Fondation

Fondation est un classique parmi les classiques de la science-fiction – je dirais qu’il figure aisément dans les dix livres les plus connus du genre. Je parle ici du premier tome du cycle, mais il existe des préludes et des suites ainsi que d’autres oeuvres d’Isaac Asimov qui se situent dans le même univers. Ce livre et ce cycle se démarquent de leurs semblables par une approche très scientifique (hard SF) et historique. Isaac Asimov a pour cela inventé une science qu’il a baptisé la psychohistoire. ...

From Hell

Trop éprouvé par la lecture de From Hell du grand Alan Moore, je ne suis pas parvenu à écrire quelque chose de cohérent. Tout ce que j’ai réussi à faire est d’établir cette liste d’observations que je livre en l’état. Le grand scénariste Alan Moore, l’adaptation du film, l’ambition folle de cette BD font que j’avais envie de ce livre depuis qu’il est sorti chez Delcourt il y a une quinzaine d’année et voilà que je le reçois en cadeau pour ma fête – elle est pas belle la vie. Une oeuvre qui nécessite un certain investissement. Même s’il s’agit d’un monument de la bande dessinée – fait partie de ce que j’ai lu de plus abouti doit être rangé à côté d’un Mauss ou d’un Watchmen – même si ce n’est pas forcément le cadeau parfait à distribuer autour de vous – cf. plus bas. Le notes de fin très détaillées aident bien à la compréhension. Il faut faire l’effort de les lire si l’on veut éviter de passer à côté de trop de choses. C’est une lapalissade de dire ça, mais l’ambiance est vraiment pesante que ce soit les meurtres, le milieu de la prostitution, le quartier de Whitechapel, les dessins, les visions que prête Moore au personnage principal – c’est certainement un des trucs les plus flippants –, Sir William Gull – ah non c’est lui le plus flippant. Cette BD a reçu une avalanche de prix. La ballade dans Londres montre toute l’ampleur de la connaissance de Moore sur le sujet. Ça force le respect. On comprend mieux son énervement lorsque les studios hollywoodiens ont sorti cette stupide adaptation de La Ligue des Gentlemen Extraordinaires. L’angle que choisit Moore semble étrange au premier abord car la première idée qui vient à l’esprit lorsque l’on imagine comment raconter l’histoire de Jack l’éventreur et d’écrire un polar une sorte de wodunit – j’ai appris ce mot en lisant Agatha Christie (cf. Le meurtre de Roger Ackroyd). Suivre les policiers sur la piste du tueur étudier les indices, le mode opératoire, bref mener l’enquête avec eux. Mais c’est bien mal connaître l’histoire car dans ce cas le lecteur se ferait balader comme eux et ça ne serait pas très agréable. Non il prend le partie de faire quelque chose de très simple. Il a une thèse et la démontre tout simplement sans suspense ni mystère pour le lecteur. Et c’est diablement efficace. Moore va donc nous démontrer de façon magistrale qui était Jack l’éventreur! Franc-maçonnerie, architecture, époque victorienne, toponymie, connaissance parfaite de Londres. L’adaptation en film avec Johnny Depp. Je ne peux pas en parler car je n’ai jamais voulu la voir avant d’avoir lu le livre – je vais quand même prendre le temps de me remettre de la lecture avant de le visionner sur Netflix. Les dessins d’Eddie Campbell peuvent paraitre moches et fouillis au premier abord lorsque l’on feuillette simplement ce gros livre dans une librairie – il faut dire que c’est dense. Mais ils se révèlent d’une efficacité redoutable lorsqu’il s’agit de représenter un point de vue, une ambiance – la voiture dans Londres, j’ai des frissons rien que d’en parler –, ou tout simplement la laideur des gens. Je ne vous cache pas que la lecture a été éprouvante, une fois le livre terminé je me suis empressé de le cacher dans un coin reculé de ma bibliothèque de façon à l’oublier pendant quelques temps. Netley, j’ai vu Dieu. Je me suis agenouillé devant lui et il m’a dit quoi faire. Et Gull le médecin dit: “Mais converser avec les Dieux, c’est de la folie”. Et Gull l’homme répond: “Alors qui souhaiterait être sain d’esprit ?”. ...

