La Modification

Un matin un homme quitte Paris pour Rome. Il a pris une grande décision. Il va rejoindre sa maîtresse. Il compte lui annoncer qu’il quitte enfin sa femme pour s’installer définitivement avec elle. Durant ce voyage, cette journée entière passée dans le compartiment 3ème classe du Paris-Rome, il ne surviendra pas de grands événements, sauf dans la tête de Léon. 24 h vont s’écouler pendant lesquelles il ne fera que penser à l’événement qui est en train de se jouer. Il va songer à sa nouvelle vie, à sa liberté et sa jeunesse retrouvées. A Paris et à Rome, à la routine et à l’aventure, à la tristesse et au bonheur, au passé et au futur. Il va faire des aller-retours entre les deux. Penser à sa femme, à ce qu’elle était et ce qu’elle est devenue. A ses enfants, aux espoirs et aux déceptions qu’ils ont suscité. Il va se poser beaucoup de questions, construire et déconstruire les différents scénarios dans sa tête en regardant défiler le paysage depuis ce compartiment inconfortable. ...

15 mars 2019 · #493 ·  Roman

L’Homme qui tua Lucky Luke

Comment remettre Lucky Luke au goût du jour, comment sortir une nouvelle aventure qui intéressera un public plus large que les nostalgiques et les aficionados – ou les amateurs de Laurent Gerra ? L’équation semble compliquée à résoudre et pourtant, selon moi, Matthieu Bonhomme y est parvenu haut la main. Il est vrai que Lucky Luke a pas mal vieilli – enfin pas le personnage qui a toujours le même âge, mais la série. La recette qu’il a trouvé et de ne pas renier le passé, mais de le sublimer. Prenez par exemple ces planches monochromes (vertes ou rouges) qui sont l’une des signatures de la série. Elles pourraient passer pour un archaïsme et pourtant elles sont reprises ici, fonctionnent bien et apportent même un plus indéniable. En simplifiant on pourrait dire qu’il a repris beaucoup de choses tout en leur insufflant une dose de réalisme et de modernité. L’histoire elle même est classique, mais se tient très bien – sans être transcendante – et la narration la met parfaitement bien en valeur. ...

10 mars 2019 · #492 ·  BD  ♥

Les Pauvres Aventures de Jérémie

Je n’ai pas beaucoup d’inspiration, mais je tenais tout de même à écrire quelque chose pour dire le plaisir que m’a procuré la lecture de ces trois albums mettant en scène Jérémie. Jérémie est un post-adolescent qui travaille dans l’industrie du jeu vidéo. Il passe beaucoup de temps avec son meilleur ami et la soeur de celui-ci. Sa préoccupation numéro une est un sujet qui reste plus complexe à maîtriser pour notre anti-héros qu’une console de jeu, les filles. ...

29 déc. 2018 · #484 ·  BD

J'apprends à lire avec Sami et Julie

J’apprends à lire avec Sami et Julie est une série de petits livres destinés à l’apprentissage de la lecture – voici une phrase bien creuse qui ne fait que paraphraser le titre. Il existe trois niveaux de CP, qui sont fonction de la capacité des enfants à lire certaines lettres ou syllabes, et un niveau CE1. La mise en page est simple et efficace, une page de texte fait face à une page illustrée. ...

Le Meurtre du Commandeur T1

La sortie d’un nouveau Murakami est devenue au fil du temps un événement mondial. L’auteur japonais a acquis une notoriété qui lui aurait certainement valu une reconnaissance par le comité Nobel littérature si celui-ci n’était pas tombé en disgrâce. A une bien moindre échelle, j’ai moi même été victime de cet engouement qui m’a conduit à me procurer à prix d’or (près de 50 €) les deux tomes, dès leur sortie en librairie – alors que je préfère habituellement attendre l’arrivée des livres sur le marché de l’occasion. Alors que faut-il en penser ? Est-ce le chef-d’oeuvre qui couronne son oeuvre ? ...

