Seuil

Presque toute la vérité sur les lutins

Je suis sûr que vous avez toujours voulu en savoir plus sur les lutins. Vous savez ces petits êtres habillés en rouge et vert portant barbe et chapeau pointu. Certains les aiment tellement qu’ils leur érigent des statues dans leur jardin. Kitschs ou mignons, ils font indéniablement parti de notre imaginaire commun et sont même appelés à la rescousse lorsque le Père Noël manque de main d’oeuvre pour fabriquer ses jouets à la fin de l’année.

Écoute le chant du vent suivi de Flipper, 1973

Écoute le chant du vent et Flipper, 1973 sont les deux premiers romans d’Haruki Murakami. Il les a écrits sur la table de sa cuisine. Ils forment avec La Course au mouton sauvage La trilogie du Rat – le Rat est une personne d’où la majuscule. Le Rat tourna la tête vers le plafond et puis, lentement, il ferma les yeux. Ensuite, il éteignit toutes les lumières qui peuplaient son cerveau, et son esprit s’engouffra dans de nouvelles ténèbres.

Le Météorologue

Un coup de coeur pour un livre comme l’on en a peu au cours d’une année de lecture, le dernier de ce genre est _L’ordre du jour_ et il a eu le Goncourt en 2017. Olivier Rolin rend avec ce livre un bel hommage à Alexéï Féodossévitch Vangengheim, le météorologue, et avec lui à toutes les victimes de la grande Terreur en URSS. Météorologue avec les aléas que cela comporte – surtout à l’époque – est une profession à risque dans le monde paranoïaque sur lequel régnait le tyran Staline.

À livre ouvert

Nous sommes en présence de la publication du journal intime de Logan Mountstuart. Comment, ce nom ne vous dit rien, vous ne connaissez pas ce célèbre écrivain ? En cherchant un peu mieux, vous commencez à deviner le subterfuge, il est écrit Roman sur la couverture … Si vous n’avez jamais entendu parler de ce Logan Mountstuart, c’est donc normal car il n’existe pas et n’a jamais existé. Il est né dans l’esprit de l’écrivain britannique bien réel William Boyd.

Bouquiner

Avis aux rats de bibliothèque, à ceux qui ont toujours un livre dans leur sac et une pile qui les attend chez eux, à ceux qui ne lisent pas que sur le siège de leurs toilettes ou chez le dentiste, bref à ceux qui aiment bouquiner. J’insiste sur le verbe bouquiner qui forme le titre du livre en marquant bien sa différence avec le verbe lire. Contrairement à lire qui est assez froid et impersonnel, bouquiner revêt une consonance affective et fait basculer immédiatement le propos dans le registre des sentiments.

Kennedy et moi

J’ai du mal à parler de ce livre. Pourtant je l’ai beaucoup aimé. Peut-être que mon manque d’inspiration est lié à son sujet, diffus et finalement assez commun. Il met en scène une famille qui s’est fissurée et est prête a éclater. En fait, le coeur a déjà éclaté mais une fine couche à la surface permet de la maintenir à flot. Les enfants sont grands (une fille et deux fils, des jumeaux) et la famille n’est désormais composée que d’adultes qui n’ont plus grand chose en commun – je dirais même que tout oppose.

La taupe

Lors de la sortie du film, au lieu de faire comme tout le monde en allant passer quelques heures assis dans une salle obscure, je me suis mis en tête de lire le livre. Pour avoir lu plusieurs de ses romans, je connaissais et j’appréciais le travail de John le Carré. Je pense que mes lectures datent un peu car j’avais oublié la complexité de ses romans d’espionnage. Ce n’est pas vraiment l’intrigue qui est complexe bien que ces histoires d’agents doubles ne coulent pas toujours de source.

La vie secrète de E. Robert Pendleton

Ce roman débute comme l’un de ces nombreux romans se déroulant dans une université américaine. Les protagonistes sont E. Robert Pendleton dans le rôle du professeur frustré qui n’a jamais pu percer en tant qu’écrivain et Adi dans le rôle de la jeune étudiante pulpeuse éprise de littérature. Pour compléter ce duo, il manquait le poil à gratter, l’élément perturbateur. Il va apparaître sous les traits d’un écrivain sans talent mais devenu célèbre depuis que lui et le professeur Pendleton suivaient les mêmes cours à l’université.

La faim de Hoffman

Hoffman est un diplomate néerlandais qui occupe depuis peu le poste d’ambassadeur à Prague. Cet homme se suicide à petit feu en ingérant de la nourriture et de l’alcool. Il s’adonne à ce rituel destructeur la nuit, durant ses longues insomnies. Il ne dort quasiment plus depuis bien longtemps. En fait, depuis que la vie, après une enfance difficile décapitée par la guerre, lui a joué des tours encore plus cruels.

La Course au mouton sauvage

Haruki Murakami est un grand auteur japonais. Ses romans se caractérisent pas l’insinuation du fantastique, bien souvent poétique, dans le quotidien des personnages. Il surgit incidemment, sans que l’on sans rende vraiment compte, un peu comme quelque chose qui nous paraît bizarre mais que l’on ne remarque pas tout de suite. Puis, petit à petit, il prend de l’importance et devient prépondérant dans l’histoire. N’allez pas croire pour autant que c’est là, et uniquement là, que réside l’intérêt de ses romans.