9 sept. 2018 ·  BD

Tokyo Vice

Jake Adelstein est, comme il se définit lui-même un juif américain, mais au pays du soleil levant, il n’est qu’un gaijin. Ce gaijin, à peine ses études terminées, a réussi la prouesse d’être embauché dans l’un des plus prestigieux quotidien du pays, le Yomiuri. C’est à ce point un exploit que les japonais ne le croyaient pas. Après des débuts à couvrir des petites affaires locales il s’est spécialisé dans le monde de la nuit. A trainer le soir, il n’a pas tardé à croiser les dangereux yakuzas. Et à trop se frotter à ce genre d’individus, on peut vite s’attirer des ennuis, surtout lorsque l’on commence à fourrer son nez dans des affaires de trafic d’êtres humains. ...

1 sept. 2018 ·  Noir  ♥

Rebel Code

Si vous cherchez un livre sur l’histoire de Linux et plus généralement sur celle du mouvement open source, vous l’avez trouvé. Glyn Moody nous propose une longue page d’histoire qui part des origines aux années 2000. Tout ou presque est abordé dans ce livre: la technologie, les hommes, la philosophie et l’économie. On verra comment le travail d’un étudiant a fini par être adopté par l’ensemble des fabricants de machines professionnelles et fait aujourd’hui tourner Internet et tous les vendeurs de cloud – même Microsoft vient de sortir son propre Linux (Azure Sphere), c’est dire ! Cette véritable prouesse n’a été rendue possible que par un subtil équilibre entre des bénévoles, des militants et des entreprises. Les bénévoles sont la cheville ouvrière, ils ont toujours contribué avec enthousiasme. Les militants, dont la figure de proue est Richard Stallman, peuvent être considérés comme les gardiens du temple du monde libre. Enfin, les entreprises sont les émanations des intérêts économiques, elles ont irrigué cet écosystème avec de l’argent, mais elles ont aussi contribué d’une autre manière. Elles ont donné la caution, les garanties professionnelles nécessaires à l’adoption de ces logiciels à grande échelle au sein des entreprises. Je pense en particulier à Red Hat, mais aussi à IBM qui a fait le choix courageux d’abandonner certaines lignes de produits comme les serveurs web au profit de leur équivalent open source. En faisant ce choix ils ont envoyé un message fort, mais ont aussi très concrètement contribué à leur développement en investissant des moyens humains importants dans leur développement. Cette politique a donné le jour à un logiciel comme Apache – et à la fondation qui porte son nom – qui est devenu la référence dans le domaine. ...

Gérard

Mathieu Sapin commence a être un habitué des portraits. Après avoir suivi l’ancien pensionnaire de l’Elysée dans Le Château, il file le train à un autre personnage public. Ce dernier est bien plus truculent puisqu’il s’agit du monstre sacré du cinéma français, celui que le monde entier – enfin surtout les russes – nous envie, le grand, l’inimitable, Gérard Depardieu. Le moins que l’on puisse dire c’est que l’on a définitivement quitté le registre policé de la communication bien maîtrisée pour entrer avec fracas dans le brut de décoffrage. Et ce n’est pas triste – enfin si un peu parfois. ...

8 juil. 2018 ·  BD  ♥

Faire la loi

Je ne sais pas si l’idée du jeu de l’oie est partie d’un jeu de mots douteux par rapport au titre – je n’ose pas y croire. Illustrer le parcours du combattant que représente l’adoption d’une loi par une partie de jeu de société est une vraie bonne idée. L’exemple utilisé est celui de la loi Macron. Comme celui qui lui a donné son nom est devenu depuis notre président c’est aussi l’occasion d’en apprendre un peu plus sur l’homme et sur sa force de caractère. Pour quelqu’un comme moi qui ne travaille pas du tout dans le domaine juridique – j’ai commis des erreurs dans ma vie, mais pas celle-là – le travail requis depuis le projet de loi jusqu’à sa mise en application et à l’observation de ses effets semble colossal. Quelque chose entre les travaux d’Héraclès et le mythe de Sisyphe. Loin de trouver tout cela inutile, je suis assez admiratif devant ce processus éminemment démocratique – je ne parle pas du fameux 49.3 qui semble rendre bien des services. C’est un savant mélange entre de la technique très précise, de l’expérience, du savoir faire et évidemment une bonne dose de tactique politique. ...

26 juin 2018 ·  BD  ♥

Release It!

