection, le candidat républicain brigue un second mandat face à une candidate du parti démocrate. David Goldberg va se retrouver bien malgré lui au centre de cette élection et en subir les dommages collatéraux. Ce bibliothécaire ne souffre pas de l’austérité dont on affuble souvent l’ensemble de ses collègues et réussira même l’exploit de ne jamais se départir de son humour réjouissant malgré la somme d’ennuis qu’il va rencontrer. ...

La caverne des idées

Héraclès Pontor est l’alter ego antique du détective Hercule Poirot. Cette profession portait à cette époque le nom bien plus poétique de “déchiffreur d’énigme”. Un éphèbe est retrouvé mort, le corps couvert de profondes lacérations. Ses blessures donnent à penser qu’il a certainement été attaqué par des loups. Héraclès est sollicité pour examiner le cas, par un des plus fidèle disciple du grand Platon. Le détective et son employeur ont des idées diamétralement opposées et n’auront de cesse de s’affronter sur le plan philosophique tout au long de l’enquête. ...

Dans les bois éternels

Je n’ose rien dévoiler de l’intrigue pour ne pas gâcher le plaisir de lecture. Je peux seulement divulguer que le commissaire aménage dans une maison qui est, selon son voisin – un vieil italien manchot –, hantée par une sainte ayant tuée de ses mains sept femmes avant de périr sous celles d’un tanneur et qu’un nouvel élément, une vielle connaissance du commissaire, vient ajouter sa pierre à la déjà très hétéroclite brigade. Il faut savourer ce roman, se laisser planer aux côtés du désormais célèbre Adamsberg. Fred Vargas flirte encore une fois, et avec de plus en plus de réussite, avec les limites de la réalité et les frontières de l’étrange. Elle nous offre, au fil des aventures de son cher commissaire, toujours plus de plaisir. Avec ce nouvel opus elle resserre les liens entre les aventures (il est d’ailleurs préférable d’avoir lu son précédent ouvrage – Sous les vents de Neptune – avant d’attaquer ce roman) et ajoute même de la cohérence à son univers en faisant intervenir l’un des trois apôtres découverts dans Debout les morts. ...

8 juil. 2007 ·  Noir  ♥

La chaise Klumbert

Pour son premier roman, JP Christopher Malitte nous plonge dans l’univers d’un designer. Pour mieux nous ancrer dans la réalité, il emploie, à la manière d’un Bret Easton Ellis, une profusion de détails et jalonne son récit de véritables panneaux publicitaires. Humbert Klumbert est, à l’image de la chaise qu’il a créée, lisse, rigide et ses journées se ressemblent tant que l’on pourrait les empiler. Cet homme, hypocondriaque et souffrant de troubles obsessionnels compulsifs (les fameux TOC), a émigré aux États-Unis non pas pour concevoir sa chaise, mais pour s’en débarrasser. Pourquoi ? Sa principale utilité serait-elle le fruit d’un hasard qu’il s’acharne tant à maîtriser ? ...

Jeu de société

Ce roman qui se déroule après Un tout petit monde se passe en Angleterre sous le gouvernement Thatcher et relate la rencontre improbable entre le manager d’une grande entreprise et un professeur d’université. Le premier officie dans une fonderie où la testostérone règne en maître. Dans cette usine, des pin-up dénudées sont placardées au mur et les seules représentantes de la gente féminine ne sont que des caricatures de secrétaires rêvant de voir leur propre fille poser pour un calendrier. Le second enseigne la littérature dans une université subissant de plein fouet les effets d’importantes restrictions budgétaires. Sa spécialité est le roman industriel et il pense que le romancier est un capitaliste de l’imagination … ...

La véritable histoire du dernier roi socialiste

Malgré ce que laisse entendre son titre, ce livre appartient à un genre très particulier de la science-fiction: l’uchronie. Ce thème littéraire consiste à créer un point de divergence dans l’Histoire donnant ainsi naissance à une Histoire alternative, différente de celle que l’on est censé avoir apprise à l’école. Cette parfaite illustration de l’effet papillon est intéressante à plus d’un titre: Elle compte souvent, parmi ses protagonistes, des personnages historiques. On retrouvera par exemple Churchill et bien d’autres dans ce roman. Elle nous donne à réfléchir à l’importance des détails, à nous faire prendre conscience que le destin du monde aurait pu être différent. Arrêtons là les digressions et revenons à ce roman qui invente un autre dénouement aux révolutions de 1848 plus connues sous le nom de Printemps des peuples. Roy Lewis imagine qu’elles ont engendré un monde socialiste – ou communiste – se trouvant donc aux antipodes de notre monde hyper capitaliste dirigé par la Bourse. L’auteur nous invite à nous interroger sur la viabilité d’une telle organisation et nous donne l’occasion de remettre en cause un schéma que nous pensions incontournable. L’auteur du désormais célèbre Pourquoi j’ai mangé mon père1, d’origine anglaise, nous relate les faits avec sa vision d’outre-manche. Pour ceux d’entre nous qui ne connaissent pas bien l’histoire de ce pays – c’est mon cas –, cette position aura l’inconvénient de minimiser l’impact du récit et de perdre quelque peu le néophyte. Néanmoins, c’est un mal pour un bien car les plus motivés se documenteront sur Churchill : ...

Le Maître d'escrime

Ce roman de cape et d’épée se déroule en Espagne à la fin de 19ème siècle. Le pays est alors en pleine mutation, l’art intemporel de l’escrime ne sera bientôt plus qu’un vestige du temps passé. Il n’est plus utilisé lors des duels car on lui préfère de vulgaires armes à feux et, désormais pratiqué par des femmes, on va même jusqu’à l’assimiler à un sport. Le vieux maître d’escrime, personnage principal de ce récit, se résout, malgré lui, à vivre avec son temps et accepte d’enseigner sont art à une jeune et belle élève. C’est alors, vous l’aurez compris, que les ennuies commencent car d’autres changements, plus profonds, vont secouer l’Espagne et marquer à jamais la vie de cet homme. ...

La peau froide

La peau froide est un roman protéiforme relatant les aventures d’un naufragé volontaire, flanqué d’un Vendredi acariâtre, qui a débarqué dans un monde tout droit sorti de l’esprit de Stephen King. On pourrait croire, dès lors, que l’on a entre les mains un énième roman d’horreur où le héros doit lutter pour sa survie. Oui, mais on ne peut pas le résumer à ça. Et c’est justement là qu’il réussit le tour de force de proposer une aventure omniprésente et bien rythmée au service des problématiques de fond qui sont abordées. Au fil de ce huis clos narré par un ethnologue, nous allons explorer les rivages de la différence, de la peur de l’autre, de l’instinct guerrier, de la solitude, de l’amour et de la folie. ...