lundi 19 mars 2012

1Q84 T1 par Haruki Murakami

La page blanche
Vous l’avez certainement déjà lu quelque part mais je dois bien m’y résoudre, le pitch est un passage obligé — vous excuserez donc ma concision qui aura l'avantage de ne pas trop en révéler sur l'histoire. Ce livre met en scène deux personnages. Un homme, Tengo, qui est un professeur de mathématiques qui écrit des romans. Une femme, Aomamé, qui est un professeur d'arts martiaux qui tue des gens — pas comme Bruce Lee, elle possède une technique bien particulière. Je vous épargne l'histoire de la prononciation du Q remplaçant le 9 dans le titre pour vous dire que le roman se déroule en 1984 et que le livre de Georges Orwel est connu et évoqué par les personnages. Cet homme et cette femme vont, dans des sphères a priori séparées, être confrontés à une mystérieuse organisation.

jeudi 15 mars 2012

House of M par B. M. Bendis & O. Coipel

La page blanche
Je ne suis pas un spécialiste de l'univers Marvel — loin s’en faut — mais je suis toujours partant pour passer un bon moment en compagnie d'amis en collant. L'inconvénient dans cet univers est qu'il faut parfois disposer d'un background impressionnant pour parvenir à comprendre une histoire. C'est alors la grande déception car le moment de détente escompté se transforme en prise de tête et se termine en consultation d'encyclopédie des Comics.
Après avoir entendu parler de la série House of M lors de sa sortie en kiosque, j'ai sauté sur l'occasion lors de sa parution dans la gamme "low cost" de chez Panini. J'ai été attiré en premier lieu par le principe de redistribution des cartes. Dans cette mini série la sorcière rouge à gravement pété un plomb a tel point qu'elle a modifié durablement l'univers — rien que ça. Tous nos héros — et il y en a des tonnes dans cette série : les X-men, les vengeurs et même Spider-Man — vont se retrouver dans une situation complètement différente. Je n'en dirai pas plus.
Le seul qui ne va pas marcher dans la combine — est-ce dû à son caractère de cochon légendaire — est l'homme aux griffes et aux rouflaquettes. Rester tranquille dans son coin et accepter son sort sans broncher n'est pas vraiment son genre, il va donc organiser la rébellion.

samedi 10 mars 2012

Nagasaki par Éric Faye

La page blanche
Nagasaki, la tristement célèbre, est le lieu où se déroule cette histoire. Mais, contrairement à ce que l'on pourrait croire, elle n'est pas liée au destin tragique de la ville. A une tout autre échelle, elle a été le théâtre d'un fait divers d'une importance bien moindre qui, sans son originalité, n'aurait pas occupé plus d'un entrefilet dans le journal local. La victime est un météorologue qui vit seul et mène une vie quasi monacale et très ordonnée — limite maniaque. Or, depuis quelques jours un grain de sable s'est glissé dans cet engrenage bien huilé. Il a remarqué quelque chose d'étrange qui se produit chez lui, dans sa maison, probablement en son absence.
Huit centimètres, ai-je lu. Il ne restait que huit centimètres de boisson, contre quinze à mon départ... Quelqu’un s’était servi. Or je vis seul.
Que se passe-t-il ? Est-ce une farce des voisins, un fantôme — un kami — particulièrement gourmand ou perd-il tout simplement la raison ?

mardi 28 février 2012

La taupe par John le Carré

La page blanche
Lors de la sortie du film, au lieu de faire comme tout le monde en allant passer quelques heures assis dans une salle obscure, je me suis mis en tête de lire le livre. Pour avoir lu plusieurs de ses romans, je connaissais et j'appréciais le travail de John le Carré. Je pense que mes lectures datent un peu car j'avais oublié la complexité de ses romans d'espionnage. Ce n'est pas vraiment l'intrigue qui est complexe bien que ces histoires d'agents doubles ne coulent pas toujours de source. La complexité tient selon moi à deux choses:
- L'abondance des personnages, leur rôle, leurs motivations et les interactions qu'il y a entre eux.
- Le mode de narration. Bien que la perspective ne soit pas toujours celle de Georges Smiley, le lecteur l'accompagne souvent lors de ses recherches et découvre l'histoire, recolle les morceaux en même temps que lui. Le "en même temps que lui" n'étant pas garanti car, pour cela, il faut avoir tout suivi et s'en souvenir. N'est pas Georges Smiley qui veut.

