House of M

Je ne suis pas un spécialiste de l’univers Marvel – loin s’en faut – mais je suis toujours partant pour passer un bon moment en compagnie d’amis en collant. L’inconvénient dans cet univers est qu’il faut parfois disposer d’un background impressionnant pour parvenir à comprendre une histoire. C’est alors la grande déception car le moment de détente escompté se transforme en prise de tête et se termine en consultation d’encyclopédie des Comics. ...

15 mars 2012 ·  BD

Claus et Simon T1

Claus est un clown et Simon un dinosaure – c’est bien eux que vous apercevez sur la couverture. Ils donnent des spectacles mais la vie est dure pour les artistes, le spectacle vivant ne paie pas vraiment. Cette situation précaire va les pousser à accepter la proposition d’un homme d’affaire – généralement, c’est le début des ennuis. Son domaine c’est le spectacle d’évasion. Dans le monde futuriste qui sert de cadre à cette BD, l’art d’Houdini a été popularisé à un tel point que les participants sont considérés comme des demi-dieux, ce sont les nouveaux gladiateurs. Ils s’affrontent lors d’exhibitions toujours plus extravagantes, spectaculaires et bien sûr dangereuses. Qui dit popularité dit argent et qui dit argent dit mafia. ...

26 févr. 2012 ·  BD

En avant, route !

Décidément je fais dans le Gonzo journalisme religieux après L’année où j’ai vécu selon la bible, me voici désormais sur la route direction Saint-Jacques de Compostelle en compagnie d’Alix de Saint-André. Alix de Saint-André est une journaliste de presse écrite qui avait officié quelques temps à la TV en tant que chroniqueuse. Elle nous raconte avec beaucoup d’humour parfois sarcastique mais toujours drôle, ses pèlerinages – ce n’est pas une erreur elle en fait plusieurs. Même si elle est issue d’un milieux religieux, elle ne se gène pas pour égratigner ses compagnons de voyage. On a droit à quelques bons moments et le franc-parler de la journaliste fait merveille. C’est vrai que c’est un sacré personnage. Elle râle, elle critique, elle fume cigarette sur cigarette et ne crache pas sur un bon apéro. ...

Le dernier cosmonaute

Dès les premières pages, on pense tout de suite à Chris Ware, à son travail d’une précision quasi maniaque. Les dessins ligne claire au cordeau, les aplats de couleurs harmonieux produisent le même effet, on ne peut qu’être séduit. On retrouve d’autres similitudes comme le décor d’une petite ville américaine et l’immersion dans une lower class à la lisière de la dépression. Dans ce cadre, vivent deux jeunes gens un peu paumés voyant leur vie au travers d’un hublot. Pour Larry, c’est celui d’une fusée ou d’un casque de cosmonaute. Arrivé à la trentaine, il est encore englué dans ses rêves d’enfant instillés par l’influence d’un père aviateur. Depuis, il vit la tête dans les nuages ou plutôt dans les étoiles. ...

25 déc. 2011 ·  BD

Les Forêts d'Opale T1

Le ton est donné dès la couverture, nous sommes dans de la fantasy pure et dure. Au centre de l’image se trouve un guerrier à l’air féroce portant un masque – à moins que ce ne soit son visage – et une armure hérissée de cornes. C’est tout d’abord la curiosité engendrée par ce personnage étrange qui m’a poussé à ouvrir ce livre. Autant le dire tout de suite, mis à part lui, vous n’y trouverez rien d’original – il suffit d’observer les autres personnages pour s’en convaincre. Le monde d’Opale est dominé par des religieux, le clergé de la lumière, qui oppriment les habitants. Selon une prophétie, un jeune héros peut libérer son peuple en provoquant le retour des Titans indûment chassés par le clergé. ...

20 déc. 2011 ·  BD

Le Livre des crânes

Ils sont quatre. Timothy le fils à Papa beau gosse. Eli le petit juif névrosé. Ned le Gay à l’âme de poète. Oliver le robuste gars de la campagne jouant les self made man. Ils prennent ensemble la route en quête de l’immortalité. Mais il n’y aura que deux élus, les deux autres devront mourir. L’un par sa propre volonté, le deuxième éliminé par les survivants. C’est en tout cas ce qui est écrit dans le livre des Crânes retrouvé par Eli dans les archives d’une bibliothèque universitaire. ...