Ce livre est une bible pour tout professionnel qui souhaite déployer une solution en production – c’est quand même l’objectif normalement, les POC ça va un moment et le titre de ce livre vous y incite fortement. C’est une référence reconnue puisqu’il a contribué à populariser certains patterns comme le circuit breaker et qu’il caracole en tête de toutes les listes de lecture (must read) du domaine. Il est bourré de bons conseils issus d’un énorme retour d’expérience puisque Michael T. Nygard a oeuvré dans le domaine en question, que l’on appelle désormais operations en anglais comme en français, sur des applications critiques – principalement, mais pas que, des gros sites de e-commerce. ...

Le problème à trois corps

C’est tout simplement, derrière Hypérion1, le meilleur livre de SF que j’ai lu. C’est vrai que je ne suis pas un grand spécialiste du genre, mais quand même. Il s’agit en fait – comme souvent en SF – du premier tome d’une trilogie. Formellement la trilogie Remembrance of Earth’s Past – je ne sais pas si ce nom apparaît en français –, mais l’on y fait plus souvent référence en empruntant le titre du premier tome, ce qui donne la trilogie du problème à trois corps – ça fait beaucoup de 3 – écrite par l’auteur chinois Liu Cixin. Je ne suis pas le seul à l’avoir apprécié puisqu’il s’agit, si l’on en croit l’éditeur, du roman de SF le plus populaire de Chine primé à plusieurs reprises, j’ai aussi compris qu’une adaptation en série télé était en cours ou à l’étude. De ce que j’ai pu lire il fait partie d’un sous genre de la science fiction appelé hard SF – je connaissais hard-boiled pour le polar, mais ce n’est pas la même chose. Selon Wikipedia ...

Klezmer T2

Dans ce second tome (vous pouvez lire l’article consacré au premier ici), c’est vraiment la joie qui domine, celle incomparable transmise par la musique. Cette sensation est parfaitement rendue, on a l’impression de participer à la fête. Des éléments comme la scène isolée dans la salle de bain ou le récit enchâssé du conte narré par Tchokola sont des respirations, des contrepoints qui donnent de l’ampleur au récit. Tout ceci fait de ce tome le point d’orgue de la série. ...

25 mars 2018 ·  BD

Le Météorologue

Un coup de coeur pour un livre comme l’on en a peu au cours d’une année de lecture, le dernier de ce genre est L’ordre du jour et il a eu le Goncourt en 2017. Olivier Rolin rend avec ce livre un bel hommage à Alexéï Féodossévitch Vangengheim, le météorologue, et avec lui à toutes les victimes de la grande Terreur en URSS. Météorologue avec les aléas que cela comporte – surtout à l’époque – est une profession à risque dans le monde paranoïaque sur lequel régnait le tyran Staline. Il n’y a qu’un pas – Staline n’est pas à ça près – entre une prévision qui ne se réalise pas et une volonté de sabotage. C’est pour cette raison que certains comme Alexéï Vangengheim ne savait même pas pourquoi ils avaient été arrêtés. C’était pourtant un homme paisible qui aimait avant tout son métier, la science et sa famille. Certainement un visionnaire dont l’élan vu brisé. Voici ce qu’il écrivait dans l’une de ses lettres. ...

Harry Potter T1

Comme pour Game of Thrones je dois être le dernier arriéré à n’avoir ni lu ni vu la série des Harry Potter. La raison est un simple et bête entêtement à ne pas vouloir voir les films avant d’avoir lu les livres dont ils sont tirés – une obsession comme une autre. Un évènement et un contexte propice m’ont mis le pied à l’étrier. L’évènement est l’écoute d’une passionnante série d’émissions de La compagnie des auteurs consacrée à l’oeuvre de J. K. Rowling. J’ai été à la fois surpris et fasciné d’entendre tous ces universitaires disserter de cette série tout au long des quatre heures d’émissions. Les parties qui m’ont le plus intéressé portent sur le travail de traduction qui a été réalisé par Jean-François Ménard et sur celui des références philosophiques compilées par Marianne Chaillan dans son livre Harry Potter à l’École de la Philosophie1. Les vacances de Noël ont été le contexte idéal pour entreprendre cette lecture – histoire de retomber un peu en enfance. Afin de les préparer comme il se doit, je me suis procuré les sept tomes que compte la série – je ne fais jamais les choses à moitié – dans la première édition de la collection Folio Junior. Alors quel est le verdict ? ...