dimanche 26 février 2012

Claus et Simon : Rois de l'évasion par Acuna & Arcas

La page blanche
Claus est un clown et Simon un dinosaure — c'est bien eux que vous apercevez sur la couverture. Ils donnent des spectacles mais la vie est dure pour les artistes, le spectacle vivant ne paie pas vraiment. Cette situation précaire va les pousser à accepter la proposition d'un homme d'affaire — généralement, c'est le début des ennuis. Son domaine c'est le spectacle d'évasion. Dans le monde futuriste qui sert de cadre à cette BD, l'art d'Houdini a été popularisé à un tel point que les participants sont considérés comme des demi-dieux, ce sont les nouveaux gladiateurs. Ils s'affrontent lors d'exhibitions toujours plus extravagantes, spectaculaires et bien sûr dangereuses. Qui dit popularité dit argent et qui dit argent dit mafia.

lundi 20 février 2012

L'Eté de cristal par Philip Kerr

La page blanche
L’été de cristal est le premier volet d’un triptyque, connu sous le nom de La trilogie berlinoise, qui a pour protagoniste principal un détective privé dénommé Bernhard Gunther. Pour l’instant ça ne fait pas rêver, on se croirait presque dans un épisode de Derick mais attendez la suite. La particularité réside dans le contexte servant de cadre à ces histoires. Elles se déroulent en Allemagne pendant le IIIme Reich. L’été de cristal / la nuit de cristal, le parallèle est plutôt facile voire un peu grossier. Ce manque de finesse n’est pas imputable à l’auteur mais à un choix éditorial un peu trop marketing — chacun ses goûts - puisque le titre du livre était à l’origine Les violettes de mars. Ce titre qui ne vous dit peut-être rien — c'était mon cas — est tiré d’un terme désignant les adhérents tardifs au parti Nazi. C’est à dire ceux qui se sont ralliés à la cause des plus forts une fois qu’ils ont été au pouvoir.

dimanche 12 février 2012

Tous les matins du monde par Pascal Quignard

La page blanche
J'appréhendais de lire mon premier livre de Pascal Quignard. J'avais une image d'un auteur exigeant envers ses lecteurs voire austère — ce n'est pas vraiment la même chose mais c'est ce que son nom m'évoquait. J'ai choisi Tous les matins du monde un peu par hasard ou plus certainement parce que ce titre m'a séduit ou, plus certainement encore, parce qu'il sonnait bien à mon oreille.
J'ai appris, en rédigeant ce billet — un peu tard donc — que ce livre est fortement lié à un précédent roman La Leçon de musique. Ce roman est également qualifié de roman-scénario car il a été porté à l'écran la même année sous le même titre par Alain Corneau.

dimanche 5 février 2012

La page blanche par Pénélope Bagieu & Boulet

La page blanche
Oh mon Dieu deux blogueurs BD ont fusionné pour donner naissance à un joli livre tout rose intitulé La page blanche. Le titre fait moins référence à la célèbre peur de l'écrivain ou du dessinateur qu'à la perte de mémoire, l'amnésie qui ne laisse qu'un vide. Combien d'histoires ont été écrites sur ce trouble tellement perturbant pour l'être humain ? Ne pas savoir qui l'on est, d'où l'on vient nous est parfaitement insupportable et nous empêche de savoir où l'on va. C'est donc un sujet de choix pour un conteur d'histoires. Dans ce type de récit elle progresse dans deux sens chronologiquement opposés. Plus elle avance dans le temps et plus le passé se révèle à la lumière des évènements vécus par le personnage. La protagoniste est une jeune fille perdue, seule sur un banc qui ne cesse d'écarquiller les yeux et de regarder en tout sens en se demandant non seulement ce qu'elle fait là mais mais qui elle est.Boulet — dont j'apprécie tout particulièrement le travail — est au scénario pendant que Pénélope Bagieu — dont je découvre l'oeuvre — s'occupe des dessins. Ces derniers sont tout à fait dans le style de Pénélope Bagieu — normal me direz-vous mais on aime ou on aime pas — et les couleurs sont un peu trop présentes, trop marquées à mon goût.