Miso soup

C’est l’histoire d’un guide non officiel du Japon underground, un jeune homme. Son rôle est de guider les touristes au travers des méandres du Japon du sexe. En cette fin d’année, à l’approche des fêtes de Noël, il doit accompagner un client américain qui va, dès les premiers contacts, lui laisser une impression bizarre, froid dans le dos. La raison n’est pas rationnellement explicable, est-ce lié à son attitude, à son visage ou à son discours ? ...

Même les truites ont du vague à l'âme

Les titres des romans sont parfois originaux et n’ont rien à voir avec le sujet. Réjouissez-vous – ou pas – car ce livre traite bien de la pêche et de la philosophie qui l’accompagne – contrairement à Brève histoire de la pèche à la mouche déjà chroniqué dans le cadre d’un Masse Critique. Ca tombe bien, je n’y connais rien. Par contre, j’ai toujours aimé écouter les gens parler – les gens intéressants, évidemment. Dans cette catégorie, mes préférés sont les passionnés. Ils sont capables de parler des heures d’un sujet qui est pour d’autres insignifiant voire inexistant. Ils peuvent parcourir des kilomètres, sacrifier un week-end, affronter les pires intempéries pour assouvir leur besoin – et s’éloigner de leur femme. Ils sont extrêmement précis et vous ouvrent un monde là où vous ne voyiez auparavant que le néant. C’est le discours d’un passionné de pêche qui porte le titre poétique Même les truites ont du vague à l’âme. Ce n’est pas très glamour comme passe-temps mais attendez un peu de connaître les valeurs qu’elle véhicule pour juger. ...

Sukkwan island

J’avais lu un peu partout qu’il s’agissait d’un livre très noir. J’ai pris cet avertissement à la légère en me disant que j’en avais vu d’autres: American Psycho et les livres de James Ellroy sont deux exemples qui me viennent à l’esprit. Et puis Sukkwan island est quand même publié par les éditions Gallmeister, grands spécialistes du genre nature writing qui n’a pas pour caractéristique principale de raconter des histoires sordides. Je suis donc parti confiant et même un brin moqueur envers ceux qui s’offusquaient de la noirceur de ce roman. Il faut bien avouer que j’ai été surpris. Tout avait pourtant bien commencé. Un père et son fils partent sur une île emménager dans une cabane pour passer un bout de temps ensemble – enfin assez longtemps à vrai dire. Ce qui paraît plutôt pas mal sympa dit comme ça. Mais, dès les premiers temps, vont apparaître quelques signes n’augurant rien de bon. ...

Death Note T1

Light Yagami, un lycéen de 17 ans, trouve dans la cour de son école un carnet manifestement perdu. Ce carnet porte la mention “Death Note” sur la couverture et contient, en première page, une liste d’instructions. Light peine à le croire mais la première règle est pourtant suffisamment claire: La personne dont le nom est écrit dans ce cahier meurt Il ne va pas tarder à réaliser ses premières expérimentations qui vont s’avérer concluantes. L’ancien propriétaire de ce carnet est un dieu de la mort nommé Ryûk qui l’a égaré, volontairement ou involontairement, dans le monde des humains. Les agissements de Light ne vont pas passer longtemps inaperçu et il va vite trouver sur sa route un adversaire à sa mesure en la personne de l’étrange L. ...

22 août 2011 ·  BD

Fanfare

Le thème de cette BD ne me disait vraiment rien, mais j’aime tellement les dessins et la façon de raconter des histoires d’Aude Picault que je me suis laissé tenter par ce petit volume. En gros, il raconte une fête qui est organisée chaque année par des étudiants des Beaux-Arts. Lors de cette fête, chaque bande se produit sous forme d’une fanfare. Attention, ce n’est pas très sérieux puisque la tradition veut que les bandes soient déguisées avec une tenue la plus originale possible. Pour le reste ça ressemble beaucoup à une fête d’étudiants ou à une feria: alcool et fiesta. Allez faire un tour sur la page dédiée sur le site d’Aude Picault si vous souhaitez vous faire une idée et accéder à quelques photos. ...