16 déc. 2018 · #482 ·  Roman

Missionnaire

En farfouillant dans mes exemplaires des notes de Boulet, je suis tombé sur une série de livres au même format (parus dans la même collection Shampooing) dont certains comme le carnet de Joann Sfar intitulé Missionnaire que je n’ai pas encore lu – il faut bien se garder une petite réserve. Lors de la Master Class que lui a consacré France Culture, il disait que ses carnets ne se vendaient pas – il ne s’en plaignait pas, mais disait simplement qu’ils n’intéressaient que ses proches et encore, il en existe pourtant 12 à l’heure actuelle. ...

8 déc. 2018 · #481 ·  BD

The Woods T1

Tout un lycée se retrouve transporté sur une lointaine planète où la flore et la faune semblent plutôt hostiles – en lisant ce livre on se rend compte que c’est un doux euphémisme. Ce n’est pas très rationnel car aucune explication n’est fournie au lecteur. Mais c’est un point de départ, c’est comme ça. On dirait un sujet de rédaction. A partir de là, imaginez ce qui va arriver, écrivez la suite. Et la suite en question est plus qu’intéressante. ...

24 nov. 2018 · #479 ·  BD

Écoute le chant du vent suivi de Flipper, 1973

Écoute le chant du vent et Flipper, 1973 sont les deux premiers romans d’Haruki Murakami. Il les a écrits sur la table de sa cuisine. Ils forment avec La Course au mouton sauvage La trilogie du Rat – le Rat est une personne d’où la majuscule. Le Rat tourna la tête vers le plafond et puis, lentement, il ferma les yeux. Ensuite, il éteignit toutes les lumières qui peuplaient son cerveau, et son esprit s’engouffra dans de nouvelles ténèbres. ...

10 nov. 2018 · #477 ·  Roman

La Grande Odalisque

C’est quoi déjà, la Grande Odalisque ? C’est la peinture de la nana qui a trois vertèbres en plus que tout le monde. Connue justement pour ce truc de vraisemblance sacrifié au profit de la beauté. La définition est posée et nos deux puis trois héroïnes vont tenter de la subtiliser en plein musée du Louvre. Si vous vous intéressez un peu à la BD, vous avez très certainement entendu parler de cette association de trois jeunes talents – stars montantes – de la scène française qui se sont associés pour livrer leur version de l’excellente série d’animation – qui a bercé ma jeunesse – Cat’s Eyes. Si vous avez entre 30 et 40 ans, vous ne pouvez pas avoir loupé le dimanche sur France 3 les aventures de ces trois jeunes filles en justaucorps qui virevoltaient au nez et à la barbe de la police – et surtout du candide et passablement amoureux Quentin – pour dérober des objets d’art. Personnellement c’est un souvenir troublant – pas pour les justaucorps, je vous vois venir –, un mélange de joie de retrouver ce dessin animé et de tristesse d’être déjà au dimanche soir, le début de la mélancolie en quelque sorte. ...

14 oct. 2018 · #474 ·  BD

Les locataires de l’été

Je pense – mais j’ai la flemme de vérifier – que ce titre m’a été conseillé par Frédéric Beigbeder dans son livre Premier bilan après l’apocalypse. Je ne connaissais pas du tout Charles Simmons avant de lire ce livre et le titre Les Locataires de l’été ne m’aurait pas attiré. Seule la belle couverture du Phébus libretto, illustrée par un détail d’une oeuvre d’Edward Hopper, aurait pu allumer une étincelle dans mon regard. Il est vrai que ce titre, Les Locataires de l’été, n’est pas une grande trouvaille du traducteur. Le titre original, même s’il est simple, Salt Water, me semble beaucoup plus approprié car je suppose qu’il fait précisément référence à ce passage très évocateur du livre. ...

10 août 2018 · #467 ·  Roman

Le bain de Berk

Les enfants et le bain, c’est une grande histoire. Parfois ils ne veulent pas y aller. Puis quand ils y sont ils ne veulent plus en sortir et ils vident tous les shampoings et les gels douche pour fabriquer de la mousse ou pour laver les jouets – si vous n’avez qu’une douche à l’italienne, c’est moins animé. Si vous cherchez une bonne histoire pour évoquer ce moment si particulier, Le bain de Berk est un excellent choix. C’est une histoire toute bête d’un doudou qui tombe dans la baignoire. Tout le monde le sais – sauf certains enfants vraiment pas sages – les doudous ne savent pas nager et ne doivent donc surtout pas aller dans la baignoire. Heureusement les jouets de bains – autre grands classiques qui encombrent la salle de bain, sèchent mal et finissent parfois par moisir – se mobilisent pour le sauver. Mais tout ne va pas se passer comme prévu et l’histoire connaîtra de multiples rebondissements. De très beaux dessins pleine page illustrent cette histoire vraiment très drôle et très plaisante à lire. Un bon moment de lecture – au moins autant qu’un bain ou même mieux. ...