mercredi 1 février 2012

Quai d'Orsay Tome 2 par Christophe Blain & Abel Lanzac

Après un premier tome très réussi — voir ici — que vaut ce deuxième opus ? N'y allons pas par quatre chemins, il s'inscrit dans la continuité et est tout aussi excellent que le précédent. Quel plaisir de se retrouver plongé dans l'intimité d'un cabinet ministériel, d'observer l'art subtil de la diplomatie et de voir se nouer les luttes intestines. Avec à sa tête un ministre d'une telle carrure — au propre comme au figuré — et possédant un tel phrasé, c'est un réel plaisir et une bonne partie de rigolade. Nous retrouvons un Dominique de Villepin — pardon un Alexandre Taillard de Worms — encore plus flamboyant, charismatique, imprévisible et énergique que jamais. On ne peut s'empêcher d'avoir de l'empathie pour le personnage principal, conseiller en charge des "langages" auprès du ministre — comprenez en charge de rédiger les discours. On partage son incrédulité devant la fulgurance de son chef, ses sauts contextuels, ses idées hors du commun et sa propension à élever le débat pour affronter ses adversaires très haut dans un monde parallèle.

lundi 30 janvier 2012

De la réalité à la fiction

Avec Claustria — contraction de claustration et Austria (Autriche) —, Régis Jauffret remet sur le devant de la scène le lien ténu qui unit la réalité et la fiction. Pour le faire il ne pouvait pas trouver meilleur sujet que l'horreur qui a été commise par Josef Fritzl qui a enfermé sa fille dans une cave emménagée pendant vingt-quatre ans. Pour ajouter au sordide de ce drame, il lui a fait sept enfants, dont l'un est mort et a été incinéré. Tout cela s'est déroulé au sous-sol du domicile familial ou il vivait tranquillement en compagnie de sa femme. Le romancier français n'en est pas à son coup d'essai puisqu'il avait traité l'assassinat du banquier suisse Edouard Stern dans un précédent livre intitulé Sévère — son histoire avait défrayé la chronique car il avait été retrouvé mort revêtu d'une combinaison en latex du type de celles utilisées dans les pratiques sadomasochistes. Chose surprenante, ce sujet avait été traité par pas moins de trois romans en incluant celui de Jauffret — Latex de Laurent Sweizer et Comme une Sterne en plein vol de Julien Hommage. Régis Jauffret n'est pas un cas isolé et bien d'autres avant lui ont trouvé dans les faits divers matière à rédiger des romans. Posons-nous la question de savoir pourquoi ils attirent tant les romanciers et les lecteurs.

samedi 28 janvier 2012

La vie secrète de E. Robert Pendleton par Michael Collins

La vie secrète de E. Robert PendletonCe roman débute comme l'un de ces nombreux romans se déroulant dans une université américaine. Les protagonistes sont E. Robert Pendleton dans le rôle du professeur frustré qui n'a jamais pu percer en tant qu'écrivain et Adi dans le rôle de la jeune étudiante pulpeuse éprise de littérature. Pour compléter ce duo, il manquait le poil à gratter, l'élément perturbateur. Il va apparaître sous les traits d'un écrivain sans talent mais devenu célèbre depuis que lui et le professeur Pendleton suivaient les mêmes cours à l'université. La venue de ce rival, va être le déclencheur d'événements qui moisissaient depuis trop longtemps.