Théorème vivant

Cédric Villani est l’un de nos plus brillants mathématiciens, lauréat de l’équivalent du prix Nobel pour les mathématiques: la médaille Fields – depuis il a un peu mal tourné puisqu’il est devenu député, mais ça c’est une autre histoire. Mais si. C’est le gars qui a l’air bizarre avec les cheveux longs, un costume, une lavallière, une montre à gousset et, pour couronner le tout, il porte toujours une broche araignée. Il évoque d’ailleurs ce style atypique dans son livre, mais au risque de vous décevoir, il n’explique pas la signification de cette broche qui appartient à son domaine privé. Dans Théorème vivant il raconte une partie de sa vie centrée sur la période ayant abouti à la consécration, l’obtention de la plus haute distinction dans le domaine des mathématiques. ...

Ours blanc a perdu sa culotte

Mais où est-elle passée ? Ne riez pas – ou plutôt si – ce livre est un best-seller, une tuerie, un véritable phénomène chez les moins de 5 ans. Qu’est-ce qui fait son succès ? Voir des animaux affublés de culottes ridicules, certainement. Tourner les pages pour découvrir des effets de découpage, peut-être aussi. Mais voir la tête tour à tour hébétée, tour à tour dépitée d’ours blanc est à mourir de rire. ...

La plage magique

Parfois parmi le chalutage – 12 livres – pratiqué hebdomadairement à la bibliothèque on tombe sur une perle. Et quand il s’avère en plus que le livre a une histoire qui mérite d’être racontée, je me dois de prendre la plume. Il est l’oeuvre de Crockett Johnson – rassurez-vous Crockett est un surnom – qui fut un auteur de livres pour enfants renommés dont le fameux Harold et le crayon rose – je fais le malin, mais je ne fais que répéter ce que j’ai lu, je ne connaissais ni l’auteur ni son livre. Il a écrit de nombreux livres à succès, mais celui qui lui tenait le plus à coeur a été refusé par de nombreux éditeurs. A force d’insister, il parvint à le faire publier, mais l’éditeur a confié les illustrations à une jeune illustratrice. Et le livre paru sous le titre Castles in the Sand. ...

L’ordre du jour

Ce livre nous raconte le moment où les nazis se trouvant sur le seuil des Enfers ont poussé la porte et l’ont franchie. Il s’intéresse à une période temporelle très courte en comparaison du vaste carnage qui va suivre. Lorsque les nazis ont préparé et réalisé l’annexion de l’Autriche, opération connue sous le non d’Anschluss, début d’un long processus destructeur qui mènera à l’horreur que nous connaissons. Au sein de cet espace-temps, Éric Vuillard met en lumière deux choses. La première, celle par laquelle débute ce livre avec la montée solennelle des 24 chefs d’entreprise le long du grand escalier est la contribution de l’économie allemande à l’effort de guerre. Ça c’est la version consensuelle. L’auteur préfère montrer comment ces capitaines d’industrie ont accepté sans broncher de mettre la main au portefeuille pour financer les projets des nazis et comment ils ont été payés en retour à grand renfort de main d’oeuvre gratuite et corvéable à merci puisque prise directement dans les camps. Dans ces conditions, elle ne durait pas longtemps, mais qu’importe, les nazis étaient là pour réapprovisionner. ...

Freedom

Pour moi Freedom est l’archétype du roman américain moderne. Ce n’est pas un hasard puisque Jonathan Franzen est un des plus grands représentant de cette littérature. Il dépeint dans ses livres de larges fresques représentant la société actuelle, celle qu’il connaît, il décrit le monde dans lequel il vit et c’est ce que les écrivains ont toujours fait de mieux. Si le roman du mariage, d’un autre grand écrivain américain Jeffrey Eugenides, contrairement à ce que pourrait laisser penser son titre est plus un campus novel qu’un wedding novel, Freedom est par contre un modèle du genre. Ce néologisme doublé d’un anglicisme n’est pas très élégant, mais se révèle bien pratique pour qualifier des romans dont le sujet n’est pas tant le mariage en lui-même – heureusement, la réalité ce suffit à elle-même dans ce registre –, que le couple ainsi sacralisé, puis la famille qu’il va s’efforcer de constituer pour se diriger tout doucement, mais surement vers un lent déclin. Il se fait l’observateur de ce phénomène – physiologique et / ou culturel – qui pousse les hommes et les femmes à se rassembler pour ne faire qu’un. Mettre de côté – ou au moins niveler – pour un temps sa personnalité, ses envies pour se consacrer d’abord à l’être aimé puis à ses enfants. On a l’habitude d’opposer le mariage d’amour au mariage de raison, il donnera sur cette question également quelques éclairages. ...

