Société

L'air de rien

BD
En commençant L’air de rien d’Aude Picault, j’ai eu l’impression bizarre de l’avoir déjà lu. En fait il me rappelle fortement son précédent ouvrage Idéal Standard. Et ceci pour deux raisons. Le style des dessins et leur mise en couleur dans des tons pastels sont quasiment les mêmes. C’est un peu normal, mais certains artistes changent de style en fonction des ouvrages. Je ne dirais pas la même chose si j’avais à comparer Transat et Idéal Standard.

Le combat ordinaire

BD
Le titre est un oxymore. Un combat n’est jamais ordinaire même si c’est celui de la vie. Le fond et la forme jouent également sur le contraste. Un dessin gai et des couleurs chatoyantes qui pourraient convenir à un récit humoristique alors qu’ils servent un propos globalement très sérieux – voire parfois un peu triste. Soyons clairs, nous sommes en présence d’un oeuvre de très grande qualité. Ce que j’ai dit concernant les dessins n’est d’ailleurs pas péjoratif, ils procurent un grand plaisir de lecture et mettent en scène des personnages attachants et expressifs.

Idéal Standard

BD
J’avais quitté Aude Picault après une escapade en voilier (Transat) et une feria bien arrosée (Fanfare). Je la retrouve avec grand plaisir après quelques années même si elle s’est un peu empâtée, c’est l’âge. Je plaisante évidemment puisque le personnage principal de cette histoire est une infirmière en néonatalogie de 32 ans prénommée Claire. Peut-être partagent-elles toutes les deux les mêmes interrogations sur la vie de couple et les enfants. Il est vrai que la pression sociale sur ce sujet est énorme – qui plus est lorsque l’on travaille avec des nouveaux nés.

Shangri-la

BD
Shangri-la c’est bien le titre de cette BD. A cause de la police de caractère utilisée sur la couverture j’ai dû vérifier et donc je vous le confirme il est bien correct et n’a rien à voir avec la boisson fruitée que l’on peut déguster en grande quantité l’été en Espagne – ça aide pour les 5 fruits et légumes par jour. Redevenons sérieux pour parler du livre car nous sommes devant une très grosse et très belle BD de SF qui me fait un peu penser à Universal War One (UW1) lorsque je découvre l’objet et en feuillète les pages.

Chiisakobé T1-4

BD
Dès que j’ai vu la couverture de ce manga, j’ai su qu’il était pour moi. J’ai alors immédiatement réservé les quatre tomes qui composent la série à la bibliothèque et attendu avec impatience – c’est la première fois que je réserve un livre à la bibliothèque. Deux choses très liées m’ont tout de suite attiré. La première est ce personnage énigmatique dont le visage est presque entièrement masqué par sa barbe et ses cheveux.

Elmer

BD
Gerry Alanguilan est philippin, ce n’est pas si courant que des bandes dessinées de ce continent parviennent jusqu’à nous. C’est certainement un gage de qualité mais nous y reviendrons. Son idée paraît complètement invraisemblable, complètement saugrenue. Il a tout simplement imaginé qu’un beau jour des années 70, les poulets prennent subitement conscience. Ils sont désormais doués de raison et ne vont donc pas tarder à se rendre compte de leur condition d’existence et du traitement qui leur est infligé par leurs tortionnaires les humains: élevage en batterie, massacre organisé pour se nourrir ou pour endiguer une épidémie de grippe aviaire.

Thérapie

Ce roman a un seul défaut, il est un peu long. Pour le reste, c’est du bon David Lodge. Sa victime – on peut parler ainsi car il ne l’épargne pas – est un scénariste de série télé Lawrence Passmore dit «Tubby». La série qu’il a créé rencontre un franc succès et est diffusée a une heure de grande écoute sur l’une des chaînes principale – c’est une sorte de Plus belle la vie.

Samedi

Que peut-il se passer un samedi dans la vie d’un neurochirurgien ? Ne vous attendez pas, comme chez le docteur House, à une succession de cas cliniques plus improbables les uns que les autres. Le samedi est un jour de repos même chez les demi-dieux que sont les neurochirurgiens. Henry va donc le consacrer à deux choses très importantes: lui-même et sa famille. Il a donc prévu de prendre tout d’abord un peu de temps pour lui en allant jouer au squash puis de consacrer le reste de la journée aux préparatifs du repas du soir auquel toute la famille est conviée.

Nagasaki

Nagasaki, la tristement célèbre, est le lieu où se déroule cette histoire. Mais, contrairement à ce que l’on pourrait croire, elle n’est pas liée au destin tragique de la ville. A une tout autre échelle, elle a été le théâtre d’un fait divers d’une importance bien moindre qui, sans son originalité, n’aurait pas occupé plus d’un entrefilet dans le journal local. La victime est un météorologue qui vit seul et mène une vie quasi monacale et très ordonnée – limite maniaque.

Plateforme

Avec Plateforme, Michel Houellebecq nous emmène en voyage mais à sa façon. Sa façon n’est pas celle d’un récit de voyage et encore moins celle d’un guide du routard – ceux qui le liront sauront pourquoi. Malgré tout, il est principalement question de tourisme dans ce livre. Michel Houellebecq ausculte ou autopsie, par le prisme des voyages, notre société. Il considère que le tourisme est devenu le dernier eldorado, un exutoire permettant de supporter les contraintes du quotidien.