Le lion et l'oiseau

Nous n’avions pas croisé Marianne Dubuc depuis Devant ma maison lorsque nous sommes tombés sur ce livre – ça fait un petit moment. La première constatation est qu’elle n’a pas abandonné ses crayons de couleurs. C’est d’ailleurs grâce à cette particularité que nous avons reconnu la patte de la canadienne. J’ai tout de suite trouvé la couverture très belle, très douce. Le contenu l’est tout autant. Il s’agit d’une histoire simple sur les valeurs de l’entraide et de l’amitié. C’est aussi celle du temps qui passe, du bonheur fait des plaisirs simples, ceux du quotidien. Les illustrations aux crayons dans des tons pastels font merveille et ajoutent au charme de l’ensemble. Encore une fois rien de très original, mais du calme et de la sérénité qui se dégage de cette lecture. Quoi de mieux avant de s’endormir ? ...

La forêt sombre

L’Univers est une forêt sombre dans laquelle chaque civilisation est un chasseur armé d’un fusil. Il glisse entre les arbres comme un spectre, relève légèrement les branches qui lui barrent la route, il s’efforce de ne pas faire de bruit avec ses pas. Il retient même sa respiration. Il doit être prudent, car la forêt est pleine d’autres chasseurs comme lui. S’il remarque une autre créature vivante – une autre chasseur, un ange ou un démon, un bébé sans défense ou un vieillard boiteux, une magnifique jeune fille ou un splendide jeune homme, il n’a qu’un seul choix: ouvrir le feu et l’éliminer. Dans cette forêt, l’enfer c’est les autres. Une éternelle menace. ...

Sillage T1-3

C’est en tombant sur le rayon de la série Sillage à la bibliothèque que j’ai eu la surprise de constater qu’elle comptait à présent 19 tomes ! J’en ai a peu près une dizaine à la maison et mon premier achat correspond à la découverte de la série au début des années 2000 – je dirais 2001. C’était la grande époque de la découverte des séries Delcourt, que de bons souvenirs Garulfo, De Cape et de Crocs … Et je dois dire que Sillage faisait partie de mes préférées. Je me suis évidemment mis en tête de relire mes vieux tomes. ...

13 mai 2018 · #456 ·  BD

Le Traquet kurde

La première chose que j’ai remarqué dans ce Traquet Kurde est la très belle reproduction de l’oiseau en question juste derrière la page de titre. Car il s’agit bien d’un oiseau et non comme je l’avais cru en entendant le titre (sur une base phonétique) d’un réfugié kurde traqué par je ne sais qui. La seconde est la qualité du papier – je suis presque sûr que le grain du papier est plus fin que celui des autres livres P.O.L que j’ai lu. J’ai aussi pensé que ce livre, paru en 2018, était certainement l’un des derniers publiés par Paul Otchakovsky-Laurens, un éditeur qui lisait lui-même chaque livre publié par sa maison. Un éditeur comme l’on en fait plus. Un éditeur de la trempe de Jérôme Lindon – j’associe souvent Minuit et P.O.L, je trouve leur ligne éditoriale comparable – à qui Jean Echenoz avait rendu un si bel hommage dans son livre éponyme – ça pourrait donner des idées à un auteur de la maison, Emmanuel Carrère, Martin Winckler ou Jean Rolin par exemple. ...