11 août 2011 ·  BD

La Princesse des glaces

Dans ce polar, celle qui joue le rôle de la détective est Erica Falck, une romancière suédoise – tient comme l’auteur. L’intrigue se déroule à un époque contemporaine dans un petit village suédois au nom imprononçable de Fjällbacka. Une jeune femme originaire du village est retrouvée morte dans sa baignoire dans une posture qui évoque le suicide, les poignets entaillés par une lame de rasoir. La porte de la maison est restée ouverte, l’eau a gelé – je vous rappelle que nous sommes en Suède – ce qui nous donne une belle référence au titre du livre. Notre détective en herbe – enfin elle a tout de même 35 ans – va se retrouver mêlée à cette histoire car elle était une amie d’enfance de la défunte. Elle va s’impliquer de plus en plus dans cette affaire pour suppléer la bande d’incompétents de la police – enfin tous sauf un – mais aussi et surtout car elle compte bien y trouver de la matière pour un futur livre, son premier roman. ...

Mémoires d'un jeune homme dérangé

Voici le premier roman de Frédéric Beigbeder. On peut dire sans trop se tromper qu’il s’agit d’une autofiction. Ce monsieur Marronnier ressemble furieusement à notre écrivain. D’abord sur le plan physique: “À vrai dire, ce menton très proéminent ne possède aucune utilité.” Mais aussi sur le plan social et moral. Le personnage est un jeune homme aisé de bonne famille qui passe son temps à sortir et en tire quelques profits en rédigeant des chroniques mondaines : “Mon élitisme restait l’éthylisme.” Ce livre raconte cette vie faite de fêtes, de copains (les ricaneurs pantalonnés ou les hooligans cravatés) et enfin d’amour. ...

Goldfish

Goldfish – qui signifie poisson rouge et non poisson d’or – est un ancien petit truand dans le genre arnaqueur, spécialisé dans le jeu de cartes et le bonneteau. Il refait surface dans sa ville, Cleveland, après l’avoir quittée dix ans plus tôt pour récupérer un bien qui lui est cher. Pour cela, il va devoir se frotter à son ancienne compagne devenue depuis la reine du crime organisé. Brian Michael Bendis connu et reconnu en tant que scénariste pour ses séries policières Sam & Twitch, Powers et Alias réalise ici scénario et dessins comme dans le très bon Torso1. Les dessins sont en noir et blanc – plutôt en noir qu’en blanc d’ailleurs – et sont parfois agrémentés de collages de photographies. Mais l’originalité n’est pas là et se situe plutôt dans la mise en page. Brian Michael Bendis est un auteur très inventif en la matière et est un adepte des effets de style. Il utilise des techniques d’agencement des cases ou de répétition afin de créer, un peu à la manière d’un metteur en scène, des effets visuels. Dans ce livre, il a notamment exploité l’ascenseur du casino pour créer des scènes très réussies. Ce n’est pas l’essentiel mais cette technique confère à ce polar une ambiance noire très efficace et esthétique. L’histoire est sympathique sans être renversante ni très originale. J’avais gardé un meilleur souvenir de Torso mais cette BD reste tout de même une très bonne lecture. ...

6 juil. 2011 ·  BD

Eloge de la pièce manquante

L’auteur du roman Les falsificateurs avait écrit, avant ce succès, un curieux livre. S’il s’agit bien d’un roman policier, sa forme est d’une très grande originalité. Il est composé de divers supports dont l’auteur maîtrise manifestement bien les codes: correspondances, comptes rendus de réunion, interviews, articles scientifiques, économiques, fait divers, etc. Chacun de ces éléments compose les pièces d’un récit dont le thème central est non moins original puisqu’il s’agit du puzzle. L’auteur imagine un monde dans lequel le puzzle revêt une importance bien plus importante que dans le monde réel. Des publications universitaires lui sont consacrées, des collectionneurs s’arrachent les modèles sortis des plus grandes manufactures européennes mais aussi et surtout, le monde entier suit avec un intérêt croissant les épreuves du championnat du puzzle de vitesse. Cette compétition, créée au départ pour relancer l’industrie du puzzle, dépasse les attentes de ses sponsors en élevant la popularité de ce qu’il convient d’appeler un sport au rang du baseball ou du basketball. Tout était donc pour le mieux jusqu’à ce que des meurtres, assortis de mises en scène macabres, viennent secouer le petit monde du puzzle. ...