Détective Popotin et le diamant arc-en-ciel

Il y a longtemps que je n’avais pas écrit sur un livre pour enfant (jeunesse), pas par manque d’envie, mais tout simplement car nous n’étions pas tombé sur quelque chose d’exceptionnel malgré notre petite douzaine de livre empruntée hebdomadairement à la bibliothèque. Cette fois nous avons lorgné du côté des livres-jeux. Pour les jeunes enfants ce ne sont pas des “livres dont vous êtes le héros”, mais plutôt des “cherche et trouve” un peu à la manière de Où est Charlie ?. En parcourant les livres, une tête en forme de paire de fesses a attiré notre attention et c’était celle du détective Popotin – vous verrez que cette particularité peut s’avérer bien utile. ...

Les Ignorants

Je n’avais pas lu du Davodeau depuis le poignant Un homme est mort1. Quelle erreur ! La lecture des Ignorants me conforte dans ma première impression, nous avons affaire à un très grand auteur – je pense que je vais rafler tout le rayon Davodeau lors de mon prochain passage à la bibliothèque. Il nous parle de la rencontre entre deux arts celui du vin et celui de la bande dessinée. Et ce n’est pas le mariage de la carpe et du lapin. Bien au contraire, il s’agit dans les deux cas de plaisirs appréciés par des amateurs éclairés, des personnes de bon goût – je me flatte un peu en tant qu’amateur des deux. Mais c’est aussi la rencontre de deux hommes, Richard Leroy et Etienne Davodeau, chacun faisant découvrir à l’autre son univers, lui faisant partager sa passion. Davodeau excelle dans l’art de raconter le quotidien, faire partager de simples discussions en exploitant les expressions, les regards. Il y parvient tellement bien que l’on croirait prendre part à ces échanges. Beaucoup d’humanité passe au travers de ce récit. ...

27 avr. 2017 ·  BD  ♥

Lookbook T1

Ce livre est affreux, mais tellement drôle. L’auteur ne censure rien, c’est très cru – très vulgaire diront certains –, mais tellement bon. Je suis tombé dessus par hasard au magasin de BD. Je l’ai feuilleté et j’ai commencé à lire une page par curiosité et je me suis marré, puis une autre et puis j’ai décidé de l’acheter, il me rappelait un livre que j’avais bien aimé, J’aime pas la chanson française. J’ai fini de le lire en attendant des amis au restaurant. Je devais par moment interrompre ma lecture pour éviter d’exploser de rire et par la même occasion que les autres clients me prennent pour un fou. Peut-être faut-il avoir l’esprit mal tourné, mais c’est quand même excellent de voir écrit ce que l’on pense parfois sans oser le dire. Le couple Quechua est terrible – ils doivent conduire un Picasso pour partir en week-end. Ce livre est une ode à la bêtise sous toutes ses formes et au fait qu’elle transparait – transpire devrais-je dire – au travers des tenues vestimentaires. ...

15 avr. 2017 ·  BD  ♥

Boussole

Le mot qui revient le plus souvent lorsque l’on entend parler de ce livre est érudition. Et, après seulement quelques pages, on comprend pourquoi et on ne peut que se rallier à cette opinion. C’est vrai que c’est surprenant, impressionnant – et beaucoup d’autres superlatifs – et même si l’on sait que Mathias Enard est un spécialiste de l’Orient, on se demande comment il a fait pour réunir dans ce roman une telle somme de connaissances, d’anecdotes, d’histoires – avec un petit et un grand H –, bref de tout, une somme, un monde. Le sujet de ce roman, qui a reçu le prix Goncourt en 20151, son thème, est l’Orient et plus spécifiquement l’orientalisme qui est un mouvement culturel occidental – au sens large – manifestant un attrait pour la culture orientale. Après la lecture de ce livre je me risque à en donner ma propre définition: “L’Orient fantasmé par les occidentaux” – éminemment subjective, réductrice et donc critiquable. ...