dimanche 22 janvier 2012

Stalker par Arcadi et Boris Strougatski

Stalker : Pique-Nique au Bord du CheminL'idée de départ est très intéressante. Des extraterrestres ont fait une apparition sur Terre et ont laissé, comme trace de leur passage, six zones dans lesquelles il se passe des phénomènes étranges. Ces zones sont protégées par l'armée et étudiées par des scientifiques mais, malgré cette surveillance, des pilleurs s'adonnent à la chasse aux objets laissés par les visiteurs. Ces chercheurs de trésors sont connus sous le nom de stalkers — c'est un mot anglais difficile à traduire qui désigne en général des personnes peu recommandables. Ils prennent des risques inconsidérés pour revendre au marché noir leurs trouvailles aux propriétés et aux dangers encore méconnus — un peu comme de l'amiante ou du Mediator en bien pire. Ce roman nous propose de suivre les aventures de l'un d'eux vivant à Harmont, une ville mitoyenne de l'une des six zones visitées.

mardi 17 janvier 2012

Stoner par John Williams

StonerC'est un roman passif qui évoque toute une vie — ce n'est pas péjoratif, on emploie parfois ce terme par opposition au roman actif qui isole une crise. Cette vie, c'est celle de William Stoner. Ce n'est pas quelqu'un d'exceptionnel et c'est déjà l'une des forces de cette histoire. D'origine modeste, ce sont les études qui ont changé sa vie. Une matière a tout de suite retenu son intérêt: la littérature. Ce sera le fil rouge de sa vie. La seule chose que personne ne pourra lui enlever malgré les difficultés et les désillusions, elle restera toujours comme un refuge, une béquille de l'âme.
Il ferma les yeux et respira le parfum des vieux livres. Cette odeur apaisante de cuir et de bon savoir enfermé ... Enfin il soupira.

vendredi 13 janvier 2012

Voyage en Satanie T1 par F. Vehlmann & Kerascoët

Voyage en Satanie, Tome 1 :Ceux qui, dans leur jeunesse, ont lu le Voyage au centre de la Terre de Jules Verne en gardent certainement encore aujourd'hui un souvenir émerveillé. Découvrir un monde étrange et merveilleux qui se trouve là, juste sous nos pieds. Partir à l'aventure en montant une exploration scientifique pour conquérir ces nouveaux territoires encore vierges. Je fais partie de ces personnes là et j'ai même conservé l'édition Folio junior de ma jeunesse que je n'ai jamais voulu relire de peur de voir se flétrir ou s'évanouir un si beau souvenir. C'est certainement ce passif qui a éveillé ma curiosité concernant ce premier tome de Voyage en Satanie — il y a aussi le fait que j'apprécie beaucoup le travail de Fabien Vehlmann. Je ne me suis pas trompé, il est bien question d'exploration sous-terraine, autrement dit de spéléologie. C'est l'espoir de retrouver un frère disparu qui a poussé Charlie — c'est la jeune fille aux cheveux roux que l'on voit sur la couverture —, et un petit groupe d'amis, à s'aventurer dans les cavités sous-terraines. Le frère de Charlie était tout simplement parti, pour une raison que je ne révélerai pas, à la recherche de l'enfer — rien que ça. Ce petit groupe est rejoint par un curé spéléologue qui les sermonne pour leur imprudence — normal c'est un curé. Ses craintes vont pourtant se révéler fondées. Un violent orage va déclencher une brusque montée des eaux qui va forcer les imprudents à s'aventurer plus avant dans les profondeurs de la Terre.

jeudi 5 janvier 2012

En avant, route ! par Alix de Saint-André

En avant, route !Décidément je fais dans le Gonzo journalisme religieux après L'année où j'ai vécu selon la bible, me voici désormais sur la route direction Saint-Jacques de Compostelle en compagnie d'Alix de Saint-André. Alix de Saint-André est une journaliste de presse écrite qui avait officié quelques temps à la TV en tant que chroniqueuse. Elle nous raconte avec beaucoup d'humour parfois sarcastique mais toujours drôle, ses pèlerinages — ce n'est pas une erreur elle en fait plusieurs. Même si elle est issue d'un milieux religieux, elle ne se gène pas pour égratigner ses compagnons de voyage. On a droit à quelques bons moments et le franc-parler de la journaliste fait merveille. C'est vrai que c'est un sacré personnage. Elle râle, elle critique, elle fume cigarette sur cigarette et ne crache pas sur un bon apéro.