Curiosity shop T1

Curiosity shop est aussi le titre d’un roman de Charles Dickens – pour être exact The Old Curiosity Shop qui a été traduit en français par Le Magasin d’antiquités. Le romancier s’était inspiré de la boutique éponyme qui existe toujours à Londres mais qui est devenue depuis un magasin de chaussures. Le livre de Dickens raconte l’histoire d’une jeune orpheline vivant en compagnie de son grand-père dans le fameux magasin. Voilà déjà quelques similitudes avec notre BD. La jeune héroïne de cette série est depuis son plus jeune âge une fervente lectrice de Dickens au grand dam de son père, un ingénieur extrêmement cultivé, qui préférerait qu’elle lise du Platon. Alors qu’elle s’apprête à rentrer chez elle après un long séjour en pension, elle apprend avec effroi qu’il vient de mourir. Sans sa mère, partie depuis longtemps, elle se retrouve orpheline. De retour chez elle pour assister à l’enterrement, certains détails et indices lui mettent la puce à l’oreille, son père n’est peut-être pas mort. C’est peut-être une mise en scène qu’il a orchestré pour se mettre à l’abri d’un danger lié à son travail et à ses recherches. Ou est-ce simplement les divagations d’une jeune fille à l’esprit un peu trop romanesque ? En tout cas, elle est bien résolue à suivre cette piste et se lance à corps perdu dans l’aventure. ...

20 juin 2011 ·  BD

La nuit des temps

Pour les plus jeunes qui ne connaitraient pas René Barjavel, on peut dire, sans risquer le courroux de leurs fans respectifs, que son univers est un peu similaire à celui de Bernard Werber. La science et la technologie sont souvent très présentes et constituent des éléments forts de l’intrigue. De façon plus marquée que son contemporain, Barjavel réserve souvent dans ses romans une place de choix au thème de l’amour. ...

Logicomix

Dans cette BD, nous suivons en parallèle une histoire centrée sur le personnage de Bertrand Russell – un mathématicien – et celle de la création et de la conception de la BD par les auteurs. C’est une technique qui est parfois utilisée et qui permet habilement aux auteurs de justifier leurs choix et de faire part aux lecteurs de leurs interrogations ou de leur commentaires – c’est une technique semblable qui est utilisée dans HHhH. Dans cette partie du récit, les auteurs parlent entre eux mais s’adressent aussi directement au lecteur, notamment au début du livre. C’est donc une métafiction car l’auteur est un personnage du livre qu’il écrit et il s’adresse par ce biais directement au lecteur faisant prendre conscience à ce dernier que ce qu’il lit est une oeuvre de fiction. Ce procédé fait beaucoup penser au travail de Scott McCloud (voir l’article consacré à L’Art invisible)et me conforte dans l’idée que la BD peut être un très bon support pour parler de sujets qui n’ont rien à voir avec les thématiques classiques. A ma connaissance et avant ce roman graphique, les sujets de ce type traités dans la BD concernaient majoritairement la BD elle-même, c’est notamment le cas des oeuvres de Scott McCloud et de Will Eisner. Même Lewis Trondheim c’est essayé à ce genre avec Bande dessinée : Apprendre et comprendre1. ...

30 mai 2011 ·  BD

Touriste

Pour quelqu’un de très casanier comme moi, lire un livre portant le titre Touriste est déjà une aventure. C’est un livre qui porte bien son nom et s’apparente à un carnet de voyage. Au moyen d’un chapitre par pays, Julien Blanc-Gras nous ballade autour du globe. Son narrateur nous régale d’anecdotes croustillantes bien servies par une prose rafraîchissante. Les plus attentifs d’entre vous auront peut-être remarqué une incohérence entre le carnet de voyage et le fait que ce soit un narrateur qui nous parle et non l’auteur lui-même. C’est tout simplement que, contrairement aux apparences, c’est bien d’un roman dont je suis en train de vous parler. ...

Polina

J’ai longtemps hésité avant de me résoudre à acheter ce livre. Comme beaucoup, j’ai d’abord été attiré par la couverture. Elle est magnifique. Que dire, le mouvement, le regard, toute l’émotion qui passe au travers de quelques traits. D’un autre côté, je me disais “hé mon gars, tu es en train d’acheter un livre sur la danse qui cache surement en prime une histoire d’amour !”. Pour satisfaire ma curiosité et être en paix avec ma conscience, j’ai finalement décidé de l’acheter en cadeau à quelqu’un de proche. Vous l’aurez compris, je n’ai pas tardé à mettre la main dessus. ...

16 mai 2011 ·  BD