Némésis

Némésis est le dernier roman du cycle éponyme et le dernier roman de Philip Roth avant qu’il raccroche définitivement pour attendre le Nobel et son entrée dans la Pléiade – ça, c’est fait. Ce roman n’a rien à voir avec ceux du cycle Nathan Zuckerman qui est certainement le plus connu. Autant je trouve que les romans mettant en scène Nathan Zuckerman sont denses et complexes – tout simplement difficiles à lire pour dire les choses – autant je trouve que ce livre et d’autres comme Le Complot contre l’Amérique sont l’exact opposé, simples et accessibles. Il est curieux de trouver une telle différence chez un auteur, d’autres sont plus homogènes – Auster ou Modiano par exemple. Cette simplicité n’enlève rien à la qualité de ce roman, il est très réussi – on s’en doute, il ne pouvait pas partir sur un échec quand même. ...

30 mars 2018 · #450 ·  Roman

Les secrets du pommier

Tout le monde connaît l’image d’Épinal de cet enfant tellement passionné par son ouvrage qu’il brave l’interdiction de ses parents en lisant à la lumière d’une lampe de poche cachée sous sa couette jusqu’à une heure avancée de la nuit – dans les faits combien de parents rêveraient de réprimander leur enfant pour une telle désobéissance. Le sous-titre nous enjoint à nous munir d’une lampe de poche, mais rassurez-vous il ne s’agit pas de lire dans le noir, elle va être d’une toute autre utilité, plus originale. ...

L'ami Javin

L’ami Javin est le tome qui inaugure le premier cycle de La Quête de l’oiseau du temps. Ca fait déjà une bonne raison de commencer la lecture de cette série incontournable de la fantasy par ce volume. La deuxième est que ce cycle, appelé Avant la Quête, a été publié après le cycle principal, La Quête, et qu’il bénéficie de dessins plus modernes dirons-nous. Ils sont d’ailleurs un des points forts de cette BD qui n’en manque pas. La dernière est l’occasion pour les lecteurs du cycle original de découvrir bien des choses sur les principaux protagonistes de l’histoire. ...

11 févr. 2018 · #443 ·  BD

Une rivière

Une petite fille rêve devant la fenêtre de sa chambre. Elle regarde la rivière et se laisse emporter par les flots. Elle est seule à présent à bord d’un petit bateau. Il vogue à travers la ville et quitte peu à peu le monde des hommes et la pollution pour rejoindre la nature. Elle traverse ainsi de nombreux paysages et se dirige vers l’océan. J’ai tout de suite aimé ce livre lorsqu’un enfant l’a choisi – par hasard ou intrigué par la couverture – pour me le faire lire lors d’une sortie à la médiathèque. J’ai tout de suite aimé l’idée du pouvoir de la pensée et des rêves qui permettent de nous transporter ailleurs. Et quel meilleur guide pour cela que le cours d’une rivière. Elle traverse la ville sans être gênée par le flot des voitures. En la suivant on se retrouve rapidement dans la nature, voguant vers la liberté la plus totale matérialisée par l’océan. ...

Architecting for Scale

Ce livre est simple et bien conçu. Il aborde les thèmes essentiels auxquels il est nécessaire de s’intéresser si l’on veut construire, déployer et opérer des applications à grande échelle. Les voici, je n’invente rien, ce sont les cinq sections du livre: Disponibilité: Comment rendre les systèmes hautement disponibles et comment s’assurer qu’ils le sont via la mise en place de mesures. Gestion des risques: Comment construire une analyse de risques et mener des actions de remédiation. Services et microservices: Prendre conscience de l’intérêt (et des travers) de ce découpage, adapter son organisation en fonction. Scaling: Comment découper les services, leur dépendances et savoir comment s’organiser pour les opérer. Cloud: Quels sont les services offerts dans le cloud, comment sont-ils organisés et opérés quels sont les avantages et les inconvénients. Lee Atchinson parvient très bien a offrir un panorama de tous ces sujets. Sans rentrer dans les détails, il donne des points essentiels, des incontournables. Il constitue donc une très bonne entrée en matière pour les néophytes, mais il peut aussi être utilisé comme une référence car il fournit des définitions simples et assez bien faites appelant le consensus. Au delà des définitions je m’en suis servi plusieurs fois comme boîte à outil par exemple pour construire une analyse de risques ou pour établir une cartographie des services avec leurs dépendances et leur criticité (notion de Tiers). Dans le cadre de ces figures imposées, il donne toute l’ossature, il n’y a plus qu’à suivre le guide. ...